La crise, c’est bon pour la santé

La trouvaille contre-intuitive d'une étude de l'Université du Michigan

lange migrant mother

Deux cher­cheurs de l’Université du Mi­chi­gan viennent de pu­blier les ré­sul­tats d’une étude qui risque de faire grand bruit : José A. Ta­pia Gra­na­dos et Ana Diez Roux ont ana­lysé les don­nées de mor­ta­lité et d’espérance de vie pour la po­pu­la­tion des Etats-Unis de 1920 à 1940, et ils ont trouvé que l’espérance de vie bais­sait pen­dant les an­nées de forte ex­pan­sion éco­no­mique, et qu’au contraire, elle avait aug­menté du­rant les pires an­nées de la grande crise.

La santé gé­né­rale de la po­pu­la­tion n’a pas dé­cliné mais au contraire s’est gé­né­ra­le­ment amé­lio­rée du­rant les quatre an­nées de la Grande Dé­pres­sion, 1930–1933, avec des taux de mor­ta­lité en baisse pour presque toutes les tranches d’âge, et avec une es­pé­rance de vie en hausse de plu­sieurs an­nées pour les hommes, les femmes, les blancs ou les non-blancs (ndT “nonw­hites”). Pour la plu­part des tranches d’âge, la mor­ta­lité était gé­né­ra­le­ment maxi­male du­rant les an­nées de forte crois­sance éco­no­mique (par exemple 1923, 1926, 1929, puis 1936–1937). Par com­pa­rai­son, les ré­ces­sions de 1921, 1930–1933, et 1938 coïn­ci­daient avec une baisse de la mor­ta­lité et un ac­crois­se­ment de l’espérance de vie. La seule ex­cep­tion était la mor­ta­lité par sui­cide, qui a aug­menté pen­dant la Grande Dé­pres­sion, mais qui re­pré­sen­tait moins de 2% des dé­cès.(ex­trait de l’ar­ticle ori­gi­nal, trad. arpentnourricier.org)

C’est peut-être contre-intuitif pour beau­coup, mais c’est par­fai­te­ment en ligne avec ce qu’on ap­prend déjà du ra­tion­ne­ment pen­dant la se­conde guerre mon­diale (les An­glais ne se sont ja­mais mieux por­tés que lorsque les riches ont dû se ser­rer la cein­ture et les pauvres ont eu ac­cès au mi­ni­mum vi­tal sous forme de ti­ckets), ou bien de la santé des Cu­bains pen­dant la pé­riode spé­ciale.

A bon en­ten­deur, salut.