l’arpent nourricier

vers une agriculture personnelle

Voulez-vous vous identifier ou vous enregistrer ?

24
avr

Semis d’avoine après le passage du tracteur à poules

Semis d'avoine sans labour et sans semoir

Avant-Après

Avant, c’était une prairie. Un endroit qui n’avait jamais été remué, et que je n’avais pas tondu depuis deux ans. J’avais juste dû passer la faux une ou deux fois. Donc personne n’y avait marché, et si je me fie à la hauteur et la densité des graminées fauchées, le sol était probablement déjà de bonne qualité. La présence de taupinières aux alentours indique probablement une abondance de vers de terre, donc un sol bien structuré et bien drainé.

Pourquoi faire passer le tracteur à poules à cet endroit ? Je ne sais pas très bien. J’avais peut-être espoir que les poules détruiraient toute végétation, et que j’aurais alors pu faire des semis en pleine terre sans craindre la compétition de graminées bien installées. En fait, il est certain que les poulettes n’ont jamais gratté assez profond. Elles se sont contenté de raser l’herbe de très près.

Le sol après un mois de tracteur à poules

Il est sûr qu’après le séjour des poules, le terrain ne manque pas de nitrates, et se prêtera donc bien à la culture de plantes exigeantes.

Sans vouloir critiquer les braves gallinacés, il faut aussi remarquer qu’une bonne fraction du grain que je leur avais donné était resté intact. Soit elles n’étaient pas assez dégourdies, soit elles n’étaient pas assez affamées pour aller le chercher entre les brins de paille qui maintenaient un semblant de couverture au sol.

Comme je n’avais pas concassé les grains, j’aurai peut-être du maïs et du blé à cet endroit. Pourquoi pas, après tout.

Aération du sol, sans grelinette

C’était peut-être inutile, mais je voulais essayer de passer un coup de grelinette pour aérer le sol. Le seul problème, c’est que je n’ai pas encore de grelinette, vu que c’est mon voisin qui doit me la fabriquer, et que comme il me la fait pour rien, je ne vais quand même pas lui crier après.

Donc j’ai essayé avec la rotogriffe. Peine perdue. Les racines de graminées sont toujours bien là sous la surface, bien touffues et bien ancrées. La griffe se plante sans problème, mais il y faudrait un cabestan mû par cinq marins pour la faire pivoter.

J’ai failli me faire une raison. Parce qu’en réalité, il n’y avait pas vraiment besoin d’aérer ce sol, les vers de terre s’en étaient chargés, et le piétinement apparent des poules n’affectait probablement que la surface. Je suis sûr que si j’avais simplement laissé le sol tel quel, il se serait aéré jusqu’à la surface en peu de temps, surtout en le protégeant avec un bon paillage. Mais bon, j’avais rêvé de passer un coup de grelinette.

J’ai donc été prendre la fourche-bêche, qui est l’outil qui ressemble de plus près à la grelinette. La bonne surprise, c’est que l’outil s’enfonçait parfaitement sur toute la hauteur des dents, en appuyant à peine le pied. Il n’y avait alors plus qu’à reculer un peu le manche pour aérer une motte. Jamais au point de la retourner ; je ne voulais surtout pas remplacer les graminées par d’autres adventices moins désirables, par exemple le liseron. Donc la terre de surface devait rester en surface, et la terre du fond, au fond. L’opération d’aération a quand même sacrément fait gonfler la terre, dont le niveau a monté de presque dix centimètres (mais ça redescendra probablement un peu).

Après le passage de la fourche, le racinaire était suffisamment assoupli pour que je puisse donner un coup de rotogriffe, par acquit de conscience. Cela m’a permis d’émietter un peu mieux les mottes, tout en étant sûr de ne rien chambouler : le mouvement de pivot de la griffe inverse la gauche et la droite, mais certainement pas le dessus et le dessous.

D’ailleurs à cette occasion, je me suis demandé si la grelinette n’aurait pas dérangé le sol un peu trop pour ce que je voulais faire. On verra quand j’en aurai une.

Durée de l’opération (fourche-bêche + griffe) : un quart d’heure pour trois mètres carrés, donc 833 heures à l’hectare. Pas question de faire ça à grande échelle. Il faut se rendre à l’évidence, cette technique n’est valable que pour un potager. A plus grande échelle, il faut laisser les bestioles faire le boulot, ou bien mécaniser (devinez de quel côté je penche…)

Semis d’avoine et de lin

Comme on est encore très tôt dans la saison, je me suis dit que j’avais ma chance avec de l’avoine. Si je change d’avis plus tard, l’avoine aura servi de couvre-sol, et peut-être d’engrais vert.

J’avais commandé des semences d’avoine chez Essembio, et en me fiant aux recommandations de plantation trouvées sur internet (90 à 120 kg à l’hectare), j’en ai déduit qu’il m’en fallait 60 grammes pour le morceau de potager. Comme il n’était pas question que j’aille mesurer les 60 grammes avec un pèse-lettres, j’ai dit que 60 grammes = quelques grosses poignées, à une vache près.

J’ai semé à la volée, en essayant d’être plus régulier qu’avec le seigle que j’avais semé à l’automne en bas du pré, mais bon, en fait on s’en fout pas mal. Notre besoin de semer proprement, au cordeau, en ligne, impeccable, c’est juste notre esprit compacté. Pour autant que je sache, la nature ne sème pas en ligne (vous allez me dire, elle ne fit pas cent quintaux à l’hectare non plus…). Si c’est clairsemé par endroits, j’y mettrai autre chose plus tard. Une patate ou deux, un plant de courge, ce que j’aurai sous la main. Et puis c’est tout.

Bon, et pour mettre un peu de couleur, j’ai jeté quelques pincées de graines de lin. Là aussi, on verra bien. En fait, il me faudrait un sac de semences de fleurs des champs, et en balancer une poignée par-ci par-là au hasard de mes semis, par plaisir.

Fleur de lin, par laurentlecoutre, sur Flickr

Ma philosophie avec les semences, c’est de faire comme la nature : ne pas être pingre et ne pas s’en faire.

Paillage (récolte et mise en place)

Là, si vous avez suivi, vous vous rendez compte que les grains d’avoine et de lin (ainsi que les restes de blé et de maïs des poules) traînent à la surface d’une terre certes aéré mais encore à moitié paillée. Et comme je ne veux rien remuer, pas question de recouvrir les graines avec un coup de rateau ou d’épandre du compost (d’autant qu’il y a déjà assez de nitrates sur place). Donc il me faut pailler pour recouvrir tout ça.

Mais je n’ai plus de paille. Les caisses pleines de copeaux de menuiserie, je les réserve pour les toilettes sèches. Il fallait donc que j’aille récolter du paillage. La prairie du bas était assez haute pour que je puisse aller me servir. J’ai affûté la faux, et j’ai essayé de ne prendre que les touffes les plus hautes, celles qui sont faites d’herbe rêche, large, et foncée. J’en ai ramené quelques brassées, pour recouvrir d’une couche d’environ dix centimètres la terre nouvellement ensemencée.

Planche désherbée, aérée, ensemencée, paillée

Enfin, j’ai disposé des rameaux tous secs par dessus, pour la touche finale. Ces rameaux, dont il se trouvait justement un tas inemployé à portée de bras, et que j’essaie pour la première fois, ont pour fonction(s) de :

  • Retenir le paillage en cas de vent
  • Dissuader les chats de venir gratter. C’est pas très grave, mais ça m’agace
  • Rendre le pillage plus difficile aux piafs

Voilà, on verra s’il y pousse autre chose que les herbes qui y étaient déjà avant. Sinon, je faucherai et je planterai des plants issus de semis en godets, en utilisant le foin juste fauché en paillage.

Epilogue

Je n’ai pas eu besoin d’arroser, le temps pourri du week-end de pâques s’en est chargé abondamment.

Lire aussi

Acheter des graines à germer comme semences
Quand un débutant affûte la faux

tags:

Ecrit par kristen, classé dans permaculture, sol, techniques. 1 commentaire.

Un commentaire

1  l’arpent nourricier » Avoine : c’est l’échec

[…] vous vous souvenez, j’avais semé de l’avoine au printemps, après le passage du tracteur à poules. Je pensais que le sol était suffisamment […]

Ecrit le 4 août 2008 à 9:23

Laisser un commentaire