l'arpent nourricier

permaculture et transition en aveyron et ailleurs

La question alimentaire sera-t-elle le cadet de nos soucis ?

Traduction d'un article iconoclaste de Toby Hemenway

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Re­trou­vez l’ar­ticle ori­gi­nal sur le site de Toby He­men­way Patternliteracy.org

Notre sys­tème agro-alimentaire re­pose es­sen­tiel­le­ment sur le pé­trole, comme l’ont dé­mon­tré avec élo­quence des au­teurs comme Ri­chard Hein­berg [1] et Mi­chael Pol­lan [2] [ndt : plus près de chez nous, on pourra se re­por­ter aux ana­lyses de Jean-Marc Jan­co­vici sur manicore.com]. La flam­bée des prix ali­men­taires en 2008 a conduit à des émeutes de la faim dans cer­tains pays, et dans les ré­gions in­stables du globe la fa­mine frappe avec ré­gu­la­rité. L’angoisse des éta­lages vides place la sé­cu­rité ali­men­taire au centre des pré­oc­cu­pa­tions d’un grand nombre de scé­na­rios post-pétrole, et les gens qui s’inquiètent de la des­cente éner­gé­tique al­lèguent sou­vent que la meilleure fa­çon s’assurer sa pi­tance est d’acheter un lo­pin pour la faire pous­ser soi-même.

Pour­tant dans le monde oc­ci­den­tal, et en par­ti­cu­lier dans les gre­niers à blé que sont les États-Unis, le Ca­nada, et les autres pays ex­por­ta­teurs de den­rées ali­men­taires, le ré­seau de pro­duc­tion et de dis­tri­bu­tion de la nour­ri­ture pour­rait bien être l’un des der­niers à flan­cher au cours de la des­cente éner­gé­tique. Pour éla­bo­rer une stra­té­gie prag­ma­tique pour l’après-pic-pétrolier, il est vi­tal d’évaluer les risques et de les com­pa­rer. Si l’on consacre trop de temps et de res­sources à se pré­mu­nir contre des évé­ne­ments trop hy­po­thé­tiques, on se re­trou­vera désem­paré face aux dif­fi­cul­tés plus pro­bables. Je ne tiens pas à dé­cou­ra­ger les jar­di­niers — je suis moi-même un jar­di­nier en­durci et je peux énu­mé­rer des di­zaines d’excellentes rai­son de jar­di­ner. Mais je crois qu’il y a aussi maintes rai­sons pour ne pas se fo­ca­li­ser sur le sys­tème ali­men­taire en pen­sant qu’il est le plus fra­gile, sur­tout si cela nous conduit à des ré­ponses in­di­vi­dua­listes telles que faire un po­ta­ger pour soi. Je ne dis pas que l’agriculture in­dus­trielle, si dé­pen­dante du pé­trole, est in­vul­né­rable, pas plus qu’elle n’est sou­te­nable. Et nous ver­rons peut-être des rup­tures d’approvisionnement tem­po­raires de cer­taines den­rées. Mais il y a de nom­breux ar­gu­ments pour dire que notre peur d’un ef­fon­dre­ment ali­men­taire nous em­pêche de nous concen­trer sur des risques plus im­mé­diats et plus pro­bables. Lire la suite »

7 idées associatives pour la transition

Quelques idées de missions associatives locales

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Après les idées d’ordre com­mer­cial et mu­ni­ci­pal, voici une pre­mière sé­rie d’idées plus ‘bé­né­voles’, dans l’esprit de la tran­si­tion. Il s’agit ici de se prendre en main au ni­veau lo­cal, sans at­tendre que le sys­tème tombe tout cru d’une en­tre­prise ou d’une col­lec­ti­vité locale.

Ca­ta­logue de se­mences et bou­tures au ni­veau lo­cal — bourses d’échange

Je ne fais ici que re­prendre l’idée de base de l’association Bio­diva : fa­vo­ri­ser la bio­di­ver­sité au jar­din en en­cou­ra­geant les échanges non-marchands de se­mences et bou­tures entre par­ti­cu­liers. L’association a peau­finé le concept des bourses d’échange de la fa­çon sui­vante : il y a une grande table au mi­lieu où tout le monde dis­pose les sa­chets ou boîtes de graines qu’il est prêt à don­ner sans états d’âme, et des pe­tites tables tout au­tour où cha­cun peut pré­sen­ter les graines des va­rié­tés qui lui tiennent un peu plus à coeur, afin d’échanger en quan­ti­tés plus ré­duites et en ap­por­tant des pré­ci­sions sur les plantes, les modes de culture, etc. On ne vend pas, on ne compte pas les points, on de­mande juste à ce que cha­cun joue à peu près le jeu de ve­nir avec quelque chose.

Par­tage de jar­dins / pla­ni­fi­ca­tion concer­tée de jar­dins particuliers

En­core sur le thème du jar­din, je re­prends une idée pré­sen­tée dans le do­cu­men­taire In Tran­si­tion 1.0 et pra­ti­quée déjà à grande échelle par nos voi­sins d’outre-Manche : ceux qui ont un jar­din mais n’en font rien se mettent en re­la­tion avec des voi­sins qui ai­me­raient faire pous­ser des fruits et des lé­gumes s’ils avaient un peu de place. En échange, j’imagine qu’on par­tage une par­tie de la récolte.

Pour al­ler plus loin dans cette idée, une as­so­cia­tion qui dis­po­se­rait ainsi d’une liste de jar­di­niers et d’une liste de jar­dins pour­rait aussi choi­sir d’orienter les choix de culture des uns et des autres pour ac­croître la di­ver­sité des lé­gumes pro­duits par les membres de l’association sans trop com­pli­quer chaque jar­din. Ainsi il y n’y au­rait pas plus que deux va­rié­tés de to­mates dans chaque jar­din, mais plus d’une di­zaine de va­rié­tés dans les pa­niers de l’association, pourvu qu’on trouve un moyen simple de par­ta­ger les récoltes.

Mar­ché vir­tuel de particuliers

Une autre idée as­sez proche se­rait une as­so­cia­tion de jar­di­niers ama­teurs qui par­ta­ge­rait la liste des lé­gumes qui poussent chez les uns et les autres avec les dates de ma­tu­rité et les quan­ti­tés, afin que cha­cun puisse faire son mar­ché ‘vir­tuel’ à l’avance. Le jour de la ré­colte, on sau­rait tout de suite consti­tuer les pa­niers se­lon les sou­haits des uns et des autres. Il y au­rait ainsi beau­coup moins de pertes que sur un mar­ché où les in­ven­dus fi­nissent à la pou­belle, et les jar­di­niers n’auraient pas à culti­ver tous les types de lé­gumes eux-mêmes. Reste à sa­voir quel moyen de mar­chan­dage on pour­rait mettre en oeuvre pour évi­ter les in­jus­tices tout en en­cou­ra­geant les gens à ef­fec­ti­ve­ment échanger.

Fa­milles de quartier

Les fa­milles d’aujourd’hui sont trop écla­tées. On vit dans des fa­milles nu­cléaires étri­quées, en­tas­sées dans des ap­par­te­ments ri­qui­qui, sans in­ter­mé­diaire entre les liens de pa­renté im­mé­diate et les liens pro­fes­sion­nels dis­tants. Il faut at­tendre les va­cances pour voir les oncles et tantes, les grands-parents, les ne­veux ou les cou­sins, et en­core pas tou­jours. Pour au­tant, si nos ma­mies ha­bitent trop loin, il y a peut-être parmi nos voi­sines des ma­mies qui elles aussi sont loin de leur fa­mille. Qu’est-ce qui em­pêche qu’un ga­min aille dor­mir chez cette ma­mie de quar­tier ? Qu’un autre aille à la pêche ou faire du mo­dé­lisme avec un papi de quar­tier ? Qu’on ré­vise ses maths avec une grande cou­sine de quar­tier ? Na­tu­rel­le­ment, ce genre de liens peut se tis­ser spon­ta­né­ment si on ar­rive à faire vivre un quar­tier, en mé­lan­geant suf­fi­sam­ment les gé­né­ra­tions et les gens. Mais peut-être qu’un coup de pouce ai­de­rait à créer des liens un peu plus so­lides, au-delà de la simple ami­tié passagère.

Uto­pie, donc dan­ge­reuse, mais peut-on en ti­rer quelque chose ?

Cui­sine de quartier

Quand on compte le temps que passent les uns et les autres à se faire cha­cun à man­ger à sa pe­tite fa­mille, on constate à quel point le mo­dèle de la cui­sine in­di­vi­duelle est in­ef­fi­cace. Au lieu de faire à man­ger seul(e) tous les jours pour une à trois per­sonnes, il vau­drait mieux s’y col­ler une fois tous les quinze jours en équipe de cinq et pour cin­quante personnes.

Sou­vent les éco-quartiers et les éco-villages se dotent de struc­tures pour faire la cui­sine col­lec­ti­ve­ment, et la sauce prend as­sez ra­pi­de­ment quand les gens se rendent compte à quel point c’est plus sympa de faire la cui­sine à plu­sieurs, et à quel point c’est pra­tique de pou­voir mettre les pieds sous la table le reste du temps. Après, rien n’oblige à man­ger tous en­semble tous les jours, et si on a be­soin d’un peu de calme on de­vrait sim­ple­ment pou­voir ve­nir se ser­vir en cui­sine et re­mon­ter chez soi — pourvu qu’on s’acquitte ré­gu­liè­re­ment de son tour de po­potte et de plonge et que ce ne soit pas tou­jours les mêmes qui s’y collent.

Chan­tiers tournants

C’est pa­reil pour le tra­vail phy­sique. Char­rier de la terre tout seul, c’est pé­nible et chiant. Char­rier de la terre avec des potes, c’est phy­sique mais agréable. Alors plu­tôt que cha­cun peine cinq jours sur une tâche ma­nuelle à son chan­tier, on passe une jour­née à cinq et on va chez quelqu’un d’autre la fois d’après. C’est comme cela qu’on fonc­tionne de­puis main­te­nant plus d’un an avec six ou sept fa­milles d’amis des en­vi­rons, avec un chan­tier toutes les deux se­maines le di­manche et le lundi (on vient à l’un et/ou l’autre jour, on ap­porte à man­ger pour par­ta­ger le re­pas, on es­saye d’être là au moins deux fois sur trois).

Pour ce­lui qui or­ga­nise, c’est un peu de pré­pa­ra­tion pour pou­voir ac­cueillir quatre ou cinq ou­vriers le même jour, mais ça mo­tive et ça fait avan­cer le chantier.

Sys­tème d’échange local

En fait, les chan­tiers tour­nants ci­tés au-dessus sont une éma­na­tion du Sys­tème d’Echange Lo­cal co­fondé il y a un peu plus d’un an avec quelques autres pion­niers mo­ti­vés. Si le but ini­tial d’un sys­tème d’échange lo­cal est d’encourager le troc de biens, de sa­voirs et de ser­vices entre les adhé­rents au moyen d’une mon­naie com­plé­men­taire in­dexée sur le temps passé, le but fi­nal est bien de créer du lien so­cial et d’encourager des ini­tia­tives où les gens se prennent en main.

Pour l’instant, notre SEL a sus­cité la créa­tion de deux groupes de chan­tiers tour­nants, un groupe d’artisanat créa­tif, un groupe de jeunes pa­rents qui or­ga­nisent des sor­ties en­semble ou bien des gardes par­ta­gées, et j’ai bon es­poir que ça continue.

Dans la sé­rie des “7 idées”, on trou­vera aussi :

Portrait : Allan Savory

Reverdir le désert avec d'immenses troupeaux

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On ne peut pas re­ver­dir les dé­serts à la main

Par deux fois j’ai donné la pa­role à Geoff Law­ton, qui s’est forgé une ré­pu­ta­tion de spé­cia­liste de la re­con­quête des dé­serts. En creu­sant des bais­sières se­lon les courbes de ni­veaux, en plan­tant des arbres fixa­teurs d’azote, en pro­té­geant le sol sous un épais paillage de ma­tière or­ga­nique, il piège les pluies er­ra­tiques dans le sol et fa­brique des oa­sis en quelques années.

Geoff law­ton conclut son film avec une maxime : “on peut ré­soudre tous les pro­blèmes de la Terre dans un jardin”.

Oui mais il y a un pro­blème : on ne peut pas trans­for­mer toute la Terre en jar­din. On ne peut pas re­ver­dir tous les dé­serts et sau­ver toutes les sa­vanes de la Terre avec ces tech­niques qui de­mandent beau­coup de tra­vail. Ce n’est d’ailleurs pas le but de la per­ma­cul­ture. Dans le prin­cipe des zones éta­bli par Mol­li­son et Holm­gren, il est bien prévu que la zone V, la plus vaste, soit ré­ser­vée aux éco­sys­tèmes sau­vages, avec au­cune in­ter­ven­tion humaine.

Cela pose un pro­blème pour les éco­sys­tèmes de prai­rie : quand on les laisse en ja­chère en les pro­té­geant contre le pâ­tu­rage et l’exploitation agri­cole, les grandes prai­ries de la Terre ne se re­cons­ti­tuent pas. Si la plu­vio­mé­trie est clé­mente, elles de­viennent des fo­rêts ; si­non, elles de­viennent des déserts.

Je suis tombé sur une confé­rence d’Allan Sa­vory qui pro­pose une so­lu­tion in­at­ten­due au­tant que gé­niale pour re­ver­dir les prai­ries et faire re­cu­ler le dé­sert à grande échelle : l’élevage in­ten­sif. Ne fuyez pas : son ex­posé est par­fai­te­ment ra­tion­nel et convain­cant. Lire la suite »

Slow life

Sobriété dans la consommation et humilité dans l'action

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L’éthique oc­ci­den­tale du tra­vail, qui ne to­lère le loi­sir ou le re­pos que s’il sert à ac­croître l’efficacité au tra­vail, nous pousse à une hy­per­ac­ti­vité per­ma­nente qui nous sin­gu­la­rise des autres grands singes et nous rap­proche des sou­ris de la­bo­ra­toire sous LSD. Dans le mé­ca­nisme de la so­ciété mer­can­tile, cette hy­per­ac­ti­vité marche la main dans la main avec notre bou­li­mie de consom­ma­tion, culmi­nant avec le “tra­vailler plus pour ga­gner plus”.

La sim­pli­cité vo­lon­taire s’attache à apai­ser notre ap­pé­tit de consom­ma­tion, ce qui nous per­met en­suite en théo­rie de ré­duire notre temps de tra­vail. Es­sen­tiel­le­ment, il s’agit de prendre la maxime sar­ko­zienne à re­bours et de “consom­mer moins pour tra­vailler moins”. C’est ainsi qu’en rai­son­nant ma consom­ma­tion j’ai pu ré­duire de moi­tié mon temps de tra­vail en cinq ans.

Mais il y a un piège : il ne faut pas croire qu’on re­tombe na­tu­rel­le­ment à un rythme d’activité apaisé une fois am­pu­tée la né­ces­sité fi­nan­cière qui pousse à tra­vailler comme des for­çats. Il suf­fit d’écouter ces jeunes re­trai­tés qui disent n’avoir plus une mi­nute à eux. En fait, notre condi­tion­ne­ment à l’éthique du tra­vail nous conduit sou­vent à “ren­ta­bi­li­ser” le temps li­béré, et à le rem­plir pe­tit à pe­tit jusqu’à sa­tu­ra­tion. Comme si notre bou­li­mie d’achats se muait en bou­li­mie d’action. Rares sont ceux qui ar­rivent à conju­guer l’expression “sim­pli­cité vo­lon­taire” jusque dans leur rythme de vie. Je ne fais pas ex­cep­tion, et je me trouve ac­tuel­le­ment dans un tun­nel de tra­vail dont je ne ver­rai le bout que vers la Noël. Bê­te­ment, ou plu­tôt par pré­ten­tion, je me suis ima­giné que parce que j’étais au bou­lot seule­ment la moi­tié du temps, je de­vais consa­crer l’autre moi­tié à sau­ver le monde.

Comme tous les per­ma­cul­teurs, j’ai une liste longue comme la jambe de choses à faire au jar­din. Comme tous les au­to­cons­truc­teurs, j’ai plu­sieurs an­nées de re­tard sur mon chan­tier. Comme la plu­part des blo­gueurs, j’ai des di­zaines d’articles in­ache­vés et la pres­sion de pu­blier le pro­chain avant que les lec­teurs me croient mort. Comme tous les mi­li­tants as­so­cia­tifs de la tran­si­tion, j’ai des di­zaines d’initiatives sur le feu toutes plus sa­lu­taires les unes que les autres. Ajou­tez à cela les af­faires do­mes­tiques cou­rantes, deux jeunes en­fants, et le sou­tien à l’activité de mon épouse. Et pour cou­ron­ner le tout un pro­jet de livre sur la per­ma­cul­ture au­quel je col­la­bore en tant que tra­duc­teur et ty­po­graphe, et dont je vous re­par­le­rai dès qu’on an­non­cera les pré-ventes. Et vous com­pre­nez qu’en l’espèce, ma pré­ten­due sim­pli­cité vo­lon­taire n’a de simple que le nom.

La sim­pli­cité vo­lon­taire, ce n’est donc pas seule­ment une so­briété de nos am­bi­tions ma­té­rielles ; c’est aussi une forme d’humilité dans l’action pour réel­le­ment chan­ger de rythme. Ce n’est pas moi qui sau­ve­rai le monde — donc ce n’est peut-être pas la peine d’y lais­ser ma santé.

PS : Ca veut dire le­ver le pied sur cer­tains pro­jets comme la tra­duc­tion de bou­quins de per­ma­cul­ture, et me re­cen­trer sur mon site, qui ser­vira peut-être à faire naître d’autres vo­ca­tions, jusqu’à que le nombre d’apprentis-permaculteurs en France mo­tive les édi­teurs à faire ap­pel à des professionnel(le)s pour tra­duire ces livres dont nous avons grand besoin.

Permaculture appliquée à la recherche scientifique

Le biomimétisme en action, par Janine Benyus

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On voit sou­vent les te­nants de la dé­crois­sance adop­ter des pos­tures de dé­fiance vis-à-vis de la re­cherche scien­ti­fique, pour la rai­son évi­dente qu’elle est trop sou­vent su­bor­don­née, voire pros­ti­tuée au pro­fit in­dus­triel et à la puis­sance éta­tique pour ob­te­nir ses cré­dits, et qu’elle est donc biai­sée. Et pour­tant, quand je vois la dé­marche pour­sui­vie par les la­bos et les star­tups qui en­fin cessent de croire que l’esprit hu­main est l’alpha et l’oméga de l’innovation et qui (re)commencent à ob­ser­ver avec ré­vé­rence les mer­veilles de la na­ture, je me dis qu’il y a en­core de l’espoir (même si cer­tains y ver­ront une touche d’opportunisme sur­fant sur la vague green biz). Le bio­mi­mé­tisme en chi­mie, en ma­thé­ma­tiques ap­pli­quées, en phy­sique des ma­té­riaux (et aussi en bio­lo­gie), cherche à conce­voir en s’inspirant de la na­ture, jusque dans ses mé­ca­nismes in­times, sa par­ci­mo­nie, voire sa sa­gesse. Comme beau­coup de per­ma­cul­teurs, je reste un scien­ti­fique dans l’âme, et j’aime bien cette idée de re­prendre la pos­ture des na­tu­ra­listes dans leur ad­mi­ra­tion de la na­ture, tout en lais­sant de côté le po­si­ti­visme et l’arrogance des in­gé­nieurs pour dé­cou­vrir ce que la na­ture peut nous ap­prendre plu­tôt que de la bull­do­zer, de la dés­in­fec­ter, de la ‘nettoyer’.

L’intervention de Ja­nine Be­nyus à la confé­rence TED, que je viens de dé­cou­vrir ce soir, brosse un por­trait épous­tou­flant de la dé­marche des cher­cheurs et des concep­teurs dans le do­maine du bio­mi­mé­tisme. Sans pro­non­cer le mot, elle montre bien que cette dé­marche suit le même che­min que la concep­tion per­ma­cul­tu­relle : l’observation vient en pre­mier, et la concep­tion en dé­coule, dans une ap­proche humble qui re­con­naît la dette que nous avons en­vers les or­ga­nismes et les éco­sys­tèmes, nos aî­nés de plu­sieurs mil­liards d’années.

Et de même que je suis béat quand je vi­site le site Plants for a Fu­ture (qui re­cense 7000 d’espèces vé­gé­tales pour les dif­fé­rentes uti­li­tés ali­men­taires, mé­di­ci­nales et autres), de même je suis en­thou­siaste quant à l’initiative AskNature.org, qui sert de fo­rum d’échange entre na­tu­ra­listes et cher­cheurs afin de re­cen­ser des di­zaines d’autres fonc­tions que les or­ga­nismes et les éco­sys­tèmes rem­plissent avec une éco­no­mie de res­sources qui laisse pan­tois tout in­gé­nieur, sans avoir ja­mais dé­posé un bre­vet ni consulté un ma­nuel de physique.

En cli­quant sur l’image d’en-haut ou bien sur ce lien, vous pou­vez suivre cette pré­sen­ta­tion de 20 mi­nutes, sous-titrée en fran­çais par Isa­belle Rou­ghol. Dé­tour obligé pour tous les nerds de mon aca­bit, et très vi­ve­ment re­com­mandé pour tous les autres pour qui la per­ma­cul­ture n’est pas qu’au po­ta­ger.

Compote de pommes facile sans épluchage

Parce que le mois d'octobre n'a que 31 jours

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La re­cette en bref

Cuire les pommes sim­ple­ment cou­pées en quar­tiers une ving­taine de mi­nutes sous pres­sion dans un au­to­cui­seur avec un fond d’eau. Pas­ser au mou­lin à lé­gumes. Ra­jou­ter du sucre. Mettre en bo­caux. Stériliser.

Pré­am­bule

Après les lé­gumes du po­ta­ger, ce sont les pommes qui ar­rivent en masse et qui exigent qu’on s’occupe d’elles ra­pi­de­ment sous peine de pour­rir sur place, à part quelques-unes mieux lu­nées qu’on pourra par­fois faire pa­tien­ter sur les éta­gères aé­rées d’un frui­tier jusqu’à noël. Le pom­mier du ver­ger d’en bas de la rue nous donne deux brouettes de pommes à chaque épi­sode de vent d’autan à par­tir de la mi-septembre. Il y a trois ans, nous avions fait du cidre, mais j’avais été le seul à en boire. L’année der­nière, nous avions fait du jus (à conge­ler dans la fou­lée), mais nos pommes sont un peu trop acides, et comme on ex­tra­yait le jus avec la peau et les pé­pins, le jus était à la fois acide et amer, ce qui fait que per­sonne n’en a bu. Cette an­née, j’ai fini de mettre au point ma re­cette de com­pote de pommes, qui est non seule­ment ap­pré­ciée des en­fants, mais qui en plus est très fa­cile et très ra­pide à faire, ce qui per­met presque de faire la com­pote aussi vite que les pommes tombent de l’arbre. Je vous la livre. Lire la suite »

7 idées municipales pour la transition

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L’objectif prin­ci­pal des ini­tia­tives de tran­si­tion, c’est d’envisager en­semble la des­cente éner­gé­tique au ni­veau lo­cal et de la fa­çon la plus lu­cide pos­sible, puis d’inventer les étapes d’un che­min qui s’engage ré­so­lu­ment dans cette des­cente un peu im­pres­sion­nante en évi­tant les culs-de-sac Tous pro­jets s’articulent au­tour de l’accroissement la ré­si­lience lo­cale et/ou du se­vrage des éner­gies fos­siles. Cer­taines de ces étapes se concré­tisent plus fa­ci­le­ment au ni­veau de l’individu, cer­taines plu­tôt au ni­veau du quar­tier, cer­taines via des as­so­cia­tions, et cer­taines en­core ont gé­né­ra­le­ment be­soin d’être prises en charge par une col­lec­ti­vité lo­cale, en par­ti­cu­lier quand elles rem­plissent de fa­çon évi­dente un be­soin col­lec­tif lo­cal et qu’elles né­ces­sitent un fi­nan­ce­ment col­lec­tif lo­cal. En ef­fet, c’est jus­te­ment là l’intérêt fon­da­men­tal des col­lec­ti­vi­tés lo­cales.
Nul be­soin pour­tant qu’une ini­tia­tive de tran­si­tion prenne d’assaut l’hôtel de ville ou se pré­sente aux élec­tions : il suf­fit sou­vent de pré­sen­ter aux conseillers mu­ni­ci­paux un dos­sier bien fi­celé, et jo­li­ment tourné se­lon les sen­si­bi­li­tés de la mu­ni­ci­pa­lité. D’ailleurs, il n’y a pas for­cé­ment be­soin de mar­te­ler les idées de ré­si­lience ou de des­cente éner­gé­tique si le be­soin est déjà évident pour d’autres raisons.

Re­cy­cle­rie

La pre­mière idée de ma pe­tite liste nous vient du Qué­bec. A l’heure où la plu­part des com­mu­nau­tés de com­munes se sont do­tées de dé­chet­te­ries où sou­vent les gens viennent se ser­vir (en marge des règles dites ‘de sé­cu­rité’) pour don­ner une se­conde vie à des ob­jets qui ne sont un dé­chet qu’aux yeux de l’ancien pro­prié­taire, la suite évi­dente est de dou­bler la dé­chet­te­rie d’un ser­vice de sto­ckage, de tri, de ré­pa­ra­tion et de dis­tri­bu­tion du ma­té­riel ré­cu­péré, afin de sau­ver tout ce qui peut l’être.
C’est le concept de recyclerie/ressourcerie. Les gens qui s’en oc­cupent peuvent être des per­sonnes en ré­in­ser­tion, sa­la­riées d’une as­so­cia­tion, des em­ployés mu­ni­ci­paux, des ar­ti­sans en par­te­na­riat, l’important, c’est d’avoir des gens avec le bon coup d’oeil et le bon coup de main, et aussi de trou­ver le bon schéma de fi­nan­ce­ment pour com­plé­men­ter les sub­ven­tions. Par exemple, on peut cher­cher à in­ter­cep­ter toute la bro­cante de va­leur pour la mon­nayer en­suite au­près de col­lec­tion­neurs (p.ex. sur ebay). On peut ré­cu­pé­rer les meubles fonc­tion­nels sans grande va­leur pour meu­bler les lo­caux mu­ni­ci­paux, voire les lo­ge­ments loués par la mai­rie. On peut en­fin re­vendre sur place un cer­tain nombre d’équipements une fois re­mis en état. Et de toute fa­çon, on éco­no­mise sur le ser­vice d’élimination des dé­chets, puisque les bennes se rem­plissent quatre fois moins vite (on peut rêver).

Ves­tiaire solidaire

Voilà en­core une idée que je n’ai pas eue, et celle-ci fonc­tionne déjà par chez nous : vous met­tez en place un lo­cal et des gens pour ré­cep­tion­ner tous les vê­te­ments à don­ner, en se sub­sti­tuant d’une cer­taine fa­çon à Em­maüs. En échange, n’importe qui peut ve­nir trou­ver à se vê­tir au lo­cal à des prix dé­fiant toute concur­rence. Ceci n’a évi­dem­ment au­cun in­té­rêt si on a ac­cès fa­ci­le­ment à une an­tenne d’Emmaüs.

Es­paces verts comestibles

Les men­ta­li­tés sont en train de chan­ger à toute vi­tesse dans la fa­çon de gé­rer les es­paces verts mu­ni­ci­paux : on voit de moins en moins de trai­te­ments, de plus en plus de paillage et de BRF, de plus en plus de semi-friches ou prai­ries fleu­ries. A mon avis, les gens sont mûrs pour qu’on rem­place les choux d’ornement des les ronds-points par des vrais choux, les pru­nus des les parcs par des pom­miers, les mar­ron­niers des rues par des châ­tai­gniers, etc.
Avoir des epaces verts co­mes­tibles fait pas­ser si­len­cieu­se­ment un mes­sage très fort sur l’approvisionnement ali­men­taire, re­met sous les yeux des ci­ta­dins l’évidence que c’est la terre sui nous nour­rit. Et en plus on peut faire plu­sieurs fois par an des re­pas de quar­tiers ar­ti­cu­lés au­tour des pro­duc­tions de nos es­paces verts (si elles ne sont pas trop pol­luées par la circulation).

Mon­naie locale

Pour ac­com­pa­gner l’inévitable re­lo­ca­li­sa­tion, on peut ten­ter de mettre au­tour de la table une col­lec­ti­vité lo­cale et les commerçants-artisans lo­caux pour mettre en place une mon­naie lo­cale. Les pro­jets de mon­naie lo­cale fleu­rissent dans le monde en­tier, et rien qu’en Grande-Bretagne, il s’en est lancé au moins quatre ces der­nières an­nées dans le sillage des villes en Tran­si­tion (Totnes, Stroud, Lewes, Brix­ton). En France, ça semble moins évident, et ap­pa­re­ment le pro­jet SOL de Pa­trick Vi­ve­ret a un peu de mal à dé­col­ler (c’est un sys­tème de mon­naie lo­cale ‘clé en main’, mais qui a le gros dé­faut de fonc­tion­ner avec des ter­mi­naux à carte, comme le quasi-défunt mo­neo).
Le plus simple est pro­ba­ble­ment d’envisager le pro­jet de mon­naie lo­cale non pas comme une mon­naie mais comme une dis­tri­bu­tion de bons d’achat un peu à la fa­çon des chèques va­cances ou des ti­ckets res­tau­rant, à va­loir sur l’économie lo­cale. Pour que les consom­ma­teurs veuillent bien échan­ger quelques-uns de leurs eu­ros contre ces bons d’achat, il faut des mé­ca­nismes d’incitation, par exemple 9 eu­ros vous achètent un bon d’achat d’une ‘va­leur’ de 10 eu­ros. Ceci peut être fi­nancé en par­tie par la col­lec­ti­vité lo­cale comme une aide dé­gui­sée au com­merce lo­cal, et en par­tie par les commerçants-artisans eux-mêmes s’ils sont convain­cus de l’intérêt de la me­sure.
En ef­fet l’expérience a mon­tré qu’en gé­né­ral les mon­naies lo­cales cir­culent plus vite que les eu­ros : 10 bons d’achat gé­né­re­ront beau­coup plus d’activité que 10 eu­ros sur la même pé­riode, sur­tout s’ils sont ac­com­pa­gnés d’un mé­ca­nisme de ‘mon­naie fon­dante’, c’est à dire qui in­cite les gens à re­mettre ra­pi­de­ment leurs bons en cir­cu­la­tion. Les com­mer­çants y re­trouvent alors leur compte, puisque le chiffre d’affaires aug­mente. Et la col­lec­ti­vité lo­cale y re­trouve son compte par un meilleur dy­na­misme éco­no­mique (et donc des ren­trées fiscales).

Trai­te­ment des eaux et pis­cine naturels

La ques­tion des eaux usées est sou­vent l’occasion de jo­lis sacs de noeuds de po­li­tique lo­cale. Par ailleurs, nom­breuses sont les mu­ni­ci­pa­li­tés qui ai­me­raient se do­ter d’équipements de loi­sirs chers comme une pis­cine ou un bas­sin de bai­gnade. Pour­quoi ne pas mettre les deux pro­jets en­semble et pré­voir dans un même pro­jet une sta­tion de phy­toé­pu­ra­tion et un bas­sin de bai­gnade pour fi­nan­cer les études et les tra­vaux des deux pro­jets d’une seule traite puisqu’il s’agit es­sen­tiel­le­ment de la même tech­no­lo­gie. Bon, peut-être que ceux qui es­suie­ront les plâtres de ce concept pré­fé­re­ront ne pas ali­men­ter les eaux du bas­sin de bai­gnade avec ce qui sort de la phyto-épuration, mais dans l’idéal, c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Prés com­mu­naux

Même s’ils ont sou­vent été ven­dus ou en­glou­tis sous le bi­tume, il reste par­fois aux mai­ries ru­rales des es­paces com­mu­naux qui étaient an­cien­ne­ment des prés où tout un cha­cun pou­vait ve­nir faire pâ­tu­rer ses bêtes. A me­sure qu’il y aura de plus en plus de néo-pauvres avec qui une chèvre, qui trois mou­tons, qui une vache à plu­sieurs fa­milles, et pas as­sez de terres pour les nour­rir, il peut de­ve­nir utile de re­mettre en place la pra­tique des prés com­mu­naux. Mais at­ten­tion : uni­que­ment à l’usage des éle­veurs ama­teurs qui n’ont que très peu de bêtes. Il ne s’agit pas d’aider les ex­ploi­tants agri­coles, mais bien de don­ner ac­cès au bien com­mun à ceux qui en ont le plus besoin.

Po­ta­ger scolaire

Il y a en­core quelques mai­ries qui prennent en charge la res­tau­ra­tion sco­laire. En sui­vant l’exemple de l’école du film Nos en­fants nous ac­cu­se­ront, on pour­rait pous­ser le concept du po­ta­ger sco­laire plus loin qu’une simple illus­tra­tion pé­da­go­gique, et lui faire pro­duire une part non-négligeable des ap­pro­vi­sion­ne­ments de la can­tine. Si c’est dans le même po­ta­ger que les en­fants vont faire leurs ate­liers, ils au­ront peut-être moins de mal à faire hon­neur aux fruits et lé­gumes, sur­tout si les en­fants sont ré­gu­liè­re­ment em­ployés comme main-d’oeuvre bon mar­ché pour la cueillette. Et comme il faut s’assurer que les coûts du po­ta­ger se­ront in­fé­rieurs aux coûts d’approvisionnement chez des pro­duc­teurs (bio) ex­té­rieurs, il fau­dra que la concep­tion du jar­din de­mande le mi­ni­mum d’entretien. C’est peut-être l’occasion pour un peu de concep­tion per­ma­cul­tu­relle discrète…

Dans la sé­rie des “7 idées”, on trou­vera aussi :

What a way to go

Le film de Tim Bennett avec sous-titres en français

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Dans la fa­mille des films dé­pri­mants sur la crise éner­gé­tique, il y a ‘The End of Sub­ur­bia’, très connu dans les ini­tia­tives de tran­si­tion, mais il y a net­te­ment pire. What a way to go : life at the end of Em­pire fait pro­ba­ble­ment par­tie des pires, avec une vraie teinte mil­lé­na­riste de bout en bout. Il cherche à nous mon­trer à tra­vers de nom­breuses in­ter­views et des ré­flexions per­son­nelles de l’auteur que la culture oc­ci­den­tale do­mi­nante (dé­si­gnée sous le nom d’Em­pire) est à bout de souffle et va fi­nir par en­glou­tir la pla­nète et elle-même avec. Il y est ques­tion du pic de pé­trole, du chan­ge­ment cli­ma­tique, de l’extinction des es­pèces, de la sur­po­pu­la­tion, et de la ruine du style de vie oc­ci­den­tal. On y ren­contre en par­ti­cu­lier Da­niel Quinn, Der­rick Jen­sen, Jerry Man­der, Chel­lis Glen­din­ning, Ri­chard Hein­berg, William Cat­ton and Ri­chard Man­ning.

C’est un film pre­nant, au­quel j’ai col­la­boré en tant que re­lec­teur pour les sous-titres en fran­çais. En échange, Tim Ben­nett le réa­li­sa­teur m’a en­voyé dix exem­plaires de la ver­sion sous-titrée. Je viens d’en don­ner un à Ra­mite le fli­bus­tier qui m’a fait l’honneur de faire un cro­chet par l’arpent nour­ri­cier en chair et en os. Il m’en reste donc 8, que je don­ne­rai aux pre­miers can­di­dats qui se ma­ni­fes­te­ront dans les commentaires.

Dé­ran­geant parce qu’il nous confronte di­rec­te­ment à la culture de l’Empire, ce do­cu­men­taire est à re­com­man­der à tous ceux qui ont la ca­pa­cité de re­mo­de­ler le fu­tur — c’est à dire cha­cun d’entre nous. Au lieu de nous pro­po­ser des so­lu­tions fa­ciles, le film nous met au défi d’inventer de nou­velles voies.

Pour se faire une idée, il y a la bande an­nonce, ou bien car­ré­ment le film en 9 mor­ceaux sur you­tube (mais sans les sous-titres).

Les principes de la permaculture

La permaculture au sens large, par David Holmgren

On voit sou­vent la per­ma­cul­ture pré­sen­tée par des ap­pli­ca­tions concrètes au jar­din, ce qui peut don­ner l’impression que la per­ma­cul­ture n’est qu’une ac­cu­mu­la­tion de ‘tech­niques’ de jardinage :

Quoique in­té­res­santes et même sou­vent ef­fi­caces, ces tech­niques mises bout-à-bout ne font pas la per­ma­cul­ture. La per­ma­cul­ture, c’est d’abord une ap­proche de concep­tion des sys­tèmes (jar­din, mai­son, vil­lage, com­mu­nauté hu­maine, etc.) qui dé­coule di­rec­te­ment du constat que la pla­nète n’est pas in­fi­nie, et que pour vivre de fa­çon sou­te­nable il faut consom­mer net­te­ment moins de res­sources (ma­tières pre­mières et éner­gie) que dans le mo­dèle oc­ci­den­tal actuel.

Ce constat, Da­vid Holm­gren l’a fait avec Bill Mol­li­son il y a plus de trente ans, et sa ré­flexion sur ce qu’il ap­pelle la ‘des­cente éner­gé­tique’ l’a amené à for­ma­li­ser les prin­cipes de la per­ma­cul­ture dans un joli pe­tit opus­cule d’une ving­taine de pages : l’Essence de la per­ma­cul­ture. Grâce à une équipe de bé­né­voles au­tour de l’association Ima­gine un Co­li­bri, ce livre a été tra­duit en fran­çais, ainsi que le site web qui le pré­sente. Il est té­lé­char­geable gra­tui­te­ment à l’adresse sui­vante : http://permacultureprinciples.com/fr/. Ce livre élec­tro­nique au for­mat pdf est en fait un ré­sumé de la ver­sion longue “Per­ma­cul­ture : prin­ciples and pa­th­ways beyond sus­tai­na­bi­lity” (pas en­core tra­duite en fran­çais, mais vous pou­vez lais­ser un com­men­taire, je fe­rai suivre à qui de droit).

Pour ne pas perdre le pe­tit côté “mys­tique” de la per­ma­cul­ture, il or­ga­nise l’Essence de la per­ma­cul­ture se­lon trois pi­liers éthiques :

  1. Prendre soin de la terre
  2. Prendre soin de l’humain
  3. Par­ta­ger équitablement

et douze principes :

  1. Ob­ser­ver et interagir
  2. Col­lec­ter et sto­cker l’énergie
  3. Créer une production
  4. Ap­pli­quer l’auto-régulation et ac­cep­ter la rétroaction
  5. Uti­li­ser et va­lo­ri­ser les ser­vices et les res­sources renouvelables
  6. Ne pas pro­duire de déchets
  7. Par­tir des struc­tures d’ensemble pour ar­ri­ver aux détails
  8. In­té­grer plu­tôt que séparer
  9. Uti­li­ser des so­lu­tions à de pe­tites échelles et avec patience
  10. Uti­li­ser et va­lo­ri­ser la diversité
  11. Uti­li­ser les in­ter­faces et va­lo­ri­ser les élé­ments en bordure
  12. Uti­li­ser le chan­ge­ment et y ré­agir, de ma­nière créative

Le livre dé­taille les dif­fé­rents prin­cipes, les rat­tache aux contraintes pla­né­taires qui en sont la cause, et les illustre par des exemples. Bonne lec­ture !.

Coulis de tomates facile

Méthode artisanale sans peler ni épépiner

La re­cette en bref

Sans re­muer, faire cuire à cou­vert les to­mates cou­pées en deux avec un peu de sel pen­dant 20 mi­nutes. Égout­ter, pas­ser au mou­lin, mettre en bo­caux, stériliser.

Pré­am­bule

Voici la sai­son du cou­lis de to­mates. C’est l’inconvénient d’avoir un jar­din en cli­mat tem­péré : on se re­trouve avec des coups de bourre où presque tout tombe en même temps.

Donc si comme moi vous ai­mez la pasta à la to­mate en hi­ver au point de vou­loir être semi-autonome en cou­lis, mais que vous ne dé­bor­dez pas d’enthousiasme à l’idée de pas­ser toutes vos soi­rées de sep­tembre à ébouillan­ter, pe­ler, épé­pi­ner puis en­fin faire mi­jo­ter vos to­mates pen­dant des heures pour que le cou­lis soit moins cou­lant, je vous pro­pose un pro­ces­sus ar­ti­sa­nal très sim­pli­fié. Il fait l’impasse sur les quatre opé­ra­tions les plus pé­nibles des re­cettes clas­siques, et il prend donc une grosse di­zaine de mi­nutes de tra­vail pour 3 kg de to­mates, du jar­din au cel­lier, vais­selle com­prise. Lire la suite »