Monotarcie — le blog de Geispe

Le travail exceptionnel d'un homme bien seul

Farine Verte (par Geispe)

Je lis avec en­thou­siasme les billets quasi-quotidiens de Geispe sur son blog mo­no­tar­cie. Voilà un mon­sieur qui a plu­sieurs dé­cen­nies d’expérience en avance sur moi, et qui par­tage une foul­ti­tude d’enseignements prag­ma­tiques, théo­riques et em­pi­riques, avec une ré­flexion de fond sur ce que peut de­ve­nir la vie sans l’aide d’un sys­tème éco­no­mique et in­dus­triel rôdé. Le tra­vail de Geispe est re­mar­quable dans son res­pect per­ma­nent de ses règles du jeu. Ce n’est pas le sem­blant d’autarcie de ce­lui qui uti­lise un fu­sil pour chas­ser (d’où vien­draient les car­touches ?) ou un trac­teur pour la­bou­rer (d’où vien­drait le ga­zole ?), mais celle d’un au­then­tique er­mite et phi­lo­sophe qui me­sure les te­nants et les abou­tis­sants de chaque ha­bi­tude de vie, en poin­tant du doigt au pas­sage toutes nos dépendances.

Au­tant je ne suis pas convaincu que l’autarcie to­tale soit un mode de vie sou­hai­table ou du­rable, au­tant je pense que l’entreprise de Geispe est sa­lu­taire, dans la me­sure où elle nous fait voir où sont nos fai­blesses, et sur quelles forces on pour­rait s’appuyer si d’aventure on était forcé de vivre coupé du monde. Car quand bien même je consi­dère qu’il se­rait illu­soire de vou­loir me pas­ser dé­fi­ni­ti­ve­ment de mes voi­sins, je suis bien content de sa­voir ce que je sau­rais faire sans eux, des fois que les cir­cons­tances me pri­vassent, au moins mo­men­ta­né­ment, de leur concours. Ainsi, en ex­plo­rant les cultures, les tech­niques, les ré­gimes ali­men­taires, l’habitat, et plus gé­né­ra­le­ment toute la vie en au­tar­cie, Geispe tresse notre der­nier fi­let de se­cours, ce­lui qui nous per­met­tra en­suite de re­bon­dir vers des modes de vie plus riches mais aussi plus interdépendants.

A lire absolument