L’arpent est en stage

force de travail contre savoir-faire (et bibliothèque)

Je suis en va­cances. En­fin, pas vrai­ment. J’ai l’immense hon­neur d’avoir été in­vité à don­ner un coup de main pen­dant une se­maine chez Stuart & Ga­brielle.

Plan d'ensemble du hameau, dessiné par David

Dans la tra­di­tion de la per­ma­cul­ture, au­tant j’applaudis des deux mains l’accent qui est mis sur la trans­mis­sion et la for­ma­tion, au­tant je trouve dom­mage que cette trans­mis­sion et cette for­ma­tion se fassent sou­vent par un échange d’argent (stages payants) et contri­buent au re­venu mo­né­taire des for­ma­teurs. La per­ma­cul­ture doit être un mo­dèle du­rable, et s’il faut dé­ga­ger un re­venu mo­né­taire pour via­bi­li­ser le mo­dèle, je trouve ça un peu ar­ti­fi­ciel d’utiliser l’enseignement de la per­ma­cul­ture à ce des­sein : ce mo­dèle n’est en ef­fet cer­tai­ne­ment pas gé­né­ra­li­sable, puisque d’une part tous les per­ma­cul­teurs ne peuvent pas fi­nir for­ma­teurs, et d’autre part tous les as­pi­rants per­ma­cul­teurs n’ont pas les sous pour se payer des stages.

C’est pour­quoi je suis par­ti­cu­liè­re­ment re­con­nais­sant à Stuart & Ga­brielle d’avoir ac­cepté un ar­ran­ge­ment en forme de troc, où j’échange l’hébergement et la for­ma­tion (et l’accès à une bi­blio­thèque im­pres­sion­nante) contre un coup de main. Pour l’instant, il faut ad­mettre que le ni­veau d’hospitalité est net­te­ment au-delà de la pro­duc­ti­vité de ma mo­deste force de travail.

Au pro­gramme de cette se­maine : vi­site, désher­bage des al­lées du jar­di­net du gîte, pu­rin de consoude, soins aux mou­tons et à une bre­bis âgée, dé­cou­page d’un co­chon, éclair­cis­sage du bois, mon­tage d’un tas de compost

Puisse ce mo­dèle se ré­pandre. Pour être lo­gique avec moi-même je m’engage donc à ac­cueillir des sta­giaires à l’avenir, sur le même mode. Avis aux candidats.