L’homme qui plantait des arbres
Jean Giono, Elzéard Bouffier : la reforestation des Alpes du Sud
Je suis en vacances dans les Alpes du Sud pas très loin de l’endroit où Jean Giono situait l’action de sa nouvelle L’homme qui plantait des arbres, laquelle est devenue un mythe emblématique de l’écologie et un exemple parfait d’action permaculturelle. En publiant son texte dans le domaine public, Giono a d’emblée favorisé sa dissémination ; en entretenant le mystère autour du personnage du berger faisant revivre à lui seul toute une vallée désertifiée à force de patience et de ténacité, il suscite l’espoir des possibles et encourage les solutions simples, lente et locales telles que la permaculture les envisage.
Même si le texte a plutôt accompagné qu’engendré la prise de conscience collective, et même si les causes principales du reboisement sont probablement la déprise agricole et l’exode rural, j’aime cette histoire qui nous dit que le désert n’est pas irréversible.
Un magnifique film d’animation, narré par Philippe Noiret et primé aux Oscars, a été tiré de cette histoire par Frédéric Back pour Radio-Canada en 1987. Si vous ne l’avez pas déjà vu, ça vaut vraiment le coup de se poser une demi-heure avec un thé et de se plonger dans la légende.
L’homme qui plantait des arbres
1 L’Homme plantait des arbres –Giono
envoyé par Quarouble. — Court métrage, documentaire et bande annonce.
2 L’Homme plantait des arbres –Giono
envoyé par Quarouble. — Court métrage, documentaire et bande annonce.
On peut trouver le texte intégral en cliquant sur ce lien.
Épilogue et explication de texte
Apparemment, la prise de conscience de l’importance du reboisement dans les Alpes du Sud est bien antérieure à l’œuvre de Giono, puisque l’ouvrage fondateur d’Alexandre Surell (consultable sur Google Books) sur les torrents des Alpes a été publié en 1841.
En fouillant un peu, on peut trouver quelques autres articles fort intéressants qui font une belle toile de fond à l’histoire d’Elzéard Bouffier :
- La légende du déboisement des Alpes, par Félix Lenoble, Revue de géographie alpine. 1923
- A propos du déboisement des Alpes du Sud, par Thérèse Sclafert, Annales de Géographie, 1933
- Déboisement et reboisement dans les Préalpes françaises du Sud, par Raoul Blanchard, Revue de géographie alpine, 1944
- Les périmètres de reboisement dans les Alpes du Sud, par A. Douguedroit, Revue Forestière Française, 1980
- Restauration des terrains en montagne, du rêve à la réalité, par F. Combes, Revue Forestière Française, 1989
En tout cas, une chose est sûre : les Alpes du Sud reviennent de loin, et de là où j’écris, j’ai la vue sur une vaste forêt dans laquelle les feuillus gagnent peu à peu sur les conifères, à l’endroit où il y a cent cinquante ans il n’y avait plus qu’une pente pelée et ravinée si l’on en croit les photos.
Comme quoi, on peut vraiment reverdir le désert.

Bonjour Kristen, merci de m’avoir offert cette découverte.
Comme en écho un peu miraculeux* puisqu’il s’agit d’un phénomène en cours en Afrique :
des paysans du sud du sahel, au Niger et au Burkina Faso, sont à l’origine d’un début de reforestation. Sur plusieurs milliers de km2, qu’on observe sur les photos satellites et avec déjà des effets sur leurs cultures de céréales et le niveau de la nappe phréatique, ils se sont remis à une sorte d’agroforesterie traditionnelle, quand les lois héritées de l’époque coloniale qui leur retiraient la propriété des arbres et leur interdisaient de les exploiter, ont été supprimées. Et ils ont simplement laissé pousser, en les protégeant, des arbres au milieu de leurs cultures. C’est un article du Monde Diplomatique d’août, page 19.
* pas dans ses causes ou ses effets, bien démontrables, plutôt dans l’espoir que çà peut susciter …
Merci du témoignage — j’aime toutes les histoires de reboisement, surtout celles où ce n’est pas le départ des hommes qui permet le retour des arbres.
Merci pour ce souffle d’espoir à la fois poétique et terre à terre.
Je profiterai d’un moment de calme pour admirer le film :).
A’ec plaisir.
Bonjour,
Merci pour votre blog que je découvre et que j’ai stocké dans mes marque-pages !
Enfant et ado, je rêvais de reboiser progressivement les collines lunaires situées entre La Fare les Oliviers et Salon de Provence, j’imaginais une irrigation au goutte à goutte dans les creux au départ pour installer des feuillus dont l’ombre et l’humus auraient ensuite permis d’étendre les plantations en remontant progressivement les reliefs…
Ma mère, originaire des Alpes de Haute Provence, me raconte que son père a participé au reboisement des montagnes entourant son village. J’ai vu des photos anciennes montrant les reliefs nus. A présent, les conifères sont petit à petit remplacés par des feuillus.
J’adore bien sur le film d’animation cité!
Bon, je vais continuer à potasser la permaculture…
Ces photos de reliefs nus sont particulièrement frappantes. On dirait un autre pays.
Pour installer des arbres, le goutte à goutte peut être intéressant dans un jardin ou un verger, mais dans la nature, il faut surtout trouver un système qui marche tout seul sans maintenance une fois installé. Dans les pays semi-arides mais avec beaucoup de pluie l’hiver ou de gros orages d’été, des baissières plantées sont la bonne solution.
Voir cet article.
J’avais 16 ans la premiere fois que j’ai lu cette nouvelle(merci à madame Michelle).
L’annimation est très bien faite, voir limite émouvente.
J’envisage de copier l’oeuvre du vieux berger mais avec du fruitier, sur un coteau très pentu, en combinant avec le maraichage en permaculture. Sait on jamais, peut être une nouvelle vie en perspective
Bon courage (il en faut toujours quand on change de vie).