Savez-vous planter au jet ?

Repiquage rapide des jeunes plants en pleine terre

J’avais 60 poi­reaux à re­pi­quer. Le so­leil était déjà tombé et il al­lait faire nuit. Pas le temps de faire un sillon pour re­pi­quer comme d’habitude. En plus, je vou­lais plan­ter en car­rés (7 poi­reaux par carré de 30cm x 30 cm) et non pas en rangs. Et en­fin, la terre était as­sez sèche, il m’aurait fallu co­pieu­se­ment arroser.

Comme j’allais par­tir deux jours de chez moi, c’était main­te­nant ou bye bye les poireaux.

La tech­nique qui tue

Et c’est là que j’ai eu l’idée : en ré­glant le pis­to­let du tuyau d’arrosage en mode ‘jet’, je peux ‘fo­rer’ ver­ti­ca­le­ment un trou dans la terre de la planche et en­fon­cer dé­li­ca­te­ment chaque poi­reau de l’autre main pen­dant que le jet trans­forme la terre du trou en boue li­quide. D’ailleurs, je de­vrais dire re­te­nir plu­tôt qu’en­fon­cer, puisque le jet a ten­dance à en­traî­ner le plant au fond du trou. J’arrête le jet, la terre se draine et se re­ferme, le pe­tit poi­reau tient de­bout. Et en plus, le trou de plan­ta­tion est ar­rosé. Et en plus je n’ai dé­rangé la terre que là où j’ai planté (contrai­re­ment à la tech­nique du sillon). Et en plus, rien ne force sur les ra­cines. Et je re­com­mence au poi­reau sui­vant : un coup de jet, on plante dans le trou du jet, on ar­rête le jet : trois se­condes par poireau.

Deux mois plus tard, il y a 100% de réussite.

J’ai ré­ci­divé peu après avec des oi­gnons, et les plants de sa­lade de mes plaques al­véo­lées. Avec la même fa­ci­lité et le même suc­cès. [No­tez ce­pen­dant que si la terre est as­sez meuble et fraîche, on va aussi vite en fai­sant un trou avec le pouce avant d’y plan­ter le plant de sa­lade, mais ça ne marche pas dans le cas des poi­reaux ou des oignons.]

Je pense que ça marche avec tous les plants à ra­cines nues (oi­gnons, poi­reaux), ou les plants éle­vés en plaques al­véo­lées, afin que le dia­mètre du plant soit in­fé­rieur au dia­mètre du cra­tère boueux que pro­duit le jet. Il faut aussi que la terre soit fine et nue pour que le jet puisse la per­cer et la sou­le­ver en l’inondant localement.

Et avec les plants en godets ?

Ca peut se gé­né­ra­li­ser aux go­dets, même si ça va moins vite : avec le jet, on crée une zone sa­tu­rée d’eau, genre ‘sables mou­vants’, de la lar­geur de la motte, et plouf la motte.