déc
Récession temporaire ou bien la fin de la croissance ?
Traduction d'un essai de Richard Heinberg
Avant-propos
Cet essai remarquable, publié par Richard Heinberg, est en quelque sorte une version (très) longue et très bien argumentée de mon article La mouche contre la vitre.
J’avais contacté Richard Heinberg quand son article était sorti sur TheOilDrum pour lui demander si je pouvais en faire une traduction. Il m’a alors répondu que le traducteur de son livre “La fête est finie“, Hervé Duval, était déjà sur le pont. Hervé Duval a publié sa traduction en octobre. Je la reproduis ici in extenso, avec une petite correction toutefois : Richard Heinberg cite dans son article Bernanke (le patron de la Réserve Fédérale), sans donner son prénom, tandis que la traduction précise la liste complète de ses prénoms juifs. Je ne peux pas croire que ce soit innocent, quand on sait que cette traduction a été publiée par le sulfureux Réseau Voltaire.
(Et comme le monde n’est jamais simple, je vous préviens à toutes fins utiles qu’il y a quelques zones d’ombre dans le passé de Richard Heinberg aussi - j’y reviendrai. Ce qui n’enlève rien à ce qu’il dit ici, ni à la qualité de ses ouvrages sur le pic pétrolier.)
Sans plus gloser …
Temporary Recession or the End of Growth?
Tout le monde s’accorde sur ce fait : notre économie est mal en point. Les symptômes inévitables comprennent un déclin des dépenses et de la confiance des consommateurs, ainsi qu’un repli des échanges commerciaux mondiaux et du crédit disponible. Ajoutez à cela un effondrement des valeurs immobilières, un carnage dans les industries automobiles et le transport aérien, et vous obtenez effectivement un tableau très sombre.
Mais pourquoi l’économie américaine et, dans une perspective plus large, l’économie mondiale flanchent-elles toutes les deux ? Du côté des médias dominants, des dirigeants mondiaux et des économistes en chef américains (Geithner, le secrétaire au Trésor et Bernanke, le directeur de la Réserve Fédérale) on observe une quasi-unanimité d’opinion : ces récents troubles s’expliqueraient principalement par la combinaison de mauvais prêts immobiliers et d’une règlementation insuffisante des produits dérivés de la finance.
Voilà pour le diagnostic conventionnel. S’il est correct, alors le traitement de notre maladie économique devrait logiquement inclure, d’une part, d’importantes sommes consacrées au renflouement des institutions financières, des banques de prêt immobilier et des constructeurs automobiles en déroute ; d’autre part, une meilleure règlementation des produits dérivés financiers et des marchés à terme ; et enfin des programmes de relance destinés à revigorer les dépenses de consommation.
Mais si ce diagnostic était erroné ? La métaphore ne nécessite guère d’explications : nous savons tous quelles tragédies peuvent résulter d’une erreur d’appréciation des symptômes de la part d’un médecin et de la confusion par celui-ci de plusieurs maladies.
Un phénomène semblable s’observe dans le cas de notre affection économique nationale et mondiale. Si nous ne comprenons pas pourquoi le métabolisme industriel et financier du monde souffre, il est peu probable que nous puissions appliquer le bon remède et nous risquons, au bout du compte, d’aggraver la situation bien au-delà de ce qu’il en serait autrement.
N’en doutons pas : le diagnostic conventionnel est certainement en partie pertinent. La relation causale entre les prêts à risque et les crises de Fannie Mae, Freddie Mac et Lehman Brothers a été largement examinée et ne fait plus guère de mystère. Clairement, au cours des quelques années passées, les bulles spéculatives dans les secteurs immobilier et financier furent gonflées à une échelle colossale, de sorte que leur éclatement était inévitable. Il semble difficile de contredire le point de vue du Premier ministre australien Kevin Rudd, dans sa tribune publiée par le Sydney Morning Herald : « Les racines de la crise s’enfoncent dans la décennie d’excès l’ayant précédée. Au cours de celle-ci, le monde a connu un boom extraordinaire[...]Cependant, comme nous l’apprîmes ultérieurement, le boom global reposait en grande partie[...]sur un château de cartes. Premièrement, dans de nombreux pays occidentaux le boom a été érigé sur une montagne de dette entre les mains des consommateurs, des entreprises et de certains gouvernements. Comme l’explique le magnat de la finance George Soros : “Pendant 25 ans [l’occident] a consommé davantage qu’il n’a produit… nous avons vécu au-dessus de nos moyens.” » .
Néanmoins, afin de saisir pleinement les origines de l’effondrement économique mondial en cours, notre regard doit-il s’arrêter là ?
On peut arguer que les tragiques événements liés à l’immobilier, aux marchés de produits dérivés financiers, à l’industrie automobile et au transport aérien ne sont simplement eux-mêmes que des symptômes d’un dysfonctionnement systémique encore plus profond signifiant la fin de la croissance économique telle que nous l’avons connue.
En bref, je propose là un diagnostic alternatif. Cette explication de la crise économique est déconseillée aux âmes sensibles car, si celle-ci est avérée, elle implique que le patient est beaucoup plus gravement atteint que ne l’affirment même les économistes les plus pessimistes. Mais si elle est correcte, alors l’ignorer nous fait encourir des périls bien plus importants. lire la suite →
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nov
Mes tentatives de cidre
Millésimes plus ou moins ratés

La première année (photo ci-dessus) fut la bonne. C’était en 2007. On avait emprunté le gros pressoir du voisin, qui nous a donné environ 200 litres de jus. Partagé entre ceux qui étaient venus aider, il nous est resté 80 litres. J’ai mis 50 litres dans une poubelle de 80 litres avec un film plastique par dessus et le couvercle de la bouteille, le tout au cellier. Le film plastique sert à empêcher l’air de rentrer, sinon ça fait du vinaigre de cidre. Il n’est pas hermétique, puisqu’il faut qu’il laisse sortir le gaz carbonique issu de la fermentation, mais il est suffisamment serré pour que l’oxygène soit chassé.
Au bout de trois semaines (c’était en octobre et il faisait encore assez doux), j’ai soutiré le cidre en le siphonnant (il faut mettre une garde au bout du tuyau pour empêcher qu’il aspire le dépôt du fond), et on a commencé à le boire. Je l’ai aussi stocké en bouteilles : bouteilles de boissons gazeuses en plastique, bouteilles de cidre en plastique, et bouteilles de bière en verre, vous savez, celles avec bouchon céramique, joint caoutchouc et levier métallique comme pour les bocaux. Ce qui a le mieux marché, ce sont les bouteilles de cidre en plastique, qui tenaient très bien la pression. Le bouteilles de bière, ce n’était pas une bonne idée : le fond saute avant que le bouchon veuille faire soupape. En effet, comme je n’ai pas de moyen de surveiller précisément la fermentation, ni de l’arrêter au soufre (comme apparemment ça se pratique dans l’industrie), la fermentation continue pas mal après la mise en bouteille, quasi jusqu’à épuisement des sucres. Donc les bouteilles montent à des pressions supérieurs aux pressions habituelles des bouteilles de cidre, et il fallait régulièrement que je passe les purger (ou les boire).
Au final, mon cidre 2007 était assez sec, un peu à la manière du cidre basque. Une touche d’acidité (certains diront un caractère âpre ou âcre, ou même les deux à la fois) me fait penser que l’étanchéité à l’air de ma barrique de fortune laissait peut-être à désirer. Mais bon, il se lassait boire.
Le cidre basque est assez vert mais très rafraîchissant. Il fait aux alentours de 6° et ayant perdu quasiment tout son sucre, il est relativement sec et amer (on dit qu’il râpe). extea.fr
L’année d’après, j’ai eu beaucoup moins de pommes, et donc beaucoup moins de jus. On a utilisé un petit pressoir à raisin d’un autre voisin, dont le plateau est en métal au lieu d’être en bois (ça évite d’avoir à le tremper la veille pour refermer les fissures). Le jus avait un goût un peu chimique (était-ce à cause du métal ?), qui était amplifié dans le cidre et le rendait imbuvable, même si cette fois, j’avais un meilleur matériel pour la fermentation (un jerrican dont je réglais le bouchon pour qu’il fasse soupape pile poil à la bonne pression, et ventouse anti-retour quand la fermentation ralentit, empêchant l’air de passer).
Ce qui fait que cette année, je n’ai même pas essayé. Et finalement, je préfère mon jus de pomme frais décongelé qu’en cidre râpeux. Et quand je n’aurai plus de place au congélo, je choisirai plutôt de garder mes pommes sous forme de compote : au moins tout le monde peut en manger (alors que le cidre, j’étais à peu près le seul à en boire).
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nov
Dome et cellule de couvaison
Pour que la poule soit tranquille pendant qu'elle couve

Au début du printemps, l’une de nos poules a disparu pendant une semaine. Elle n’est pas rentrée un soir, et on la pensait perdue, croquée, ou pire… Jusqu’à ce que je la voie, à l’heure de la distribution de restes de cuisine, se pointer par la rue, venant visiblement de derrière la maison. En allant voir derrière, on a découvert sur l’escalier d’accès à la bâtisse en ruine qui jouxte notre terrain un joli nid contenant 15 oeufs. Il était à ciel ouvert, à la vue de tous les chats et chiens des environs. Et faute de coq, les oeufs étaient forcément tous stériles.
On a décidé de déplacer la poule et de lui échanger ses oeufs avec ceux d’un voisin (qui a des coqs). Et pour qu’elle soit tranquille, je lui ai bricolé ce montage : une niche à chien où j’avais disposé de la paille, de l’eau et de la nourriture (l’un des pans du toit s’ouvre pour accéder), un tunnel d’accès et un dôme grillagés (chutes de tuyau polyéthylène et grillage galva).
Ça avait l’air parfait, sauf que cette couvaison a raté (5 poussins morts à différents stades embryonnaires). Pour l’année prochaine, j’enlèverai le plancher de la niche, pour que la poule ait son nid à même le sol et contrôle mieux la température.
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nov
Portrait : Laurence Hutchinson
Aquaculture et permaculture
Voici la suite de ma série de portraits. Je vais vous parler de Laurence Hutchinson. Que je connais personnellement, puisque c’est maintenant un ami, et un voisin qui habite à une grosse heure de vélo de chez moi (un jour j’aurai le courage d’y aller en vélo).
Le bonhomme et son parcours
C’est surtout l’auteur de l’ouvrage central sur le sujet de l’aquaculture naturelle. Le livre Ecological Aquaculture, édité par Permanent Publications de Maddy Harland, déborde de détails techniques, d’expertise, de réflexion mûrie sur la façon d’élever des truites ou des écrevisses sans acheter d’aliments. Toutes proportions gardées, le parcours de Laurence Hutchinson m’évoque celui de Masanobu Fukuoka : son père était dans l’industrie pétrolière, et Laurence m’a décrit la pêche à la truite comme un ancrage psychologique parmi toutes les pérégrinations de sa famille. C’est sa passion pour la truite et pour son milieu naturel qui l’a conduit à se démarquer fortement de la pratique industrielle de la pisciculture. Et dans les années 80, cette position à contre-courant (peut-être une posture inspirée des salmonidés) devait être encore plus difficile à tenir qu’aujourd’hui.
En observant les liens et les interactions dans un écosystème aquatique naturel, il a peu à peu proposé un modèle d’aquaculture soutenable et écologique, qui rend à la rivière une eau plus propre qu’il lui a pris, tout en produisant des poissions en pleine santé et au goût incomparable. Sans se réclamer au départ de la permaculture ni de ses pères, Laurence a suivi la même démarche, et abouti à un système qui représente une hérésie pour celui qui est persuadé que les poissons doivent grandir entassés dans des bassins en béton en mangeant de la farine de poisson additionnée d’antibiotiques ; qui ressemble à une évidence naturelle pour qui n’a justement pas l’expérience de l’aquaculture industrielle ; et qui s’impose comme une révélation pour celui rêve d’établir un système d’aquaculture écologique mais ne sait pas par où commencer.
L’homme est discret. C’est au détour d’une discussion presque un an après notre première rencontre que j’ai découvert que derrière l’homme discret se cachait un écologiste convaincu, un pilier de la permaculture, et un spécialiste intransigeant. Cette intransigeance, il l’a appliquée à lui-même dès le début de son projet. Contrairement aux conseils de Patrick Whitefield dans The Earth Care Manual, il n’a pas choisi un poisson facile comme la carpe, qui tolère les eaux stagnantes, qui est essentiellement herbivore, et qui supporte des variations de température importantes. Il a d’emblée choisi le poisson le plus exigeant (mais selon lui, le meilleur) : la truite. Qui a besoin d’une chaîne alimentaire complète pour se nourrir de petits crustacés, d’insectes, de petits poissons, et de plantes ; qui ne supporte pas l’eau chaude, ni même tiède ; qui a besoin d’une eau parfaitement claire et oxygénée ; qui accumule les métaux lourds et autres produits chimiques lipo-solubles. Il le dit lui-même : en choisissant le plus difficile, il avait l’assurance qu’une fois mis au point, son système pourrait s’adapter à tous les autres poissons.
Les grands principes
Et son système semble au point (au contraire, dit-il, de celui de Sepp Holzer qui lui apparaît assez peu crédible - querelle de spécialistes ? je ne sais pas en juger). Ce qui m’a le plus plu dans son livre, c’est son chapitre ‘maladies’ quasi-inexistant, se démarquant de la plupart des livres sur l’aquaculture. Laurence a eu si peu de soucis sanitaires dans ses réalisations qu’il est convaincu qu’une bonne partie de la science vétérinaire piscicole n’a pas d’utilité quand les poissons vivent dans un environnement naturel.
Il faut une ressource en eau douce (le plus souvent un ruisseau), une série de bassins ayant des caractéristiques différentes, les premiers pour purifier l’eau et stabiliser le pH au moyen de seuils filtrant en pierre calcaire, les suivants pour favoriser les daphnies et d’autres microcrustacés dont se nourriront les truites, et les derniers pour les truites à différents stades. Tous ces bassins sont des bassins naturels. Les nutriments viennent de l’eau si le ruisseau est (trop) riche, ou bien des arbres avoisinants dont les feuilles en décomposition nourrissent le plancton. On peut aussi intégrer dans ces bassins une production de plantes aquatiques comestibles comme les chataîgnes d’eau ou le cresson qui se chargeront de réduire le niveau de nutriments dans l’eau, donc contrôler le développement des algues qui confisquent l’oxygène au reste de la chaîne alimentaire.
Contrôle de la pollution
Comme l’installation est tributaire d’une ressource en eau extérieure, il est important de pouvoir se protéger des épisodes de pollution. Laurence a mis au point un détecteur électronique de résistivité de l’eau (qui marche sur alimentation 12V et consomme quasiment rien, vu que l’eau est très peu conductrice). Toute présence de substances solubles apporte des ions, abaissant la résistivité de l’eau, et en-deçà d’un certain seuil ça déclenche une alarme, qui peut servir à couper automatiquement l’alimentation des bassins ou vous biper pour que vous veniez le faire à la main. Apparemment, le système est très sensible. J’ai demandé à Laurence s’il n’était pas inquiet que des niveaux de pollution chroniques subliminaux finissent par s’accumuler dans sa chaîne alimentaire. Le noeud de son argumentaire est que la pollution aux pesticides est essentiellement épisodique et accidentelle. Avec des taux suffisamment élevés pour être détectés par son système, et sur des durées suffisamment courtes pour qu’on puisse interrompre l’alimentation en eau des bassins. J’ai tendance à être d’accord avec lui si on se situe assez haut dans le bassin versant. Il y aura peu d’exploitants ou d’industries en amont, et les épisodes de pollution resteront ponctuels et “aigus”. En plus, Laurence a systématiquement cherché à se faire connaître et à établir des liens avec ses voisins de l’amont. Quelques truites en cadeau de temps en temps sont une bonne garantie que l’agriculteur redoublera de prudence lors des traitements. En revanche, si l’on est en bord de Garonne après Moissac ou au bord du Rhône après Valence, il y a tellement de pollueurs en amont que la pollution est permanente (quoique certainement saisonnière en ce qui concerne les pesticides), avec peu de pics clairement identifiables et un niveau constant probablement trop élevé pour espérer échapper à la bioaccumulation des saloperies dans nos truites.
Et à plus petite échelle ?
Ce qui m’a amené à poser la question d’un système d’aquaculture à l’échelle familiale, utilisant l’eau de pluie et les eaux grises. Laurence évoque la possibilité à quelques endroits dans son livre, mais clairement son système est pensé pour une échelle commerciale (genre une “AMAP truites” ou pour les restaurants). Je travaillerai le sujet, certainement avec Laurence, et je vous dirai (mais ça risque de pas être pour tout de suite). Si vous avez des tuyaux, je suis preneur…
Autres lectures
Une critique du livre par Rob Hopkins
Le site (commercial) de Laurence Hutchinson
Le livre, en vente sur The Book Depository
La photo est tirée d’une campagne d’affichage par la société des Eaux de Saint-Georges qui vend de l’eau en bouteille en Corse. Je l’ai trouvée particulièrement frappante (et juste, vu la qualité des eaux en Corse [PDF]). Et j’aimerais en offrir un exemplaire papier à Laurence à Noël (quelqu’un sait comment on fait ?)
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nov
Brouillard, hiver, pose longue
Notre maison, version mystérieuse

On dirait la maison de l’ogre, mais en fait, c’est chez moi.
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nov
Les toilettes sèches officiellement reconnues
Comme équipement d'assainissement non collectif
On en avait tous rêvé : le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat l’a fait. Dans un décret paru au Journal Officiel le 9 octobre 2009, les toilettes sèches sont officiellement reconnues (par dérogation) comme équipement d’assainissement non-collectif.
Par dérogation à l’article 3, les toilettes dites sèches (sans apport d’eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines.
Les toilettes sèches sont mises en oeuvre :
- soit pour traiter en commun les urines et les fèces. Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost ;
- soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce cas, les urines doivent rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7.
Les toilettes sèches sont composées d’une cuve étanche recevant les fèces ou les urines. La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche conçue de façon à éviter tout écoulement et à l’abri des intempéries. Les sous-produits issus de l’utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution. [section 5, article 17]
Ceci ne concerne pas tant ceux qui ont déjà le tout-à-l’égout (qui pouvaient déjà s’installer des toilettes sèches en douce) que ceux qui sont embourbés dans les méandres de la réglementation sur l’assainissement non-collectif et qui aimeraient bien pouvoir alléger l’installation en ayant recours aux toilettes sèches. Maintenant qu’elles sont officiellement reconnues, ça va mettre de l’huile dans les rouages. Bon, il faudra probablement un certain temps pour que ça percole jusqu’aux agences locales chargées de vous accorder les bonnes autorisation et certificats. On pourra aussi tiquer sur la nécessité d’une “aire étanche” ainsi que sur le choix limité des solutions techniques, mais c’est déjà un bon pas en avant.
Merci à Yurtao pour l’info.
Ecrit par kristen, classé dans eau, habitat, sols. 6 commentaires.
nov
De ces fumeurs qui mangent bio
Dur dur de vraiment se défaire de nos dépendances
Au risque de m’aliéner deux ou trois paquets de lecteurs, je voudrais partager une constatation personnelle, des fois que je ne sois pas le seul à avoir remarqué cette criante incohérence. Plus je côtoie le monde des AMAPs, des groupements d’achat, des SELs, et plus généralement des tenants de la décroissance, et plus je rencontre des gens qui ne jurent que par le bio. Nous mangeons bio, nous nous habillons bio, nous construisons bio, nous nous chauffons bio, nous nous lavons bio.
Et sans pitié nous appliquons
Ce bon principe de précaution :
Pour la santé nous bannissons
Tous les toxiques de nos maisons,
Les pesticides de nos poireaux,
Les bisphénols de nos biberons,
Les métaux lourds de nos tuyaux,
Les aldéhydes de nos plafonds,
Les rayonnements de nos sans-fils,
Les parabènes de nos savons,
Les micro-ondes de nos mobiles,
Les xylophènes de nos chevrons,
Les BFR de nos coussins,
Les PCB de nos poissons,
Les adjuvants de nos vaccins,
Les antibios de nos lardons,
Et j’en oublie, tellement y’en ont.
Mais il y a chez nous autant de fumeurs qu’ailleurs. Peut-être même plus. A ma gauche, une laitue avec des traces de produits phytosanitaires cancérigènes, mutagènes, et perturbateurs endocriniens ; à ma droite, un paquet de tabac à rouler arborant fièrement son “fumer tue“. Et voilà notre fumeur bio qui se damnerait plutôt que d’acheter la première, tandis qu’il prélève machinalement dans le second de quoi rouler sa ènième sèche de la matinée.
Certes, il agit pour le bien commun en encourageant des modes de production plus respectueux de la nature et surtout moins délétères pour la santé des familles d’agriculteurs. Mais il n’évitera certainement pas son cancer à 50 ans. Ni d’ailleurs celui des cultivateurs du Sud :
La culture du tabac est extrêmement exigeante en main-d’oeuvre, ce qui a d’importantes répercussions sur les familles de cultivateurs, qui doivent s’acquitter d’une grande proportion de tâches pour lesquelles elles ne sont pas rémunérées. De plus, le recours à une main-d’oeuvre enfantine est pratique courante[...]
Les plants de tabac dépouillent le sol de ses éléments nutritifs et exigent, en bien des endroits, l’épandage de pesticides (occasionnant souvent des dangers pour la santé des cultivateurs). La culture du tabac a, en outre, des conséquences négatives sur l’environnement, par exemple le déboisement massif lorsque le tabac est séché à l’air chaud ou à la fumée.
En plus des pesticides qui présentent des risques pour la santé, la culture du tabac suppose d’autres conséquences délétères sur la santé : inhalation de la fumée aux séchoirs, intoxication par le tabac vert au moment de la cueillette des feuilles mouillées, inhalation du tabac en poudre lors de l’engrangement des feuilles séchées, etc.
Même si, d’un point de vue économique, la culture du tabac permet aux cultivateurs de gagner l’argent dont ils ont grandement besoin, ceux-ci se trouvent souvent entraînés dans un cercle vicieux de la servitude pour dettes avec les sociétés productrices de tabac. La chute du prix du tabac a d’ailleurs exacerbé ce phénomène.
Soyons cohérents : qu’on l’appelle la décroissance, la simplicité volontaire, ou la sobriété heureuse, il s’agit de se sevrer de notre dépendance à notre style de vie et nos modes de consommation. Cet exemple illustre à quel point il est difficile de se défaire de nos addictions. Et avant de jeter la pierre à ceux qui mangent encore les nuggets de ‘poulet’ premier prix de chez LIDL, il faudrait qu’on sache nous-mêmes se passer de clopes.
Et puis si on doit fumer, faisons au moins comme pour le café :
fumons équitable
Ecrit par kristen, classé dans principes, simplicité volontaire, transition. 13 commentaires.
oct
Les gens sont plus heureux dans une société résiliente
Même hors périodes de crise

Par définition, une société résiliente est une société qui résiste mieux aux perturbations et aux crises. Je vais ici démontrer que même sans parler de crise, les gens sont plus épanouis dans une société résiliente que dans une société efficace (sous réserve que les besoins essentiels soient satisfaits).
La pauvreté de l’efficacité
Un système est efficace quand il sait maximiser un critère d’efficacité. Dès l’abord, ça flaire bon la tautologie, mais il y a mieux. Par définition, on ne peut maximiser qu’un seul critère, quantifiable, et scalaire. Scalaire, ça veut dire qu’il s’exprime simplement comme un nombre. Par exemple, si l’on voulait maximiser le bonheur collectif, il faudrait pouvoir exprimer le bonheur collectif en un seul nombre. Allez déjà exprimer votre bonheur personnel avec un seul nombre… “Moi, depuis que j’ai décroché mon bac, je suis à 23.3, mais je sais que ça ne va pas durer, et qu’à la fin des vacances, je serai redescendu à 19.7 comme avant les épreuves. Puis, l’hiver approchant, je perdrai encore deux ou trois points de bonheur, avec juste un petit pic à 27.2 le matin du 25 décembre…” Utiliser un indicateur scalaire unique pour exprimer une notion aussi subjective et multiple que le bonheur, on voit déjà à quel point c’est réducteur. Alors vous pensez bien que recourir à un seul nombre pour orienter tous les efforts d’une société, ça en devient totalement absurde.
Et pourtant les grandes organisations ne jurent que par l’efficacité. On se choisit un indicateur d’efficacité (le territoire, la population, le rendement à l’hectare, l’espérance de vie, le plein emploi, le bénéfice avant impôts, le PIB), puis on s’efforce de le maximiser, quelle que soit l’absurdité de l’indicateur. Comme les ressources disponibles sont limitées (temps, travail, énergie, ressources naturelles), si l’on veut une société efficace, il faut s’arranger pour que tout le monde rame dans le même sens. On va donc demander à chacun de partager un idéal commun : l’accroissement de l’indicateur d’efficacité. Comme les gens ont des aspirations très diverses, il y aura forcément une grande proportion de gens qui n’y trouveront pas leur compte. De même que la taille de l’empire colonial (indicateur = le territoire) ou la démographie (indicateur = la population) ne faisaient rêver que quelques généraux nostalgiques d’Alexandre ou de Marc-Aurèle, de même le “travailler plus pour gagner plus” (indicateur = le PIB) n’a pas l’air d’enthousiasmer les foules.
Une organisation en quête d’efficacité souffre d’un deuxième défaut : la simplicité de sa connectivité. La structure emblématique d’une organisation efficace, c’est la pyramide. C’est une structure simpliste où la connectivité avec les autres éléments est minimale : un chef et n subordonnés. Quand on n’est plus qu’un échelon dans une pyramide, on peut en concevoir une vague impression de claustrophobie et d’isolement.
La richesse de la résilience
La résilience, c’est la maximisation de la probabilité de résister à des perturbations imprévues. Pour qu’une organisation soit résiliente, elle doit poursuivre un grand nombre de buts à la fois, puisqu’on ne sait pas de quel côté viendra la perturbation. Ceci donne forcément une impression générale de fouillis puisque tout le monde tire à hue et à dia. Et même une impression de gâchis. Dans un écosystème mature on trouvera une multitude d’espèces qui jouent des rôles quasiment similaires, une multitude d’espèces qui jouent des rôles parfaitement contraires, et même une multitude d’espèces qui jouent à Pénélope en jouant des rôles opposés simultanément.
La biodiversité joue un rôle crucial en assurant la redondance fonctionnelle. Par exemple, dans l’écosystème d’une pairie, diverses espèces sont couramment capable de fixer l’azote, mais chacune répond différemment aux événements climatiques, garantissant de la sorte que si l’une ou l’autre espèce venait à disparaître, la fonction de fixation d’azote continuerait d’être assurée dans l’écosystème.(extrait de resilience alliance - traduction arpentnourricier.org)
Ces écosystèmes matures sont résilients par construction, et vertu des lois de l’évolution : s’ils ont survécu jusqu’ici, c’est que ce sont eux qui ont le mieux résisté à tous les assauts et les crises du passé. Ils devraient donc être nos modèles d’organisation résiliente donc soutenable.
Dans une organisation résiliente inspirée d’un tel système, il est plus facile à chaque personne de trouver chaussure à son pied : il y a forcément pour chacun un idéal à embrasser, puisqu’on y trouve tout et son contraire. Il est même autorisé d’y poursuivre sans scrupules des ambitions antagonistes. Dans une société résiliente, il y a la place pour la cigale et la fourmi, le lièvre et la tortue, le lion et le rat…
Une autre caractéristique des systèmes résilients, et sur laquelle la permaculture insiste énormément, c’est la grande connectivité entre les éléments du système. La structure emblématique d’une organisation résiliente, c’est le réseau. Un système tel la pyramide, avec peu de liens entre ses éléments, est peu résilient, puisqu’il suffit qu’une perturbation casse quelques liens ou quelques éléments clés pour que la pyramide s’effondre (pensez “grêve des routiers”). A contrario, dans un réseau où chaque élement du système tire sa subsistance d’un grand nombre d’éléments divers et profite à un grand nombre d’autres éléments, la même perturbation fera peu de dégâts.

Dans une organisation humaine, le nombre des liens fait la capacité de réaction, la fécondation des idées, la richesse des échanges.
Même hors période de crise
En cas de crise grave, on s’en tirera mieux avec une société résiliente qu’avec une société efficace, par définition de la résilience.
Mais même hors période de crise, je prétends qu’une société résiliente apporte plus de satisfaction aux gens qui la composent : par la multiplicité des idéaux qu’on peut y poursuivre, et par la richesse des échanges qu’on peut y pratiquer.
Ecrit par kristen, classé dans permaculture, principes, transition. 2 commentaires.
oct
Pourquoi ? Pourquoi ?
Maïeutique récursive et néanmoins décroissante

Note : ceci est la version française d’un article publié en février 2008 sur mon blog en anglais.
J’aurais pu intituler l’article “connais-toi toi-même” sur les conseils de Socrate, mais je me contenterai de ‘pourquoi ? pourquoi ?’. La règle est simple, et vous pouvez vous l’appliquer à vous-même : il sufit de considérer une décision importante que vous avez prise ou que vous vous apprêtez à prendre, et de demander ‘pourquoi ?’ de façon récursive jusqu’à ce que ça n’ait plus aucun sens. Si l’on conduisait cet exercice assez souvent, on serait plus au fait de nos motivations profondes.
Enoncé : je veux quitter la course de l’esclavage salarié et le train fou de la production industrielle et de la croissance du PIB pour réinventer une vie paisible de jardinier.
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Ecrit par kristen, classé dans engagement, simplicité volontaire. 2 commentaires.
oct
En Transition 1.0
Quelques ressources sur les Initiatives de Transition
En 2006, Rob Hopkins, un enseignant de permaculture à Kinsale dans le Sud de l’Irlande a eu avec ses élèves une idée géniale : appliquer les principes de permaculture à leur ville et proposer un plan de descente énergétique sur 20 ans qui parte d’actions citoyennes à l’échelle locale. Le Mouvement des Villes en Transition était né.
Une Ville en Transition, c’est un groupe de citoyens qui décide de prendre en main le futur de leur localité dans la perspective du pic pétrolier et du changement climatique, sans attendre un miracle technologique ni une décision venue d’en haut. Le but central, c’est la relocalisation et l’accroissement de la résilience, en tissant le maximum de liens, à l’instar d’un écosystème mature, afin de mieux résister aux aléas et aux perturbations externes. lire la suite →
Ecrit par kristen, classé dans ressources, transition. 4 commentaires.






