Travail du sol par un tracteur à poules

Compte-rendu de la première tranche de travaux des poulettes

Rap­pel des épi­sodes précédents

J’ai construit un pou­lailler no­made sans plan­cher qu’on ap­pelle un trac­teur à poules. J’y ai mis quatre poules naines de race Or­ping­ton. Je leur ai donné les restes de cui­sine et du grain bio. Et elles m’ont donné des oeufs.

Mais pas seule­ment. En échange du gîte et du cou­vert, mes lo­ca­taires doivent as­su­rer la pré­pa­ra­tion des trois mètres car­rés de leur pré cou­vert en vue de fu­tures plan­ta­tions.

Désher­bage

Ef­fec­ti­ve­ment, après un mois sur place, les poules ont gri­gnoté chaque plante et chaque brin d’herbe jusqu’à la ra­cine. Le vert éme­raude de la prai­rie est de­venu un jau­nasse puis bru­nasse. Le sol n’a ja­mais été com­plè­te­ment à nu pour au­tant, les poules ne s’attaquant pas à l’herbe cou­chée qui avait séché.

Le sol après un mois de tracteur à poules

Contrôle des nuisibles

Je n’ai pas été re­gar­der de très près, mais je ne crois pas qu’un in­secte ou qu’une li­mace aient pu sur­vivre à un mois de traque, sur­tout à me­sure que dis­pa­rais­sait tout cou­vert vé­gé­tal. Tou­te­fois, les poules m’ont déçu. Je pen­sais qu’elles se ré­ga­le­raient des li­maces et des es­car­gots. Or je leur ai ap­porté plu­sieurs fois des es­car­gots en of­frande, qu’elles ont hau­tai­ne­ment dé­lais­sés. Elles ap­pré­cient mieux les li­maces, mais seule­ment les pe­tites. Elles m’ont aussi déçu par leur manque d’ardeur à grat­ter. J’espérais qu’elles au­raient fouillé as­sez pro­fon­dé­ment pour dé­lo­ger les larves d’insectes et les œufs de li­maces ca­chées à quelques cen­ti­mètres sous la sur­face. Mais non. Mes lo­ca­taires ne savent pas vrai­ment grat­ter. D’ailleurs, leurs griffes très longues sont peut-être un in­dice de faible usure par manque de grat­tage, jus­te­ment. Ap­pa­rem­ment, ça dé­pend des races.

Com­pos­tage des dé­chets de cuisine

De­puis l’arrivée des poules, nous avons un ré­ci­pient de plus pour le tri des dé­chets : la ga­melle des poules. Tous les restes de cui­sine, les éplu­chures, les mor­ceaux de viande (sauf la viande de pou­let), les co­quilles d’œuf, les fruits et lé­gumes qui se perdent, tout va aux poules. On prend tou­te­fois soin de ne leur don­ner que du bio. Quelque chose me dit que les ré­si­dus de pes­ti­cides dans les éplu­chures de fruits de su­per­mar­ché peuvent se re­trou­ver concen­trés dans le gras de pou­let ou le jaune d’œuf. Les restes em­poi­son­nés vont donc au tas de com­post, qui ap­pa­rem­ment sait mieux dé­gra­der, et qui de toute fa­çon fi­nira par di­luer plu­tôt que concentrer.

Les poules ont semble-t-il ap­pré­cié ce ré­gime, et le dé­ver­se­ment quo­ti­dien de dé­chets de cui­sine n’a pas trans­formé le pou­lailler en une dé­charge in­sa­lubre. On as­siste donc à un com­pos­tage ex­press de la ma­jeure par­tie de nos dé­chets ménagers.

Ça m’arrange bien, puisque la ges­tion d’un vrai tas de com­post était très dé­li­cate avec les ar­ri­vages ir­ré­gu­liers de la cui­sine, qui ont des rap­ports carbone/azote très va­riés et sou­vent faibles. Do­ré­na­vant, nous des­ti­nons au com­post prin­ci­pa­le­ment des dé­chets car­bo­nés. Dans l’idéal, nous rem­pla­ce­rons la pou­belle pré­vue à cet ef­fet à la cui­sine par une ga­melle ou une bas­sine plus pe­tite (par exemple es­ca­mo­table sous le plan de tra­vail), que nous irons sim­ple­ment je­ter dans les toi­lettes sèches. Ainsi, il n’y aura plus qu’une seule cor­vée de tas de com­post, et la ges­tion du rap­port carbone/azote sera sim­ple­ment la ges­tion du com­pos­tage de notre fu­mier domestique.

In­cor­po­ra­tion du compost

Comme men­tionné plus haut, mes poules ne grattent pas, ou peu. Donc les fientes res­tent au sol, plu­tôt que d’être in­cor­po­rées comme je l’espérais. Tant pis. Les vers de terre fi­ni­ront le travail.

Conclu­sion

Je suis tout-à-fait sa­tis­fait de la pre­mière tranche de tra­vaux de mes poules. Mais si je dois agran­dir le chep­tel, je cher­che­rai des poules qui grattent vrai­ment (les races dont les éle­veurs se plaignent parce qu’elles sac­cagent le parcours).

Un parcours tout neuf après déplacement du tracteur à poules

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