Le rumex, c’est pour le rhume

Une utilisation médicinale atypique

A cer­tains en­droits de mon jar­din, il y a du ru­mex (pro­ba­ble­ment du ru­mex ob­tu­si­fo­lius) et de la bar­dane (arc­tium lappa). J’ai trouvé à uti­li­ser les feuilles de bar­dane : elles font un ex­cellent four­rage pour mes poules, et je pense qu’elles font aussi un bon paillage, à l’instar de la consoude.

Et j’ai aussi trouvé une for­mi­dable uti­li­sa­tion pour les feuilles de ru­mex : quand mon fils joue au jar­din et qu’il a ‘de la mèche’ (ex­pres­sion lo­cale très élé­gante pour dé­si­gner la rhi­nor­rhée), il faut pou­voir le mou­cher plu­sieurs fois par heure, sur­tout quand l’air est frais. Je ne me pro­mène pas avec des mou­choirs en pa­pier, et même si j’en avais, ça se­rait un vrai gaspillage.

Quand il faut mou­cher mon fils, on cherche au­tour de soi des feuilles de mou­choir. Il n’y a qu’à cueillir les mou­choirs, les uti­li­ser, et les je­ter dans la na­ture. Je ne sais pas si c’est un re­gret d’enfance, mais j’adore pou­voir je­ter des trucs sans au­cune culpabilité.

Il peut s’agir de bar­dane, de pis­sen­lit, de lierre, mais la plante qui fait les meilleurs mou­choirs au jar­din, c’est le ru­mex. La feuille de ru­mex a la bonne taille, elle ne se dé­chire pas, elle n’est pas ur­ti­cante ni râpeuse.

Feuille de rumex (détail en contre-jour)

Et avec le ru­mex, on re­trouve l’une de ces as­so­cia­tions sym­bo­liques que je dé­teste tant, mais qu’on re­trouve à foi­son dans la phar­ma­co­pée dite ‘tra­di­tion­nelle’. De même qu’on as­so­cie l’indication thé­ra­peu­tique à la forme (corne de rhi­no­cé­ros), à la cou­leur ou à l’odeur, de même, on se per­met de croire que le nom d’une plante a un lien sym­bo­lique avec l’affection qu’elle soi­gnera, au mé­pris de l’étymologie. Mais c’est si pra­tique comme moyen mnémotechnique !

Le ru­mex, c’est pour le rhume.

Pas en dé­coc­tion : en mouchoirs !

Feuille de rumex