Portrait : Emilia Hazelip

La grande dame de la permaculture en France

no dig by samuel mann on flickr

Heu­reu­se­ment que ma ru­brique n’a pas vo­ca­tion à éta­ler des bio­gra­phies : la vie d’Emilia Ha­ze­lip est dis­crète sur in­ter­net. L’article le plus com­plet est en Cas­tillan : on y ap­prend qu’Emilia Ha­ze­lip est née à Bar­ce­lone en 1937 (d’autres sources men­tionnent 1938) et morte à Car­cas­sonne en 2003 ; qu’elle a fait par­tie de groupes Hip­pies en Ca­li­for­nie dans les an­nées 70, et c’est là qu’elle a dé­cou­vert l’oeuvre fon­da­trice de Ma­sa­nobu Fu­kuoka (The One-Straw Re­vo­lu­tion, tra­duit en­suite en fran­çais sous le titre “La Ré­vo­lu­tion d’un seul brin de paille”).

Lar­ge­ment ins­pi­rée par Fukuoka-san et par les tra­vaux de Marc Bon­fils, elle a dé­ve­loppé son ap­proche de jar­din sans la­bour qu’elle a bap­ti­sée “agri­cul­ture sy­ner­gé­tique” : des buttes ja­mais tra­vaillées, du paillage, pas d’apport d’engrais (ni même de com­post), des as­so­cia­tions de plantes. Le ré­sul­tat, très édi­fiant, est pré­senté dans un film de­venu in­con­tour­nable : Les Jar­dins d’Emilia Ha­ze­lip, qu’on peut aussi trou­ver en ver­sion an­glaise (dou­blage par Emi­lia elle-même), et aussi en es­pa­gnol. A voir im­mé­dia­te­ment, avant même de conti­nuer à lire.

Comme écrits consul­tables sur le web, on ne trouve pas grand-chose, si ce n’est l’excellent ar­ticle pu­blié sur The Fu­kuoka Far­ming Web­site et dont mal­heu­reu­se­ment je ne re­trouve pas la ver­sion ori­gi­nale en français.

Quand on tra­vaille le sol par le la­bour, on le per­turbe mal­gré nos bonne in­ten­tions. Dès que l’on cesse de tra­vailler le sol, on peut or­ga­ni­ser le jar­din de telle ma­nière que le sol fonc­tionne comme “dans la na­ture”. On y laisse la plus grande part de ce qui y a poussé, soit en lais­sant les ra­cines dans le sol (pour les lé­gumes feuilles), soit en ins­tal­lant après les légumes-racines des plantes qui lais­se­ront beau­coup de ra­cines dans le sol, telles les blettes.

Ces ré­si­dus, as­so­ciés au paillage bio­dé­gra­dable, se com­postent en sur­face et res­ti­tuent au sol da­van­tage de ma­tière or­ga­nique que n’en a pré­levé la ré­colte. Quand on cesse ainsi de mi­né­ra­li­ser l’humus, la li­tière s’accumule au sol et dans une my­riade de mi­cro­sites dans le sol, et hé­berge une vie bac­té­rienne qui li­bère des gaz bio­lo­giques es­sen­tiels au bien-être de tous types de ra­cines. (re-)trad. arpentnourricier.org

Ap­pa­rem­ment, elle avait un livre en pré­pa­ra­tion, mais je n’en trouve au­cune trace. Avis à ceux qui veulent pour­suivre l’enquête : faute de site in­ter­net, il faut pro­ba­ble­ment com­men­cer par se ren­sei­gner au­près de Kali de Key­ser, Las En­ca­ta­das BP 12 11300 Limoux.

Le pro­chain portrait …

Lau­rence Hut­chin­son (spé­cia­liste de l’aquaculture écologique)