Paillage en couches

le sacro-saint 'sheet mulch' de la permaculture

sheet mulching

Voici le pre­mier épi­sode de la mini-série sur l’éviction d’un mor­ceau de prairie.

La pre­mière re­cette mi­racle pour une dé­prai­ri­sa­tion sans ef­forts, c’est de com­pos­ter la prai­rie sur place, sous un car­ton. On ne de­vrait ja­mais re­cy­cler le car­ton : on de­vrait l’utiliser comme désherbant.

Fau­chez votre pré. Lais­sez la paille sur place — elle nour­rira le sol. Pour fa­vo­ri­ser la vie du sol, vous pou­vez aussi amen­der avec de l’apport azoté (fu­mier, com­post, dé­jec­tions des vo­lailles). Éta­lez des car­tons sur le sol. S’il vous en manque, al­lez vous ser­vir à la dé­chet­te­rie (ne pre­nez que les car­tons ‘na­ture’ tout mar­ron, et sur­tout pas les car­tons avec le logo Syn­genta ou Bayer). Met­tez un quel­conque paillage par des­sus, le but est d’en avoir une épais­seur d’au moins 10 cen­ti­mètres. Even­tuel­le­ment, cou­chez des bran­chages par des­sus pour te­nir la paille en place et évi­ter que des oi­seaux aillent trop gratter.

Note : cer­taines tech­niques plus éla­bo­rées de paillage ‘en couches’ (sheet mul­ching) uti­lisent une épaisse couche de com­post entre le car­ton et le paillage. Ceci per­met de plan­ter di­rec­te­ment, sans attendre.

Lais­sez agir quelques mois. L’idéal est de lais­ser tout un hi­ver. Pro­té­gées du froid sous le car­ton et le paillage, les bes­tioles vont s’en don­ner à coeur-joie (dont les li­maces, in­évi­ta­ble­ment). Sans au­cun ef­fort de votre part, la terre va être aé­rée, en­ri­chie en ma­tière or­ga­nique, et sur­tout, dé­bar­ras­sée des graminées.

Au prin­temps, vous n’aurez qu’à plan­ter à tra­vers ce qui reste du car­ton. Ou si le car­ton est as­sez bouffé, se­mer les pa­tates di­rec­te­ment sur les lam­beaux de car­ton, sous un épais paillage.

Ca peut aussi se faire avec une bâche de paillage en plas­tique, mais c’est mal. Sauf si vous avez déjà la bâche en plas­tique, au­quel cas, c’est bien de la réuti­li­ser. Le dé­faut d’une bâche étanche de type plas­tique noir d’ensilage, c’est que l’eau ne s’infiltre pas de fa­çon ho­mo­gène, créant des poches hu­mides là où il y a des trous dans la bâche, et des zones arides ailleurs. Le dé­faut d’une bâche de paillage tis­sée en plas­tique vert, c’est que quand elle com­men­cera à se dé­tri­co­ter sur les bords, vous vous re­trou­ve­rez avec des fines la­nières de plas­tique vert dans toute la par­celle, et qui vous pour­ri­ront la vie à chaque coup de fourche, bèche, ou gre­li­nette, jusqu’à ce que vous les ayez tous ramassés.