J’avais tort, et [ce livre — Meat : A Benign Extravagance] m’en a persuadé. Il m’a ouvert les yeux quant à la fascinante complexité d’un dossier trop souvent vu en noir et blanc.
Dans le Guardian en 2002, j’évoquais l’accroissement brutal du nombre de têtes de bétail dans le monde, et le lien qu’il y avait entre leur consommation de céréales et la malnutrition humaine. En étudiant les chiffres, j’en concluais que le véganisme était “la seule solution éthique à ce qui est peut-être le plus urgent des problèmes de justice sociale dans le monde.” Je crois toujours que le détournement de pans toujours plus vastes du domaine arable vers l’alimentation du bétail au détriment de celle des humains est injuste et absurde. Le livre [de Simon Fairlie] ne prétend pas le contraire. En revanche, je ne crois plus que la seule solution éthique soit de cesser de manger de la viande.
C’est ainsi qu’en septembre de cette année George Monbiot, le célèbre journaliste d’investigation britannique et champion des luttes anticapitalistes démarrait sa chronique, à propos de Meat : a Benign Extravagance, livre récemment publié par Simon Fairlie, un soixante-huitard ayant été tour à tour berger, maçon, pêcheur, éditeur, et vendeur de faux (si l’on en croit la bio du livre).
Je viens d’en achever la lecture, et je confirme que c’est une petite révélation pour qui s’intéresse à la place des animaux et des produits animaux (viande incluse) dans un système agraire soutenable, ce qui est justement une préoccupation assez partagée dans le monde de la permaculture. Fairlie met sans complexe les pieds dans le plat au beau milieu de la bataille rangée entre les tenants de l’élevage industriel et les végéta.iens. La voix qu’il essaie de faire entendre, c’est celle de l’agriculture paysanne, où l’animal a toujours eu sa place, et qui est victime dans notre référentiel culturel des assauts pas nécessairement concertés de l’agribusiness d’un côté et des végéta.iens de l’autre. Lire la suite »