mai
Pour planter un arbre, plante un perchoir
Pour encourager le semis d'arbres là où on les veut
L’autre jour, j’ai remarqué qu’un sureau poussait au pied de la mangeoire que ma femme avait installée pour les mésanges pendant l’hiver. Note : il n’y avait pas de baies de sureau dans la mangeoire, seulement des graines de tournesol. Il m’a fallu l’arracher parce qu’il n’était pas du tout au bon endroit.
Mais j’ai vite pensé que si la mangeoire avait été à tel autre endroit du jardin, je n’aurais pas été mécontent d’y voir pousser un sureau ou tout autre arbre véhiculé par la grâce de la digestion incomplète des oiseaux.
Ce qui m’amène à redécouvrir la technique suivante : pour faire pousser des arbres quelque part quand on n’a jamais le temps mais qu’on n’est pas pressé, on peut simplement planter un perchoir.
Le perchoir le plus simple à faire est une branche d’arbre avec quelques ramifications, un peu taillée pour réduire la prise au vent, coupée en biseau et plantée fermement dans le sol. Durée de l’opération : cinq minutes à tout casser (à comparer avec une bonne demi-heure pour planter un arbre de pépinière).
Le mieux pour les arbres, c’est que le sol sous le perchoir ne soit pas une prairie. Quand on n’a pas le temps mais qu’on n’est pas pressé, il suffit de ne rien faire dans un rayon d’un mètre ou deux : aucune tonte, aucune fauche, aucun désherbage. Au bout d’un certain temps, les graminées laisseront la place à d’autre plantes qui permettent aux graines d’arbre d’accéder au sol et aux nutriments. Pour faciliter cette opération et empêcher les animaux brouteurs d’entretenir la prairie, on peut y laisser un tas de branchages entremêlés (par exemple les restes de la taille du perchoir).
Voilà comment planter un arbre en cinq minutes de boulot et cinq ans de patience pendant que la nature travaille.
Ecrit par kristen, classé dans animaux, sol, techniques. 7 commentaires.
7 commentaires
2 kristen
C’est peut-être ton article qui m’a décidé de façon subliminale à publier le mien.
Effectivement, j’ai oublié de mentionner qu’en plus de semer les graines, les oiseaux prennent soin de leur donner plein d’engrais pour que ça pousse vite et bien.
C’est d’ailleurs exactement ce que je fais avec le poulailler mobile : si je laisse les poules au même endroit un certain temps, j’ai une concentration d’engrais pour planter après (sans avoir à nettoyer ni charrier du guano, ce qui est appréciable).
L’anecdote récente (dont je ferai peut-être un article), c’est que là où j’avais semé trois lignes de céréales, il en en train de pousser une forêt de tournesols : apparemment les poulettes mangent salement les graines de tournesol (ou ne les digèrent pas bien).
Ecrit le 26 mai 2009 à 1:28
3 Nicollas
Ah en fait je croyais que tu parlais des déjections des oiseaux, et pas des graines non digérées qui attérissaient sous le perchoir, c’est doublement ingénieux pour le coup
Ecrit le 26 mai 2009 à 2:38
4 kristen
Ben en fait, je n’ai rien inventé : ça a été conçu comme ça par la coévolution des oiseaux et des arbres.
Ecrit le 26 mai 2009 à 3:53
5 martin.
Je ne sais pourquoi cette histoire de perchoir me fait penser à Prévert : “Pour faire le portrait d’un oiseau”
“…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
…”
bon vous connaissez la suite…si l’arbre pousse, c’est bon signe alors vous retirez tout doucement le perchoir.
Curieusement, j’ai un voisin qui fait l’inverse, il a coupé ses sureaux et installé des perchoirs!
(La photo du pinson en exergue est une belle illustration)
Ecrit le 26 mai 2009 à 4:36
6 kristen
La photo n’est pas de moi. De temps en temps, j’exploite sans vergogne les contributions sous licence Creative Commons que certains amateurs philanthropes comme giuss95 mettent à disposition du monde entier sur flickr.com.
Ecrit le 26 mai 2009 à 8:51
7 Nicollas
“Ben en fait, je n’ai rien inventé : ça a été conçu comme ça par la coévolution des oiseaux et des arbres.”
Toute l’astuce est dans l’observation, l’analyse, la compréhension et la mise en oeuvre
Ecrit le 27 mai 2009 à 9:51


1 Nicollas
Ah ben c’est marrant j’en parlais justement dans mon billet d’hier. Les personnes qui utilisaient cette technique bougeaient le perchoir à intervalles réguliers, si je me souviens bien. C’est faisable aussi en dessous des abris pour chauve-souris, je crois d’après mes souvenirs.
Ecrit le 26 mai 2009 à 11:01