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19
avr

Travail du sol par un tracteur à poules

Compte-rendu de la première tranche de travaux des poulettes

Rappel des épisodes précédents

J’ai construit un poulailler nomade sans plancher qu’on appelle un tracteur à poules. J’y ai mis quatre poules naines de race Orpington. Je leur ai donné les restes de cuisine et du grain bio. Et elles m’ont donné des oeufs.

Mais pas seulement. En échange du gîte et du couvert, mes locataires doivent assurer la préparation des trois mètres carrés de leur pré couvert en vue de futures plantations.

Désherbage

Effectivement, après un mois sur place, les poules ont grignoté chaque plante et chaque brin d’herbe jusqu’à la racine. Le vert émeraude de la prairie est devenu un jaunasse puis brunasse. Le sol n’a jamais été complètement à nu pour autant, les poules ne s’attaquant pas à l’herbe couchée qui avait séché.

Le sol après un mois de tracteur à poules

Contrôle des nuisibles

Je n’ai pas été regarder de très près, mais je ne crois pas qu’un insecte ou qu’une limace aient pu survivre à un mois de traque, surtout à mesure que disparaissait tout couvert végétal. Toutefois, les poules m’ont déçu. Je pensais qu’elles se régaleraient des limaces et des escargots. Or je leur ai apporté plusieurs fois des escargots en offrande, qu’elles ont hautainement délaissés. Elles apprécient mieux les limaces, mais seulement les petites. Elles m’ont aussi déçu par leur manque d’ardeur à gratter. J’espérais qu’elles auraient fouillé assez profondément pour déloger les larves d’insectes et les œufs de limaces cachées à quelques centimètres sous la surface. Mais non. Mes locataires ne savent pas vraiment gratter. D’ailleurs, leurs griffes très longues sont peut-être un indice de faible usure par manque de grattage, justement. Apparemment, ça dépend des races.

Compostage des déchets de cuisine

Depuis l’arrivée des poules, nous avons un récipient de plus pour le tri des déchets : la gamelle des poules. Tous les restes de cuisine, les épluchures, les morceaux de viande (sauf la viande de poulet), les coquilles d’œuf, les fruits et légumes qui se perdent, tout va aux poules. On prend toutefois soin de ne leur donner que du bio. Quelque chose me dit que les résidus de pesticides dans les épluchures de fruits de supermarché peuvent se retrouver concentrés dans le gras de poulet ou le jaune d’œuf. Les restes empoisonnés vont donc au tas de compost, qui apparemment sait mieux dégrader, et qui de toute façon finira par diluer plutôt que concentrer.

Les poules ont semble-t-il apprécié ce régime, et le déversement quotidien de déchets de cuisine n’a pas transformé le poulailler en une décharge insalubre. On assiste donc à un compostage express de la majeure partie de nos déchets ménagers.

Ça m’arrange bien, puisque la gestion d’un vrai tas de compost était très délicate avec les arrivages irréguliers de la cuisine, qui ont des rapports carbone/azote très variés et souvent faibles. Dorénavant, nous destinons au compost principalement des déchets carbonés. Dans l’idéal, nous remplacerons la poubelle prévue à cet effet à la cuisine par une gamelle ou une bassine plus petite (par exemple escamotable sous le plan de travail), que nous irons simplement jeter dans les toilettes sèches. Ainsi, il n’y aura plus qu’une seule corvée de tas de compost, et la gestion du rapport carbone/azote sera simplement la gestion du compostage de notre fumier domestique.

Incorporation du compost

Comme mentionné plus haut, mes poules ne grattent pas, ou peu. Donc les fientes restent au sol, plutôt que d’être incorporées comme je l’espérais. Tant pis. Les vers de terre finiront le travail.

Conclusion

Je suis tout-à-fait satisfait de la première tranche de travaux de mes poules. Mais si je dois agrandir le cheptel, je chercherai des poules qui grattent vraiment (les races dont les éleveurs se plaignent parce qu’elles saccagent le parcours).

Un parcours tout neuf après déplacement du tracteur à poules

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Ecrit par kristen, classé dans animaux, jardin, techniques. 6 commentaires.

6 commentaires

1  Jean

Bonjour. Vos poules sont superbes. Bravo pour l’article, clair, bien écrit et intéressant. La photo du résultat est parlante. Je me souviens que nous évitions de donner aux poules des coquilles d’oeufs car cela peut donner à certaines l’idée de manger leurs propres oeufs, habitude qu’il est ensuite difficile de leur faire passer.

Le grattage des poules, c’est juste pour écarter les brindilles ou l’herbe pour trouver les graines ou les insectes cachés. Elles ne grattent en profondeur que des matières très meubles et s’il y a à manger dedans. Si elles ont de la nourriture en abondance, elles choisissent ce qu’elles préfèrent. Je ne sais plus si elles mangent des escargots mais si vous voulez qu’elles en mangent, il faut les écraser avant.

Ecrit le 21 avril 2008 à 1:31

2  kristen

Merci de ces précisions. Effectivement, ça me vexerait de les voir manger leurs propres oeufs. Côté grattage, je compare juste à ce que je vois chez certaines poules du voisinage, qui y mettent bien plus de coeur, même si c’est effectivement infiniment plus léger que le travail des cochons.
Elles touchent aux escargots du bout du bec, alors que les poules de ma voisine se jettent dessus, même entiers. Je les ai même vu se jeter sur une couleuvre de bonne taille qui était malencontreusement passée sous ma tondeuse. Soit ma voisine affame ses poules, soit il y a des races plus carnivores que d’autres.

Ecrit le 21 avril 2008 à 4:37

3  Jean

Vous avez des poules naines forcément moins puissantes au grattage et au coup de bec que des poules standard. Il est probable que les poules de votre voisine sont moins nourries que les vôtres, voire effectivement un peu affamées.

Ecrit le 21 avril 2008 à 8:13

4  l’arpent nourricier » Avoine : c’est l’échec

[...] vous vous souvenez, j’avais semé de l’avoine au printemps, après le passage du tracteur à poules. Je pensais que le sol était suffisamment gratté et désherbé pour que j’aie juste à [...]

Ecrit le 4 août 2008 à 9:26

5  Olivier

Coté coquilles d’oeufs, il est conseillé d’en donner à manger aux poules mais seulement des coquilles cuites de manière à les stériliser, surtout si ce ne sont pas leur propres oeufs

Ecrit le 20 août 2008 à 2:32

6  kristen

Je ne leur donne que leurs propres oeufs. Je ne leur donne en fait rien qui ne soit pas garanti bio, pour ne pas voir les pesticides et autres toxiques lipo-solubles se concentrer dans le jaune d’oeuf.

Les trucs non-bio vont directement au compost, et le compost finit au pied des arbres.

Ecrit le 20 août 2008 à 3:11

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