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Portrait : Emilia Hazelip
La grande dame de la permaculture en France

Heureusement que ma rubrique n’a pas vocation à étaler des biographies : la vie d’Emilia Hazelip est discrète sur internet. L’article le plus complet est en Castillan : on y apprend qu’Emilia Hazelip est née à Barcelone en 1937 (d’autres sources mentionnent 1938) et morte à Carcassonne en 2003 ; qu’elle a fait partie de groupes Hippies en Californie dans les années 70, et c’est là qu’elle a découvert l’oeuvre fondatrice de Masanobu Fukuoka (The One-Straw Revolution, traduit ensuite en français sous le titre « La Révolution d’un seul brin de paille« ).
Largement inspirée par Fukuoka-san et par les travaux de Marc Bonfils, elle a développé son approche de jardin sans labour qu’elle a baptisée « agriculture synergétique » : des buttes jamais travaillées, du paillage, pas d’apport d’engrais (ni même de compost), des associations de plantes. Le résultat, très édifiant, est présenté dans un film devenu incontournable : Les Jardins d’Emilia Hazelip, qu’on peut aussi trouver en version anglaise (doublage par Emilia elle-même), et aussi en espagnol. A voir immédiatement, avant même de continuer à lire.
Comme écrits consultables sur le web, on ne trouve pas grand-chose, si ce n’est l’excellent article publié sur The Fukuoka Farming Website et dont malheureusement je ne retrouve pas la version originale en français.
Quand on travaille le sol par le labour, on le perturbe malgré nos bonne intentions. Dès que l’on cesse de travailler le sol, on peut organiser le jardin de telle manière que le sol fonctionne comme « dans la nature ». On y laisse la plus grande part de ce qui y a poussé, soit en laissant les racines dans le sol (pour les légumes feuilles), soit en installant après les légumes-racines des plantes qui laisseront beaucoup de racines dans le sol, telles les blettes.
Ces résidus, associés au paillage biodégradable, se compostent en surface et restituent au sol davantage de matière organique que n’en a prélevé la récolte. Quand on cesse ainsi de minéraliser l’humus, la litière s’accumule au sol et dans une myriade de microsites dans le sol, et héberge une vie bactérienne qui libère des gaz biologiques essentiels au bien-être de tous types de racines. (re-)trad. arpentnourricier.org
Apparemment, elle avait un livre en préparation, mais je n’en trouve aucune trace. Avis à ceux qui veulent poursuivre l’enquête : faute de site internet, il faut probablement commencer par se renseigner auprès de Kali de Keyser, Las Encatadas BP 12 11300 Limoux.
Le prochain portrait …
Laurence Hutchinson (spécialiste de l’aquaculture écologique)
Ecrit par kristen, classé dans permaculture, personnes. 12 commentaires.
12 commentaires
2 Jean
Dans son livre « Le jardin naturel » Jean-Marie Lespinasse (Ed. du Rouergue)présente une méthode de culture sur buttes qui ressemble à celle d’Emilia Hazelip (pas de bêchage, couverture végétale permanente, etc).
Dans mon potager, je cultive une plate-bande en m’inspirant de cette méthode qui améliore la fertilité du sol d’année en année. Début mai, j’y avais repiqué trois pieds de potimarrons green Hokkaido (graines de Kokopelli). Je viens de récolter 9 fruits d’un poids moyen de 4,5 kg, soit environ 40 kg. S’il est vrai que ces potimarrons coûtent 4 € le kg, cela me fait une récolte d’environ 160 €. Belle économie pour le ménage.
Après un mois d’absence en août et un mois et demi de sécheresse, la couverture végétale avait fondu et la terre était très dure alors qu’elle est très meuble en saison humide sous un mulch épais. J’ai dû apporter moult arrosoirs d’eau et décompacter à la bêche avant de semer un engrais vert (phacélie).
Ecrit le 23 septembre 2009 à 9:55
3 Nicollas
Le problème c’est qu’on associe trop la permaculture au travail d’emilia Hazelip (= culture sur butte)
Pour le bouquin, il y a les brouillons dispo ici, si j’ai bien tout compris:
http://www.ibiblio.org/ecolandtech/souscayrous/EmiliaHazelip-SynergisticAgriculture/
Ecrit le 25 septembre 2009 à 10:35
Bonjour, Kristen,
Je viens de t’envoyé par email trois articles en anglais dans les anciennes éditions de Permaculture Magazine au sujet du jardinage d’Emilia Hazelip.
Au début, nous avons conçu notre potager en Bretagne en même façon que cela recommandé par Emilia. Nous avons suivi ses dimensions pour nos buttées, mais, même avec une terre argileux, c’est-à-dire avec du structure, c’était pas possible d’avoir le larguer du « plate bande » car les épaules des buttes tombent sur les chemins, ainsi on perd du sol et gagne des mauvaises herbes dans les chemins.
Un voisin, qui travail au chantiers, nous a donné beaucoup des planches de châtaigner (plancher d’une ancienne maison) dont nous avons entourer nos buttées et ainsi gagner beaucoup plus de surface cultivable et des chemins propre.
Pour le paillage avec de la paille : quelle horreur ! Trop des escargots, qui l’aiment bien de la paille. En fait, Emilia parlait de ce problème dans son video. On fait le paillage maintenant ne qu’avec du carton et l’enlever pour planter. On aime bien le paillage avec coquilles de cacao ou sarrasin, mais ils sont chers.
Nouvelle solution, du compost fait, en vrac (minimum d’un mètre cube pour bien chauffer) d’un mélange des coupures de gazon et brins de pailles. Le couvre avec une bâche et le tournes quand ça commence à refroidir. Ne mets pas la tasse trop proche de ta maison, car ça chauffe fortement, risques de feu. Ça fait un compost assez lourd dont on peut mettre au-dessus du carton et faire les trous pour planter, ou directement au-dessus du sol, comme tu veut.
Oui, Nicollas, il faut faire les choses dans nos potagers individuellement, en prenant des idées des autres, sans les suivre trop dans les détailles, chaque situation est unique, même les jardiniers !
Ecrit le 1 octobre 2009 à 2:39
5 Gaelle
J’ai vu le film d’Emilia Hazelip et c’est grâce à lui que je m’oriente aujourd’hui vers ce type de culture pour mon potager. Je l’ai trouvée très convaincante et la méthode me semble d’une grande simplicité et d’un excellent respect du sol en place. En vous lisant, ainsi que les commentaires des autres jardiniers, je pense trouver mes repères pour bien démarrer mon potager.
Ecrit le 8 octobre 2009 à 12:10
6 kristen
Mais attention aux limaces. C’est le souci récurrent avec ce genre de pratique. Ce n’est toujours pas résolu chez moi, même si c’est plus ou moins sous contrôle au bout de trois ans.
Ecrit le 8 octobre 2009 à 1:05
7 Hervé
Et aussi les campagnols qui adorent la protection du mulch, le sol meuble, et bien sûr : poireau, oignon…
La culture sur butte n’est pas vraiment dans l’esprit du non-agir développé par Fukuoka.
Ecrit le 23 octobre 2009 à 11:30
8 Etienne
Les jardins d’Émilia continuent-ils d’être culiltivés ? Je cherche où ils se trouvent, pour une visite, un coup de main…
Ecrit le 9 novembre 2009 à 6:15
9 kristen
Je ne sais pas. Le mieux est de se renseigner à l’adresse que j’ai laissée en fin d’article. C’est dans l’Ariège, mais je ne sais pas si c’est là qu’était le jardin qu’on voit sur la vidéo.
Ecrit le 9 novembre 2009 à 7:32
10 Hélène
Bonjour,
Les limaces peuvent être chassées par le purin de limaces : vous ramassez les limaces à la tombée du soir et les jetez dans une bouteille d’eau et vous refermez le bouchon.
10 jours plus tard, le jus odorant obtenu est prêt à être répendu sur vos jeunes cultures avec un arrosoir. Vous n’aurez plus de limaces avant longtemps.
Ecrit le 20 mars 2010 à 10:01
11 kristen
‘Odorant’ est un euphémisme, j’imagine ?
Mais j’essaierai quand même… merci du conseil.
Ecrit le 20 mars 2010 à 10:38
12 l’arpent nourricier » John Jeavons et la méthode biointensive
[...] et je trouve que c’est beaucoup de travail. Je serais plus tenté de faire comme Emilia Hazelip et m’écarter de la méthode de Jeavons en pratiquant le compostage ‘de surface’ [...]
Ecrit le 2 mai 2010 à 2:59

1 l’arpent nourricier » Portrait : David Holmgren
[...] … Emilia Hazelip [...]
Ecrit le 23 septembre 2009 à 3:41