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permaculture et simplicité volontaire en aveyron et ailleurs

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22
juil

Semis en pleine terre et permaculture ?

dois-je définitivement renoncer aux carottes ?

chenopodium album

Le modèle du jardin en permaculture cherche à tous prix à s’éloigner de celui de la bonne vieille planche de terre nue, gadouilleuse et stérile du potager traditionnel. Mais comment fait-on des semis sous dix ou vingt centimètres de paillage ?

Pour les grosses graines, pas de problème : un trou dans le paillage, un petit pois, un haricot, un grain de maïs, une graine de courge, et ça finira par passer. Mais pour les petites, ça n’est pas gagné.

Tout ce qui peut se repiquer gagnera alors à être élevé en godets, puis planté au travers du paillage (laitues, tomates, etc.)

Ratage de semis en pleine terre

Restent les petites graines pour les plantes qui ne se repiquent pas. Par exemple les radis ou les carottes.

J’aurais du mal à vous décrire la méthode idéale pour faire des semis en pleine terre, dans la mesure où j’ai quasiment tout raté.

Le dernier épisode en date, ce sont les carottes : j’ai repris une butte que j’avais laissée sous son couvert de mauvaises herbes pendant les six derniers mois, j’ai bien affiné la terre en cassant les mottes et en extirpant les racines diverses, j’ai semé trois rangs de carottes et panais en jolies lignes bien droites, et j’ai tout laissé à nu à la merci de la pluie et du soleil : triple transgression des préceptes de la permaculture. Deux semaines plus tard, je vois plein de petites pousses, toutes de la même plante, qui sortent de partout. Je me félicite de la réussite de mes carottes. Mais soudain je me rends compte que les plantules occupent la totalité de la planche de culture, alors que j’avais soigneusement planté les carottes en rangs.

Quelques jours et quelques recherches plus tard, j’identifie la plante qui a pris la place de mes carottes : c’est du chénopode blanc, autrement appelé poule grasse, qu’on dirait semé exprès, tant les pousses sont uniformément réparties sur la planche. Je décide de le laisser en place : ça fera quelques salades et une base d’épinards (ça tombe bien, j’ai aussi pas mal raté les semis d’épinards).

Théoriquement, ça devrait marcher

Mais je ne renonce pas à un jour réussir des semis en pleine terre en version vraiment permaculturelle. Il me faudrait juste mettre au point une technique qui marche à coup sûr… Prenons mes exigences dans l’ordre :

  1. garder la terre couverte pour calmer l’ardeur des plantes pionnières, pour éviter l’érosion, le dessèchement et la battance
  2. ne pas travailler la terre pour qu’elle garde toute sa structure
  3. donner de la nourriture aux bêtes et aux champignons du sol pour qu’ils structurent le sol
  4. permettre aux petites graines de germer : chaleur, humidité, un peu de lumière dès que les cotylédons sortent
  5. limiter les besoins d’arrosage
  6. pas de plastique
  7. pas de travail une fois le système installé

Je pense que si on a un paillage fin et bien couvrant, sec au-dessus et quasiment composté en-dessous, les graines se plairont bien. Voilà comment je compte m’y prendre.

Il faut probablement une planche de culture spécialement faite pour ces semis. Je pense que le meilleur moment pour préparer est la fin de l’automne, quand les adventices annuelles sont mortes et que la végétation est ralentie. Sur une butte, on amasse vingt centimètres de paillage ayant une teneur assez forte en carbone pour qu’il ne soit pas tout composté au printemps. Probablement que les tontes de gazon ne sont pas adaptées (en tout cas pas telles quelles). Il faut une structure du paillage assez fine quand même, afin que des petites graines y trouvent leur compte. J’aimerais essayer de la paille hachée. On l’éparpille de façon assez lâche pour qu’elle ne risque pas de faire un bouchon. A la surface, on dispose du grillage ou des branchages pour protéger le paillage contre le vent et les oiseaux.

Et on attend.

Au printemps, le but est que la couche de paillage soit à différents stades de compostage suivant la profondeur. On dispose des billes de graines à un ou deux centimètres sous la paille sèche de la surface, là où la paille est plus noire et plus humide. Quand elles germeront, la racine n’aura pas de mal à se frayer un chemin jusqu’à la couche compostée, puis jusqu’à la terre : en fait, les plantes trouveront naturellement une structure de sol légère comme du terreau de semis au début, et de plus en plus consistante à mesure qu’elle grandissent.

Comme ces graines sont les seules qui seront à la bonne profondeur, les plantes spontanées ne pourront pas s’inviter, sauf le liseron — éternel incrusteur.

Et si l’on est un vrai permaculteur fainéant, on ne recommence pas l’année suivante. On saupoudre de paille hachée tout au long de l’année pour maintenir le niveau, et on laisse les carottes ou les panais se ressemer tranquillement.

L’automne est encore loin : il me reste du temps pour peaufiner le concept – si vous avez des remarques, des suggestions, et surtout de l’expérience, je suis preneur.

Ecrit par kristen, classé dans animaux, permaculture, personnes, principes, sol, techniques. 6 commentaires.

6 commentaires

1  Remas

Salut kristen,
pour les semis en pleine terre,
j’ai essayer avec les navets,
je disposais d’un bout de terrain rempli de beaucoup de végétation,
donc j’ai un peu arraché tout cela est laisser sur place,
après j’ai mis de la terre bien noire, ramassé au bord d’un chemin où s’entasse petit à petit le caca des vaches, ^_^
donc une terre assez noire et bien bonne je pense, j’espère en tout cas.
Après j’ai semé les graines de navets à même le sol,
puis j’ai recouverts d’un tout petit peu de paille.

Et maintenant ça à poussé un tout petit peu,
et plein d’adventices sont venu remplir les espaces vides.
Donc c’est pas trop réussis.
Mais ça à poussé quand même, et je vais pouvoir éclaircir et replanter le surplus ailleurs.

Ecrit le 3 août 2009 à 2:43

2  Jean

Renoncer aux carottes serait dommage. Quand un semis de carottes est raté, on le refait. L’arrosage du sillon au moment du semis est indispensable. Il faut aussi veiller à ne pas semer trop dru. Bon courage.

Ecrit le 29 août 2009 à 9:51

3  kristen

Remas, Jean, merci des infos et des conseils. Je vais réessayer.

Ecrit le 29 août 2009 à 9:59

4  Jean

Petite précision. Un semis de carottes maintenant, c’est trop tard. Elles pourraient lever mais n’aurons pas le temps de se développer avant l’hiver.

Personnellement, pour assurer le coup et avoir des carottes en quantité suffisante de début septembre à mars de l’année suivante, je fais trois ou quatre semis espacés de quinze jours en avril – mai.

Pas facile de jardiner sans quelques livres. Entre autres, « Le Traité Rustica du Potager » de Victor Renaud et Christian Dudouet est pratique (et 100% bio). Et le gros livre des « Semences de Kokopelli » est une Bible.

Les méthodes anciennes (bêchage manuel total avant l’hiver) sont bien sûr dépassées. Elles permettaient toutefois à l’ouvrier de nourrir sa famille nombreuse en faisant son jardin le soir après son boulot et pendant ses congés annuels. La mère de famille faisait les bocaux de haricots verts et les confitures et s’occupait des poules et des lapins…

Ecrit le 31 août 2009 à 10:00

5  Ramite

Pour les carottes, j’ai les mêmes problèmes que toi; mais mon père, qui les réussit à chaque fois, m’a donné ce conseil, que je vais m’empresser de tester:
dès février ou mars, préparer une ou deux lignes de bonne terre bien riche, semer les graines de carottes à même le sol, puis recouvrir d’un centimètre de sciure. Arroser abondament et régulièrement. La sciure empèchera nombre d’adventices de se développer, et maintiendra le sol constemment humide, ce dont a absolument besoin la carotte (sans parler de l’effet bénéfique de mulch de la sciure). Il a ainsi des carottes disponibles tout l’été. Il refait la même chose en mai-juin, pour avoir des carottes en automne hiver, qu’il recouvre d’un peu de paille dès les premières gelées pour qu’elles se gardent. Elles ne pourrissent pas mais il a une terre sableuse, j’espère que ça sera aussi le cas dans ma terre argileuse; sinon il faut les ramasser avant les gelées et les conserver au frais dans du sable sec.
Bonne chance pour tes semis.

Ecrit le 14 novembre 2009 à 10:03

6  kristen

C’est à tenter.

Ecrit le 19 novembre 2009 à 11:29

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