Paille importée

La paille bio de la colline d'en face

paille au crépuscule

Le paillage (ou mulch) est un pi­lier de tout sys­tème per­ma­cul­tu­rel. Mais pour ça, il faut de la paille. Pas mal de paille. Plus qu’il n’en a poussé chez moi l’année dernière.

J’allais me ré­si­gner à ne pailler qu’avec des car­tons quand je suis tombé sur une pe­tite an­nonce à la jar­di­ne­rie du coin : “vends paille (bio)”. Je connais­sais le ven­deur. Je n’avais au­cune idée du prix du mar­ché pour une botte de paille. Un coup de fil plus tard, je ne sa­vais tou­jours pas le prix du mar­ché, mais je sa­vais qu’il m’en coû­te­rait 15€ pour une grosse botte ronde. Per­son­nel­le­ment, je trouve cela ri­di­cu­le­ment bas. Une dis­tor­sion ty­pique de notre temps.

Res­tait le trans­port : il fal­lait dé­pla­cer cette botte sur une pe­tite di­zaine de ki­lo­mètres en lui fai­sant fran­chir la pro­fonde val­lée du Viaur. Mon four­gon au­rait pu s’en ac­quit­ter si le dia­mètre de la botte eût été in­fé­rieur à 1m60. La re­morque d’un voi­sin fut alors mise à contri­bu­tion (avec la voi­ture du voi­sin, et aussi le voi­sin, dont la gen­tillesse n’est plus à prou­ver). Et me voilà avec 200 ki­los de paille pour re­cou­vrir tout ce que je veux. Un in­dice qui ne trompe pas sur la qua­lité ‘bio’ de la mar­chan­dise : la paille était in­fes­tée de têtes de co­que­li­cot. Je rêve de champs de blé comme les pei­gnait Mo­net.

Cela a beau être qua­si­ment donné, je ne veux pas de­voir im­por­ter de la paille tous les ans. Par prin­cipe, la fer­ti­lité de mon jar­din ne doit pas se faire au dé­tri­ment de celle d’un autre. Donc il me faut faire pous­ser beau­coup de ma­tière or­ga­nique qui pourra ser­vir de paillage l’année pro­chaine. Et je sous­cris à la re­com­man­da­tion de John Jea­vons de faire pous­ser une ma­jo­rité de cé­réales : pas tant pour le grain que pour la paille.

Il vous faut consa­crer 60 % de la sur­face à la pro­duc­tion de cé­réales ou de plantes à grains afin de gé­né­rer une abon­dance de car­bone. Cela peut être du maïs doux : cela ne donne pas beau­coup de ca­lo­ries mais cela pos­sède une belle sa­veur. Cela peut être du maïs dur, de l’amaranthe, de la qui­noa, du millet, du blé, du seigle, de l’avoine, de l’orge et beau­coup d’autres plantes si­mi­laires. La plu­part de ces plantes vont gé­né­rer une cer­taine quan­tité de ca­lo­ries (qui n’est pas consi­dé­rable mais qui est ce­pen­dant moyenne) ainsi qu’une grande quan­tité ou une très grande quan­tité de carbone.