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	<title>l'arpent nourricier</title>
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	<description>permaculture et simplicité volontaire en aveyron et ailleurs</description>
	<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 22:26:42 +0000</pubDate>
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		<title>Bidoche</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 22:23:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[animaux]]></category>

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		<description><![CDATA[
Voici la conclusion de la réflexion sur la place que peut occuper la viande dans une alimentation qui s&#8217;inspire des principes de la permaculture.
Pour résumer, j&#8217;ai écrit :

que nous avons hérité de nos ancêtres primates une physiologie frugivore et insectivore à la base, laquelle s&#8217;est ensuite adaptée à la consommation de viande au cours des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/thebusybrain/2885879361/sizes/o/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/03/steak_by_thebusybrain_on_flickr.jpg" alt="steak_by_thebusybrain_on_flickr" title="steak_by_thebusybrain_on_flickr" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-759" /></a></p>
<p>Voici la conclusion de la <a href="www.arpentnourricier.org/le-dilemme-carnivore/">réflexion</a> sur la place que peut occuper la viande dans une alimentation qui s&#8217;inspire des principes de la permaculture.</p>
<p>Pour résumer, j&#8217;ai écrit :</p>
<ul>
<li>que nous avons hérité de nos ancêtres primates une physiologie frugivore et insectivore à la base, laquelle s&#8217;est ensuite <a href="www.arpentnourricier.org/un-peu-de-dietetique-de-levolution/">adaptée à la consommation de viande</a> au cours des derniers millions d&#8217;années d&#8217;évolution ;</li>
<li>que si l&#8217;on s&#8217;interdit moralement de tuer un animal, alors l&#8217;aboutissement naturel est la <a href="http://www.arpentnourricier.org/la-contradiction-vegetarienne/">pratique végétalienne</a>, puisque la quantité de lait ou d&#8217;oeufs qu&#8217;on peut obtenir sans tuer de veaux, de coqs ou de vieilles poules est extrêmement limitée ;</li>
<li>que l&#8217;élevage industriel a une empreinte écologique catastrophique et traite les animaux de façon abominable, mais qu&#8217;il y a probablement <a href="www.arpentnourricier.org/lempreinte-ecologique-du-carnivore/">une place pour quelques animaux</a> en tant qu&#8217;auxiliaires du jardin dans une pratique agraire durable et intégrée ;</li>
<li>que si l&#8217;on ne peut se passer de les manger, au moins que l&#8217;on assure une <a href="www.arpentnourricier.org/bonne-vie-et-bonne-mort">bonne vie et une bonne mort</a> à nos animaux ; et que si on accepte la mort pour eux, il faut chacun envisager la sienne avec sérénité.</li>
</ul>
<p>Alors que le carême est déjà bien entamé, je cloture cette série par ma profession de foi concernant la viande. J&#8217;admire ceux qui ont le courage de leurs convictions et parviennent à adopter un régime végétarien voire végétalien dans leur quotidien. C&#8217;est vers cela que je veux tendre. Le chemin pour y arriver, c&#8217;est déjà de revoir fondamentalement la place de la viande dans la cuisine, surtout dans la cuisine française. Il est absurde que les recettes de nos livres, les cartes de nos restaurants ou les menus de nos cantines présentent les plats d&#8217;abord par la viande, et que les légumes soient présentés comme un simple accompagnement. Depuis le XVIIIe siècle, la gastronomie française pense ses repas autour de la viande qu&#8217;on y mangera. Moi-même, j&#8217;ai pendant bien longtemps préparé les repas en regardant d&#8217;abord dans le congélateur le morceau de viande qu&#8217;on pourrait préparer, puis dans le bac du frigo pour voir quels légumes pourraient accompagner ladite viande.</p>
<p>Il faut voir que la cuisine française traditionnelle a pris comme modèle la cuisine de fête des riches (les nobles). Notre planète est trop petite pour que chacun imagine ripailler tous les jours comme aux noces du Prince. Ce n&#8217;est pas la cuisine de fête des riches qu&#8217;il nous faut prendre pour modèle, mais la cuisine quotidienne des pauvres. Une cuisine dans laquelle le pot-au-feu est d&#8217;abord une soupe de légumes, le cassoulet est d&#8217;abord un ragoût de haricots, la choucroute est d&#8217;abord du chou fermenté. La viande n&#8217;est là que comme <a href="http://monotarcie.blogspot.com/2008/05/basiques.html">condiment</a>, pour amener un peu de goût.</p>
<p>Et cette place modeste de la viande, on la retrouve dans tous les plats traditionnels des gens ordinaires - donc pauvres - dans le monde : les petits bouts d&#8217;agneau dans le couscous, les quelques fruits de mer dans la paëlla, le peu de viande hachée dans le chili, les lamelles de porc dans la soupe chinoise, les dés de boeuf dans le goulash, les couennes et les coustellous dans le cassoulet. Pour les jours de fête, on peut forcer sur la dose de viande, et quand on marie un fils ou une fille, on peut tuer le veau gras et déboucher les bonnes bouteilles qu&#8217;on avait gardées en réserve pour l&#8217;occasion.</p>
<p>Mais la fête reste exceptionnelle. Le reste du temps, la viande doit s&#8217;effacer devant les légumes, en étant éventuellement remplacée par des légumineuses ou des noix.</p>
<p>Et dans tous les cas, il faut totalement s&#8217;abstenir de manger de la <a href="http://madeinearth.wordpress.com/2010/01/20/la-viande-lelevage-et-lavenir-de-lhomme-et-de-la-planete/">viande industrielle</a> - par pitié pour les animaux qui vivent un enfer inimaginable, pour les forêts et <a href="http://colibris.ning.com/video/les-champs-de-la-mort">leurs habitants qu&#8217;on remplace par du soja OGM</a>, et pour la santé humaine qui attend la prochaine pandémie. Si vous n&#8217;êtes pas encore convaincus, mettez la main sur un exemplaire du dernier livre de Fabrice Nicolino. <a href="http://bidoche-lelivre.com/">Bidoche</a>. Et quelles que soient vos convictions morales sur la mort des animaux, vous envierez l&#8217;infinie sagesse des végétariens.</p>
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		<title>Les quatre saisons de la noue permaculturelle</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 08:13:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>

		<category><![CDATA[sols]]></category>

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		<category><![CDATA[baissière]]></category>

		<category><![CDATA[noue]]></category>

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		<description><![CDATA[
L&#8217;année dernière pendant l&#8217;hiver, j&#8217;ai creusé une noue au tiers inférieur de mon jardin, afin de retenir et infiltrer dans le sol les eaux de ruissellement. Le swale, que je traduis par le mot &#8216;noue&#8217; (les canadiens français traduisent &#8216;baissière&#8217;) est un incontournable du jardin permaculturel : une rigole flanquée d&#8217;un talus, le long d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/img-025.jpg" alt="swale noue baissière permaculturelle" title="swale noue baissière permaculturelle" width="450" height="254" class="aligncenter center size-full wp-image-752" /></p>
<p>L&#8217;année dernière pendant l&#8217;hiver, j&#8217;ai creusé une noue au tiers inférieur de mon jardin, afin de retenir et infiltrer dans le sol les eaux de ruissellement. Le swale, que je traduis par le mot &#8216;noue&#8217; (les canadiens français traduisent &#8216;baissière&#8217;) est un incontournable du jardin permaculturel : une rigole flanquée d&#8217;un talus, le long d&#8217;une courbe de niveau, interromp le ruissellement des eaux de pluie et force l&#8217;eau à pénétrer dans le sol au lieu de s&#8217;écouler. Ceci permet du même coup de limiter l&#8217;érosion et de stocker l&#8217;eau, surtout quand il s&#8217;agit de pluies d&#8217;orage en été.</p>
<p>La noue fait une vingtaine de mètres de long (la largeur du jardin), environ <a href="http://www.arpentnourricier.org/dimensionnement-dune-noue-swale/">40 cm de profondeur</a> sous le niveau initial (il y a ainsi environ 80cm entre le haut du talus et le bas de la rigole). Je l&#8217;ai creusée à la grelinette, au croc et à la pelle, en écoutant des livres audio, des podcasts et des conférences en mp3 sur mon baladeur. Je travaillais par tranches de 2 heures de temps en temps. Je dirais que ça m&#8217;a pris en tout une vingtaine d&#8217;heures de travail. Je me suis ainsi prouvé qu&#8217;il n&#8217;y a pas toujours besoin d&#8217;engins de terrassement pour réaliser les ouvrages en permaculture. </p>
<p>Pour mesurer précisément les niveaux, j&#8217;avais au préalable arpenté mon jardin avec un <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-niveau-a-eau-a-faire-soi-meme/">niveau à eau</a>.</p>
<p>Peu de temps après la fin du creusement, nous avons eu un épisode pluvieux particulièrement abondant, et la noue s&#8217;est remplie à moitié (c&#8217;est-à-dire à peu près au niveau du sol initial).<br />
<a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/05/swalesnow.jpg"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/05/swalesnow450.jpg" alt="swale sizing" title="swale sizing" width="450" height="253" class="center size-full wp-image-411" /></a></p>
<p>Puis elle s&#8217;est vidée, et j&#8217;ai tout paillé jusqu&#8217;au printemps, en espérant que quelques fleurs que j&#8217;avais semées réussi à percer parmi les mauvaises herbes.<br />
<img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/img_2916.jpg" alt="noue paillée" title="noue paillée" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-754" /></p>
<p>L&#8217;été, la végétation a tout envahi. Du côté du talus, paillé, les topinambours ont fait une manière de haie, tandis que le liseron envahissait systématiquement le paillage sur toute la moitié orientale (au premier plan à gauche sur la photo).</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/img_3153.jpg" alt="la noue en été" title="la noue en été" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-753" /></p>
<p>Pendant tout l&#8217;été, j&#8217;ai attendu les gros orages, pour enfin voir ma noue remplir son office. Et bien malgré quelques très gros épisodes orageux, elle est restée à sec tout l&#8217;été. De toute l&#8217;année, il n&#8217;y aura eu que trois fois où il y avait davantage qu&#8217;un fond d&#8217;eau. Je crois que j&#8217;ai une explication. Je vous la livrerai dans un prochain article.</p>
<p>L&#8217;automne n&#8217;est ici qu&#8217;un prolongement de l&#8217;été, jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de l&#8217;hiver vers la mi-novembre. Et la noue est redevenue triste - et hirsute. Pour l&#8217;instant cet hiver, elle ne s&#8217;est pas remplie à nouveau.</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/img_3450.jpg" alt="joyeux anniversaire, la noue !" title="joyeux anniversaire, la noue !" width="450" height="253" class="center aligncenter size-full wp-image-755" /></p>
<p>Mais plutôt que de rester sur ce morne sépia, anticipons l&#8217;été avec les quelques bleuets qui agrémentaient la noue il y a six mois.<br />
<img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/img_3147.jpg" alt="des bleuets dans la noue" title="des bleuets dans la noue" width="450" height="254" class="center aligncenter size-full wp-image-756" /></p>
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		<title>Pour accueillir la chèvre</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/pour-accueillir-la-chevre/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 07:45:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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Celle qui est derrière, en robe beige, c&#8217;est la petite chèvre qui va venir habiter chez nous dans deux ou trois mois si tout va bien. Elle est née il y a deux semaines, à environ 500 mètres d&#8217;ici : la transhumance pourra se faire à pied. En attendant, elle vit dehors avec sa mère, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/chevreaux.jpg" alt="chevreaux" title="chevreaux" width="450" height="253" class="center aligncenter size-full wp-image-745" /></p>
<p>Celle qui est derrière, en robe beige, c&#8217;est la petite chèvre qui va venir habiter chez nous dans deux ou trois mois si tout va bien. Elle est née il y a deux semaines, à environ 500 mètres d&#8217;ici : la transhumance pourra se faire à pied. En attendant, elle vit dehors avec sa mère, son père, ses deux frères jumeaux, sa grande soeur et un jeune bouc au look rockabilly (caché derrière l&#8217;arbre à gauche) avec qui le mariage est déjà arrangé.</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/02/la-famille-chevre.jpg" alt="la famille chèvre" title="la famille chèvre" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-746" /></p>
<p>D&#8217;ici là, il me faut refaire l&#8217;enclos du verger en bas de la rue pour qu&#8217;elle puisse y vivre, modifier la cabane à outils pour en faire un abri décent, et fabriquer un abri mobile pour quand elle sera au piquet dans notre jardin.</p>
<p>On est tout joyeux à l&#8217;idée d&#8217;avoir bientôt cette petite chèvre - comme des gamins à qui on a promis un chiot à noël. A priori, on devrait s&#8217;en sortir, puisqu&#8217;on a réussi le <a href="http://www.arpentnourricier.org/une-chevre-en-pension/">test qualificatif</a> au début de l&#8217;hiver (s&#8217;occuper d&#8217;une chèvre rétive et la traire pendant dix jours, sans préparation ni période d&#8217;adaptation).</p>
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		<title>Re : reverdir le désert</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 08:28:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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J&#8217;ai toujours été gêné par la permaculture présentée comme un système de conception avec souvent de beaux schémas de principe, mais pas tellement de retours d&#8217;expérience. On démarre un jardin, on construit un bassin, on plante des arbres, mais il n&#8217;y a pas tellement de gens qui reviennent nous voir ensuite pour nous dire ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/archive/1/19/20090621103844!Geoff_Lawton_1.jpg"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/geoff_lawton.jpg" alt="geoff lawton, famous permaculture designer and teacher" title="geoff lawton, famous permaculture designer and teacher" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-740" /></a></p>
<p>J&#8217;ai toujours été gêné par la permaculture présentée comme un système de conception avec souvent de beaux schémas de principe, mais pas tellement de retours d&#8217;expérience. On démarre un jardin, on construit un bassin, on plante des arbres, mais il n&#8217;y a pas tellement de gens qui reviennent nous voir ensuite pour nous dire ce qui marche vraiment, ce qui n&#8217;est qu&#8217;accessoire, et ce qui a complètement foiré.</p>
<p>Geoff Lawton a eu le courage de retourner sur le site jordanien où avait été &#8216;tournée&#8217; la séquence <a href="http://www.arpentnourricier.org/reverdir-le-desert/">Reverdir le Désert</a> (Greening the Desert). Pour ceux qui n&#8217;ont pas suivi les épisodes précédents : Geoff a appliqué les principes de conception permaculturelle à un bout de désert aride et salinisé au bord de la Mer Morte. Grâce à un réseau de noues/baissières/rigoles/swales le long des courbes de niveau, grâce à un paillage de 50 cm d&#8217;épaisseur, grâce au compostage, grâce à l&#8217;utilisation des différents étages de végétation, grâce aux associations de plantes, les gens du projet ont réussi en quelques années à créer une oasis d&#8217;arbres fruitiers à partir de rien.</p>
<p>Neuf ans plus tard, Geoff revient sur le site, et on découvre que l&#8217;oasis est encore là, alors que ça fait cinq ans que le projet n&#8217;est plus financé, et que personne ne s&#8217;en occupe vraiment. Les chèvres en liberté saccagent les étages inférieurs, il n&#8217;y a plus de paillage, les locaux ont recommencé à brûler les déchets végétaux et à labourer le sol.</p>
<p>Et pourtant, l&#8217;oasis est toujours là, et en creusant un peu, on trouve de l&#8217;humus presque humide même à la fin de l&#8217;été. La déception fait alors place à un immense espoir : connaissez-vous une autre forme d&#8217;agriculture qui aurait réussi à perdurer après cinq années d&#8217;abandon sous ce climat ?</p>
<p>Le film <a href="http://permaculture.org.au/2009/12/11/greening-the-desert-ii-final/">Greening the Desert II</a> fait le point sur cette expérience, puis présente les nouveaux projets de la permaculture au Proche-Orient. Il est disponible en streaming sur le<a href="http://permaculture.org.au"> site de Geoff Lawton</a>, ou bien sur <a href="http://www.youtube.com/watch?v=xzTHjlueqFI">youtube</a>. Il est aussi <a href="http://vimeo.com/7658282">téléchargeable</a> (35 minutes, 900 Mo, tout de même).</p>
<blockquote><p>On peut régler tous les problèmes du monde dans un jardin. <small>Geoff Lawton</small></p></blockquote>
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		<title>Fertilité importée</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 08:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[principes]]></category>

		<category><![CDATA[techniques]]></category>

		<category><![CDATA[compostage]]></category>

		<category><![CDATA[fertilité]]></category>

		<category><![CDATA[horticulture]]></category>

		<category><![CDATA[jardin]]></category>

		<category><![CDATA[zones]]></category>

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		<description><![CDATA[
Bien que la permaculture cherche à imiter les écosystèmes spontanés et à favoriser la fertilité naturelle autant que possible, je n&#8217;ai pas encore trouvé d&#8217;auteur qui condamne l&#8217;importation de fertilité au jardin.
Je vois trois arguments qui justifient de prélever sur l&#8217;environnement plus éloigné de quoi accroître la fertilité des zones les plus intensives du jardin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/img_3409.jpg" alt="tas de compost" title="tas de compost" width="450" height="254" class="aligncenter center size-full wp-image-737" /></p>
<p>Bien que la permaculture cherche à imiter les écosystèmes spontanés et à favoriser la fertilité naturelle autant que possible, je n&#8217;ai pas encore trouvé d&#8217;auteur qui condamne l&#8217;importation de fertilité au jardin.</p>
<p>Je vois trois arguments qui justifient de prélever sur l&#8217;environnement plus éloigné de quoi accroître la fertilité des <a href="http://www.permaculture.org.au/images/zones.jpg">zones</a> les plus intensives du jardin permaculturel (dans la nomenclature officielle, les zones I et II). Pour peu que la pratique ne conduise pas à la désertification des zones exportatrices.</p>
<h3>Horticulture intensive et espaces préservés</h3>
<p>Le premier argument, le plus souvent invoqué, c&#8217;est que plus on arrive à concentrer une grande production sur un espace réduit, plus on peut laisser la nature en paix.</p>
<p>Au-delà de la simple préoccupation éthique, ce principe répond à un besoin profond de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9silience_(%C3%A9cologie)">résilience</a> : nous savons que les écosytèmes naturels sont vraiment durables (la preuve, ils sont encore là), alors que le doute est toujours permis quant à la pérennité de nos paysages humanisés. Plus nous modifions profondément les équilibres naturels localement, et plus nous avons besoin de la <a href="http://www.arpentnourricier.org/biodiversifier-nos-vies/">biodiversité</a> et de la résilience des écosystèmes alentour pour stabiliser nos jardins.</p>
<p>Un jardin biologique au milieu d&#8217;une forêt primaire aura beaucoup moins de problèmes de ravageurs que le même jardin biologique en pleine Beauce (si tant est qu&#8217;on puisse encore parler de jardinage biologique vu le voisinage&#8230;)</p>
<h3>Conséquence naturelle de la sédentarité</h3>
<p>De toute façon, qu&#8217;on le veuille ou non, à moins d&#8217;être nomades, on concentre dans notre voisinage immédiat la fertilité importée de plus loin. Dès lors qu&#8217;on s&#8217;installe dans une maison et qu&#8217;on y mange ses repas, on accumule les nutriments sur le périmètre proche. En effet, les toilettes sont généralement bien plus près de la maison que les cultures.</p>
<p>Ce mécanisme s&#8217;est perdu avec le tout-à-l&#8217;égout, mais va revenir avec les <a href="http://www.arpentnourricier.org/les-toilettes-seches-dans-la-loi/">toilettes sèches</a> : je préfère épandre le compost dans mon jardin que le retourner au pré d&#8217;où vient l&#8217;herbe qui a nourri la vache qui m&#8217;a donné son lait, sans parler de le ramener au pied du cacaoyer qui a donné les fèves qui ont servi à mon chocolat du matin.</p>
<p>Les arbres, sédentaires par excellence, ne font pas autrement : en offrant le gîte et le couvert aux oiseaux, ils concentrent peu à peu à leur pied la fertilité alentour.</p>
<h3>Tout à portée de la main</h3>
<p>Le troisième argument est celui de l&#8217;efficacité énergétique. Sur un terrain pauvre, si je ne concentre pas la fertilité près de chez moi, il me faudra faire des kilomètres et dépenser beaucoup d&#8217;énergie pour exploiter une superficie très grande. En revanche, si je rapatrie une bonne fois pour toutes cette fertilité sur un petit espace, j&#8217;aurai tout à portée de la main.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, la question peut aller beaucoup plus loin qu&#8217;une simple réduction des &#8220;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Food_miles">food-miles</a>&#8221; (distance parcourue par la nourriture entre le semis et l&#8217;assiette). Sur une terre très pauvre, il se peut que la superficie à exploiter soit si grande que l&#8217;agriculture y est impossible : les gens ont alors recours à l&#8217;élevage nomade, qui finit de désertifier la région. A l&#8217;opposé, si on s&#8217;autorise à prélever la fertilité alentour (et si on arrive à collecter assez d&#8217;eau et à irriguer avec parcimonie), on peut créer une oasis de fertilité dans un endroit semi-désertique. Ceci permet alors de revenir au jardinage, d&#8217;abandonner les troupeaux, de réduire la pression sur le milieu, et de voir revenir la savane (<a href="http://www.dinosoria.com/climatique/sahel_1.jpg">Sahel</a>) ou la forêt (<a href="http://www.cg12.fr/var/plain_site/storage/images/media/images_et_fichiers/fonds_d_ecran/aubrac/49365-1-fre-FR/aubrac_imagelarge.jpg">Aubrac</a>, <a href="http://img51.imageshack.us/img51/5523/ne2009414.jpg">Causses</a>).</p>
<h3>Recycler les nutriments pour limiter les prélèvements</h3>
<p>Naturellement, il n&#8217;est pas question de drainer la fertilité jusqu&#8217;à épuisement de l&#8217;environnement. Le principe fondamental est celui du recyclage des nutriments. Si mon voisin me donne du fumier pour mettre dans mon jardin, que j&#8217;y fais pousser tout ce que je mange, mais que j&#8217;ai des toilettes à eau raccordées à l&#8217;égout et que je jette mes déchets de cuisine à la benne, alors j&#8217;ai tout faux : la fertilité des prés de mon voisin part <a href="http://www.uneassociationparjour.com/images/2007/08/20/hmv">à la mer</a>.</p>
<p>A l&#8217;extrême, aucun nutriment ne devrait jamais s&#8217;échapper, d&#8217;où l&#8217;importance de la gestion des <a href="http://www.arpentnourricier.org/dimensionnement-dune-noue-swale/">eaux de ruissellement</a> pour limiter le lessivage : toute molécule soluble utile à la vie doit être soit piégée dans un humus, soit métabolisée par un organisme avant de quitter votre jardin. En gros, si l&#8217;eau qui s&#8217;écoule de votre terrain n&#8217;est pas potable, c&#8217;est que vous avez une fuite de fertilité (hors considérations de pollution chimique, naturellement).</p>
<h3>Trève de parlotte</h3>
<p>Tout ça pour dire que le voisin qui curait sa bergerie m&#8217;a proposé cet automne deux mètres cubes de fumier de brebis. Que je l&#8217;ai mélangé à plusieurs mètres cubes de feuilles mortes ramassées dans les rues du village à la fin de l&#8217;automne, et avec six mois de couches-culottes compostables usagées que j&#8217;avais soigneusement conservées pour l&#8217;occasion. Que j&#8217;ai mis le tout en tas, en vérifiant l&#8217;humidité &#8220;a vista de nas&#8221; (prononcer &#8216;abistodénas&#8217;) parce que je n&#8217;avais pas du tout envie de prendre à pleine main une poignée de fumier de brebis pour faire le test de l&#8217;éponge (un compost a le bon niveau d&#8217;humidité quand il est comparable à une éponge essorée). Que quinze jours après je suis allé constater que ça chauffait. Et que j&#8217;aurai une sacrée réserve de compost l&#8217;année prochaine.</p>
<h3>Ressources sur le compostage</h3>
<p>Il y en a à la pelle sur le net, je vous laisse <a href="http://www.google.fr/search?q=techniques+compostage">chercher</a>.<br />
En bonus, je vous laisse <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=-4277983151382137579#">une vidéo didactique sympa</a></p>
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		<title>Faut-il tous avoir des enfants ?</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 21:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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La question de la démographie est au coeur du questionnement de la permaculture. Voici une première réflexion, initialement publiée en anglais sur www.wisemandarine.com. Il y en aura d&#8217;autres.
Préambule
Il y a quelques années, j&#8217;ai été le témoin d&#8217;un échange qui a opposé mon beau-frère et sa cousine. La jeune mère qui venait d&#8217;accoucher de son troisième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/simpsons_couch3.png" alt="Stéréotype de la famille occidentale" title="Stéréotype de la famille occidentale" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-723" /></p>
<p>La question de la démographie est au coeur du questionnement de la permaculture. Voici une première réflexion, initialement publiée en anglais sur <a href="http://www.wisemandarine.com/should-we-all-have-children/">www.wisemandarine.com</a>. Il y en aura d&#8217;autres.</p>
<h3>Préambule</h3>
<p>Il y a quelques années, j&#8217;ai été le témoin d&#8217;un échange qui a opposé mon beau-frère et sa cousine. La jeune mère qui venait d&#8217;accoucher de son troisième enfant a dû glisser dans la conversation une allusion au célibat de mon beauf qui aurait bientôt quarante ans, et à son manque d&#8217;empressement à vouloir fonder une &#8220;vraie famille&#8221;. L&#8217;accusé a très justement rétorqué (en substance) que le modèle culturel de la famille occidentale &#8220;normale&#8221; avec trois enfants était en train de contribuer au saccage de la planète, et qu&#8217;en termes d&#8217;empreinte écologique, avoir des enfants était comparable à rouler en 4&#215;4.</p>
<h3>Y a-t-il réellement un désir d&#8217;enfant ?</h3>
<p>Quand la pilule est arrivée sur le marché dans les années 70, toute une frange conservatrice a craint de voir les couples cesser tout bonnement d&#8217;avoir des enfants. Au-delà de l&#8217;angoissante question de savoir comment les femmes allaient occuper leur temps si elles pouvaient choisir de ne plus être mères, c&#8217;était ni plus ni moins que le futur de l&#8217;humanité dont il était question. Parce que sérieusement, qui voudrait avoir des enfants ? Jusque-là, on les avait supportés comme la conséquence inopportune de l&#8217;activité sexuelle, mais à moins d&#8217;être fou, qui choisirait délibérément une telle calamité ?</p>
<p>En France, après un creux à la fin du vingtième siècle, les chiffres de natalité ont réaugmenté, à tel point que la décennie 2000 a été décrite par certains comme un nouveau baby boom. Les parents d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;ont pas connu cette époque pas si éloignée où les enfants pouvaient simplement &#8220;arriver&#8221;. Et pourtant ils continuent à en avoir. Essayons de comprendre ce qui peut bien leur passer par la tête.</p>
<h3>Le désir d&#8217;enfants n&#8217;est pas d&#8217;origine biologique</h3>
<p>Je crois qu&#8217;au niveau biologique, il n&#8217;existe pas de désir d&#8217;enfant indépendamment du désir sexuel. Je ne peux pas le prouver, je m&#8217;appuie simplement sur la théorie de l&#8217;évolution. Je constate que le désir sexuel suffisait pour garantir que des enfants seraient conçus. L&#8217;existence d&#8217;un désir d&#8217;enfants séparément du désir sexuel n&#8217;aurait offert aucun avantage sélectif, donc son existence est improbable. La situation serait différente si nous étions tous exclusivement homosexuels : seul un très fort désir d&#8217;avoir des enfants pourrait sauver l&#8217;espèce. Toutefois, ce n&#8217;est pas le cas.</p>
<p>Il est indéniable qu&#8217;une fois qu&#8217;un enfant naît, il lui faut beaucoup de soins et d&#8217;attention jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il puisse se débrouiller tout seul. Donc l&#8217;évolution a bien dû s&#8217;assurer qu&#8217;on aimerait nos enfants une fois qu&#8217;on les a. Mais je ne crois pas que cet amour débordant pour les enfants qu&#8217;on a pourrait se muer en souhait d&#8217;avoir des enfants afin qu&#8217;on puisse avoir ce bonheur de les aimer une fois qu&#8217;on les a. La pensée rationnelle peut emprunter un chemin tordu comme celui-ci, mais pas un instinct biologique.</p>
<p>Si le désir sexuel est le seul mécanisme par lequel notre espèce assure sa perpétuation, alors la contraception aurait dû sonner le glas de l&#8217;humanité. Et pourtant nous continuons à avoir des enfants. C&#8217;est la preuve qu&#8217;un désir d&#8217;enfants existe : s&#8217;il n&#8217;est pas biologique, alors il est culturel, ou bien rationnel.</p>
<h3>Le poids des références culturelles</h3>
<p>En la matière, les références culturelles jouent certainement un rôle très important. Elles ont souvent l&#8217;apparence de lois universelles, alors qu&#8217;elles ne sont simplement que des habitudes et des pratiques arbitraires, souvent même pas très anciennes. Quand on approche de l&#8217;échéance des trente ans (et pire encore quand on l&#8217;a dépassée), les parents, les grand-parents, les amis, les collègues, tous se comportent comme s&#8217;ils mouraient d&#8217;envie de vous demander quand (pas &#8217;si&#8217;) vous avez l&#8217;intention d&#8217;avoir des enfants — quand ils ne le demandent pas carrément. Comme s&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;autres questions importantes dans la vie : &#8220;quand allez-vous visiter Venise ?&#8221;, &#8220;quand reprendras-tu ton travail de thèse ?&#8221;, &#8220;Quand referas-tu cette inoubliable confiture de mirabelles ?&#8221;. Non. La seule chose qu&#8217;on attend d&#8217;un jeune couple, c&#8217;est des enfants. Plus tard si vous voulez, mais des enfants quand-même.</p>
<p>La pression de l&#8217;entourage devient insupportable quand la majorité de vos amis et collègues sont maintenant parents et que toutes les discussions tournent rapidement autour des bronchiolites, les nuits de sommeil, et des premiers mots.</p>
<p>Il faut beaucoup de lucidité pour ne pas se faire piéger et croire qu&#8217;avoir des enfants est le seul grand projet d&#8217;une vie et que tout le reste n&#8217;est là que pour contribuer à cette noble quête : l&#8217;amour (d&#8217;un partenaire avec qui avoir des enfants), un travail (pour nourrir lesdits enfants), une maison (pour abriter les enfants). Pourquoi tant de couples divorcent-ils à 50 ans, quand les enfants sont grands ? C&#8217;est simplement parce que le projet principal est terminé - pas besoin de maintenir l&#8217;équipe projet&#8230;</p>
<h3>Raisons rationnelles (oui, c&#8217;est un pléonasme)</h3>
<p>On peut aussi invoquer des motivations rationnelles pour avoir des bébés. Par exemple, on peut choisir d&#8217;être ceux qui contribuent à la survie de l&#8217;espèce (pas de risques à ce niveau). Ou bien on peut se convaincre qu&#8217;une pyramide des âges équilibrée est un mal nécessaire pour maintenir la santé de l&#8217;économie (et de nos retraites). On peut décider d&#8217;avoir des enfants parce qu&#8217;on est certain(e) qu&#8217;engendrer, abriter puis nourrir une nouvelle vie est une expérience d&#8217;initiation mystique vitale pour son propre épanouissement. Ou bien on pourrait être tenté d&#8217;en passer par là pour profiter des sièges et des places de parking réservés aux femmes enceintes. Personnellement, une des raisons d&#8217;avoir des enfants est que ça justifie l&#8217;égoïsme (dans nos cultures). Si nous étions un couple sans enfants, ma conscience ne me laisserait jamais en paix si je ne consacrais pas l&#8217;essentiel de mon énergie à soulager la misère du monde. Mais quand on a des enfants, alors c&#8217;est tout à fait normal et acceptable de ne se consacrer qu&#8217;à sa famille, de construire une chouette maison pour garder les siens au chaud, et travailler un chouette potager pour leur faire du ketchup maison.</p>
<p>On constate qu&#8217;en fait, toutes ces raisons soi-disant rationnelles sont inextricablement amalgamées au minerai culturel environnant.</p>
<h3>Pourtant, il nous faut faire moins d&#8217;enfants</h3>
<p>Pour nous-autres écolos occidentaux, il semble évident qu&#8217;il faille accepter de réduire notre train de vie et notre confort afin de laisser une chance à la planète. Mais les chinois ne sont pas tous de cet avis. Ils pourraient faire remarquer qu&#8217;on peut choisir n&#8217;importe quel niveau de confort si l&#8217;on réduit la démographie en proportion. Et comme c&#8217;est justement ce qu&#8217;ils ont fait, ils peuvent sans honte exiger un partage plus avantageux dans la transition qui nous attend.</p>
<p>Plus on est de fous, et moins il y a de riz : si notre population continue de croître, il nous faudra renoncer toujours plus à notre style de vie, rendant la transition de moins en moins acceptable pour nous les nantis qui croient que tout leur est dû. Je crois donc qu&#8217;il nous faut non seulement changer notre style de vie (en gros : rouler en vélo, chauffer moins de pièces, manger moins de viande et arrêter l&#8217;avion), mais aussi changer le modèle culturel de la famille, afin de pouvoir inverser la tendance démographique.</p>
<h3>Modèles culturels alternatifs</h3>
<p>Si l&#8217;on veut inverser la croissance démographique, il faut favoriser un modèle culturel dominant dans lequel il y a moins d&#8217;enfants. Devons-nous faire comme la Chine et imposer l&#8217;enfant unique ? Je ne pense pas que ça soit une bonne chose. C&#8217;est déjà beaucoup que d&#8217;avoir un milliard d&#8217;humains qui ont une mentalité d&#8217;enfant unique, qu&#8217;est-ce que ça serait avec six ou sept milliards ?</p>
<p>Peut-on trouver un modèle culturel stable (certains diraient un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8me">mème</a>) dans lequel les gens se verraient divisés en deux catégories, ceux qui ont deux enfants ou davantage, tandis que tous les autres resteraient sans enfants ? On pourrait faire une sorte de loterie lors des mariages : &#8220;Félicitations, vous venez de gagner le droit de faire &#8230; (roulement de tambour) &#8230; sept enfants !&#8221; Ou alors on ferait jouer le merveilleux pouvoir du marché : chaque adulte majeur reçoit un coupon pour un demi-enfant, mais chaque couple n&#8217;a le droit de démarrer la conception que lorsqu&#8217;ils ont réussi à racheter deux coupons de demi-bébés à un couple moins motivé ou moins riche (pour qu&#8217;il n&#8217;y ait pas d&#8217;enfants uniques, voir plus haut). Ou alors une forme de &#8220;Loi Salique&#8221; : seul l&#8217;aîné dans chaque famille a le droit d&#8217;avoir des enfants.</p>
<p>Tout ceci est vaguement rigolo, mais peut-on trouver un modèle culturel moralement acceptable ? Ne peut-on pas tout simplement décréter qu&#8217;un couple normal est un couple sans enfants, et évacuer de notre paysage culturel le stéréotype de la famille avec deux ou trois enfants ? Alors, seuls des hommes et des femmes passionnés d&#8217;enfants choisiraient de consacrer leur vie à élever six à dix marmots, à contre-courant de la culture ambiante et des références médiatiques.</p>
<p>Oui, mais il y a un gros problème dans ce schéma. Tous les enfants, par construction, naîtraient et grandiraient dans une famille nombreuse - donc pour chaque enfant, le modèle normal serait celui de la famille nombreuse, quand bien même sa famille aurait été une exception culturelle dans un monde dominé par des couples sans enfants. Voilà un effet de distorsion culturelle fort fâcheux.</p>
<p>Ansi, par un simple mécanisme évolutionniste, les couples sans enfants n&#8217;arrivent pas à transmettre leur modèle culturel à la génération suivante, tandis que le modèle de la famille nombreuse s&#8217;y trouve surreprésenté. Cela prouverait qu&#8217;il n&#8217;existe pas de modèle culturel stable et moralement juste dans lequel certains ont des enfants (plus qu&#8217;un) et d&#8217;autres non. Donc le modèle chinois de l&#8217;enfant unique est la seule solution&#8230; Et tant pis pour la mentalité d&#8217;enfant unique.</p>
<h3>Pas si sûr&#8230;</h3>
<p>Il y a une hypothèse implicite dans toute la discussion jusqu&#8217;ici : le modèle de la famille nucléaire, organisé autour du couple avec ou sans enfants. C&#8217;est pourtant une création culturelle assez récente qu&#8217;on peut tout-à-fait remettre en cause. Que se passerait-il si l&#8217;on élargissait la famille en la basant non pas sur les parents, mais sur les grands-parents ou les arrière-grands-parents ? La bonne vieille structure de clan de la famille étendue, malgré les conflits et les tyrannies internes, serait peut-être un bon modèle. Une poignée de cousins et cousines vivrait ensemble parmi leurs nombreux parents, grands-parents, oncles et tantes, chacun étant enfant unique, mais tous grandissant dans une smala où l&#8217;on peut apprendre les relations sociales et les vertus du partage.</p>
<p>Avec les temps troublés qui se préparent, des structures familiales plus larges avec une solidarité étendue et des possibilités de reconfiguration plus nombreuses pourrait bien constituer un environnement plus stable pour élever des enfants.</p>
<p>Et si nos familles sont trop éparpillées, rien n&#8217;empêche de s&#8217;inventer une famille avec ses voisins.</p>
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		<title>Retour à l&#8217;emploi</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 11:12:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[engagement]]></category>

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		<description><![CDATA[
Après quatre mois, voici que prend fin ce congé parental qui devait durer un an (sinon plus). Retour au boulot (mais à mi-temps - ouf).
Même si je n&#8217;ai pas besoin de me justifier, je pense que des explications intéresseront ceux qui se demandaient s&#8217;ils n&#8217;allaient pas suivre ce genre de voie de sortie.
Je pense pouvoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://sci.esa.int/science-e/www/area/index.cfm?fareaid=17"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/planck_artist_impression_by_esa.jpg" alt="planck artist impression by esa" title="planck artist impression by esa" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-718" /></a></p>
<p>Après quatre mois, voici que prend fin ce <a href="www.arpentnourricier.org/le-grand-saut-a-lelastique/">congé parental</a> qui devait durer un an (sinon plus). Retour au boulot (mais à mi-temps - ouf).</p>
<p>Même si je n&#8217;ai pas besoin de me justifier, je pense que des explications intéresseront ceux qui se demandaient s&#8217;ils n&#8217;allaient pas suivre ce genre de voie de sortie.</p>
<p>Je pense pouvoir affirmer que le travail ne m&#8217;a pas manqué ; ni non plus les collègues ; que la question du prestige social ou de la hiérarchie de revenus avec ma femme ne s&#8217;est pas posée ; que ce ne sont pas les couches et les lessives qui m&#8217;ont démoralisé ; et que j&#8217;ai adoré passer du temps avec mon petit bonhomme (&#8221;abedlaa dada !&#8221;).</p>
<p>Du côté des finances, c&#8217;est passé ric-rac, sans qu&#8217;on fasse des efforts surhumains ni qu&#8217;on fasse des comptes d&#8217;apothicaire (j&#8217;avais le projet de commencer à compter les sous, mais j&#8217;ai sans cesse repoussé). Simplement, il ne restait rien pour acheter des matériaux de construction. Et rien pour payer une nounou.</p>
<p>Ça n&#8217;aurait pas été gênant si l&#8217;un des projets majeurs dans la hiérarchie des objectifs du congé parental n&#8217;avait pas été la rénovation de la tranche 2 de la maison.</p>
<p>Car on ne peut pas faire de travaux avec un petit dans les pattes, ni sans acheter quelques outils et matériaux (je veux parler de bois pour faire des solives, des cloisons et des planchers, de rouleaux d&#8217;isolants en laine de bois, de plaques de plafond en plâtre-cellulose, de sacs de chaux, rien de très cher ni très technique, mais ça suffit déjà).</p>
<p>Là où j&#8217;avais espéré pouvoir compter sur deux ou trois jours par semaine à faire avancer les travaux, je disposais finalement d&#8217;à peine un jour les bonnes semaines. J&#8217;aurais dû m&#8217;en douter dès le départ. Enfin, ce qui est fait est fait. Donc maintenant : plan B.</p>
<p>Le plan B, c&#8217;est de reprendre le travail à mi-temps, d&#8217;utiliser les RTT et autres congés pour que ça représente seulement deux jours par semaine à mon boulot, et de profiter du différentiel de salaire pour me permettre de payer la nounou à plein temps ainsi que les matériaux, et donc avancer ma rénovation le reste de la semaine. D&#8217;un côté, c&#8217;est pragmatique. De l&#8217;autre, c&#8217;est revenir dans le système, reprendre du service comme mercenaire, en profitant d&#8217;avantages indécents.</p>
<p>J&#8217;aurais pu renoncer aux travaux (après tout, la tranche 1 est habitable, et il y a beaucoup d&#8217;enfants dans le monde qui ne disposent même pas d&#8217;un palier de 4m2 à partager avec leur fratrie), mais ça aurait été trahir un projet familial important. Ça n&#8217;aurait pas fait du bien à la cohésion familiale, qui est un élément primordial de tout projet décroissant et de simplicité volontaire. J&#8217;admire <a href="http://www.metrofrance.com/info/un-an-sans-depenser-un-centime/mikA!rK6JLEda5W/index.xml">ce que Mark Boyle a fait</a> (vivre sans argent pendant un an), mais je l&#8217;aurais admiré encore plus s&#8217;il avait réussi à <a href="http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/howaboutthat/6649533/Former-businessman-lives-on-no-money-for-a-year.html">préserver son couple</a>.</p>
<p>Comme l&#8217;intégralité de ma paie sera dépensée en frais de garde, en trajets, et en travaux, la situation est totalement réversible financièrement : quand mon fils entrera à l&#8217;école, j&#8217;aurai fini les travaux, et je pourrai m&#8217;arrêter à nouveau si j&#8217;en ressens le besoin (mais là, ça sera sans élastique). L&#8217;important, c&#8217;est de ne pas être piégé.</p>
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		<item>
		<title>Commencer petit</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/commencer-petit/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/commencer-petit/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 21:19:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[jardin]]></category>

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		<description><![CDATA[
Je suis en train de lire la &#8220;bible&#8221; de Patrick Whitefield : The Earth Care Manual - manuel de permaculture pour (la Grande Bretagne et) les climats tempérés. J&#8217;en ferai un commentaire plus complet quand j&#8217;aurai fini, mais je voulais vous faire partager tout de suite un petit passage que j&#8217;ai trouvé édifiant :
Commencer petit
Si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/wheatfields/2570345751/sizes/l/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/mykingdombywheatfieldsonflickr.jpg" alt="mykingdom by net_efekt on flickr" title="mykingdom by net_efekt on flickr" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-712" /></a></p>
<p>Je suis en train de lire la &#8220;bible&#8221; de Patrick Whitefield : <a href="http://transitionculture.org/essential-info/book-reviews/hand-sculptr/">The Earth Care Manual</a> - manuel de permaculture pour (la Grande Bretagne et) les climats tempérés. J&#8217;en ferai un commentaire plus complet quand j&#8217;aurai fini, mais je voulais vous faire partager tout de suite un petit passage que j&#8217;ai trouvé édifiant :</p>
<blockquote><p><strong>Commencer petit</strong><br />
Si comme moi vous avez passé du temps à essayer d&#8217;entretenir un potager juste un peu trop grand pour vous, vous comprendrez l&#8217;importance de ce conseil. J&#8217;étais toujours en train de courir sans jamais pouvoir faire quoi que ce soit aussi bien que j&#8217;aurais voulu. Une partie de la joie de jardiner s&#8217;en trouvait gâchée, et je ne me sentais pas satisfait de ce que j&#8217;avais fait. Je crois qu&#8217;en réalité j&#8217;aurais pu produire davantage de légumes si j&#8217;avais travaillé sur une superficie plus réduite.</p>
<p>Commencer petit est probablement le précepte le plus important pour quiconque débute au jardin. Robert Kourik estime que neuf mètres carrés, c&#8217;est à dire trois mètres par trois, correspond à la superficie <em>maximale</em> pour le potager du jardinier débutant. Il a l&#8217;air petit quand on le dessine. Mais quand on s&#8217;y met et qu&#8217;on commence à semer et à planter, à élaircir et à désherber, il semble de plus en plus grand. Quand vient le jour de cueillir ses légumes frais, il semble encore plus grand ! Plus le potager est petit, plus c&#8217;est facile de s&#8217;en occuper vraiment bien, et l&#8217;on produit souvent plus de légumes au mètre carré que dans un potager plus vaste. Rien ne réussit aussi bien que le succès. Les années suivantes, on peut agrandir la surface en toute connaissance de cause.
</p></blockquote>
<p>Voilà. C&#8217;est très clair. Ma belle-soeur a commencé avec 100 mètres carrés. Elle a tenu une demi-saison.<br />
J&#8217;ai commencé avec 8 mètres carrés. C&#8217;était vraiment une belle réussite pour un débutant. L&#8217;année d&#8217;après, je suis passé à environ 15 mètres carrés. Puis 25. Puis environ 40 l&#8217;année dernière. Et bien croyez-moi si vous le voulez, mais la meilleure année, c&#8217;était la première.</p>
<p>Pour la prochaine saison, je m&#8217;en tiendrai à une dizaine de mètres carrés &#8216;productifs&#8217; que je bichonnerai. Le reste sera dévolu à l&#8217;expérimentation.</p>
<p>Et vous le potager, c&#8217;est combien de mètres carrés ? Et pour 2010, vous montez en gamme ou vous calmez les ambitions ?</p>
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		<title>Les champignons du BRF</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 08:02:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[botanique]]></category>

		<category><![CDATA[Bois raméal fragmenté]]></category>

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Comme j&#8217;ai mis des copeaux un peu partout dans le jardin, il y a des champignons qui ont poussé un peu partout. Mais je n&#8217;en ai reconnu aucun. S&#8217;il y a des spécialistes, qu&#8217;ils se fassent connaître. Qu&#8217;on puisse au moins tenter une omelette l&#8217;année prochaine&#8230;





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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3391.jpg" alt="champignon du BRF" title="champignon du BRF" width="450" height="253" class="center aligncenter size-full wp-image-685" /></p>
<p>Comme j&#8217;ai mis des copeaux un peu partout dans le jardin, il y a des champignons qui ont poussé un peu partout. Mais je n&#8217;en ai reconnu aucun. S&#8217;il y a des spécialistes, qu&#8217;ils se fassent connaître. Qu&#8217;on puisse au moins tenter une omelette l&#8217;année prochaine&#8230;</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3383-1.jpg" alt="img_3383-1" title="img_3383-1" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-699" /></p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3384-1.jpg" alt="img_3384-1" title="img_3384-1" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-698" /></p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3392-1.jpg" alt="img_3392-1" title="img_3392-1" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-697" /></p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3386.jpg" alt="img_3386" title="img_3386" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-696" /></p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3388-1.jpg" alt="img_3388-1" title="img_3388-1" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-695" /></p>
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		<title>Une chèvre en pension</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 21:52:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[animaux]]></category>

		<category><![CDATA[techniques]]></category>

		<category><![CDATA[chevre]]></category>

		<category><![CDATA[lait]]></category>

		<category><![CDATA[produits laitiers]]></category>

		<category><![CDATA[traite manuelle]]></category>

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		<description><![CDATA[
Un ami et voisin devait s&#8217;absenter une semaine début novembre. Il avait deux ou trois chèvres à recaser. J&#8217;en ai pris une. Récit d&#8217;une expérience nouvelle pour un ex-citadin.
Je suis grand amateur de lait, surtout au petit déjeûner. Ici, ça a beau être le pays où l&#8217;on entame la journée avec des tripous, moi mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/12/img_3412.jpg" alt="la chèvre à genoux pour manger les feuilles de frêne" title="la chèvre à genoux pour manger les feuilles de frêne" width="450" height="253" class="center aligncenter size-full wp-image-681" /></p>
<p>Un ami et voisin devait s&#8217;absenter une semaine début novembre. Il avait deux ou trois chèvres à recaser. J&#8217;en ai pris une. Récit d&#8217;une expérience nouvelle pour un ex-citadin.</p>
<p>Je suis grand amateur de lait, surtout au petit déjeûner. Ici, ça a beau être le pays où l&#8217;on entame la journée avec des <a href="http://www.naucelloise.fr/popup/tripou.htm">tripous</a>, moi mon petit déjeûner, c&#8217;est plutôt weetabix ou flocons d&#8217;avoine. Avec du lait. J&#8217;ai beau acheter du lait AB, je me désole de devoir jeter toutes ces bouteilles plastique. J&#8217;en stocke une partie pour congeler les jus de fruit et les soupes, mais c&#8217;est rien par rapport à ma consommation (environ 2 litres par semaine - heureusement, je suis le seul consommateur du foyer). J&#8217;étais en train de me faire à l&#8217;idée de réduire ma consommation de lait comme j&#8217;ai réduit celle de <a href="http://www.arpentnourricier.org/le-dilemme-carnivore/">viande</a>, voire d&#8217;arrêter complètement. Mais la chèvre m&#8217;a redonné espoir. Voilà comment.</p>
<p>Bien qu&#8217;en fin de lactation, la chèvre dont j&#8217;ai hérité pour une grosse semaine donnait encore du lait. Et il me fallait la traire, matin et soir. J&#8217;ai eu le droit à deux formations d&#8217;un quart d&#8217;heure, et roule. La biquette n&#8217;était pas particulièrement farouche, mais lors de ces premiers essais, et jusqu&#8217;au troisième jour chez nous, je ne pouvais pas approcher ma main de sa mamelle. Je pouvais lui caresser l&#8217;échine, lui tapoter le cou, lui gratter la barbe, mais pas la traire. En tout cas pas sans l&#8217;aide précieuse de ma femme pour lui maintenir fermement les cornes pendant que je lui bloquais l&#8217;arrière-train latéralement contre un poteau en pesant de tout mon poids tout en tâchant de ne pas gicler le lait ailleurs que dans le pot. Heureusement qu&#8217;il faisait nuit aux heures de traite, sinon les voisins auraient bien ri de voir ces gens de la ville si embarassés avec cette pauvre chèvre.</p>
<p>Mais le lait était la récompense suprême de tous nos bleus et nos déboires : une onctuosité sans pareil, une absence totale d&#8217;odeur de chèvre, un délice absolu qui remplace très avantageusement le lait de vache. Cru - naturellement. Avec trois quarts de litre par jour, la chèvre a largement couvert nos besoins pendant une semaine, se nourissant de feuilles de frêne, de lierre, de tomates tombées à terre, de rumex, de liseron, de ronces, et un peu d&#8217;herbe.</p>
<h3>La chèvre au piquet</h3>
<p>Je vous livre ici la technique de mon ami, qui a des chèvres depuis ouuuhh&#8230;</p>
<p>La chèvre était au piquet : une barre à mine plantée dans le sol sur environ 50cm de profondeur, ce qui fait qu&#8217;il reste un peu plus d&#8217;un mètre de piquet. Du côté du piquet, la boucle de corde est réglable au moyen d&#8217;un noeud de chaise, de façon à adapter le rayon d&#8217;action de la tondeuse à pattes aux obstacles et autres plantations à protéger. La boucle est simplement enfilée autour du piquet, et pivote librement quand la chèvre fait le tour du piquet. Du côté de la chèvre, la corde est munie d&#8217;un mousqueton lui-même équipé d&#8217;un <a href="http://www.accastillage-diffusion.com/photos/vignettes/A11262.jpg">émerillon</a> afin que la corde ne s&#8217;entortille pas quand la chèvre tourne autour. Ce mousqueton s&#8217;accroche au collier, qui est assez lâche : on peut lui retirer sans le dénouer. D&#8217;où l&#8217;intérêt des cornes, pour que la chèvre ne puisse pas défaire le collier toute seule.</p>
<p>En prenant bien soin de ne jamais avoir d&#8217;obstacles dans le rayon de la corde - et surtout pas un mur ou un talus qui permettrait à la chèvre de se pendre en sautant - on peut ainsi garder une chèvre sans cloture, et sans qu&#8217;il faille une surveillance permanente. Je me contentais de jeter un oeil deux ou trois fois dans la journée.</p>
<p>Je ne suis pas spécialiste, mais la biquette n&#8217;avait pas l&#8217;air traumatisée d&#8217;être attachée. Il n&#8217;y avait pas de grosses marques sur le cou au niveau du collier, ce qui me permet de dire qu&#8217;elle ne forçait pas sur son attache. </p>
<p>Suivant le rayon de la corde et la végétation accessible, je déplaçais le piquet tous les jours ou tous les deux jours. A la fin de la semaine, il s&#8217;est mis à pleuvoir et à venter, et j&#8217;ai déplacé le piquet près de la haie pour que la chèvre puisse un peu s&#8217;abriter. Pour l&#8217;hiver, j&#8217;imagine qu&#8217;un abri mobile serait utile, qu&#8217;on mettrait en limite du rayon de la corde.</p>
<h3>La nourriture</h3>
<p>Je ne lui ai rien donné en plus que ce qu&#8217;elle trouvait au jardin. Les tomates pourries lui servaient de friandise. Les feuilles de frêne, de sureau et de lierre étaient aussi plébiscitées. Aussi étrange que ça puisse paraître, l&#8217;herbe grasse de mon jardin faisait partie de ses derniers choix.</p>
<h3>La traite manuelle</h3>
<p>Plûtôt qu&#8217;un récipient posé au sol, mon pote utilise un pot plastique d&#8217;environ 20 cm de diamètre et 15cm de profondeur avec une anse. On passe les poignets dans l&#8217;anse, ce qui fait que les pis se retrouvent juste au-dessus de l&#8217;ouverture du pot. Ca évite de gicler trop à côté ; on peut mettre le pot vite fait à l&#8217;abri si la chèvre est prise d&#8217;une envie soudaine ; enfin, ça limite le risque de &#8216;pied dans le plat&#8217; si la chèvre bouge. Ca m&#8217;est arrivé quand même une fois, et le lait souillé a nourri le pommier.</p>
<p>Pour le geste, ça vient vite, et je suis sûr que les femmes qui ont allaité apprendront immédiatement. Dans la technique que j&#8217;ai apprise, on est sur le côté de la chèvre et non pas derrière (j&#8217;imagine qu&#8217;il y a un intérêt, j&#8217;ai une petite idée). On a les mains autour du haut des trayons avec les pouces un peu en l&#8217;air comme pour faire du stop, et on serre les doigts progressivement contre le gras du pouce en commençant par l&#8217;index, puis le majeur, etc. Je trouve ça plus doux que certains qui se contentent de pincer entre le pouce et les deux autres doigts puis de tirer vers le bas (mon voisin agriculteur qui est venu m&#8217;aider un soir faisait comme ça et je n&#8217;étais pas convaincu). Franchement, le plus dur, c&#8217;était d&#8217;apprendre le geste avec une chèvre qui cherchait à s&#8217;échapper toutes les trois secondes, mais dès le troisième jour j&#8217;ai senti qu&#8217;elle était plus calme, soit que je m&#8217;y prisse mieux, soit qu&#8217;elle s&#8217;habituât à ma personne. Il faut noter que comme pour l&#8217;allaitement maternel, le lait ne vient pas immédiatement, pour parfait que soit le geste : il faut quelques succions &#8220;à vide&#8221; avant que ça démarre.</p>
<h3>Une réflexion sur le lait cru</h3>
<p>Une fois tiré, le lait était immédiatement filtré dans un sopalin puis mis au frigo dans un bocal fermé en verre propre, et bu dans les 48 heures. S&#8217;il rentre dans une préparation qui doit cuire, il reste utilisable en cuisine tant qu&#8217;il n&#8217;a pas caillé.</p>
<p>Je me suis beaucoup renseigné sur le lait cru, et en résumé, je crois pouvoir dire que le danger d&#8217;intoxication et la recommandation systématique d&#8217;une pasteurisation sont essentiellement les conséquences des fréquents accidents sanitaires induits par la production laitière industrielle et la distribution de masse mises en place au début du XXe siècle. Pour une chèvre en bonne santé qui mange de l&#8217;herbe et qui ne vit pas dans sa merde, il n&#8217;y a pas de raison que le lait contienne des pathogènes. Il est toujours un peu contaminé lors de la traite (pis, mains, pot à lait, bocal), ce qui justifie qu&#8217;on le conserve au frais pour ralentir le développement des germes. Mais si les mains, le pis et les récipients sont raisonnablement propres, je suis persuadé que le risque est minime, et que les qualités nutritionnelles supérieures apportées par le lait cru compensent largement le risque. Ceci est un avis strictement personnel, mais si vous êtes plusieurs à le demander, je ferai un article plus complet avec force références et justifications.</p>
<h3>Chèvre et permaculture</h3>
<p>Il me reste toutefois un scrupule à dissiper. Pour moi, les chèvres sont les artisans (bien involontaires) de la désertification.</p>
<blockquote><p>
La cueillette et la chasse laissent place à la culture sur abattis-brûlis. Celle-ci est ensuite remplacée par l’agriculture quand la forêt succombe sous ces assauts répétés. Enfin vient l’élevage lorsque les sols érodés et appauvris ne supportent qu’une maigre couverture herbacée : bovins, ovins, puis caprins, dernière étape avant le désert.<br />
<small><a href="http://www.arpentnourricier.org/la-malediction-neolithique-du-labour/" title="la malédiction néolithique du labour sur arpentnourricier.org">arpentnourricier.org</a></small></p></blockquote>
<p>Y a-t-il une place pour une chèvre en permaculture si les caprins sont les précurseurs du désert ? La réponse illustre la démarche de la permaculture : ça dépend. Le Ségala n&#8217;est pas le Sahel, et une chèvre seule au piquet dans un jardin n&#8217;est pas un troupeau de cinquante têtes en liberté dans une savane. En l&#8217;occurrence, il y a par chez nous assez de petites parcelles et de haies qui ont besoin d&#8217;un peu d&#8217;entretien pour pouvoir dire sans crainte que la chèvre s&#8217;inscrit parfaitement dans une démarche de permaculture, puisqu&#8217;elle remplace la tondeuse, la débroussailleuse, l&#8217;épareuse ou le roundup.</p>
<h3>Calcul rapide de rentabilité</h3>
<p>En tout et pour tout, la traite prend cinq minutes (dont une minute effective de traite). Sur la semaine, j&#8217;ai dû consacrer un quart d&#8217;heure par jour à m&#8217;occuper de la chèvre. En imaginant que mon temps coûte 10€ de l&#8217;heure et que la chèvre donne en moyenne un litre par jour, ça met le lait de chèvre bio cru du jardin à 2.5€ le litre. Mais si on compte que la chèvre m&#8217;économise une heure de tondeuse par semaine, on arrive sur des prix imbattables (on note au passage qu&#8217;aucun coût n&#8217;est externalisé).</p>
<h3>Conclusion</h3>
<p>Si je veux du lait, il me faut une chèvre. Et je veux du lait. Donc j&#8217;aurai une chèvre &#8230; <a href="http://www.arpentnourricier.org/pour-accueillir-la-chevre/">à suivre</a>. </p>
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