l'arpent nourricier

permaculture et transition en aveyron et ailleurs

Un printemps sans limaces

Ecosystème stabilisé ou sécheresse ?

limace

Les li­maces, c’est mon en­nemi nu­méro 2 après le li­se­ron. Je ne dois pas être le seul dans ce cas : le pro­blème des li­maces est ré­cur­rent dès qu’on ar­rête de re­tour­ner la terre, et sur­tout dès qu’on met une bonne dose de paillage. Sous dix cen­ti­mètres de paille, pour peu qu’il pleuve un peu, les condi­tions fraîches, om­bra­gées et hu­mides sont idéales pour le dé­ve­lop­pe­ment des li­maces. Lire la suite »

Ma journée sans nucléaire

Un flop total, sauf pour moi

Centrale Nucleaire

Peut-être que je m’y suis pris un peu tard ; sû­re­ment que je ne suis pas un pro pour or­ga­ni­ser le buzz in­ter­net. Tou­jours est-il que le blog que j’ai mis sur pied avec beau­coup d’enthousiasme pour en­cou­ra­ger le plus grand nombre à m’accompagner dans une jour­née de jeûne élec­trique pour les 25 ans de Tcher­no­byl n’a ja­mais dé­passé 60 vi­sites quo­ti­diennes … pour cette pre­mière édition.

Car ça n’est que par­tie re­mise. Ma jour­née sans élec­tri­cité a au moins été ex­trê­me­ment bé­né­fique pour moi, et je compte bien re­com­men­cer chaque an­née pour prou­ver que je peux ré­duire ma consom­ma­tion de 80% en quelques an­nées sans en souf­frir outre me­sure. Ainsi, je me prou­ve­rai qu’on peut vivre bien avec une consom­ma­tion élec­trique com­pa­tible d’un monde d’énergies re­nou­ve­lables, et j’arrêterai de pen­ser “Tcher­no­byl, Fu­ku­shima, La Hague, Pro­li­fé­ra­tion” à chaque fois que j’allume quelque chose à la mai­son. Lire la suite »

Journée sans nucléaire

Pour les 25 ans de Tchernobyl, réduisons notre consommation de 80%

logo de la journée sans nucléaire, en version aquarelle

On nous dit que sor­tir du nu­cléaire, ça vou­drait dire tom­ber dans le char­bon et les gaz de schistes. Mais il y a là deux sous-entendus ma­jeurs. Pre­miè­re­ment, que les re­nou­ve­lables ne pour­ront ja­mais at­teindre la pro­duc­tion du parc nu­cléaire fran­çais — je dis peut-être. Deuxiè­me­ment, que les gens n’arriveront ja­mais à ré­duire et adap­ter leur consom­ma­tion suf­fi­sam­ment pour que les re­nou­ve­lables de­viennent une vraie so­lu­tion — je dis chiche. Lire la suite »

Planification participative

La transition : une planification décentralisée et participative

réunion en cercle dans un village d'afrique

Mar­ché dé­cen­tra­lisé contre pla­ni­fi­ca­tion étatique

Les éco­no­mistes li­bé­raux voient dans le mar­ché (ré­gulé et sans dis­tor­sion) un mé­ca­nisme élé­gant et ef­fi­cace d’auto-organisation dis­tri­buée de l’activité éco­no­mique. Je se­rais tenté de les suivre si le mar­ché n’avait pas trois gros dé­fauts. Pre­miè­re­ment, il ne traite que les as­pects mar­chands, si bien qu’il faut soit in­ven­ter autre chose pour les as­pects non-marchands de nos vies, soit tout mar­chan­di­ser si l’on ne jure que par le mar­ché. Deuxiè­me­ment, il un mar­ché dys­fonc­tion­nel sert de cour de ré­créa­tion pour cer­tains caïds ca­pi­ta­listes et cy­niques qui s’abritent der­rière lui pour dé­ré­gu­ler et me­ner des pro­jets qui ont tout du crime or­ga­nisé — c’est ce qu’on ap­pelle la mon­dia­li­sa­tion. Troi­siè­me­ment, il ne sait bien gé­rer que l’activité éco­no­mique im­mé­diate et ar­bitre trop sou­vent aux dé­pens du long-terme (quoi qu’en disent les dé­fen­seurs des pro­duits dé­ri­vés et autres mar­chés à terme).

A l’opposé du spectre, on trouve ceux qui s’en re­mettent au mé­ca­nisme dé­mo­cra­tique et à l’action po­li­tique des élus. Au lieu d’une auto-organisation dé­cen­tra­li­sée, on as­siste à une dé­lé­ga­tion de pou­voir des ci­toyens vers une py­ra­mide de dé­ci­sion à ten­dance cen­tra­li­sa­trice. C’est la puis­sance pu­blique (qu’elle soit na­tio­nale ou lo­cale) qui fixe les prio­ri­tés puis les im­pose, soit in­di­rec­te­ment en in­fluen­çant les ac­teurs éco­no­miques et so­ciaux à tra­vers la taxa­tion, la ré­gle­men­ta­tion ou les lois, ou bien di­rec­te­ment en les met­tant en œuvre au tra­vers d’agences pu­bliques. A l’époque so­vié­tique, cette ac­tion pla­ni­fi­ca­trice était ex­pli­cite et di­recte, puisque tous les ac­teurs éco­no­miques et so­ciaux étaient de fait des agences d’État. Main­te­nant c’est plus sub­til mais cela reste as­sez proche : en dé­ci­dant des pro­grammes de sub­ven­tion ou de fis­ca­lité, ou bien à tra­vers la ré­gle­men­ta­tion, l’action pu­blique pi­lote à dis­tance une sé­rie d’indicateurs de per­for­mance qui res­semblent à s’y mé­prendre aux an­ciens ob­jec­tifs du plan, avec des ef­fets de re­tard, de cor­rup­tion et de perte en ligne qui conduisent à des in­ef­fi­ca­ci­tés, des dis­tor­sions et des in­jus­tices qui n’ont par­fois rien à en­vier aux dé­cen­nies sta­li­niennes. Lire la suite »

Achat collectif d’un broyeur de branches

Un broyeur Jean-Pain à 300€ pour faire du BRF

achat collectif d'un broyeur Jean Pain

Ne plus rien brûler

On ne brûle plus les dé­chets de taille. Le feu, ou­til prin­ci­pal de l’agriculteur et même du chas­seur de­puis des mil­lé­naires, est en passe d’être banni de nos pra­tiques agri­coles au bé­né­fice de la di­ges­tion. Plu­tôt que l’énergie conte­nue dans la ma­tière or­ga­nique serve à chauf­fer l’air ex­té­rieur et que ses nu­tri­ments soient dé­gra­dés puis em­por­tés dans l’air sous forme de gaz plus ou moins toxiques ou de par­ti­cules, ou bien les­si­vés dans l’eau pour tous les mi­né­raux so­lubles, on pré­fère main­te­nant que ce soit la vie qui pro­fite de tout ça : panse des ru­mi­nants ou bac­té­ries ther­mo­philes du tas de com­post, cham­pi­gnons du sol, vers de terre, et tous ces mi­crobes du sol qui sont la flore in­tes­ti­nale de no­tre­pla­nète. Tout ça pour ac­croître la fer­ti­lité de nos sols et évi­ter l’érosion. Car avant d’être mé­ca­nique (ac­tion du vent et de la pluie, comme on nous l’enseigne en CM1), l’érosion est d’abord nu­tri­tive : un sol mal nourri et mal­mené perd sa co­hé­sion et à chaque orage perd des mor­ceaux comme un lépreux.

Le BRF et le com­post de brous­sailles sont un ex­cellent ou­til pour re­don­ner de la struc­ture à nos sols. Mais s’il est fa­cile d’y mettre le feu, c’est une autre paire de manches quand il faut broyer les branches is­sues de chan­tiers de taille de haies ou les brous­silles, avec à la clé du ma­té­riel plus lourd qu’une boîte d’allumettes. Lire la suite »

7 idées open-source pour la transition

La fin de la série des 7 idées, version web 2.0

Des graines de monnaie-du-pape (lunaria) dans un sachet pr la poste

Voici le der­nier épi­sode de la sé­rie sur les 7 idées pour la tran­si­tion. Celui-ci est consa­cré à la par­tie plus in­for­ma­tique de la tran­si­tion. Quoi qu’en disent cer­tains, l’internet est un ou­til cen­tral dans la tran­si­tion éner­gé­tique. Je me de­mande même si l’internet n’est pas l’un des fac­teurs es­sen­tiels ayant conduit à l’émergence de la tran­si­tion. Je re­vien­drai sur la ré­vo­lu­tion que consti­tue l’internet (de type open-source et web 2.0) dans les rap­ports que l’humanité en­tre­tient avec l’information et la prise de dé­ci­sion, et l’importance que ça re­vêt pour créer de la ré­si­lience en per­met­tant de dé­cen­tra­li­ser le monde. Pour l’heure, contentons-nous d’énumérer quelques idées qui pour­raient bé­né­fi­cier d’une col­la­bo­ra­tion open-source et de quelques com­pé­tence in­for­ma­tiques. Lire la suite »

La viande : une extravagance inoffensive

Le livre de Simon Fairlie qui a fait changer d'avis Monbiot

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J’avais tort, et [ce livre — Meat : A Be­nign Ex­tra­va­gance] m’en a per­suadé. Il m’a ou­vert les yeux quant à la fas­ci­nante com­plexité d’un dos­sier trop sou­vent vu en noir et blanc.

Dans le Guar­dian en 2002, j’évoquais l’accroissement bru­tal du nombre de têtes de bé­tail dans le monde, et le lien qu’il y avait entre leur consom­ma­tion de cé­réales et la mal­nu­tri­tion hu­maine. En étu­diant les chiffres, j’en concluais que le vé­ga­nisme était “la seule so­lu­tion éthique à ce qui est peut-être le plus urgent des pro­blèmes de jus­tice so­ciale dans le monde.” Je crois tou­jours que le dé­tour­ne­ment de pans tou­jours plus vastes du do­maine arable vers l’alimentation du bé­tail au dé­tri­ment de celle des hu­mains est in­juste et ab­surde. Le livre [de Si­mon Fair­lie] ne pré­tend pas le contraire. En re­vanche, je ne crois plus que la seule so­lu­tion éthique soit de ces­ser de man­ger de la viande.

C’est ainsi qu’en sep­tembre de cette an­née George Mon­biot, le cé­lèbre jour­na­liste d’investigation bri­tan­nique et cham­pion des luttes an­ti­ca­pi­ta­listes dé­mar­rait sa chro­nique, à pro­pos de Meat : a Be­nign Ex­tra­va­gance, livre ré­cem­ment pu­blié par Si­mon Fair­lie, un soixante-huitard ayant été tour à tour ber­ger, ma­çon, pê­cheur, édi­teur, et ven­deur de faux (si l’on en croit la bio du livre).

Je viens d’en ache­ver la lec­ture, et je confirme que c’est une pe­tite ré­vé­la­tion pour qui s’intéresse à la place des ani­maux et des pro­duits ani­maux (viande in­cluse) dans un sys­tème agraire sou­te­nable, ce qui est jus­te­ment une pré­oc­cu­pa­tion as­sez par­ta­gée dans le monde de la per­ma­cul­ture. Fair­lie met sans com­plexe les pieds dans le plat au beau mi­lieu de la ba­taille ran­gée entre les te­nants de l’élevage in­dus­triel et les végéta.iens. La voix qu’il es­saie de faire en­tendre, c’est celle de l’agriculture pay­sanne, où l’animal a tou­jours eu sa place, et qui est vic­time dans notre ré­fé­ren­tiel cultu­rel des as­sauts pas né­ces­sai­re­ment concer­tés de l’agribusiness d’un côté et des végéta.iens de l’autre. Lire la suite »

Peut-on vivre de la permaculture ?

Ou bien est-ce un piège pour néoruraux ?

sample permaculture garden design (inspired from Gaia's Garden)

Pro­logue (facultatif)

Un soir de la fin jan­vier, dans le cadre des jeu­dis en ques­tions –un cycle de conférences-débats men­suels et mi­li­tants dans le voi­si­nage de Mar­cillac– le café de Pruines re­ce­vait la vi­site de Lin­néa Lind­stroem pour par­ler de per­ma­cul­ture. On a compté entre 70 et 80 par­ti­ci­pants, ce qui était pour le moins in­at­tendu pour un thème si spé­cia­lisé et pour une contrée si re­cu­lée. Pour moi, c’est la preuve que ça bouge en France du côté de la per­ma­cul­ture et de la transition.

Dans le dé­bat qui a suivi la pré­sen­ta­tion, une ques­tion m’a par­ti­cu­liè­re­ment in­ter­pellé, à la­quelle ni l’intervenante ni nous autres pauvres as­pi­rants per­ma­cul­teurs n’avons pu ap­por­ter de ré­ponse en­tiè­re­ment sa­tis­fai­sante. Gros­siè­re­ment, la ques­tion se ré­su­mait à : “peut-on vivre de la per­ma­cul­ture ?” Lire la suite »

Créer un jardin-forêt

Le livre de Patrick Whitefield, enfin en français

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En un clic : le bon de com­mande pa­pier de l’association Ima­gine un Colibri.

L’agriculture conven­tion­nelle, hé­ri­tière des agri­cul­tures du néo­li­thique ap­pa­rues il y a dix mille ans au Moyen-Orient, ap­plique bê­te­ment au monde en­tier un mo­dèle in­venté dans des éco­sys­tèmes de prai­ries semi-arides. Or les ré­gions tem­pé­rées comme la France ne sont pas na­tu­rel­le­ment des ré­gions de prai­rie. Quand on y laisse une par­celle en ja­chère plu­tôt que de dé­pen­ser des di­zaines de litres de die­sel à l’hectare pour la­cé­rer la terre avec une char­rue en sac­ca­geant sa struc­ture et en mas­sa­crant sa faune, elle s’embroussaille en quelques an­nées et de­vient fo­rêt en dix ou vingt ans. Pen­dant cette pé­riode de fo­rêt ju­vé­nile, la pro­duc­ti­vité vé­gé­tale et la bio­di­ver­sité sont spec­ta­cu­laires. Puis à me­sure que les es­pèces pion­nères laissent peu à peu la place aux es­pèces dites cli­ma­ciques, le rythme ra­len­tit, et on abou­tit après quelques siècles à une chênaie-hêtraie pri­maire culmi­nant à 45 mètres. C’est la sylve des Gau­lois que nos an­cètres ont dé­fo­res­tée au cours des grands dé­fri­che­ments du Moyen-Âge (j’aurai bien­tôt quelques bé­mols à ap­por­ter à ce mes­sage, mais je trans­cris ici la sa­gesse conventionnelle).

Si l’on veut évi­ter de dé­pen­ser sans cesse du temps et de l’énergie, il se­rait temps de se de­man­der com­ment ti­rer parti de la suc­ces­sion na­tu­relle plu­tôt que de la contre­car­rer. Lire la suite »

La question alimentaire sera-t-elle le cadet de nos soucis ?

Traduction d'un article iconoclaste de Toby Hemenway

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Re­trou­vez l’ar­ticle ori­gi­nal sur le site de Toby He­men­way Patternliteracy.org

Notre sys­tème agro-alimentaire re­pose es­sen­tiel­le­ment sur le pé­trole, comme l’ont dé­mon­tré avec élo­quence des au­teurs comme Ri­chard Hein­berg [1] et Mi­chael Pol­lan [2] [ndt : plus près de chez nous, on pourra se re­por­ter aux ana­lyses de Jean-Marc Jan­co­vici sur manicore.com]. La flam­bée des prix ali­men­taires en 2008 a conduit à des émeutes de la faim dans cer­tains pays, et dans les ré­gions in­stables du globe la fa­mine frappe avec ré­gu­la­rité. L’angoisse des éta­lages vides place la sé­cu­rité ali­men­taire au centre des pré­oc­cu­pa­tions d’un grand nombre de scé­na­rios post-pétrole, et les gens qui s’inquiètent de la des­cente éner­gé­tique al­lèguent sou­vent que la meilleure fa­çon s’assurer sa pi­tance est d’acheter un lo­pin pour la faire pous­ser soi-même.

Pour­tant dans le monde oc­ci­den­tal, et en par­ti­cu­lier dans les gre­niers à blé que sont les États-Unis, le Ca­nada, et les autres pays ex­por­ta­teurs de den­rées ali­men­taires, le ré­seau de pro­duc­tion et de dis­tri­bu­tion de la nour­ri­ture pour­rait bien être l’un des der­niers à flan­cher au cours de la des­cente éner­gé­tique. Pour éla­bo­rer une stra­té­gie prag­ma­tique pour l’après-pic-pétrolier, il est vi­tal d’évaluer les risques et de les com­pa­rer. Si l’on consacre trop de temps et de res­sources à se pré­mu­nir contre des évé­ne­ments trop hy­po­thé­tiques, on se re­trou­vera désem­paré face aux dif­fi­cul­tés plus pro­bables. Je ne tiens pas à dé­cou­ra­ger les jar­di­niers — je suis moi-même un jar­di­nier en­durci et je peux énu­mé­rer des di­zaines d’excellentes rai­son de jar­di­ner. Mais je crois qu’il y a aussi maintes rai­sons pour ne pas se fo­ca­li­ser sur le sys­tème ali­men­taire en pen­sant qu’il est le plus fra­gile, sur­tout si cela nous conduit à des ré­ponses in­di­vi­dua­listes telles que faire un po­ta­ger pour soi. Je ne dis pas que l’agriculture in­dus­trielle, si dé­pen­dante du pé­trole, est in­vul­né­rable, pas plus qu’elle n’est sou­te­nable. Et nous ver­rons peut-être des rup­tures d’approvisionnement tem­po­raires de cer­taines den­rées. Mais il y a de nom­breux ar­gu­ments pour dire que notre peur d’un ef­fon­dre­ment ali­men­taire nous em­pêche de nous concen­trer sur des risques plus im­mé­diats et plus pro­bables. Lire la suite »