l'arpent nourricier

permaculture et transition en aveyron et ailleurs

L’année 2011 : un petit bulletin

Une humble rétrospective permaculturelle

laitue diaphane

Comme chaque an­née, l’année 2011 a com­mencé avec d’enthousiastes ré­so­lu­tions pour le jar­din, en par­ti­cu­lier celle d’ar­rê­ter de faire les trucs au pe­tit bon­heur et d’enfin faire les choses cor­rec­te­ment. J’annonce la cou­leur : ce fut peine perdue.

Je vous épar­gne­rai les pré­textes qui ex­pliquent pour­quoi et com­ment je n’ai pas réussi à m’occuper du jar­din sé­rieu­se­ment. Re­te­nez seule­ment que ce­lui qui sait se te­nir à pas­ser un quart d’heure par jour au jar­din aura for­cé­ment un bien meilleur ré­sul­tat, puisque per­son­nel­le­ment je n’y ai pas mis les pieds tel­le­ment plus sou­vent qu’une ou deux fois par se­maine en moyenne.

Fa­ba­cées : pas mal

J’ai com­mencé la sai­son en plan­tant des fèves de­hors et des pe­tits pois moi­tié de­hors et moi­tié dans la serre. Les fèves de de­hors furent une réus­site (2 m2, plus d’1 kilo de fèves dé­cor­ti­quées). Les deux mètres li­néaires de pe­tits pois de la serre ont bien grimpé mais je n’ai eu comme ré­colte qu’environ deux bols de pe­tits pois. Cela dit, comme je n’ai ja­mais été me ren­sei­gner sur com­bien un pied de pois à rames est sensé don­ner, si ça se trouve c’est nor­mal. J’ai quand même eu l’impression qu’ils au­raient pu don­ner da­van­tage de­hors. Parce que sous la serre, il a sou­vent fait 25 °C dès le mois de fé­vrier — peut-être que les fleurs ont souffert ?

Pas de pa­tates : pas de patates

C’était la pre­mière an­née sans pa­tates. C’était in­ten­tion­nel. Mais c’était un peu dom­mage, vu que les pa­tates c’est as­sez gra­ti­fiant (j’adore la chasse au “tré­sor” quand on va cher­cher les tu­ber­cules sous le paillage). Cela dit, vu la sé­che­resse qu’on a eue au prin­temps, c’était sû­re­ment un bon choix.

Fraises : étouf­fées sous le liseron

Chaque an­née, je vois à peine la cou­leur de mes fraises, ra­pi­de­ment en­va­hies de li­se­ron (celles qui sub­sistent étant évi­dées par les li­maces). Cette an­née n’a pas fait ex­cep­tion, même si après les avoir plan­tées en no­vembre j’ai pris soin de re­ti­rer le paillage et dé­li­se­ron­ner à la main en dé­but de prin­temps avant de re­pailler. Le li­se­ron se joue du paillage car­ton, se fraie un che­min au ni­veau des trous où sont plan­tés les pieds de frai­siers, les en­lacent, et si l’on cherche à désher­ber trop sé­rieu­se­ment, on ar­rache le frai­sier avec son envahisseur.

Pour cette an­née, j’ai dé­placé tous les frai­siers, je re­dé­fe­rai le car­ton au dé­but du prin­temps quand les pre­mières feuilles de li­se­ron com­men­ce­ront à sor­tir, j’arracherai tout ce que je pour­rai, mais je ne re­met­trai pas de car­ton pour faire bar­rière : juste de la paille en dé­but d’été, afin que le li­se­ron ne soit pas tenté de sor­tir au ni­veau des fraises, mais qu’il sorte par­tout et que je puisse le voir et l’arracher.

Je me sens un peu comme Gar­ga­mel qui jure qu’un jour il fi­nira bien par dé­gus­ter de la soupe aux Schtroumpfs. Moi, c’est sûr : un jour j’aurai des fraises.

Fram­boises : 2e es­sai, 2e échec

Bou­tu­rés du côté sud de la haie sèche, mes fram­boi­siers ont en­core une fois été vic­times de la sé­che­resse et de la concur­rence des gra­mi­nées. Cette an­née, deux ou trois pieds s’en sont bien sor­tis sur les vingt que j’avais ins­tal­lés. Je re­com­men­ce­rai en 2012. Pas ques­tion de désher­ber ou d’arroser : ça va tel­le­ment vite de bou­tu­rer des scions de fram­boi­siers qu’il vaut mieux en plan­ter 100 pour en avoir 10 que de se don­ner du mal toute l’année. Peut-être que je paille­rai en dé­but d’été pour gar­der un peu de fraî­cheur, mais ça sera tout.

Haie de saules : 3e es­sai, 1e réussite

Déjà par deux fois j’avais tenté d’implanter une haie de saules en bas du jar­din en bou­tu­rant des brins de saules. la pre­mière fois dans l’herbe, la deuxième fois à tra­vers un paillage plas­tique. Mais le taux de sur­vie après un an était as­sez faible (10% en­vi­ron). Cette fois, j’ai changé de ter­rain, et j’ai planté mes brins de saule au pe­tit ver­ger, entre la double clô­ture. L’idée, c’est d’avoir une ré­serve de four­rage pour les chèvres (que je n’ai plus, mais bon) mais qu’elles ne puissent pas consom­mer plus vite que ça ne pousse, puisque c’est der­rière le grillage. Et bien là, le taux de sur­vie après un an a été d’au moins 50%.

To­mates : peut mieux faire

Côté se­mis, c’était la pre­mière an­née où j’ai vrai­ment bien réussi. Je m’y suis pris as­sez tôt, la serre était ac­cueillante et bien gé­rée, je n’ai pas (trop) ou­blié d’arroser les go­dets.
J’ai dû plan­ter une tren­taine de pieds de di­verses va­rié­tés (je me sou­viens sur­tout d’un genre de to­mates roma et des coeur de boeuf roses qu’un voi­sin m’avait don­nées), et la ré­colte a été bonne quoique tar­dive. J’ai une su­per re­cette pour faire des cou­lis sans m’embêter, par contre j’ai pas mal d’échec dans mes conserves (peut-être 25%). Je les fais avec des bo­caux de com­pote et de confi­ture. Il fau­drait sû­re­ment des cou­vercles neufs chaque an­née (on en trouve sur in­ter­net, par exemple chez Tom Press. Il faut juste sa­voir que ça s’appelle des cou­vercles “twist-off”).

Les pieds de to­mates étaient sur la même butte que les deux der­nières an­nées, sous un paillage de lauzes qui a bien fait ses preuves pour gar­der la cha­leur et em­pê­cher les ad­ven­tices. L’arrosage auto m’a per­mis d’éviter en­tiè­re­ment la né­crose api­cale que j’avais par­fois les autres an­nées. J’ai tu­teuré vite fait car je n’ai pas eu le temps de confec­tion­ner des cages à to­mates, mais je n’ai pas vrai­ment taillé, et beau­coup de pieds se sont affalés.

Les to­mates sous la serre ont fait énor­mé­ment de feuillage mais pas tel­le­ment de fruits ex­poi­tables. En plus, là non plus le tra­vail de tu­teu­rage était in­suf­fi­sant. Cette an­née, j’essaierai de faire at­ten­tion à où je mets quelle va­riété, et je met­trai de vrais supports.

Au­ber­gines : duh !

J’ai planté les au­ber­gines sous la serre, à 50 cm de pieds de cour­gette. Au­tant dire que les au­ber­gines n’ont ja­mais vu le jour, noyées sous les pieds de cour­gette qui ont at­teint des pro­por­tions in­ouies (peut-être 2m de dia­mètre). Cette an­née, il n’y aura pas de cu­cur­bi­ta­cées sous la serre. Je n’ai pas la place (ma serre fait 3m x 4m, mais j’en reparlerai).

Pi­ments : sympa

J’avais planté des plants de pi­ment fort en bord de butte au sud de la ran­gée de to­mates, et ils m’ont donné as­sez pour re­faire une ex­cel­lente pu­rée de pi­ments comme chaque an­née : je mets tout dans un bo­cal (sans éplu­cher ni rien) avec un peu d’huile d’olive, et je passe le mixeur à soupe. Je mets la pu­rée en pe­tits pots en la re­cou­vrant d’une couche d’huile et ça me dure l’année.

Poi­vrons : minable.

J’ai mal géré l’espace sous la serre, et les poi­vrons ont aussi été en­va­his par les cour­gettes. Au bi­lan, il y en a eu trois ou quatre en tout. C’est peu.

Jar­din en trou de ser­rure : bingo !

Voilà une vraie réus­site 2011. C’était long à faire, mais c’est vrai­ment gé­nial d’avoir un tas de com­post joli à deux pas de la cui­sine, et où en plus il pousse des lé­gumes et des aro­ma­tiques. J’ai hâte d’y re­plan­ter des choses au prin­temps. Voir l’article sur le jar­din en trou de ser­rure.

Ha­ri­cots lin­gots : sauvé la mise

Les ha­ri­cots (va­riété lin­got genre tar­bais) ont suivi les pe­tits pois sous la serre. Ils sont mon­tés sur des fils que j’avais ten­dus entre des pierres plates po­sées au sol et l’armature de la serre. J’étais un peu déçu parce que je n’ai pas eu l’impression de ré­col­ter tel­le­ment plus que ce que j’avais semé. En re­vanche, ils ont fait un ex­cellent (mini) cassoulet.

Cour­gettes : ça suffit !

J’avais une ri­bam­belle de plants de ronde de Nice qui s’étaient se­més spon­ta­né­ment à l’hiver 2010–2011. Je les ai lais­sés pous­ser, mais ça m’en a fait beau­coup trop. Ca m’a oc­cupé les deux tiers d’une butte, et on a peut-être mangé un dixième de ce que ça a produit.

De toute fa­çon, je me dis que je vais lais­ser tom­ber les cour­gettes. Je ne suis pas fan, on en trouve des tas au mar­ché ou dans les pa­niers d’amap de toute fa­çon, et elles sont tel­le­ment in­dis­ci­pli­nées qu’elles mettent le ba­zar dans un po­ta­ger en carré. A la ri­gueur des va­rié­tés grim­pantes que je fe­rai mon­ter sur un grillage…

Ca­rottes : la surprise

Après avoir sa­vam­ment raté les ca­rottes l’an passé quand je m’étais es­sayé au re­pi­quage de mini-carottes dé­mar­rées en cais­settes se­lon les pré­ceptes de John Jea­vons, j’ai es­sayé des se­mis en pleine terre cette an­née, sur une terre pa­tiem­ment dé­pier­rée et al­lé­gée pour qu’elles poussent longues et droites. J’en ai ef­fec­ti­ve­ment ré­colté quelques unes au dé­but de l’été, mais en­suite j’ai tout ou­blié, et je pen­sais que tout le reste était mort en­vahi sous les mau­vaises herbes ou monté à graines. En fait, les ca­rottes étaient ca­chées mais bien vi­vantes, et quand j’ai désherbé à la fin de l’été, j’a eu la bonne sur­prise de trou­ver pas mal de belles ca­rottes pas mon­tées à graines, et pas trop tordues.

Je ré­es­saye­rai les ca­rottes cette an­née, et en par­ti­cu­lier j’essaierai de se­mer sous un paillage de fin ra­meaux comme le fait Ri­chard Wall­ner (§4 dans le lien).

Choux : gri­gno­tés par les piérides.

Je pen­sais que le gel se char­ge­rait de dé­bar­ras­ser mes choux de leurs hôtes vo­races, dans la me­sure où je les ai plan­tés tar­di­ve­ment. Maid le cli­mat en a dé­cidé au­tre­ment. Il n’a pas vrai­ment gelé avant jan­vier, et en­core pas fort et pas long­temps. Mes molles ten­ta­tives d’éradication ma­nuelle ont été insuffisantes.

Mes ro­ma­nesco sont main­te­nant de la den­telle mo­ri­bonde avec une pomme ri­di­cule. L’année pro­chaine, je mon­te­rai la garde près des choux, ou je met­trai un fi­let tant que je vois pa­pillon­ner les pa­pillons jaune crème.

Sa­lades : pas moyen

Sur l’air du do­cu­men­taire ani­ma­lier qui ex­plique que seul un ale­vin sur mille at­tein­dra l’âge adulte :

  • mes plants is­sus de se­mis cra­maient sous le so­leil de la serre les jours où j’oubliais d’arroser
  • au re­pi­quage, les li­maces me les dé­vo­raient plus vite que je ne pou­vais les remplacer
  • les plants ache­tés ne valent rien : avec leur trop pe­tite motte, ils font la gueule pen­dant quelques jours. Or les li­maces adorent les sa­lades déprimées.

Pour­tant, s’il y a une pro­duc­tion qu’il faut sa­voir faire au jar­din pour pro­fi­ter de la fraî­cheur et ne pas la voir pour­rir au frigo, c’est bien la sa­lade. A moins d’avoir un mar­ché quo­ti­dien en bas de chez soi.

Ar­ro­sage : à poursuivre

J’en suis à mi-chemin de mon grand pro­jet d’arrosage goutte-à-goutte in­té­gré et au­to­ma­tisé. Chaque butte a son ir­ri­ga­tion, avec un point de bran­che­ment (le ré­duc­teur de pres­sion) en bout de butte, pour y connec­ter le tuyau d’arrosage. En tête du tuyau d’arrosage, j’ai mis :

  • un ro­bi­net mi­nu­teur en dé­but de sai­son, pour pou­voir ar­ro­ser une demi-heure sans ou­blier d’éteindre
  • un pro­gram­ma­teur pour l’été, pour que ça ar­rose une fois tous les deux jours sans que j’oublie

Cette an­née, je re­lie­rai les buttes pour n’avoir pas à dé­pla­cer le tuyau d’arrosage de l’une à l’autre. Des vannes per­met­tront d’exclure l’une ou l’autre du cycle d’arrosage.

Ani­maux : abandonnés

Nous n’avons plus d’animaux au jar­din cette an­née. Les rai­sons sont bien ex­pli­quées dans cet ar­ticle. Sa­chez que ça sou­lage énor­mé­ment — ce qui me pe­sait le plus, c’est vrai­ment la ques­tion de l’astreinte plu­tôt que du temps to­tal à y passer.

Paillage cé­ra­mique : mwais

J’ai dé­monté un toit de tuiles mé­ca­niques (les tuiles moches des toits des han­gars SNCF) et je me suis dit que je pour­rais les uti­li­ser au jar­din au même titre que les lauzes afin de faire un paillage qui garde l’humidité et la cha­leur. Seule­ment les tuiles, en plus d’être moches, elles veulent qu’on les em­boîte. Mais si je les em­boîte, il n’y a pas la place pour les plantes. Et si je ne les em­boîte pas, les herbes poussent à chaque jonc­tion. En plus, c’est net­te­ment plus chiant à ma­ni­pu­ler et à trim­ba­ler qu’une bâche plastique.

Donc je ne gar­de­rai le concept que pour faire un paillage un peu per­ma­nent, comme au pied des fram­boi­siers (tiens, ça me donne une idée…)

En­grais vert : à recommencer.

J’avais raté le cré­neau en fin de sai­son pour oc­cu­per le sol pen­dant l’hiver. J’ai es­sen­tiel­le­ment laissé les restes de plantes au sol. Mais en dé­but de sai­son, j’ai pré­paré mes buttes as­sez vite, et comme je n’avais en­core rien à y mettre, j’ai semé du pois four­ra­ger sur l’une d’entre elles. Deux ou trois mois plus tard, j’ai sim­ple­ment fau­ché et re­cou­vert avec mes tuiles, puis planté entre les tuiles. J’ai trouvé ça as­sez chouette. Je recommencerai.

Permaculture Aveyron & environs

Quand un google groupe se rencontre en live

aveyron_landscape_by_matt_ohia_on_flickr

La liste de dif­fu­sion permaculture-aveyron-environs ne cesse de gros­sir, et lors de la ren­contre di­manche der­nier à Pruines, nous nous sommes re­trou­vés une tren­taine pour vi­si­ter le jar­din de Joël et échan­ger au­tour de la permaculture.

En fait, c’était déjà trop de monde pour pou­voir dis­cu­ter dans de bonnes condi­tions, alors Lin­nea a es­sayé de mettre en place des pe­tits groupes “Open Space” pour dis­cu­ter l’après-midi (mais j’ai dû m’éclipser, alors je ne peux rien vous en dire).

Tou­jours est-il que la per­ma­cul­ture gagne du ter­rain en France : ar­ri­ver à faire ve­nir 30 per­sonnes dans un dé­par­te­ment aussi vide et ar­riéré que l’Aveyron, c’est un signe des temps. Alors à vos mailing-listes, vos af­fiches et vos blogs : je pense que chaque dé­par­te­ment et bien­tôt chaque can­ton pourra avoir son pe­tit groupe de per­ma­cul­teurs et qu’on pourra échan­ger, ap­prendre et trans­mettre sans faire des ki­lo­mètres ni de­voir par­ler anglais..

PS : pour ceux qui veulent re­joindre notre groupe, dites-le moi dans les com­men­taires, je trans­met­trai à Ni­col­las.

Bois raméal fragmenté made in Ségala

Stage BRF chez nous avec Jacky Dupety

jacky dupety

C’est à l’occasion d’une jour­née de for­ma­tion or­ga­ni­sée par l’APABA (As­so­cia­tion pour la pro­mo­tion de l’agriculture bio­lo­gique en Avey­ron) que Ja­cky Du­péty, le ‘pape’ du BRF* est passé nous voir dans notre Sé­gala profond.

* BRF : bois ra­méal frag­menté = jeunes ra­meaux broyés qu’on épand au sol à l’automne sur 3 cm avant de les in­cor­po­rer en sur­face afin que les cham­pi­gnons qui s’y dé­ve­lop­pe­ment dé­mul­ti­plient la vie du sol en re­pro­dui­sant le riche éco­sys­tème d’un sol de fo­rêt. C’est pro­ba­ble­ment la mé­thode la plus ra­pide pour soi­gner un sol dégradé

Au menu : micro-conférences, broyage de branches de chêne (et un peu d’épine noire) avec le broyeur Jean Pain ac­quis en col­lec­tif par l’association ‘la Com­pa­gnie de l’Humus’ (qu’on pour­rait ap­pe­ler les hu­muites), vi­site du jar­din de Sté­phane, ques­tions di­verses et va­riées. Lire la suite »

Mon premier compost à chaud

Compostage rapide (raté) : fatigant mais instructif

tasCompostAChaudSeptembre2011

En re­gar­dant le DVD Soils de Geoff Law­ton, où il ex­plique com­ment faire du com­post en 18 jours, j’ai eu en­vie d’essayer pour de bon. Il n’impose pas les in­gré­dients, mais re­com­mande d’avoir la bonne pro­por­tion C/N. Dans son exemple, il avait de la paille, du foin, dif­fé­rents fu­miers d’animaux, et quelques ‘ac­ti­va­teurs’ comme de la consoude et les restes d’une vo­laille, si je me sou­viens bien. Il conseille de dé­cou­per, broyer ou ha­cher tous les in­gré­dients pour que ça ne soit pas trop dur à re­tour­ner. Il ex­plique le truc de l’éponge es­so­rée pour do­ser la quan­tité d’eau. Et au fi­nal, il pré­cise qu’il faut re­tour­ner le tas tous les 2 jours à par­tir du 4e jour, en met­tant au centre ce qui était en pé­ri­phé­rie et vissé vers ça. Lire la suite »

Adieu poules, chèvre, chevreau

Les animaux et l'astreinte

poulette

Les tech­niques de jar­din en per­ma­cul­ture sont ré­pu­tées peu gour­mandes en temps. En fai­sant tra­vailler pour nous les or­ga­nismes du sol (pour aé­rer le sol, li­bé­rer la fer­ti­lité, re­te­nir l’eau) et quelques ani­maux do­mes­tiques (pour ré­gu­ler les po­pu­la­tions de bé­bêtes, pour en­tre­te­nir une prai­rie, pour se dé­bar­ras­ser des fruits tom­bés), on s’économise ef­fec­ti­ve­ment pas mal de travail.

Ce­pen­dant, il faut pré­ci­ser que le seul ani­mal qui ne de­mande au­cun tra­vail est un ani­mal sau­vage. Tous les ani­maux do­mes­tiques dé­pendent de nous d’une fa­çon ou d’une autre, et même si on ar­rive à ré­duire ce temps in­tel­li­gem­ment, il reste tou­jours une no­tion d’astreinte rou­ti­nière qui re­pré­sente un vrai poids, en par­ti­cu­lier pour les gens qui tra­vaillent à l’extérieur, et à for­tiori s’ils ont de jeunes en­fants (qui ont une cer­taine ten­dance à ac­ca­pa­rer toute notre dis­po­ni­blité). Lire la suite »

Travailler moins pour vivre mieux

Renverser l'éthique du travail

whyWork

Pré­am­bule

Ah, la ren­trée de sep­tembre… la grande re­syn­chro­ni­sa­tion de toute l’humanité la­bo­rieuse. Main­te­nant que les pay­sans ont été mis en mi­no­rité au ni­veau mon­dial, on peut bien dire que notre His­toire Na­tu­relle est à une nou­velle char­nière : nous avons très long­temps été chasseurs-cueilleurs jusqu’à la ré­vo­lu­tion néo­li­thique il y a 10000 ans, puis nous avons été agri­cul­teurs, et main­te­nant nous sommes em­ployés. L’avenir dira quelle em­preinte au­ront laissé cet in­ter­mi­nable passé de chasseurs-cueilleurs puis ce ré­cent pas­sage par l’agriculture. Tou­jours est-il que l’Homme d’aujourd’hui vit hors-sol et tire sa sub­sis­tance non plus d’un éco­sys­tème, fût-il ar­ti­fi­ciel, mais d’un sys­tème éco­no­mique et d’un tra­vail spé­cia­lisé. Ce tra­vail spé­cia­lisé rythme nos vies du ma­tin au soir, il condi­tionne nos par­cours de la ma­ter­nelle à la tombe, il nous dé­fi­nit jusque dans notre État-Civil, et il a tel­le­ment en­vahi nos ré­fé­rences cultu­relles qu’on en­vi­sage ra­re­ment une autre fa­çon de vivre. Ce tra­vail spé­cia­lisé est une aber­ra­tion d’un point de vue per­ma­cul­tu­rel tant il nuit à la di­ver­sité et à la ré­si­lience, comme nous l’allons voir ici. Lire la suite »

Calculateurs de compost

Réussir le bon rapport C:N sans se prendre le chou

tasDeBrfFumant

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas réussi à faire un bon tas de com­post à chaud (à part le tas de co­peaux frais de la photo). Mon der­nier en date, à base de co­peaux de peu­plier et de dé­jec­tions de pi­geon (ma grange fait pi­geon­nier de­puis plu­sieurs dé­cen­nies et j’avais ré­cu­péré trois brouettes de guano), n’a pas dai­gné chauf­fer. Il n’est ja­mais im­pé­ra­tif que le com­post chauffe, mais quand on est pressé et qu’on veut se dé­bar­ras­ser des pa­tho­gènes et des graines, il est pré­fé­rable de réus­sir le bon rap­port Carbone/Azote (dit rap­port C/N) et le bon ni­veau d’humidité pour que la tem­préa­ture monte à 50–60°C. Lire la suite »

Un jardin en trou de serrure

Essai de Keyhole Garden version africaine

jardin keyhole

Où mettre le tas de com­post ? Trop près de la mai­son, il se­rait en concur­rence avec le po­ta­ger de proxi­mité (ce­lui des herbes et des sa­lades) et il nui­rait à l’esthétique vi­suelle (et par­fois à l’esthétique ol­fac­tive). Trop loin de la mai­son, et on se re­trouve avec des as­ti­cots dans la cui­sine parce qu’on n’a pas eu le cou­rage d’aller vi­der la pou­belle de dé­chets verts au fond du jar­din tous les jours.

Chez nous, le tas de com­post a pas mal mi­gré, mais il n’a tou­jours pas trouvé son em­pla­ce­ment idéal. Der­niè­re­ment, il était à côté du po­ta­ger prin­ci­pal, dans un genre de kiosque de for­tune en bam­bou pour que ça ne fasse pas trop moche. Mais c’était en­core un peu dif­fi­cile d’accès et ça com­mence à être un peu trop plein.

La so­lu­tion que je m’apprête à tes­ter nous vient d’Afrique. L’ONG Send-A-Cow qui l’y pro­meut l’a bap­ti­sée Key­hole Gar­den. C’est très dif­fé­rent du simple key­hole bed qu’on voit dans tous les bou­quins de per­ma­cul­ture et dans le­quel le trou cen­tral sert sim­ple­ment à ac­cé­der à une butte qui mé­ri­te­rait plu­tôt d’être ap­pe­lée butte en “fer-à-cheval”. Lire la suite »

Ma récolte de fèves

fèves fraîches

Je crois que c’est fin fé­vrier que j’ai semé mes deux mètres car­rés de fèves (va­riété à longue cosse), à rai­son d’une fève tous les 20 cm en­vi­ron, sim­ple­ment en­fon­cée au pouce à quelques cen­ti­mètres de pro­fon­deur. Le se­mis a été re­cou­vert d’un voile de for­çage, mais je ne pense pas que c’était vrai­ment la peine.

Je n’ai ni traité (même pas de pu­rin d’ortie ou de sa­von noir), ni désherbé. Les pu­ce­rons ont fait une ten­ta­tive d’incursion sur une plante, sans vrai­ment réus­sir à s’étendre. Le li­se­ron et le ché­no­pode ont eux aussi tenté leur chance, mais les fèves ont été plus ra­pides. Si bien que je peux dire qu’à part quelques ar­ro­sages, les fèves ont vrai­ment poussé toutes seules.

A la mi-mai, les plantes fai­saient 50cm de haut, avec une demi-douzaine de longues cosses char­nues pour chaque plante. Comme elles étaient toutes à peu près à ma­tu­rité, j’ai tout fau­ché plu­tôt que de de­voir fouiller parmi la jungle.

Le plus long fi­na­le­ment avec les fèves fraîches, c’est l’écossage et l’épluchage. A ce su­jet, je vous sou­mets une tech­nique qui m’a fait ga­gner à peu près 50% sur le temps d’écossage — ce qui peut de­ve­nir in­té­res­sant pour ceux qui comptent faire pous­ser plus que 2 mètres car­rés (cf. le bi­lan de Koldo).

Tech­nique d’écossage rapide

Pre­nez la gousse entre deux doigts d’une main (pas dans la paume, vous al­lez com­prendre pour­quoi). Dans l’autre main, pre­nez un cut­ter dont vous lais­sez dé­pas­ser la lame de 3 mm seule­ment. In­ci­sez le côté de la gousse du haut jusqu’en bas.

En­suite, pre­nez votre tas de gousses in­ci­sées, tor­dez chaque gousse comme si vous vou­liez dé­vis­ser une ex­tré­mité. La gousse s’ouvre le long de l’incision, il n’y a plus qu’à pous­ser les fèves dans un sa­la­dier. Ça va net­te­ment plus vite que d’essayer de re­ti­rer le fil et de pas­ser l’ongle dans la couture.

Après 10 mi­nutes de cuis­son, on plonge les fèves dans l’eau froide pour pou­voir en­le­ver la se­conde peau sans se brû­ler les doigts. Si le cut­ter était bien ré­glé, le té­gu­ment de chaque fève est déjà lé­gè­re­ment in­cisé, ce qui fait qu’on peut éplu­cher cette se­conde peau rien qu’en pres­sant sur la fève et ça va su­per vite.

Voilà, c’est mon humble contri­bu­tion à la sa­lade de fèves fraîches.

Une haie de bourrache

Ceinture mellifère pour attirer les pollinisateurs

fleurs de bourrage

La bour­rache est une an­nuelle fort utile qui mé­ri­te­rait d’être aussi connue que sa cou­sine la consoude. Son nom la­tin Bo­rago of­fi­ci­na­lis nous rap­pelle qu’on lui prête des ver­tus mé­di­ci­nales. Je l’aime sur­tout pour sa ca­pa­cité à se res­se­mer, sa longue flo­rai­son de pe­tites étoiles bleues qui dé­corent agréa­ble­ment les plats et qui at­tirent les abeilles par cen­taines, et pour ses ra­cines puis­santes qui dé­com­pactent le sol.

In­tro­duc­tion facultative

Mon pre­mier se­mis de bour­rache fut ap­pa­rem­ment un échec. En fait, les graines ont germé l’année sui­vante, un peu par­tout puisque j’avais re­mué la terre entre temps. Comme il n’y en avait que quelques-unes, je n’ai pas osé les dé­pla­cer, de peur de les perdre. Je les ai donc lais­sées là où elles avaient démarré.

L’année der­nière, elles s’étaient tel­le­ment bien res­se­mées que j’en avais par­tout dans toute cette par­tie du po­ta­ger : dans les buttes et dans les al­lées. J’avais dû ou­blié la place que ça pre­nait à ma­tu­rité, parce que j’en ai laissé une bonne par­tie, en par­ti­cu­lier celles qui étaient dans les al­lées. Et même quand il est de­venu évident que les pa­tates qui pous­saient là n’avaient au­cune chance de voir le jour sous la fo­rêt de bour­raches, et que mes al­lées étaient condam­nées pour la sai­son, je n’ai pas eu le coeur de cou­per les plantes, en voyant la mul­ti­tude d’abeilles et autres in­sectes pol­li­ni­sa­teurs que ces bour­raches ré­ga­laient (en plus de ré­ga­ler nos yeux).

Re­pi­quages de bourraches

Cette an­née, il en pousse à nou­veau par­tout à cet en­droit, et j’ai dé­cidé d’être plus ferme. Mais au lieu de râ­ler contre cette en­va­his­seuse, je consi­dère sim­ple­ment que c’est une plante qui se rend utile en fai­sant ses se­mis toute seule : il me reste sim­ple­ment à les déplacer.

A par­tir de mars, j’arrache les plan­tules (que je re­con­nais bien main­te­nant pour les avoir pra­ti­quées deux an­nées de suite) au stade de la pre­mière vraie feuille, en les pre­nant par les co­ty­lé­dons, et je re­pique celles qui viennent avec leurs ra­cines. On peut en­core les ar­ra­cher (éven­tuel­le­ment en s’aidant d’un plan­toir pour ameu­blir la terre au­tour) plus tard quand elles ont plu­sieurs vraies feuilles — là on ne risque plus de les confondre. Lire la suite »