Stage poêle de masse avec Emile Lanselle

Chauffage au bois performant et écologique

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Il y a deux gros pro­blèmes avec le chauf­fage au bois : la pol­lu­tion et la consom­ma­tion. Quand le bois ne brûle pas par­fai­te­ment bien, les im­brû­lés sont de re­dou­tables pol­luants. Et si l’on ve­nait prendre quelques me­sures de qua­lité de l’air dans nos vil­lages les jours où le ciel bas et lourd pèse comme un cou­vercle et où les fu­mées des cui­si­nières à bois, go­dins, in­serts et foyers ou­verts s’attardent sur la place et dans les ruelles, on se pren­drait à pré­fé­rer vivre près d’un in­ci­né­ra­teur ou d’une cen­trale à char­bon (qui sont aux normes, eux, au moins, en prin­cipe).
En com­bus­tion in­com­plète, on gas­pille le bois de fa­çon ou­tra­geuse. Et même si l’on brûle bien tout le bois (comme c’est à peu près le cas dans mon poêle Charn­wood une fois qu’il est chaud), une bonne par­tie de l’énergie s’échappe sous forme d’air chaud dans le conduit trop bien isolé. Si chaque foyer fran­çais de­vait se chauf­fer au bois, les fo­rêts fran­çaises ne fe­raient pas long feu. Je n’ai pas les chiffres pour la France, mais pour les USA qui ont bien plus d’hectares de fo­rêt par tête de pipe, une ana­lyse par Nate Ha­gens sur l’excellent site TheOil­Drum a ré­cem­ment cal­culé que la fo­rêt dis­pa­raî­trait en quatre ans si tous les ri­cains bas­cu­laient du fos­sile au bois (toutes choses égales par ailleurs).

Le prin­cipe d’un poêle de masse

Heu­reu­se­ment, il y a les poêles de masse. Le poêle de masse fait ré­fé­rence à toute une fa­mille de foyers fer­més qui com­binent trois caractéristiques :

  • une chambre de post-combustion per­met­tant au feu de mon­ter aux alen­tours de 1000 °C
  • un cir­cuit d’évacuation des fu­mées qui fait quelques dé­tours avant de re­joindre le conduit
  • une peau ex­té­rieure ma­çon­née ca­pable de sto­cker la cha­leur in­tense dans sa masse et de la res­ti­tuer très progressivement.

Dans ce genre de poêle, le but est de faire un feu d’enfer pen­dant une heure ou deux, afin que la tem­pé­ra­ture soit maxi­male dans le foyer prin­ci­pal et sur­tout dans la chambre de post-combustion, pour une com­bus­tion com­plète qui évite la pol­lu­tion, la for­ma­tion de suie, et le gas­pillage de bois. La cha­leur des fu­mées est trans­fé­rée à la ma­çon­ne­rie dans une sé­rie de chi­canes (qui peuvent in­clure un banc chauf­fant) de fa­çon que l’air qui quitte la mai­son soit à peine chaud (juste pour le ti­rage). La cha­leur in­tense pro­duite pen­dant cette chauffe ne sur­chauffe pas l’air de la pièce comme dans le cas d’un poêle en fonte, mais est trans­mise à la ma­çon­ne­rie qui en­toure le coeur du poêle de masse. Plus il y a de masse, et plus l’effet de tam­pon sera im­por­tant : idéa­le­ment, une heure de chauffe per­met à la ma­çon­ne­rie de rayon­ner dou­ce­ment vers la pièce pen­dant toute une jour­née. Si la tem­pé­ra­ture ex­té­rieure du poêle n’est pas trop chaude par rap­port à la pièce, la convec­tion ne s’enclenche pas, et le chauf­fage est ex­clu­si­ve­ment ra­dia­tif donc ex­trê­me­ment confortable.

Le gros in­con­vé­nient de ces poêles, c’est qu’ils sont très chers à ache­ter tous faits, chers à faire faire, ou très tech­niques à faire si on veut les faire soi-même. J’ai l’intention d’en faire un pour la deuxième par­tie de la mai­son et je me do­cu­men­tais de­puis près de trois ans, sans trop sa­voir com­ment j’allais m’y prendre. C’est pour­quoi j’ai bondi sur l’occasion quand j’ai vu pas­ser l’info qu’un ar­ti­san lo­cal or­ga­ni­sait un stage d’une se­maine pour faire le poêle chez des amis à nous qui ré­novent une grange à por­tée de vélo de la maison.

Une mé­mo­rable se­maine de stage

Ex­pli­ca­tions théo­riques, mise en place du coeur, ma­çon­ne­rie de l’enveloppe, dé­coupes des briques ré­frac­taires, mor­tier ré­frac­taire, mor­tier à la terre, ci­ment fondu, laine cé­ra­mique, pose des portes et des trappes de net­toyage : on n’aurait pas pu rê­ver plus com­plet pour une se­maine de stage agré­men­tée par de mé­mo­rables agapes le midi chez les pro­prié­taires. En plus Emile Lan­selle est un an­cien in­gé­nieur, ca­pable de ré­pondre sans se dé­mon­ter à toutes mes ques­tions de taré. Et pour ne rien gâ­ter, l’un des sta­giaires était un ar­ti­san rou­main qui avait déjà construit des di­zaines de cui­si­nières sur le mo­dèle tra­di­tion­nel d’Europe de l’Est dont les ver­sions “mo­dernes” des poêles de masse s’inspirent for­te­ment. Un stage avec deux maîtres, en quelque sorte.

Main­te­nant, je me donne 18 mois pour fi­nir de me do­cu­men­ter, faire mes plans en sket­chup, les sou­mettre pour ex­per­tise à Emile Lan­selle qui en plus de tout nous ex­pli­quer pen­dant le stage se pro­pose de re­voir nos plans et même de ve­nir nous ai­der le jour de la pre­mière mise en chauffe au titre du SAV du stage.

Si vous êtes tenté, sa­chez qu’Emile fait des poêles dans toute la France, et qu’il se pour­rait bien qu’à l’occasion d’un chan­tier près de chez vous il puisse or­ga­ni­ser un stage à nou­veau. A part Emile, il y a quelques poi­gnées d’artisans spé­cia­li­sés dans la construc­tion de poêles de masse. Tous ne font pas du sur-mesure, cha­cun a un peu son de­sign et ses tech­niques pré­fé­rées : à vous de voir ce qui vous va le mieux. Sa­chant qu’un poêle de masse est in­amo­vible et qu’il du­rera aussi long­temps que la mai­son, et qu’il vous coû­tera quelques mois de tra­vail ou quelques mois de sa­laire, ça vaut le coup de pas­ser un pe­tit peu de temps à lire tout ce qu’on peut trou­ver sur le web et dans les bou­quins avant de se décider.

Pour cher­cher sur le web :

Je vous mets les re­quêtes google parce que les liens bougent tout le temps si­non (pen­sez à re­gar­der aussi les images et les vidéos).