Mes tentatives de cidre

Millésimes plus ou moins ratés

cidre 2007

La pre­mière an­née (photo ci-dessus) fut la bonne. C’était en 2007. On avait em­prunté le gros pres­soir du voi­sin, qui nous a donné en­vi­ron 200 litres de jus. Par­tagé entre ceux qui étaient ve­nus ai­der, il nous est resté 80 litres. J’ai mis 50 litres dans une pou­belle de 80 litres avec un film plas­tique par des­sus et le cou­vercle de la bou­teille, le tout au cel­lier. Le film plas­tique sert à em­pê­cher l’air de ren­trer, si­non ça fait du vi­naigre de cidre. Il n’est pas her­mé­tique, puisqu’il faut qu’il laisse sor­tir le gaz car­bo­nique issu de la fer­men­ta­tion, mais il est suf­fi­sam­ment serré pour que l’oxygène soit chassé.

Au bout de trois se­maines (c’était en oc­tobre et il fai­sait en­core as­sez doux), j’ai sou­tiré le cidre en le si­phon­nant (il faut mettre une garde au bout du tuyau pour em­pê­cher qu’il as­pire le dé­pôt du fond), et on a com­mencé à le boire. Je l’ai aussi sto­cké en bou­teilles : bou­teilles de bois­sons ga­zeuses en plas­tique, bou­teilles de cidre en plas­tique, et bou­teilles de bière en verre, vous sa­vez, celles avec bou­chon cé­ra­mique, joint ca­ou­tchouc et le­vier mé­tal­lique comme pour les bo­caux. Ce qui a le mieux mar­ché, ce sont les bou­teilles de cidre en plas­tique, qui te­naient très bien la pres­sion. Le bou­teilles de bière, ce n’était pas une bonne idée : le fond saute avant que le bou­chon veuille faire sou­pape. En ef­fet, comme je n’ai pas de moyen de sur­veiller pré­ci­sé­ment la fer­men­ta­tion, ni de l’arrêter au soufre (comme ap­pa­rem­ment ça se pra­tique dans l’industrie), la fer­men­ta­tion conti­nue pas mal après la mise en bou­teille, quasi jusqu’à épui­se­ment des sucres. Donc les bou­teilles montent à des pres­sions su­pé­rieurs aux pres­sions ha­bi­tuelles des bou­teilles de cidre, et il fal­lait ré­gu­liè­re­ment que je passe les pur­ger (ou les boire).

Au fi­nal, mon cidre 2007 était as­sez sec, un peu à la ma­nière du cidre basque. Une touche d’acidité (cer­tains di­ront un ca­rac­tère âpre ou âcre, ou même les deux à la fois) me fait pen­ser que l’étanchéité à l’air de ma bar­rique de for­tune lais­sait peut-être à dé­si­rer. Mais bon, il se las­sait boire.

Le cidre basque est as­sez vert mais très ra­fraî­chis­sant. Il fait aux alen­tours de 6° et ayant perdu qua­si­ment tout son sucre, il est re­la­ti­ve­ment sec et amer (on dit qu’il râpe). extea.fr

L’année d’après, j’ai eu beau­coup moins de pommes, et donc beau­coup moins de jus. On a uti­lisé un pe­tit pres­soir à rai­sin d’un autre voi­sin, dont le pla­teau est en mé­tal au lieu d’être en bois (ça évite d’avoir à le trem­per la veille pour re­fer­mer les fis­sures). Le jus avait un goût un peu chi­mique (était-ce à cause du mé­tal ?), qui était am­pli­fié dans le cidre et le ren­dait im­bu­vable, même si cette fois, j’avais un meilleur ma­té­riel pour la fer­men­ta­tion (un jer­ri­can dont je ré­glais le bou­chon pour qu’il fasse sou­pape pile poil à la bonne pres­sion, et ven­touse anti-retour quand la fer­men­ta­tion ra­len­tit, em­pê­chant l’air de passer).

Ce qui fait que cette an­née, je n’ai même pas es­sayé. Et fi­na­le­ment, je pré­fère mon jus de pomme frais dé­con­gelé qu’en cidre râ­peux. Et quand je n’aurai plus de place au congélo, je choi­si­rai plu­tôt de gar­der mes pommes sous forme de com­pote : au moins tout le monde peut en man­ger (alors que le cidre, j’étais à peu près le seul à en boire).