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	<title>l&#039;arpent nourricier &#187; fertilité</title>
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	<description>permaculture et transition en aveyron et ailleurs</description>
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		<title>Fertilité importée</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 08:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[réflexions]]></category>
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		<description><![CDATA[Bien que la permaculture cherche à imiter les écosystèmes spontanés et à favoriser la fertilité naturelle autant que possible, je n’ai pas encore trouvé d’auteur qui condamne l’importation de fertilité au jardin. Je vois trois arguments qui justifient de prélever sur l’environnement plus éloigné de quoi accroître la fertilité des zones les plus intensives du [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/img_3409.jpg" alt="tas de compost" title="tas de compost" width="450" height="254" class="aligncenter center size-full wp-image-737" /></p>
<p>Bien que la permaculture cherche à imiter les écosystèmes spontanés et à favoriser la fertilité naturelle autant que possible, je n’ai pas encore trouvé d’auteur qui condamne l’importation de fertilité au jardin.</p>
<p>Je vois trois arguments qui justifient de prélever sur l’environnement plus éloigné de quoi accroître la fertilité des <a href="http://www.permaculture.org.au/images/zones.jpg">zones</a> les plus intensives du jardin permaculturel (dans la nomenclature officielle, les zones I et II). Pour peu que la pratique ne conduise pas à la désertification des zones exportatrices.<span id="more-732"></span></p>
<h3>Horticulture intensive et espaces préservés</h3>
<p>Le premier argument, le plus souvent invoqué, c’est que plus on arrive à concentrer une grande production sur un espace réduit, plus on peut laisser la nature en paix.</p>
<p>Au-delà de la simple préoccupation éthique, ce principe répond à un besoin profond de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9silience_(%C3%A9cologie)">résilience</a> : nous savons que les écosytèmes naturels sont vraiment durables (la preuve, ils sont encore là), alors que le doute est toujours permis quant à la pérennité de nos paysages humanisés. Plus nous modifions profondément les équilibres naturels localement, et plus nous avons besoin de la <a href="http://www.arpentnourricier.org/biodiversifier-nos-vies/">biodiversité</a> et de la résilience des écosystèmes alentour pour stabiliser nos jardins.</p>
<p>Un jardin biologique au milieu d’une forêt primaire aura beaucoup moins de problèmes de ravageurs que le même jardin biologique en pleine Beauce (si tant est qu’on puisse encore parler de jardinage biologique vu le voisinage…)</p>
<h3>Conséquence naturelle de la sédentarité</h3>
<p>De toute façon, qu’on le veuille ou non, à moins d’être nomades, on concentre dans notre voisinage immédiat la fertilité importée de plus loin. Dès lors qu’on s’installe dans une maison et qu’on y mange ses repas, on accumule les nutriments sur le périmètre proche. En effet, les toilettes sont généralement bien plus près de la maison que les cultures.</p>
<p>Ce mécanisme s’est perdu avec le tout-à-l’égout, mais va revenir avec les <a href="http://www.arpentnourricier.org/les-toilettes-seches-dans-la-loi/">toilettes sèches</a> : je préfère épandre le compost dans mon jardin que le retourner au pré d’où vient l’herbe qui a nourri la vache qui m’a donné son lait, sans parler de le ramener au pied du cacaoyer qui a donné les fèves qui ont servi à mon chocolat du matin.</p>
<p>Les arbres, sédentaires par excellence, ne font pas autrement : en offrant le gîte et le couvert aux oiseaux, ils concentrent peu à peu à leur pied la fertilité alentour.</p>
<h3>Tout à portée de la main</h3>
<p>Le troisième argument est celui de l’efficacité énergétique. Sur un terrain pauvre, si je ne concentre pas la fertilité près de chez moi, il me faudra faire des kilomètres et dépenser beaucoup d’énergie pour exploiter une superficie très grande. En revanche, si je rapatrie une bonne fois pour toutes cette fertilité sur un petit espace, j’aurai tout à portée de la main.</p>
<p>D’ailleurs, la question peut aller beaucoup plus loin qu’une simple réduction des “<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Food_miles">food-miles</a>” (distance parcourue par la nourriture entre le semis et l’assiette). Sur une terre très pauvre, il se peut que la superficie à exploiter soit si grande que l’agriculture y est impossible : les gens ont alors recours à l’élevage nomade, qui finit de désertifier la région. A l’opposé, si on s’autorise à prélever la fertilité alentour (et si on arrive à collecter assez d’eau et à irriguer avec parcimonie), on peut créer une oasis de fertilité dans un endroit semi-désertique. Ceci permet alors de revenir au jardinage, d’abandonner les troupeaux, de réduire la pression sur le milieu, et de voir revenir la savane (<a href="http://www.dinosoria.com/climatique/sahel_1.jpg">Sahel</a>) ou la forêt (<a href="http://www.cg12.fr/var/plain_site/storage/images/media/images_et_fichiers/fonds_d_ecran/aubrac/49365-1-fre-FR/aubrac_imagelarge.jpg">Aubrac</a>, <a href="http://img51.imageshack.us/img51/5523/ne2009414.jpg">Causses</a>).</p>
<h3>Recycler les nutriments pour limiter les prélèvements</h3>
<p>Naturellement, il n’est pas question de drainer la fertilité jusqu’à épuisement de l’environnement. Le principe fondamental est celui du recyclage des nutriments. Si mon voisin me donne du fumier pour mettre dans mon jardin, que j’y fais pousser tout ce que je mange, mais que j’ai des toilettes à eau raccordées à l’égout et que je jette mes déchets de cuisine à la benne, alors j’ai tout faux : la fertilité des prés de mon voisin part <a href="http://www.uneassociationparjour.com/images/2007/08/20/hmv">à la mer</a>.</p>
<p>A l’extrême, aucun nutriment ne devrait jamais s’échapper, d’où l’importance de la gestion des <a href="http://www.arpentnourricier.org/dimensionnement-dune-noue-swale/">eaux de ruissellement</a> pour limiter le lessivage : toute molécule soluble utile à la vie doit être soit piégée dans un humus, soit métabolisée par un organisme avant de quitter votre jardin. En gros, si l’eau qui s’écoule de votre terrain n’est pas potable, c’est que vous avez une fuite de fertilité (hors considérations de pollution chimique, naturellement).</p>
<h3>Trève de parlotte</h3>
<p>Tout ça pour dire que le voisin qui curait sa bergerie m’a proposé cet automne deux mètres cubes de fumier de brebis. Que je l’ai mélangé à plusieurs mètres cubes de feuilles mortes ramassées dans les rues du village à la fin de l’automne, et avec six mois de couches-culottes compostables usagées que j’avais soigneusement conservées pour l’occasion. Que j’ai mis le tout en tas, en vérifiant l’humidité “a vista de nas” (prononcer ‘abistodénas’) parce que je n’avais pas du tout envie de prendre à pleine main une poignée de fumier de brebis pour faire le test de l’éponge (un compost a le bon niveau d’humidité quand il est comparable à une éponge essorée). Que quinze jours après je suis allé constater que ça chauffait. Et que j’aurai une sacrée réserve de compost l’année prochaine.</p>
<h3>Ressources sur le compostage</h3>
<p>Il y en a à la pelle sur le net, je vous laisse <a href="http://www.google.fr/search?q=techniques+compostage">chercher</a>.<br />
En bonus, je vous laisse <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=-4277983151382137579#">une vidéo didactique sympa</a></p>
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		<title>Toilettes sèches — fait maison</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 06:29:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
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		<description><![CDATA[Hémorragie de fertilité L’assainissement conventionnel est à mes yeux un symbole de notre mode de vie non-soutenable. En évacuant systématiquement par les égouts toutes nos déjections, nous exportons les nutriments de notre sol vers la mer. Laquelle mer n’en peut plus, tandis que nos sols nécessitent des apports toujours plus importants d’engrais chimiques pour compenser [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/toilettessechesdetail450.jpg" alt="toilettes seches (detail)" title="toilettes seches (detail)" width="450" height="253" class="center size-full wp-image-389" /></p>
<h3>Hémorragie de fertilité</h3>
<p>L’assainissement conventionnel est à mes yeux un symbole de notre mode de vie non-soutenable. En évacuant systématiquement par les égouts toutes nos déjections, nous exportons les nutriments de notre sol vers la mer. Laquelle mer <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_morte#Causes_du_ph.C3.A9nom.C3.A8ne">n’en peut plus</a>, tandis que nos sols nécessitent des apports toujours plus importants d’engrais chimiques pour compenser la perte.</p>
<p>Les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Toilettes_seches">toilettes sèches</a> sont un très bon moyen d’enrayer ce processus linéaire infernal et de reboucler la boucle. Avec des toilettes sèches, la fertilité de mon jardin s’accroîtra indéfiniment, <span id="more-379"></span>même quand je cesserai d’importer de la nourriture : les arbres iront puiser les nouveaux nutriments dans la roche, et tout le reste sera recyclé. Si toutefois je sais éviter l’érosion et le lessivage.</p>
<h3>Un étron, neuf litres d’eau potable, et quelques bacilles</h3>
<p>Les toilettes sèches ont au moins trois autres atouts majeurs :</p>
<ul>
<li>ils divisent par deux ou trois la consommation d’eau ;</li>
<li>ils réduisent considérablement des risques d’épidémies en ne mélangeant pas le choléra d’une famille avec l’E. Coli d’une autre dans les millions de litres du bouillon de culture cloacal ;</li>
<li>ils sont peu coûteux à installer : avoir deux ou trois toilettes n’est plus réservé aux familles aisées ;</li>
</ul>
<p>A ce titre, les toilettes sèches sont la solution universelle au problème de l’assainissement : n’écoutons plus les lobbies de la distribution et du traitement des eaux, lesquels trouvent souvent à s’exprimer par la bouche d’intervenants humanitaires qui ont du mal à reconnaître l’évidence. Ce n’est pas parce que depuis les Romains l’Occident a choisi une solution désastreuse qu’il faut imposer cette erreur au monde entier, surtout à ceux pour qui l’eau potable est trop précieuse pour se permettre de chier dedans.</p>
<h3>Un petit coin pour soulager la planète</h3>
<p><a href="http://eauphilane.monsite.orange.fr/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/11854-300x300.gif" alt="Un petit coin pour soulager la planète - Christophe Elain" title="Un petit coin pour soulager la planète - Christophe Elain" width="150" height="150" class="alignleft size-medium wp-image-380" /></a></p>
<p>Le <a href="http://eauphilane.monsite.orange.fr/">livre de Christophe Elain</a> est incontournable et vu son prix (10€), il se rembourse très vite en économies d’eau. Il traite le sujet sous de nombreux aspects et montre combien variées sont les techniques et les installations.</p>
<h3>Toilettes sèches transportables</h3>
<p>Le système le plus simple, c’est un seau sous une chaise percée, avec une réserve de sciure à côté. Je l’ai un peu amélioré pour le plaisir des yeux et le confort des fesses. Après avoir acheté trois seaux en plastique du même modèle, j’ai dessiné (avec l’excellent <a href="http://sketchup.google.com/intl/fr/" title="logiciel de croquis 3D gratuit">Google Sketchup</a>) le meuble qui irait autour : une manière de baquet, un plateau amovible, et une petite trape agrémentée d’une charnière en bois et d’un inimitable bouton de porte en porcelaine.</p>

<a href='http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/toilettesseches11/' title='toilettesseches11'><img width="125" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/toilettesseches11-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="toilettesseches11" title="toilettesseches11" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/toilettesseches21/' title='toilettesseches21'><img width="125" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/toilettesseches21-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="toilettesseches21" title="toilettesseches21" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/toilettesseches31/' title='toilettesseches31'><img width="125" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/toilettesseches31-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="toilettesseches31" title="toilettesseches31" /></a>

<p>Je dispose maintenant d’un petit coin transportable, qui trouvera d’abord sa place sur le chantier derrière un paravent, puis peut-être un jour sous l’escalier, ou bien dans une chambre d’amis : pas de tuyau, pas d’attaches ; le toilette libre, quoi.</p>
<h3>Et les risques sanitaires ?</h3>
<p>La sciure, une fois enrichie en azote organique par nos soins, ira dans un tas de compost spécifique. Je ferai probablement deux cellules : une qui mûrit un an pendant que je remplis l’autre. Je ne vais probablement pas trop me stresser avec les proportions carbone/azote et la montée en température soi-disant nécessaire pour neutraliser les pathogènes. Pour ne pas me prendre la tête avec les risques sanitaires, j’ai prévu un petit manège.</p>
<p>Certes, j’avoue ne pas donner beaucoup de crédit aux mises en garde à ce sujet, quand on voit comment on s’amuse déjà à épandre la merde des vaches et des cochons dans les champs, à même notre nourriture. Notre écosystème entérique familial est nécessairement moins pathogène pour moi et les miens que la flore intestinale de mes voisins, sans parler de celle de leurs animaux.</p>
<p>Mais bon, comme on n’est jamais trop prudent quand ça ne coûte rien, j’irai mettre au pied des arbres de la haie le compost issu de la décomposition du produit des toilettes sèches. Et je récupèrerai mon offrande l’année suivante, quand après avoir taillé ma haie et broyé les rameaux, je mettrai le BRF au pied des courgettes.</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/04/toilettesseches4.jpg" alt="Un petit besoin ?" title="Un petit besoin ?" width="450" height="253" class="center size-full wp-image-386" /></p>
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		<title>Le dévouement de l’arbre mort</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/le-devouement-de-larbre-mort/</link>
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		<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 07:31:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme à bout de bras, alors qu’il est mort depuis longtemps, l’arbre porte la mousse, abrite les bestioles, retient la terre, et invite les champignons, les bébés capricornes puis les piverts à son banquet. Ou bien il me réchauffe, en me rendant en quelques heures l’énergie du soleil qu’il a patiemment collectée des années durant. [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/le-devouement-de-larbre-mort/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/3266928199/" title="arbre mort 1280 de arpent nourricier, sur Flickr"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/02/arbre-mort-450.jpg" alt="arbre mort" title="arbre mort" width="450" height="250" class="center" /></a></p>
<p>Comme à bout de bras, alors qu’il est mort depuis longtemps, l’arbre porte la mousse, abrite les bestioles, retient la terre, et invite les champignons, les bébés capricornes puis les piverts à son banquet.</p>
<p>Ou bien il me réchauffe, en me rendant en quelques heures l’énergie du soleil qu’il a patiemment collectée des années durant.<span id="more-145"></span></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/10126935@N05/2158615320/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/02/fire-in-wood-stove.jpg" alt="fire-in-wood-stove by philamjokx on flickr" title="fire-in-wood-stove by philamjokx on flickr" width="450" height="250" class="center" /></a></p>
<p>Pour son dévouement, je veux lui rendre hommage (et je rajoute un pull).</p>
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		<title>Massacre à l’épareuse</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Feb 2009 21:02:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[divers]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici les marques que laisse la furie aveugle des dents émoussées de l’épareuse. Pour ceux qui ne connaissent pas l’engin, l’épareuse (ou broyeur à fléaux) est un engin d’entretien des talus et des haies qui se monte sur un bras articulé généralement derrière un tracteur. Bien caché sous un capot, un tambour d’environ un mètre [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/massacre-a-lepareuse/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/3267716872/" title="massacre à l'épareuse de arpent nourricier, sur Flickr"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/02/degat-epareuse.jpg" alt="degat epareuse" title="degat epareuse" width="450" height="250" class="center" /></a></p>
<p>Voici les marques que laisse la furie aveugle des dents émoussées de l’épareuse. Pour ceux qui ne connaissent pas l’engin, l’épareuse (ou broyeur à fléaux) est un engin d’entretien des talus et des haies qui se monte sur un bras articulé généralement derrière un tracteur.</p>
<p>Bien caché sous un capot, <span id="more-140"></span>un tambour d’environ un mètre de long, mû par la prise de force du tracteur, tourne à une vitesse qui s’approche de celle d’un essorage pour un programme coton peu fragile. Sur tout le tour de ce tambour s’articulent des fléaux d’une vingtaine de centimètres de long, en forme de Y, dont la fonction est de se faire centrifuger et de déchiqueter à haute vitesse tout ce qui passe à leur portée.</p>
<p>En théorie, les fléaux sont affûtés [note : d’après un commentateur qui a l’air mieux renseigné que moi, les fléaux ne s’affûtent pas], et l’opérateur conduit l’épareuse de façon à ne broyer que le bois de l’année, en évitant les clôtures, les arbres, les pierres, le sol, les piquets, les fils électriques. En pratique, on voit bien souvent l’épareuse conduite strictement au ras du sol pour un entretien de talus, écorchant la terre parfois jusqu’à la roche nue (qui sera alors tatouée de stries caractéristiques rappelant la culture Maori), ou bien à une hauteur calibrée d’un mètre cinquante pour les haies, quel que soit le diamètre des bois qui dépassent de cette hauteur. Autant dire qu’avec ce traitement, les fléaux sont rapidement parfaitement désaffûtés, et ne continuent de remplir leur fonction broyante que par la pure forte brute de l’impact.</p>
<p>D’où les formes déchiquetées que l’on voit trop souvent sur une haie qu’un cantonnier trop zélé aura voulu rabattre à la hauteur réglementaire, éclatant les jeunes troncs des aubépines, des églantiers, des frênes, voire des châtaigniers, comme s’ils avaient été élagués à l’explosif.</p>
<p>Pas besoin d’un CAP d’arboriculture pour deviner qu’après <a href="http://www.arbresetpaysagesdautan.fr/spip.php?article51">de tels dégâts</a>, les rejets auront du mal à savoir d’où partir, pendant que les maladies auront un grand choix de portes d’entrée.</p>
<p>En somme, l’épareuse et un beau symbole de la société actuelle : après qu’on a décidé arbitrairement que les talus devaient être propres et les haies bien toilettées, on utilise une débauche d’énergie bon marché pour déchiqueter la vie en compromettant l’avenir d’un écosystème semi-naturel légué par nos ancêtres et qui est l’un des derniers remparts entre maintenant et le désert.</p>
<p>Il nous reste à créer un logo à télécharger, imprimer et coller sur de vieux CD-roms, qu’on pendrait aux arbres des haies, et qui, tels ces autocollants de boîtes aux lettres, proclameraient fièrement : “pas d’épareuse sur ma haie, merci (je préfère m’en occuper moi-même)”.</p>
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