Le dilemme carnivore

Une série casuistique autour de la mort d'un cochon

Cet été, chez Stuart & Ga­brielle, nous avons tué le co­chon. Se re­trou­ver nez-à-nez avec la vio­lence et le sang qu’impliquent nos ha­bi­tudes ali­men­taires car­ni­vores donne tou­jours à ré­flé­chir. En l’occurrence, j’avais déjà pas mal ré­flé­chi, et j’ai pu à cette oc­ca­sion ré­soudre (dé­fi­ni­ti­ve­ment ?) mon di­lemme in­té­rieur sur la ques­tion carnivore.

Feus les Gloucestershire Old Spot de Stuart & Gabrielle (photo permacultureinbritany.blogspot.com)

En six épi­sodes, je vous pro­pose de faire le tour de la ques­tion : “peut-on rendre mo­ra­le­ment ac­cep­table une ali­men­ta­tion qui im­plique de don­ner la mort à des ani­maux ?” Au cours de cet exer­cice, je tente de prendre à bras-le-corps les dif­fé­rentes contra­dic­tions que notre mode de vie pré­fère gé­né­ra­le­ment mettre sous le ta­pis. L’exercice a une forte odeur de ca­suis­tique jé­suite, mais vous ver­rez que les conclu­sions ne sont pas ano­dines, et que si nous ne fi­nis­sons pas tous vé­gé­ta­liens, nous ne pou­vons cer­tai­ne­ment pas conti­nuer à man­ger au­tant de viande qu’actuellement si nous vou­lons sau­ver notre âme (et la planète).

Les six épisodes

note : les liens s’activeront à me­sure que je ré­di­ge­rai les articles

  1. Vie et mort à la ferme de Stuart et Ga­brielle — ce que ça fait de tuer un cochon
  2. Un peu de dié­té­tique de l’évolution — nous sommes faits pour man­ger des fruits ; et aussi de la viande
  3. La contra­dic­tion vé­gé­ta­rienne — nous n’avons de fro­mage que parce que d’autres mangent des veaux
  4. Per­ma­cul­ture, éle­vage, et em­preinte éco­lo­gique — peut-on éle­ver des ani­maux à em­preinte éco­lo­gique nulle ?
  5. Ca­suis­tique au­tour des no­tions de ‘bonne vie’ et ‘bonne’ mort — peut-on être un ‘bon’ es­cla­va­giste et un ‘bon’ meurtrier ?
  6. Conclu­sion : ve­gan ou bien … ? — peut-on res­ter mo­ra­le­ment et nu­tri­tion­nel­le­ment cohérent ?

Et pour vendre la mèche (sans dé­voi­ler pour au­tant le che­mi­ne­ment mo­ral), voici ma conclu­sion per­son­nelle (em­prun­tée à Geispe) : la bonne place de la viande, c’est en condiment.

Aver­tis­se­ment : les com­men­taires sont ou­verts, et j’accepte tous les points de vue, mais je conseille à tout le monde de tour­ner sept fois sa plume dans son en­crier avant de suc­com­ber à la vé­hé­mence d’une pas­sion mi­li­tante (et néan­moins res­pec­table). La contra­dic­tion est la bien­ve­nue, mais la bonne te­nue est de rigueur.