La foncière Terre de Liens
Conservatoire du territoire
J’ai assisté à l’automne à Saint-Affrique à une conférence débat sur la finance solidaire. Il y avait là Vincent Jannot de l’association Terre de Liens. Dans ces temps troublés sur le front financier, voilà une initiative salutaire, et dont le succès est un vrai signe d’espoir.
Partant du constat que l’accès au foncier est l’un des obstacles principaux à l’installation d’une nouvelle génération d’agriculteurs paysans, La Foncière / Terre de Liens fait appel à l’épargne de tout un chacun pour acquérir des terres agricoles, les soustrayant définitivement du jeu spéculatif, un peu à la manière du Conservatoire du Littoral. Elle les met ensuite en location (avec des baux ruraux environnementaux de longue durée) à des porteurs de projet. Parmi les critères d’attribution, le soin apporté au respect de l’environnement est central (agriculture de type biologique, récupération des eaux, énergies renouvelables, plantation de haies, etc.).
De son côté, l’épargnant se retrouve propriétaire non pas de terres, mais de parts. Les dividendes sont modestes, la plus-value à la revente est probablement symbolique. Mais au moins, il peut être sûr de plusieurs choses :
- son investissement sert à réparer la planète plutôt qu’à la détruire
- son investissement sert à donner une vraie qualité de vie à des vraies personnes plutôt qu’à construire des usines délocalisées ou à jongler avec des bulles financières
- son investissement permet d’accroître l’offre de produits de l’agriculture biologique, parfaitement insuffisante en France
- quelle que soient les vicissitudes du marché et donc la valeur monétaire de l’hectare, il reste propriétaire d’une part sur du foncier ; lequel foncier, géré par Terre de Liens, voit sa valeur intrinsèque se maintenir voire s’accroître, puisque la terre cesse d’être surexploitée. Elle gagne en matière organique, en biodiversité, en qualité de l’eau, en productivité, en attrait touristique, en qualité de vie pour ceux qui la travaillent.
Apparemment, l’appel à l’épargne rencontre un franc succès. Et ceci donne beaucoup d’espoir. Les gens sont réellement capables de se demander où va leur investissement. En laissant derrière eux l’indifférence qui donnait carte blanche au cynisme financier, en se préoccupant sincèrement de l’usage qui est fait avec leur pécule, les épargnants participent sans le savoir à une manière douce de réforme agraire.
Je m’en vais de ce pas y déposer un chèque, et dans la foulée faire le siège de mes parents et beaux-parents pour qu’ils entendent raison.

Comme vous le prouve mon association Condorcet, je suis pour la transparence et l’équité durable…
Interessé par votre projet, je voudrais savoir ce qu’il faut faire pour investir dans Terre de Liens.
Merci de m’en dire plus et de m’adresser le courriel d’inscription.
En toute amitié.
René C.
Vous trouverez toutes les indications sur leur site.
Suite à l’article sur le durable/soutenable/résilient, j’ai découvert cet article-ci.
C’est vraiment intéressant comme projet, mais existe-t-il à ta connaissance un projet similaire en Belgique ? (question pour les arpentonautes belges, s’il y en a)
Je ne sais pas. Le mieux est de leur demander.