juil
L’après-pétrole = l’âge de pierre ?
Certainement pas
Combien de fois entendons-nous une suggestion d’économie d’énergie balayée d’un revers de la main au motif que ça serait un retour à l’âge de pierre ?
Imaginez un âge de pierre avec tous les livres de la Bibliothèque Nationale ; avec la physique, la chimie, la biologie moléculaire, la zoologie, les mathématiques, la théorie de l’évolution ; avec les variétés de semences du monde entier ; avec Aristote, Marx, Maupassant et Renan Luce ; avec les techniques de construction de maisons à énergie positive à base de paille, de terre, de bois ; avec la démocratie ; avec la liberté de la presse ; avec sinon les antibiotiques et les vaccins, du moins l’hygiène, les toilettes à compostage et la nutrition ; avec la roue, le siphon, le pédalier, le vélo, la pompe, l’éolienne, le chauffe-eau solaire, le foyer fermé ; avec le paillage, les associations de cultures, le bois raméal fragmenté, l’arrosage au goutte à goutte ; avec des grands voiliers, des trains, des dirigeables et même quelques avions ; avec des milliers de variétés de tomates, des centaines de variétés de blé, des dizaines de variétés de poiriers ; avec le micro-crédit et des milliers de kilomètres de routes ; avec du fer de récupération à ne plus savoir qu’en faire ; avec des millions d’ingénieurs, dont le métier est avant tout d’inventer sous contraintes. Imaginez un âge de pierre avec Internet, linux, le projet Gutenberg et deux milliards d’ordinateurs connectés qui sont autant de synapses entre ces neurones de l’intelligence collective qu’on appelle humains.
ça ne serait pas l’âge de pierre. Pas non plus un XIVe siècle, ni un XVIIIe, ni un XIXe siècle.
L’après-pétrole, ça n’est donc même pas un retour de cinquante ans en arrière. Qu’on le veuille ou non, l’après-pétrole, c’est le XXIe siècle, en conservant toute la connaissance que les siècles précédents nous auront laissés, y compris le XXe siècle pétrolomane et fou. Il nous laissera le souvenir aigre-doux d’un mauvais rêve de démesure.
L’après-pétrole, ça commence aujourd’hui.
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juin
Conférence de Pierre Rabhi à Espalion (12)
Compte-rendu de la conférence du 27 juin 2008 - introduction
Vendredi soir, j’ai assisté à la conférence que Pierre Rabhi a tenue à Espalion, organisée par l’association Nature-Aubrac. Faute d’enregistreur numérique, j’ai pris 23 pages de notes, et je me propose de les mettre au propre par épisodes ici-même. Il ne s’agira pas d’une transcription in-extenso, mais plutôt d’un long commentaire, car je ne veux pas faire dire à Pierre Rabhi ce qu’il n’a pas dit.

J’avais déjà vu Pierre Rabhi à Toulouse il y a quelques temps (11 janvier 2007), et je n’ai pas manqué de trouver de nombreuses similitudes, dans la construction de l’argumentaire ainsi que dans les anecdotes. Mais comme presque dix-huit mois d’évolution personnelle se sont écoulés entre temps, plutôt que sonner comme une simple redite, la répétition revêtait un sens nouveau –une sorte de cristallisation de nombreuses convictions diffuses.
Le temps de retourner à mes notes et les mettre en forme, je vous laisse avec le message de conclusion qui sonne comme un superbe slogan pour la simplicité volontaire :
C’est par la sobriété que nous pouvons couper les vivres à ceux qui profitent de nos excès.
Note : l’intervention a été filmée. Apparemment, l’association Nature-Aubrac compte rendre le film accessible, mais je ne sais pas si ça sera en ligne ou sur commande (vu que je n’arrive même pas à trouver s’ils on un site internet, c’est pas gagné…). Moi, je récupérerais bien la bande son pour en faire un podcast : rien de tel que d’écouter Pierre Rabhi pendant qu’on plante les choux - votez dans les commentaires si ça vous intéresse.
Liens externes
Le blog
de Pierre Rabhi
L’association Terre et Humanisme
Le site des Amanins
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juin
C’est l’agriculture paysanne qui nourrira le monde
Traduction française de l'article de George Monbiot 'Small is Bountiful'
Je lis avec avidité la chronique de George Monbiot. Ce journaliste d’investigation engagé écrit pour The Guardian, et il publie aussi chaque semaine une colonne sur son blog www.monbiot.com. Son article du 10 juin 2008 Small is Bountiful (Petit et Généreux - jeu de mots sur l’expression “small is beautiful”) m’a particulièrement frappé par la justesse du propos, et conforte les thèmes que j’aborde dans mon manifeste.
J’ai demandé à l’auteur s’il voulait bien que je traduise l’article pour en faire profiter les internautes francophones. Vous pouvez difficilement imaginer ma fierté quand j’ai reçu son courriel répondant favorablement à ma requête. Trêve de glose, voici ma traduction.
(note : il s’avère que je n’étais pas seul sur ce coup ; vous pouvez trouver une autre traduction chez Fabrice Nicolino et aussi là)
Small is Bountiful
L’agriculture paysanne offre les meilleures chances de nourrir le monde. Alors pourquoi traite-t-on nos paysans avec autant de mépris ?
Par George Monbiot. Publié dans le journal The Guardian le 10 Juin 2008
Je vous invite à vous asseoir avant de lire ce paragraphe. Robert Mugabe a raison. Au sommet mondial de l’alimentation la semaine dernière, il était le seul chef d’État à défendre “l’importance […] du foncier dans la production agricole et la sécurité alimentaire”.(1) Les pays devraient suivre le Zimbabwe dans la démocratisation de la propriété foncière, a-t-il dit.
Bien sûr, le vieux salaud a fait exactement l’inverse. Il a spolié ses opposants et donné la terre à ses partisans. Il n’a donné aucun soutien financier ni aucun support d’expertise aux nouvelles exploitations, ce qui a conduit l’agriculture zimbabwéenne à l’effondrement. Le pays avait absolument besoin d’une réforme agraire quand Mugabe a accédé à la présidence. Et c’est toujours le cas aujourd’hui.
Mais sur le fond, il a raison. Les gouvernements du monde riche peuvent bien faire la sourde oreille, la question de savoir si le monde pourra ou non se nourrir dépend en partie de l’accès au foncier. Ceci fait écho à une découverte inattendue, faite en 1962 par le prix Nobel d’économie Amartya Sen(2). Elle a été confirmée depuis par des dizaines d’autres études : la production agricole à l’hectare est inversement proportionnelle à la taille de l’exploitation. Plus les exploitations sont petites, meilleurs sont les rendements.
Dans certains cas, le ratio est énorme. Par exemple, une étude récente sur l’agriculture turque a montré que les fermes de moins d’un hectare sont vingt fois plus productives que celles de plus de dix hectares(3). La règle d’Amartya Sen a pu être confirmée en Inde, au Pakistan, au Népal, en Malaisie, en Thaïlande, à Java, aux Philippines, au Brésil, en Colombie et au Paraguay. Elle semble s’appliquer quasiment partout.
Cette règle serait surprenante dans toute industrie, avec notre vieille habitude d’associer l’efficacité à l’effet d’échelle. Dans le cas agricole, elle semble particulièrement incongrue, puisque les petits producteurs sont en général peu mécanisés, ont un accès plus difficile au capital et au crédit, et sont souvent moins au fait des techniques les plus récentes.
La justification de cette règle est assez controversée. Certains chercheurs expliquent qu’il s’agit d’un biais statistique : des sols fertiles font vivre davantage de monde que des terres stériles, et la taille des exploitations serait une conséquence de la productivité élevée, plutôt que l’inverse. Mais d’autres études ont démontré que la règle de proportionnalité inverse s’appliquait aussi pour les exploitations d’une même région fertile. Voire, elle fonctionne encore pour des pays comme le Brésil, où les grands propriétaires ont accaparé les meilleures terres(4).
L’explication la plus plausible est que les petits paysans consacrent davantage de travail à l’hectare que les gros exploitants(5). Leur main-d’œuvre est essentiellement constituée des membres de leurs familles, donc le coût du travail est moindre que pour une grande exploitation (ils sont dispensés du coût de la rémunération et de l’encadrement des travailleurs), tandis que le travail est de meilleure qualité. Avec ce travail accru, les paysans peuvent cultiver leur lopin de façon plus intensive : ils passent davantage de temps à construire des terrasses et des systèmes d’irrigation ; ils sèment directement après la récolte ; ils peuvent associer des cultures différentes sur la même parcelle.
Aux premiers jours de la Révolution Verte, cette règle semblait s’être inversée : avec leur accès au crédit, les grosses fermes ont pu investir dans de nouvelles variétés et doper leurs rendements. Mais à mesure que l’usage de ces nouvelles variétés s’est étendu au monde paysan, la règle de proportionnalité inverse a retrouvé sa validité(6). Si les gouvernements veulent vraiment nourrir le monde, ils devraient démanteler les grandes propriétés, redistribuer les terres aux pauvres, et orienter la recherche et le financement vers le soutien aux petites exploitations.
Il y a des quantités d’autres bonnes raisons de défendre l’agriculture paysanne dans les pays pauvres. Les miracles économiques de la Corée du Sud, de Taïwan et du Japon sont issus des réformes agraires [ndt : que ces pays ont mises en œuvre après-guerre]. Les paysans ont ensuite réinvesti leurs profits dans le petit commerce. Il semble que la Chine ait suivi le même chemin, même si elle a été retardée de quarante ans par la collectivisation et le Grand Bond en Arrière : les bénéfices économiques de la redistribution qui a commencé en 1949 ne se sont faits sentir qu’au début des années 1980(7). La croissance qui s’appuie sur l’agriculture paysanne tend à être mieux distribuée que celle qu’on base sur des industries lourdement capitalisées(8). Bien qu’ils exploitent leurs terres de façon intensive, les petits paysans ont un impact écologique moindre. Quand des exploitations modestes sont rachetées par une grosse, les paysans évincés s’exilent vers de nouvelles terres pour tâcher d’en extraire une subsistance. Un jour, j’ai accompagné des paysans expropriés de l’Etat du Maranhão au Brésil sur 3000 kilomètres à travers l’Amazonie, jusqu’au territoire des Indiens Yanomami, pour les voir ensuite le saccager.
Mais les préjugés à l’encontre des paysans ont la vie dure. Ils donnent lieu aux insultes les plus paradoxales de la langue anglaise : quand on traite quelqu’un de ‘paysan’, on l’accuse en fait d’être autonome et productif. Les paysans sont détestés tant du capitalisme que du communisme. L’un et l’autre ont cherché à saisir leurs terres, et ont consacré beaucoup d’efforts à les rabaisser et les diaboliser. Dans son descriptif de la Turquie, le pays où les petits paysans sont vingt fois plus productifs que les gros exploitants, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture [ndt : la FAO] écrit qu’à cause des petites exploitations, “la production agricole […] demeure faible”.(9) L’OCDE écrit que “l’arrêt de la fragmentation foncière” en Turquie et “le remembrement des terres très fragmentées est indispensable pour augmenter la productivité agricole”.(10) Aucune de ces deux instances n’apporte de preuve pour étayer ces affirmations. Une classe laborieuse déracinée et à demi affamée convient parfaitement au capital.
A l’instar de Mugabe, les pays donateurs et les grandes organisations internationales réclament que l’on aide les petits paysans, tandis qu’ils les escroquent en silence. Les participants au sommet sur l’alimentation de la semaine dernière se sont mis d’accord pour “aider les fermiers, et en particulier les petits producteurs, à accroître la production et à s’intégrer dans les marchés locaux, régionaux et internationaux.”(11) Mais quand en début d’année l’Évaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement (IAASTD) a proposé justement un moyen pour apporter cette aide, les États-Unis, l’Australie et le Canada ont refusé d’approuver ces mesures parce qu’elles nuisent à la grande industrie, tandis que le Royaume-Uni demeure le seul pays qui ne veut pas faire savoir s’il soutient l’étude ou non(13).
La grande industrie est en train de tuer l’agriculture paysanne. En étendant les droits de propriété intellectuelle à tous les aspects de la production ; en développant des variétés qui se reproduisent soit mal soit pas du tout(14), elle s’assure que seuls ceux qui ont accès au capital peuvent cultiver. En capturant à la fois le marché de gros et celui de détail, elle cherche à réduire ses coûts de transaction en ne faisant affaire qu’avec de gros fournisseurs. Si vous considérez que les grandes surfaces rendent la vie difficile aux fermiers britanniques, il vous faudrait voir ce qu’ils font aux cultivateurs du monde pauvre. A mesure que les pays en développement suppriment les marchés de rue et les étals des vendeurs à la sauvette pour les remplacer par des grandes surfaces et des galeries commerciales clinquantes, les fermiers les plus productifs perdent leurs clients et sont obligés de vendre leurs terres. Les nations opulentes soutiennent ce processus en exigeant un accès au marché pour leurs industriels. Leurs subventions agricoles favorisent leurs propres gros exploitants dans la compétition inégale avec les petits producteurs des pays pauvres.
Ceci amène une conclusion intéressante. Pendant des années, des progressistes bien intentionnés ont soutenu le commerce équitable pour les bienfaits qu’il apporte directement aux gens auprès desquels il se fournit. Et la structure du marché mondial de l’alimentation est en train de changer à une rapidité telle que le commerce équitable devient maintenant l’une des rares solutions qui peuvent encore permettent aux petits paysans des nations pauvres de survivre. Passer d’une agriculture paysanne à de grandes exploitations provoquerait un déclin majeur de la production mondiale, au moment même où l’offre de nourriture se resserre. Le commerce équitable est sans doute maintenant nécessaire non seulement pour redistribuer les richesses, mais aussi pour nourrir le monde.
www.monbiot.com
References
1. http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/foodclimate/statements/zwe_mugabe.pdf
2. Amartya Sen, 1962. An Aspect of Indian Agriculture. Economic Weekly, Vol. 14.
3. Fatma Gül Ünal, October 2006. Small Is Beautiful: Evidence Of Inverse Size Yield
Relationship In Rural Turkey. Policy Innovations. http://www.policyinnovations.org/ideas/policy_library/data/01382
4. Giovanni Cornia, 1985. Farm Size, Land Yields and the Agricultural Production function: an
analysis for fifteen Developing Countries. World Development. Vol. 13, pp. 513-34.
5. Eg Peter Hazell, January 2005. Is there a future for small farms? Agricultural Economics, Vol. 32, pp93-101. doi:10.1111/j.0169-5150.2004.00016.x
6. Rasmus Heltberg, October 1998. Rural market imperfections and the farm size- productivity relationship: Evidence from Pakistan. World Development. Vol 26, pp 1807-1826. doi:10.1016/S0305-750X(98)00084-9
7. Voir Shenggen Fan et Connie Chan-Kang , 2005. Is Small Beautiful?: Farm Size, Productivity and Poverty in Asian Agriculture. Agricultural Economics, Vol. 32, pp135-146.
8. Peter Hazell, ibid.
9. http://www.new-agri.co.uk/00-3/countryp.html
10. OECD Economic Surveys: Turkey - Volume 2006 Issue 15, p186.
This is available online as a Google book.
J’ai découvert les références 9 et 10 via Fatma Gül Ünal, ibid.
11. http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/foodclimate/HLCdocs/declaration-E.pdf
12. International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development (IAASTD), 2008. Global Summary for Decision Makers. www.agassessment.org
13. IAASTD, viewed 9th June 2008. Frequently Asked Questions. www.agassessment.org
14. Eg Terminator seeds.
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juin
Reverdir le désert
L'expérience de Geoff Lawton sur les bords de la Mer Morte
J’étais tombé sur cette vidéo quand j’ai commencé à me renseigner sur la permaculture. Comme l’histoire de l’expérience cubaine, elle contient beaucoup d’espoir. On y voit Geoff Lawton, australien et disciple de Mollison, qui décrit une expérience époustouflante sur un morceau de désert salé en Jordanie au bord de la Mer Morte. On peut dire ce qu’on veut sur le caractère théorique des enseignements de permaculture, voilà un cas applicatif réel particulièrement bluffant. Pour un peu, ce gars ramènerait l’eau et la forêt sur Mars…
Comme je n’ai pas de talents pour un vrai doublage, je vous laisse voir les cinq minutes de vidéo en version originale, et je vous mets ci-dessous ma transcription traduite, en guise de sous-titres différés. Attention, ça vaut le détour.
Le film Greening the Desert (5′21)
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juin
Retour à l’envoyeur
Boucler la boucle de la responsabilité sanitaire
Une histoire
Je tire cette histoire d’un vieux documentaire (probablement vu sur la chaîne Planète quand j’avais encore la télé) sur les sous-marins nucléaires russes et américains. Je n’ai pas réussi à retrouver la référence. Il se peut fort que ma mémoire ait un peu romancé l’épisode.
Ça se passe dans les années cinquante, au moment où les États-Unis conçoivent la première génération de sous-marins nucléaires. Un jour, on soulève la question de savoir s’il faut souder ou boulonner le couvercle du cœur du réacteur nucléaire. Les ingénieurs assurent qu’ils ont réglé les soucis techniques rencontrés par le passé avec la technologie joint + boulons, et que donc le boulonnage est devenu aussi sûr que la soudure, tout en étant nettement moins onéreux, en particulier concernant la maintenance.
La décision finale est entre les mains d’une poignée d’amiraux et d’experts, assis autour d’une grande table en acajou, dans une salle de conférence avec un planisphère en noir et blanc au fond (je crois que ma mémoire emprunte l’image à Hollywood, mais passons). Le grand patron de la marine demande aux experts s’ils sont prêts à jurer que les boulons ne présentent aucun risque. lire la suite →
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juin
Une spirale d’herbes improvisée
Permaculture appliquée : première étude de cas
La permaculture
Le terme permaculture est un mot-valise (permanent (agri)culture) forgé par deux Autraliens (Bill Mollison et David Holmgren) dans les années 80, quand ils ont posé les bases d’une philosophie agricole et sociale à contre-courant de la tournure productiviste que prenait l’agriculture.
Plutôt qu’une pratique ou une méthode de faire, la permaculture c’est d’abord une façon de réfléchir avant d’agir. Les livres de permaculture sont assez rationnels, parfois un peu scolaires et théoriques. On doit se demander ce qu’on veut faire, puis comment le faire, en cherchant systématiquement à intégrer les pièces du puzzle d’une vie personnelle, familiale, sociale, agricole, artisanale ou artistique. Tout ‘déchet’ doit servir à quelque chose, tout processus doit être pensé comme une partie d’un grand recyclage. Frontalement très rationnelle, la permaculture a aussi son petit côté mystique dans son recours systématique aux formes et aux motifs : cercles concentriques, spirales, ondulations, ramifications. lire la suite →
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juin
Garden Girl TV
Agriculture urbaine et soutenable - en vidéo sur Youtube
Quand on ne peut pas aller faire un stage en chair et en os, il reste les fiches pratiques en croquis, en photos ou mieux: en vidéo.
Pour ceux qui comprennent l’américain (ou qui sont assez motivés par le jardinage pour comprendre rien qu’avec les images), je suggère une soirée Youtube à regarder Patti Moreno nous montrer son jardin d’inspiration permaculture par le truchement de courtes vidéos très américaines, mais extrêmement instructives.
Et s’il vous reste du temps, vous pouvez aller explorer sa liste de livres et de ressources qui semble très intéressante.
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mai
Double-bêchage pour buttes autofertiles
Heureusement que ce n'est à faire qu'une fois...
Ils ont mis du temps à me convaincre. Je veux parler des partisans de la biointensive ou des jardiniers synergétiques, au premier rang desquels les jardiniers du Sens de l’Humus. Je veux parler des buttes en double-bêchage. Au-delà de ma réticence viscérale envers tout travail évitable, j’avais des scrupules : la technique ressemble beaucoup aux méthodes d’antan où l’on luttait constamment contre la nature au lieu de la caresser dans le sens du poil. On perturbe toute la faune, on remue, on casse les mottes, on retourne. Bref, c’est contre-intuitif par rapport aux principes de l’agriculture naturelle. En plus, ce n’est pas compatible avec mes rotations de tracteur à poules, puisqu’il n’est pas possible de faire grimper ledit tracteur sur une butte.
Mais contre mes scrupules, ils avaient des arguments : lire la suite →
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mai
Biodiversifier nos vies
Mettre en pratique ce qui fait la robustesse des écosystèmes
Aparté aérospatial
Commençons par une digression vers la conception aéronautique et spatiale : quand on doit concevoir des satellites qui vont fonctionner pendant vingt ans en orbite géostationnaire sans aucune maintenance (imaginez votre voiture rouler pendant vingt ans jour et nuit sans jamais passer au garage), ou quand on doit concevoir un avion qui volera pendant un milliard d’heures sans accident (imaginez votre ordinateur tourner pendant 117000 ans sans planter), il nous faut des systèmes tolérants aux pannes, il nous faut de la robustesse. Généralement, on atteint cette robustesse par des architectures redondantes et diversifiées. Quand un composant tombe en panne, un composant de secours prend la main. Parfois, même le système redondant peut connaître des défaillances. Le cas le plus fréquent correspond à une erreur de conception commune à l’équipement nominal et à l’équipement redondant. Si l’on veut se prémunir y compris contre ces cas imprévisibles (on ne sait jamais où sont les erreurs de conception, mais on sait qu’il y en aura toujours), lire la suite →
Ecrit par kristen, classé dans principes. 2 commentaires.
mai
Spirale dans la pelouse
Tondre n'est pas toujours synonyme d'ennui
Il suffit de régler une valeur négative pour le recouvrement entre passages successifs de la tondeuse pour donner à la pelouse un aspect de guerrier Maori tout à fait surprenant (et parfaitement en phase avec les formes fétiches de la permaculture).
Ecrit par kristen, classé dans permaculture. 3 commentaires.

