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jan

Retour à l’emploi

la fin de mon congé parental : pragmatisme ou couardise ?

planck artist impression by esa

Après quatre mois, voici que prend fin ce congé parental qui devait durer un an (sinon plus). Retour au boulot (mais à mi-temps - ouf).

Même si je n’ai pas besoin de me justifier, je pense que des explications intéresseront ceux qui se demandaient s’ils n’allaient pas suivre ce genre de voie de sortie.

Je pense pouvoir affirmer que le travail ne m’a pas manqué ; ni non plus les collègues ; que la question du prestige social ou de la hiérarchie de revenus avec ma femme ne s’est pas posée ; que ce ne sont pas les couches et les lessives qui m’ont démoralisé ; et que j’ai adoré passer du temps avec mon petit bonhomme (”abedlaa dada !”).

Du côté des finances, c’est passé ric-rac, sans qu’on fasse des efforts surhumains ni qu’on fasse des comptes d’apothicaire (j’avais le projet de commencer à compter les sous, mais j’ai sans cesse repoussé). Simplement, il ne restait rien pour acheter des matériaux de construction. Et rien pour payer une nounou.

Ça n’aurait pas été gênant si l’un des projets majeurs dans la hiérarchie des objectifs du congé parental n’avait pas été la rénovation de la tranche 2 de la maison.

Car on ne peut pas faire de travaux avec un petit dans les pattes, ni sans acheter quelques outils et matériaux (je veux parler de bois pour faire des solives, des cloisons et des planchers, de rouleaux d’isolants en laine de bois, de plaques de plafond en plâtre-cellulose, de sacs de chaux, rien de très cher ni très technique, mais ça suffit déjà).

Là où j’avais espéré pouvoir compter sur deux ou trois jours par semaine à faire avancer les travaux, je disposais finalement d’à peine un jour les bonnes semaines. J’aurais dû m’en douter dès le départ. Enfin, ce qui est fait est fait. Donc maintenant : plan B.

Le plan B, c’est de reprendre le travail à mi-temps, d’utiliser les RTT et autres congés pour que ça représente seulement deux jours par semaine à mon boulot, et de profiter du différentiel de salaire pour me permettre de payer la nounou à plein temps ainsi que les matériaux, et donc avancer ma rénovation le reste de la semaine. D’un côté, c’est pragmatique. De l’autre, c’est revenir dans le système, reprendre du service comme mercenaire, en profitant d’avantages indécents.

J’aurais pu renoncer aux travaux (après tout, la tranche 1 est habitable, et il y a beaucoup d’enfants dans le monde qui ne disposent même pas d’un palier de 4m2 à partager avec leur fratrie), mais ça aurait été trahir un projet familial important. Ça n’aurait pas fait du bien à la cohésion familiale, qui est un élément primordial de tout projet décroissant et de simplicité volontaire. J’admire ce que Mark Boyle a fait (vivre sans argent pendant un an), mais je l’aurais admiré encore plus s’il avait réussi à préserver son couple.

Comme l’intégralité de ma paie sera dépensée en frais de garde, en trajets, et en travaux, la situation est totalement réversible financièrement : quand mon fils entrera à l’école, j’aurai fini les travaux, et je pourrai m’arrêter à nouveau si j’en ressens le besoin (mais là, ça sera sans élastique). L’important, c’est de ne pas être piégé.

Ecrit par kristen, classé dans engagement, simplicité volontaire. 4 commentaires.

4 commentaires

1  Jean

Je ne pense pas que l’on puisse parler de couardise. Peut-être d’attention à l’autre et de prudence ? Mieux vaut reculer pour mieux sauter que se casser la figure. Non ?

Ecrit le 23 janvier 2010 à 6:09

2  kristen

Merci du soutien. Je sais que parler de couardise est un peu fort, mais je reste conscient du fait que je continue à profiter du système. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois …

Ecrit le 25 janvier 2010 à 10:43

3  Koldo

Je pense que la dernière phrase de ton billet résume bien la question.

Ecrit le 25 janvier 2010 à 10:45

4  Vincent

“Quand mon fils entrera à l’école…”
Si la permaculture envisage la globalité du vivant - et ton fils en fait parti -, tu peux aussi t’assoir et te demander d’où vient cette phrase, qui semble avoir la force d’une évidence.
Nombre de plantes se passent allègrement des tuteurs et engrais qu’on voudraient leur fournir, sauf à vouloir normaliser et contrôler leur production. L’argument est toujours le même : “ça les enrichit, ils pousseront droits et seront moins fragiles ; donc c’est bon pour eux, n’est-ce pas” ? Et ils en faut un long parcours pour repenser ce monde qui nous entoure.
Ne serait-ce pas généralisable à tout être vivant, a fortiori dans notre environnement quotidien ?
“L’important, c’est de ne ne pas être piégé” et peut-être, de ne pas piéger à son tour.

Ecrit le 23 février 2010 à 6:21

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