oct
Le dilemme carnivore
Une série casuistique autour de la mort d'un cochon
Cet été, chez Stuart & Gabrielle, nous avons tué le cochon. Se retrouver nez-à-nez avec la violence et le sang qu’impliquent nos habitudes alimentaires carnivores donne toujours à réfléchir. En l’occurrence, j’avais déjà pas mal réfléchi, et j’ai pu à cette occasion résoudre (définitivement ?) mon dilemme intérieur sur la question carnivore.

En six épisodes, je vous propose de faire le tour de la question : « peut-on rendre moralement acceptable une alimentation qui implique de donner la mort à des animaux ? » Au cours de cet exercice, je tente de prendre à bras-le-corps les différentes contradictions que notre mode de vie préfère généralement mettre sous le tapis. L’exercice a une forte odeur de casuistique jésuite, mais vous verrez que les conclusions ne sont pas anodines, et que si nous ne finissons pas tous végétaliens, nous ne pouvons certainement pas continuer à manger autant de viande qu’actuellement si nous voulons sauver notre âme (et la planète).
Les six épisodes
note : les liens s’activeront à mesure que je rédigerai les articles
- Vie et mort à la ferme de Stuart et Gabrielle – ce que ça fait de tuer un cochon
- Un peu de diététique de l’évolution – nous sommes faits pour manger des fruits ; et aussi de la viande
- La contradiction végétarienne – nous n’avons de fromage que parce que d’autres mangent des veaux
- Permaculture, élevage, et empreinte écologique – peut-on élever des animaux à empreinte écologique nulle ?
- Casuistique autour des notions de ‘bonne vie’ et ‘bonne’ mort – peut-on être un ‘bon’ esclavagiste et un ‘bon’ meurtrier ?
- Conclusion : vegan ou bien … ? – peut-on rester moralement et nutritionnellement cohérent ?
Et pour vendre la mèche (sans dévoiler pour autant le cheminement moral), voici ma conclusion personnelle (empruntée à Geispe) : la bonne place de la viande, c’est en condiment.
Avertissement : les commentaires sont ouverts, et j’accepte tous les points de vue, mais je conseille à tout le monde de tourner sept fois sa plume dans son encrier avant de succomber à la véhémence d’une passion militante (et néanmoins respectable). La contradiction est la bienvenue, mais la bonne tenue est de rigueur.
Ecrit par kristen, classé dans animaux, permaculture, principes. 21 commentaires.
21 commentaires
2 terf
C’est la saison ou ??? Parce que je me pose aussi la question du végétarisme chez moi (mais pas pour les même raisons )
Ecrit le 26 octobre 2008 à 7:14
3 kristen
J’ai souvent l’impression que certaines idées ou questionnements germent un peu partout en même temps, quand les conditions idéales de levée de dormance sont réunies. Et il n’est probablement pas abusif de considérer que c’est le moment de se reposer de sacrées questions concernant notre alimentation, au premier rang desquelles le sujet de la viande est à mon sens primordial. Donc oui, terf, c’est probablement la saison (et en plus, ça coïncide avec la saison du cochon).
Ecrit le 27 octobre 2008 à 1:47
4 zelda
Je vais suivre tout ça avec grand intérêt … je n’ai jamais tué un animal, j’en aurai l’occasion cette année (porc et/ou chevreau), et je suis moi-même curieuse de ce que cette expérience va changer dans mon rapport à l’alimentation.
Ecrit le 27 octobre 2008 à 1:23
5 naeco3
Bonjour, je ne mange pas de viande depuis 7ans pour toutes les bonnes raisons que l’on peut trouver dans votre topic.
Je mange encore du poisson par contre, et des oeufs de mes poules.
Je mange du fromage; et malgré tout l’utilisation de la présure animale ainsi que la production de lait me pose un problème de conscience.
On peut faire cailler du lait autrement mais pour le produire, mis à part en priver un veau, il n’y a pas d’autres solutions.
Bref, ce qui me conviendrait le mieux c’est la chasse mais je n’ai pas le courage de tuer.
Allors je n’en mange pas.
Mais je pêche, donc je mange du poisson.
Ecrit le 27 octobre 2008 à 2:17
6 kristen
zelda : tu verras que ça change probablement bien plus que juste le rapport à l’alimentation. En tout cas pour moi, et j’en parlerai.
naeco3 : je compte sur toi pour témoigner de ton expérience végétarienne dans les commentaires de la suite. C’est un éclairage précieux.
Ecrit le 28 octobre 2008 à 6:28
7 Djoz
Bonjour Kristen,
Le débat qui démarre chez toi sur la nourriture carnée m’intéresse de par la clarté de tes pistes de réflexions.
Où en suis-je moi-même ? Pour éviter de m’étaler dans ce commentaire, je t’invite à copier-coller l’article daté d’hier soir que j’ai mis en ligne à l’adresse suivante : http://temperance-oc.blogspot.com/2008/10/paiement-en-nature.html
Merci de permettre cette discussion.
Ecrit le 28 octobre 2008 à 9:24
8 terf
La question de la viande « chez nous » est surtout posée en rapport à la santé et l’écologie. Ma mère vient d’un milieu rural (alors que mon père, pas du tout) et du coup, en vacances chez mes grand-parents maternels, j’étais souvent à la ferme du voisin… J’ai eu beaucoup de mal a accepter que le veau auquel je m’étais attachée avait tout simplement disparu…
Mais la « cause animale » n’est pas tellement dans le débat de notre maison (même si je respecte ce point de vue là aussi !) .
Dis moi, Kristen, aurais tu des informations sur la baisse d’énergie en mangeant de la viande et un regain en la supprimant ? (la viande rouge en l’occurrence ?)
Enfin, en dehors de ça, depuis ce week end, pas de viande pour moi, et je dois dire que revoir mon alimentation n’a pas été compliqué du tout (mais on mange principalement bio -donc certains produits sont facilement accessibles) et au final, je me sens plus « légère » et plus en forme…
Bref, je vais suivre tes informations avec attention !
Ecrit le 28 octobre 2008 à 10:10
9 naeco3
Je rectifie : je ne suis ni végétarienne ni végétalienne, en fait il n’y a pas de mots pour qualifier mon mode d’alimentation.
Je ne mange pas de viande mais je mange du poisson, donc pas végéT.
Ecrit le 28 octobre 2008 à 11:08
10 kristen
Djoz : j’ai lu ton article ce matin. C’est fort intéressant.
Terf : ma belle-soeur saurait témoigner d’une pêche retrouvée suite à la réduction drastique de la consommation de viande. En ce qui me concerne, je peux témoigner de la pêche retrouvée suite à la réduction de la consommation de nourriture toutes catégories confondues.
naeco3 : désolé pour l’abus de langage. Comme quoi il est bon de souligner qu’il existe une foultitude de nuances entre les extrêmes d’un régime purement carnivore ou d’un crudivorisme végétalien. Et c’est bien sûr entre les deux que je vais tenter de naviguer.
Ecrit le 28 octobre 2008 à 11:38
11 naeco3
Je peux dire par contre que je ne suis pas carencé!
Je viens de faire des analyses de sang.
Ce qui me manque le plus depuis que je ne mange plus de viande c’est la charcuterie.
Je compense avec du pâté végétal pour ne pas être frustré.
Ecrit le 28 octobre 2008 à 2:02
12 l’arpent nourricier » Vie et mort à la ferme de Stuart & Gabrielle
[...] article est le premier épisode de la série intitulée Le dilemme carnivore, au sujet des implications morales de la consommation de [...]
Ecrit le 29 octobre 2008 à 10:10
13 l’arpent nourricier » Un peu de diététique de l’évolution
[...] épisode de la série sur la place de la viande dans notre [...]
Ecrit le 4 novembre 2008 à 9:20
14 l’arpent nourricier » La contradiction végétarienne
[...] est le troisième volet de la série sur la question de la place de la viande dans notre alimentation et des aspects moraux y [...]
Ecrit le 27 novembre 2008 à 9:56
15 l’arpent nourricier » Meilleurs voeux pour 2009 !
[...] plus souvent – quitte à découper les articles longs en épisodes, comme la série sur le dilemme carnivore. Idéalement, il faudrait que je puisse écrire au moins deux fois par semaine, sinon je ne pourrai [...]
Ecrit le 5 janvier 2009 à 11:12
16 Les émois de Zelda » La mort des chevreaux
[...] y a quelques jours, Kristen annonçait une série sur son blog Arpent nourricier, autour de la nourriture carnivore des humains, du fait de tuer les [...]
Ecrit le 24 février 2009 à 9:31
17 l’arpent nourricier » L’empreinte écologique du carnivore
[...] le quatrième épisode de la série sur le dilemme carnivore. J’ai déjà couvert le côté psychologique, la question évolutionniste, ainsi que les [...]
Ecrit le 14 mars 2009 à 8:50
18 l’arpent nourricier » Bonne vie et bonne mort
[...] est le cinquième épisode de la série sur la place de la viande : après avoir abordé les aspects émotionnels, évolutionnistes, moraux [...]
Ecrit le 19 juillet 2009 à 9:26
19 Ramite
Pour info:
- Qqun qui ne mange aucun produit animal, ni lait, ni oeufs, ni miel, est un végétaLien;
- Qqun qui mange des produits animaliers est un végétaRien,
- Qqun qui mange du poisson est un « faux » végétarien, (je l’ai été pendant 10ans)
- et Qqun qui ne mange de la viande pas plus d’une fois par semaine, en moyenne sur l’année, est un « fléxi-tarien ». (c’est mon cas aujourdui).
Ecrit le 11 novembre 2009 à 5:11
20 kristen
Merci de ces précisions.
Ecrit le 19 novembre 2009 à 11:31
21 l’arpent nourricier » Une chèvre en pension
[...] de me faire à l’idée de réduire ma consommation de lait comme j’ai réduit celle de viande, voire d’arrêter complètement. Mais la chèvre m’a redonné espoir. Voilà [...]
Ecrit le 17 décembre 2009 à 11:52

1 Imago
Très bonne initiative, je suis en train de mener les mêmes réflexions, j’attends la suite avec impatience.
Ecrit le 26 octobre 2008 à 11:43