L’empreinte écologique du carnivore
La viande dans l'écosystème du permaculteur
Voici le quatrième épisode de la série sur le dilemme carnivore. J’ai déjà couvert le côté psychologique, la question évolutionniste, ainsi que les aspects moraux. Je vais parler maintenant de notre responsabilité environnementale en tant que mangeurs de viande.
En effet, il me semble que l’un des arguments actuellement les plus cités contre la consommation de viande, probablement plus parlant pour certains que les conditions d’élevage ou la nutrition, c’est le coût environnemental et le gaspillage des ressources agricoles. A défaut d’un végétarisme moral, allons-nous pratiquer un végétarisme environnemental pour limiter les dégâts ?
L’élevage amplifie la surpopulation
L’impact environnemental d’une habitude alimentaire ne devient préoccupant que si elle accapare ou dégrade les ressources. Le guépard est une cause de mortalité marginale chez la gazelle. Il n’a donc pas à se sentir coupable de ne manger que ça, même s’il avait le choix. Mais si un jour le nombre de guépards devenait tel qu’il fallait multiplier par dix le nombre de ruminants sur le Serengeti, importer du soja OGM d’Argentine pour nourrir les gazelles, et mettre des usines de traitement à chaque point d’eau, on finirait par se dire qu’il faut soit abattre quelques guépards, soit les convaincre de diversifier leur régime et de réduire leur consommation de viande. Personnellement, si j’étais un guépard et que par chance la nature m’avait doté d’une physiologie compatible d’un régime majoritairement végétarien, je choisirais la deuxième solution.
Tant que l’homme était en petit nombre par rapport aux loups ou aux guépards, il pouvait bien être intégralement carnivore, l’écosystème n’y voyait que du feu. Mais il est devenu le prédateur principal : il a d’abord évincé les autres prédateurs, puis accru les populations de ses bêtes au détriment des autres, puis artificialisé les paysages, puis dégradé les biotopes, et maintenant il les empoisonne. En détournant l’essentiel des ressources d’un territoire au profit des bêtes qu’il mangera, l’homme fait peser un poids insupportable à la nature.
Moins de viande, et plus de bio
Au niveau mondial, un tiers des cultures dont dévolues au bétail (et plus de la moitié dans nos pays riches) [source : FAO]. 26% des surfaces émergées sur la Terre servent au pâturage. Au total, c’est 70% des surfaces agricoles qui sont occupées par du bétail. Vu de l’environnement, c’est comme s’il y avait dix ou douze milliards d’humains à nourrir. Si l’on réduisait la demande de viande suffisamment, on pourrait on alléger déjà considérablement la pression agricole sur les sols, l’eau, la biodiversité. Avec la marge productive ainsi dégagée, on devrait même pouvoir accompagner une conversion en bio de toute notre agriculture productiviste.
On ne garderait alors que les prairies pour nourrir les vaches et les moutons qui resteraient. Ca serait déjà une avancée considérable. Surtout si l’on introduit en sus les techniques de gestion intelligente de la ressource en herbe. Le pâturage tournant, promu il y a longtemps par André Voisin, implique des rotations fréquentes des bêtes sur de petits enclos. En alternant quatre jours de pâture et quelques semaines de repousse, on s’arrange pour maintenir la longueur des brins l’herbe dans l’intervalle optimal pour la croissance : trop courte et elle peine pour faire de la photosynthèse ; trop longue, et elle finit son cycle. Cette technique demande certes davantage de travail, mais elle permet de réduire la superficie nécessaire par tête de bétail, et surtout d’améliorer considérablement la santé des sols et la biodiversité.
Avec les surfaces agricoles et les prairies ainsi libérées ou ménagées, on redonnerait à nos sols une réelle bouffée d’oxygène.
Les animaux dans un jardin-verger
Mais je ne me contente pas de ce raisonnement. On entend souvent que les prairies sont faites pour nourrir du bétail, puisqu’elles sont trop fragiles pour la culture des céréales. Comme si le choix s’arrêtait à ces deux options : prés ou champs. La plupart des prairies d’Europe occidentale sont artificielles, résultat d’un assaut répété pour tenir la forêt à distance ; les autres sont la conséquence d’une dégradation du biotope par le surpâturage.
Je me méfie en effet énormément de l’élevage extensif, qui est à l’origine de la plupart des désertifications. Le mécanisme est simple : la surexploitation agricole d’un territoire appauvrit les sols, jusqu’à ce qu’il n’y pousse plus que de l’herbe. On y met alors le bétail. Quand il n’y a plus assez d’herbe pour les vaches ou les moutons, on y met les chèvres, qui finissent de râcler l’humus, jusqu’à ce qu’il ne nous reste que les croupes pelées des étés provençaux de mon enfance. Dans les plaines américaines, les Indiens n’hésitaient pas à brûler la forêt pour garder les espaces ouverts aux bisons. Les aborigènes d’Australie ont massivement pratiqué le brûlis, asséchant toujours plus la savane fragile. La Provence, avant d’être une garrigue à chèvres, était une forêt de chênes. La Savoie n’était pas pelée et sujette aux glissements de terrains. Comme je pense que la permaculture a les moyens de faire marche arrière sur ces dégradations (voir reverdir le désert), je ne suis pas sensible à l’argument qui dit que les prairies doivent être consacrées à l’élevage faute de mieux. Pour moi, elles doivent être laissées en friche pour la biodiversité, et/ou bichonnées en jardins-vergers.
La question devient : quelle est la place des animaux dans un jardin-verger ? La permaculture apporte de nombreuses réponses techniques de détail, en montrant comment les cochons contribuent à limiter la transmission des parasites puisqu’ils mangent les fruits tombés au sol ; comment les lapins (dans un tracteur à lapins) viennent à bout du liseron ; comment les canards peuvent tenir en respect les populations de limaces ; comment les poules aèrent la litière et favorisent le compostage aérobie ; les uns et les autres ont ainsi une action globale bénéfique pour l’écosystème, et le surplus de productivité couvre alors leur consommation.
Au-delà de cette vision purement utilitariste, on peut justifier l’approche en repartant du postulat de base de la permaculture : un écosystème complet et sain est plus productif et plus robuste qu’un système agraire artificialisé et simpliste. Il ne peut pas y avoir d’écosystème complet sans animaux. La différence avec un écosystème naturel, c’est que j’interviens pour que les animaux soient surtout ceux que je choisis. Et c’est moi qui joue le rôle du prédateur pour réguler les populations. Dans ce modèle, ma consommation de viande a une empreinte écologique nulle.
Voire légèrement bénéfique. En effet, les animaux se nourrissent de plantes que je ne peux pas manger, mais qui sont utiles à l’écosystème. Dans leur viande, ces plantes me sont alors assimilables. Certes, le rendement est médiocre, mais sans l’intermédiaire des animaux, ces plantes ne me seraient d’aucune utilité nutritionnelle. Il me faudrait accroître le jardin ou réduire la diversité des plantes qui y poussent, pour une même production de nourriture.
Peu de viande à l’arrivée
Même avec un jardin-verger et un écosystème idéal, si l’on s’en tient à de petites surfaces (j’ai 1300 m² pour une famille de quatre personnes), il n’y a probablement pas de quoi manger 100g de viande par personne et jour. Mais peut-être qu’on peut arriver à 50g par jour en forme d’oeufs.
La suite de l’expérience à l’arpent nourricier consistera à cesser les importations de grain pour les poules. Si ça marche, j’introduirai peut-être quelques canards, pour voir. Et quand le surplus du jardin semblera suffisant, je rêve d’y mettre un ou deux petits cochons. Mais c’est une autre histoire.

“Dans les plaines américaines, les Indiens n’hésitaient pas à brûler la forêt pour garder les espaces ouverts aux bisons. Les aborigènes d’Australie ont massivement pratiqué le brûlis, asséchant toujours plus la savane fragile.”
J’ai lu plusieurs articles qui m’ont fait changer d’avis sur la pratique du brûlis par les peuples primitifs.
Le feu servait à créer une perturbation artificielle, pour pouvoir aménager la succession qui suivait pour être plus utile à l’Homme. Les forêts naturelles qu’ont vues l’homme blanc en arrivant en Amérique étaient en fait le résultat des pratiques des Amérindiens. Les forêts créées par les Amérindiens tendant à se détériorer si elles ne sont pas brulées régulièrement (cf. le bouquin edible forest gardens tome 1).
Pour plus d’infos sur ces pratiques et leurs avantages:
http://www.patternliteracy.com/beyondwilderness.html
http://blog.permacultureglobalreport.com/2008/03/aboriginal-land-use.html
Les articles sont très intéressants. Merci.
Le feu est probablement une bonne méthode quand on est peu nombreux à entretenir de grands espaces. Quand c’est le contraire, je pense qu’il y a de nettement meilleures solutions, qui laissent le carbone dans le sol.
En tout cas, je voulais souligner le lien de co-évolution qu’il y a entre les gens et leurs paysages, et que donc les prairies sont rarement ‘naturelles’, ce qui amoindrit la légitimité de l’élevage.
La suite de l’expérience à l’arpent nourricier consistera à cesser les importations de grain pour les poules.
Je vois que tu as la même idée que moi. Tu penses faire comment?
Des topinambours, du sarrasin, du tournesol, du millet, etc. Mais je tâcherai de réfléchir à ton modèle idéal dans lequel on sème un mélange (pourquoi pas pérenne) qui leur apporte le bon complément en plus de l’herbe et des bestioles, et qu’elles puissent se servir toutes seules pour que je n’aie pas à récolter.
Bonjour,
pour info, deux œufs de poule apportent autant de protéines que 100 grammes de viande. donc il me semble difficile d’être carencé en protéines en arrêtant de manger de la chair animale. Il y a plusieurs années, je suis devenue végétarienne du jour au lendemain et en mangeant fruits et légumes à volonté, un peu de produits laitiers en alternance avec quelques œufs, je n’ai jamais ressenti aucun affaiblissement ou dysfonctionnement physiologique, bien au contraire : moins de somnolence après les repas due à la digestion, plus de dynamisme physique et mental. Je suis naturopathe et si vous avez besoin de quelques infos sur la santé au naturelle, notamment par une alimentation plus saine, je vous invite sur mon site : http://www.aromoi.com
“Dans ce modèle, ma consommation de viande a une empreinte écologique nulle.“
ça se discute quand même pour les gros animaux et par manque d’eau. Sinon rien à dire.
les vg* n’ont rien contre élever un canard et deux poules qui nettoient le verger et l’herbe des parasites… juste ils ne les mangent pas… les poules sont omnivores, elles font aussi la fête à la limace, elles mangent toutes seules les graminées, pas besoin de leur donner grand chose si elles ont de l’espace, dans un champ, un verger…
“Si l’on réduisait la demande de viande suffisamment, on pourrait on alléger déjà considérablement la pression agricole sur les sols, l’eau, la biodiversité.“
Si ma tente en avait… la FAO prévoit aussi le doublement de la consommation d’ici 2050, due à l’augmentation du niveau de vie des pays les plus peuplés…
Les pays riches devraient envoyer un message fort : on doit absolument changer notre mode de consommation maintenant sinon on va dans le mur. Mais non… mangeons un peu moins de viande, 100g par jour, ça serait bien… bio, si vous avez les moyens ça serait mieux…
Mais bon dieu, on peut vivre sans manger de viande, ça n’a que des avantages, pour les animaux, pour notre environnement, pour la santé. Au moins faire un effort d’affichage !!… de la com quoi. Mais non, le vg est un grand moralisateur, représentant des lobbies du soja (si si, on l’entend souvent, sauf que 90% du soja engraisse les animaux de boucherie… une grande partie du reste c’est pour la lécithine, le soja bio, c’est quasi rien du tout), qui va couler l’agro-industrie …
Le doublement de la consommation de viande n’aura pas lieu. La crise énergétique et économique se chargeront de réfréner les ardeurs de tout le monde. Je pense que la raréfaction des ressources énergétiques et l’effet sur le portefeuille feront plus pour la cause végéta*ienne et la cause animale que toutes les campagnes du passé mises bout à bout. Dans cette optique, ceux qui pratiquent déjà un régime sans viande ont un énorme rôle social à jouer : expliquer à tout le monde (santé publique, médecins, grand public) que non seulement c’est possible, mais souhaitable. Et que plutôt qu’un malheur, le régime pauvre en viande sera une chance.
Je souhaite que tu ais raison, je suis juste moins optimiste que toi :) Ou plutot non, je pense que tu auras raison, si le climat évolue vraiment rapidement, si c’est le grand flip généralisé. Sinon, regarde l’Europe aujourd’hui, que sont-ils en train de faire ? Rééquilibrer la distribution des aides à l’agriculture. Plus à l’élevage, moins aux céréaliers… Taper sur les doigts de la france car elle a distribuée des aides illégales aux maraichers…
Exactement comme pour le vgta*isme, on dit tout doucettement qu’il faut manger moins de viande, tout en ne permettant aucunes avancées au végétarisme (restauration collective, hopitaux, message clair que le vgtarisme est bon pour la santé…), pendant que mac do fait 80% de bénéfices supplémentaires en 2008 et beaucoup de green washing (tien, mangez plus de nugget’s, c’est meilleur pour l’environnement, et en plus c’est plus rentable pour nous…)
Il faut être bien conscient que l’agro-industrie est hyper puissante, et qu’elle utilise en permanence la communication de masse et la confusion des genres (la gentille vache qui broute dans une belle et grande prairie, récupération du bio, la biotechnologie pour utiliser moins de produits phytoprotecteurs…) pour faire passer ses messages.
Bien sur, en ce moment, nous avons un gouvernement qui fait beaucoup de bruit environnemental pour avoir l’air à l’avant garde, mais la vérité, c’est que ce sont des ultras conservateurs, doublés d’ultra libéraux économiquement parlant…
Sinon, je suis vgtarien depuis 15 ans, ma femme 18 ans, et nous avons arrêté produits laitiers et oeufs depuis 6 ans.
Nous avons une petite fille de 18 mois, vgl.
Et nous sommes beaucoup moins vers le chemin de l’autosuffisance que toi… ça serait trop beau si tout le monde était parfait.
Pour ma part, j’ai été végétarien pendant 10ans, et je ne le suis plus depuis que j’habite à la campagne. En effet, je devais avoir quitté Toulouse pour vic-fezensac depuis moins d’une saison, lorsqu’avec ma voiture, en amenant les gosses à l’école, j’ai percuté un chevreuil, qui est mort sur le coup. Et plutôt que de le laisser pourrir dans le fossé, je l’ai ramassé, l’ai ramené à la maison, et l’ai découpé pour le congeler. (je sais, c’est interdit, mais je n’allais tout de même pas l’offrir aux gendarmes, qui auraient fait comme moi !) Et nous l’avons mangé à petit feu…
Puis j’ai pris des poules pour avoir des oeufs. Mais il arrive que les poules couvent leurs oeufs, et même que des poussins en sortent au bout de 21 jours. Et comme parmi les poussins il y a proportionellement autant de mâles que de femelles, et qu’arrivés à l’age adulte, les mâles se battent à mort jusqu’à-ce qu’il n’en reste plus qu’un, et bien autant les tuer avant cet âge fatidique; et même, tant qu’à les tuer, autant les manger, également.
Ma consommation de viande n’a donc pratiquement pas d’impact écologique, puisqu’elle n’utilise pas des terres uniquement à destination de la production de protéines animales. C’est simplement une forme de régulation de mon micro-écosystème.
Et pour ce qui est de la morale végétarienne de ne pas tuer, je n’y ai jamais adhéré: lorsqu’on se déplace, et qu’on piétine l’herbe, on est un assassin qui écrase des fourmis et des scarabées à longueur de temps; quand on respire, ou qu’on avale, on ingurgite et on ‘tue’ des milliers de bactéries chaque jour; quand on travaille la terre, on assassine des dizaines de lombrics, sans parler de ces pauvres salades que l’on dévore sans même se dire qu’au moment où on le fait, elles sont encore vivantes! Vivre, c’est forcément éliminer des concurents. c’est forcément tuer pour se nourrir, ou priver d’autres êtres de ce que nous consommons et que du coup ils ne pourront jamais consommer. Rien que lorsque nous avons été conçus, nous avons été de beaux égoïstes qui ont laissé derrière eux des milliers de spermatozoïdes avec la mort à court terme comme unique destinée.
La seule morale qui m’importait lorsque j’étais vg, c’était qu’on ne devrait pas manger la chair d’un être qu’on n’est pas capable de tuer auparavant. Mais on en est forcément capable, volontairement ou involontairement; ça, je l’ai compris lorsque j’ai tué ce chevreuil.
La seule philosophie qui puisse donc nous faire diminuer notre consommation de viande est la simple humilité: “puisque nous devons forcément tuer, ou priver de vivre, pour pouvoir vivre, alors essayons au moins de ne le faire que pour ce qui nous est réellement utile, afin de pouvoir ainsi cohabiter avec la plus grande multitude possible.”
Je suis d’accord avec ta conclusion et j’admire ton parcours, même si j’émets quelques réserves quant à ton argument qui compare l’écrasement des fourmis à l’égorgement des cochons. Pour moi, il y a certes un continuum dans le règne animal, et l’homme fait partie de ce continuum, mais il y a quand même des différences de degré. Pas de nature, il est vrai, mais au moins de degré. Lequel degré doit quelque part être rapproché du niveau de conscience (si on peut affecter un niveau à la conscience), mais c’est une autre question.
Ce n’est ni une histoire de conscience, ni une histoire de degré. J’ai certes été un peu provocateur, mais c’était justement pour faire comprendre que dans l’absolu, personne n’a plus de ‘droit’ à la vie, ou à la mort, qu’un autre, ni une quelconque bactérie ou virus, ni l’homme ou un quelconque autre mammifère. C’est par pur égoïsme que nous vivons, au détriment d’autres. Et c’est également par pur égoïsme que nous choisissons d’abord la survie de notre progéniture plutôt que de celle d’un virus, pour la perpétuation de nos propres gènes et de notre propre culture. Les degrés qu’il peut y avoir sont inévitablement purement subjectifs et égoïstes: nous préférons d’abord nos enfants et notre famille, puis nos amis, puis notre espèce, ensuite les espèces qui nous sont utiles à celles qui le sont moins ou pas du tout, enfin l’ensemble de la biodiversité plutôt que la matérielle thermodynamique, pour pouvoir maintenir l’équilibre de l’écosystème qui nous permet de vivre et de nous perpétrer.
Et si le cri du cochon te touche plus que celui de la fourmi, ou plus que celui du virus, c’est tout à fait normal, c’est bien sûr mon cas également (tout comme j’éprouve beaucoup de réticences, à chaque fois que mes poulets doivent prendre le chemin du congélateur). Mais c’est par pure sensibilité égoïste si nous sommes touchés par ça, du fait de la plus grande similitude de cet animal avec nous que celle de la fourmi. Et comme le virus nous est carrément hostile, nous l’aimons encore moins que la fourmi, qui elle ne l’est pas.
Mais voir des différences de degré dans la nature — excuse-moi de cette critique, qui n’a bien sûr rien de personnel — c’est placer l’homme à son sommet, et c’est faire une bien belle expression de l’égoïsme dénué d’humilité qui nous caractérise. Nous ne sommes pas supérieurs à la nature, pas même en haut de l’échelle; nous ne sommes que des individus libres et égoïstes qui feraient mieux d’être plus humbles face à l’environnement dans lequel ils baignent. Et désolé pour la ‘nausée’ que cette vision de la réalité peut donner.
Certes la notion de différence de degré est simpliste et perpétue une vision anthropocentriste. Il n’en reste pas moins qu’il faut être hindouiste pour arriver à accorder la même valeur à la vie d’une fourmi et d’un chat, d’une amibe et d’un éléphant.
Quant à savoir si un virus est une forme de vie, ou si un virus peut mourir, c’est un autre débat ;-)
Je découvre ce blog et cet article très intéressant.
Je ne savais pas que la plupart des prairies étaient artificielles. Maintenant qu’elles sont là, faut-il les entretenir parce qu’un écosystème s’y est développé, ou les laisser péricliter (en quoi évolue une prairie abandonnée ?) ?
Je vais lire les autres articles de ce blog, merci :).
Une prairie abandonnée évolue soit en forêt, soit en désert selon qu’on a dépassé le point de non-retour — ou bien en tourbière s’il s’agit d’une prairie anciennement drainée.
On peut hasarder une réponse péremptoire : la France sans prairies ne serait plus la France, mais la Gaule chevelue ;-)
Plus sérieusement, je pense qu’il faut laisser en paix toutes les prairies marginales, là où les terrains sont les plus dégradés, voire les replanter toute de suite. En revanche, la biodiversité ne s’en portera que mieux si l’on conserve ouverts des espaces d’élevage où les sols sont en bonne santé, pourvu que les pratiques soient “aggradantes” et non dégradantes.