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	<title>l'arpent nourricier</title>
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	<description>vers une agriculture personnelle</description>
	<pubDate>Tue, 16 Sep 2008 12:20:14 +0000</pubDate>
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		<title>Terre à terre - l&#8217;émission de Ruth Stégassy sur France Culture</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Sep 2008 19:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Si vous ne connaissez pas l&#8217;émission Terre à Terre de Ruth Stégassy le samedi matin de 7h à 8h sur France Culture, permettez-moi de vous la recommander avec la plus extrême ardeur (et Dieu sait si j&#8217;essaie habituellement d&#8217;éviter les superlatifs).

Voici une émission capable de changer une vie. D&#8217;ailleurs, je crois pouvoir affirmer qu&#8217;elle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous ne connaissez pas l&#8217;émission <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/index.php">Terre à Terre</a> de Ruth Stégassy le samedi matin de 7h à 8h sur <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/frequences/ title="suivez ce lien pour connaître la fréquence FM de France Culture chez vous">France Culture</a>, permettez-moi de vous la recommander avec la plus extrême ardeur (et Dieu sait si j&#8217;essaie habituellement d&#8217;éviter les superlatifs).</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/annia316/432456847/sizes/l/" title="Leaf with water drop de annia316, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm1.static.flickr.com/118/432456847_6f1290e479_m.jpg" width="240" height="160" alt="Leaf with water drop" /></a></p>
<p>Voici une émission capable de changer une vie. D&#8217;ailleurs, je crois pouvoir affirmer qu&#8217;elle a contribué largement à changer la mienne. En couvrant avec grand sérieux les sujets liés à l&#8217;écologie, l&#8217;économie solidaire, la construction et l&#8217;agriculture durables, les rapports nord-sud, Ruth Stégassy est une maîtresse ouvreuse d&#8217;yeux. J&#8217;aime particulièrement le ton de l&#8217;émission qui n&#8217;est jamais vraiment catastrophiste, toujours vraiment factuel, souvent porteur d&#8217;espoir.</p>
<p>Pour ceux qui ne peuvent pas garantir de savoir tenir éveillé devant un poste de radio de bonne heure le samedi, sachez que l&#8217;émission est disponible en baladodiffusion sur le <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/podcast/index.php#T">site de France Culture</a>, comme ça vous pouvez la <a href="http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_10867.xml" title="lien rss pour ceux qui savent">télécharger</a> et l&#8217;écouter quand vous voulez (par exemple au jardin, à vélo ou dans le métro, mais j&#8217;y reviendrai).</p>
<p>Mais ça n&#8217;est pas tout. Sur un <a href="http://terreaterre.ww7.be" class="broken_link">site belge</a>, une équipe de bienfaiteurs de l&#8217;humanité archive toutes les émissions passées pour un accès total et gratuit à cette saga radiophonique depuis 2004. Il y a là un podcast, mais aussi les fichiers (mp3, ou ogg) qu&#8217;on peut télécharger manuellement, et de plus en plus de transcriptions textuelles pour ceux qui préfèrent le support écrit (les sourds, les moteurs de recherche, et peut-être vous). Donc si vous avez loupé des épisodes, vous pouvez maintenant vous offrir <a href="http://terreaterre.ww7.be/+-Nouveaute-+.html">l&#8217;intégrale</a>.</p>
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		<title>Peut-on faire du bio en grande culture ?</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/peut-on-faire-du-bio-en-grande-culture/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Sep 2008 21:23:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[principes]]></category>

		<category><![CDATA[agriculture biologique]]></category>

		<category><![CDATA[agriculture industrielle]]></category>

		<category><![CDATA[agriculture paysanne]]></category>

		<category><![CDATA[lutte biologique]]></category>

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		<description><![CDATA[Même bio, l&#8217;agriculture à grande échelle a trois handicaps majeurs pour être vraiment durable : elle reste essentiellement basée sur des parcelles en monoculture, elle doit se plier aux exigences d&#8217;un circuit de distribution industriel, et elle porte les coûts cachés d&#8217;un modèle centralisé. Peut-être que la conversion de notre agriculture productiviste aux méthodes biologiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Même bio, l&#8217;agriculture à grande échelle a trois handicaps majeurs pour être vraiment durable : elle reste essentiellement basée sur des parcelles en monoculture, elle doit se plier aux exigences d&#8217;un circuit de distribution industriel, et elle porte les coûts cachés d&#8217;un modèle centralisé. Peut-être que la conversion de notre agriculture productiviste aux méthodes biologiques serait l&#8217;occasion de désindustrialiser l&#8217;agriculture.</p>
<h3>Monoculture, déséquilibres, interventionnisme</h3>
<p>Les techniques de semis direct sous couvert décrites par exemple par <a href="http://www.google.com/url?sa=t&#038;source=web&#038;ct=res&#038;cd=3&#038;url=http%3A%2F%2Fvideo.google.com%2Fvideoplay%3Fdocid%3D-2909489196349752965&#038;ei=t47FSNGvFZuy-ALowqniBg&#038;usg=AFQjCNEgV2VCAgGwu7maaKz5xIqlq94ODw&#038;sig2=8Sfh6iuTehDxuwpU9QHiOw" title="vidéo de sa conférence">Claude Bourguignon</a>, ou bien testées par les <a href="http://www.agricool.net/forum/">agricoolteurs</a> mettent le respect des sols à la portée de la grande culture. Le sol se reconstitue, la faune endogée prospère, les plantes sont en meilleure santé. C&#8217;est révolutionnaire, mais ça reste essentiellement de la monoculture. Une seule variété, semée avec la plus grande régularité sur une vaste parcelle, ça ne fait pas un écosystème. Or la théorie de l&#8217;évolution nous apprend une chose : si les écosystèmes spontanés contiennent une telle <a href="http://www.arpentnourricier.org/biodiversifier-nos-vies/">biodiversité</a>, c&#8217;est que c&#8217;est justement cette biodiversité qui leur a permis de survivre jusqu&#8217;à nous. Il n&#8217;y a pas d&#8217;écosystème uniforme dans la nature, parce que ces écosystèmes n&#8217;ont pas survécu. J&#8217;en conclus qu&#8217;une parcelle uniforme, propre, rangée, c&#8217;est une parcelle en sursis. Même en bio, l&#8217;équilibre est instable.</p>
<p>Le meilleur que saurait faire la grande culture, ça serait des parcelles en bandes longues, de la largeur d&#8217;une moissonneuse, séparées par des haies champêtres. Et comme un arc-en-ciel, on alternerait les espèces dans les bandes : fraises, blé, soja, taillis de saule, patates, orge, colza, luzerne, ray-grass, re-fraises, etc. Déjà ça, ça serait beau, et peut-être suffisamment stable pour survivre d&#8217;une saison sur l&#8217;autre. En fait, c&#8217;est la haie qui procurerait la biodiversité, puisqu&#8217;on y laisserait pousser toutes les espèces végétales possibles, et toute la faune qui va avec. Les prédateurs ne seraient donc jamais à plus d&#8217;une-demi fauchée de moissonneuse de leurs proies, ce qui est un gage de robustesse.</p>
<p>Toutefois, ça n&#8217;en reste pas moins de longues étendues plantées de la même variété. Et quand un envahisseur atteint une de ces bandes sans que son prédateur naturel soit présent (par exemple un redoux précoce faisant éclore un insecte parasite avant le retour des oiseaux qui s&#8217;en nourrissent), c&#8217;est toute la bande qui est atteinte. Si l&#8217;agriculteur ne peut pas se permettre de perdre une bande, il lui faudra intervenir. Et je suis un farouche libéral en ce qui concerne l&#8217;agriculture : toute intervention est un échec, que le traitement soit autorisé par le cahier des charges du label AB ou pas.</p>
<h3>Accidents dans la lutte biologique</h3>
<p>Même bio, la grande culture restera donc caractérisée par cette fragilité intrinsèque de la monoculture, donc par des accidents et des interventions curatives, suivies de recommandations d&#8217;interventions préventives, lesquelles induiront des déséquilibres qui provoqueront d&#8217;autres accidents. On risque d&#8217;assister au même genre de fuite en avant que dans l&#8217;agriculture chimique, simplement avec des produits qu&#8217;on considère moins dangereux. La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_biologique">lutte biologique</a> n&#8217;est malheureusement pas une panacée et nous offre suffisamment d&#8217;exemples de bavures regrettables pour nous inciter à la prudence.</p>
<p>Quelques exemples :</p>
<ul>
<li>La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Myxomatose">myxomatose</a> est un virus d&#8217;Amérique du Sud, introduit en Autralie pour contrôler les populations invasives de lapins. Elle a ensuite été introduite en Europe, et a fait des ravages dans nos populations de lapins, si bien que maintenant on doit vacciner nos lapins</li>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cactoblastis_cactorum">Cactoblastis cactorum</a> est un papillon d&#8217;Amérique du Sud introduit en Australie (la répétition est intentionnelle) pour contrôler l&#8217;invasion de figuiers de barbarie (Opuntia Ficus-Indica). Cette initiave a longtemps été citée en exemple comme l&#8217;une des grandes réussites de la lutte biologique. Sauf que maintenant, la bestiole a gagné l&#8217;Amérique Centrale et du Nord, et menaces les espèces endémiques de cactus, ainsi que le revenu agricole de nombreux agriculteurs mexicains.</li>
<li>Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bufo_marinus">crapaud buffle</a> est un crapaud d&#8217;Amérique du Sud, qui a été introduit en Australie (encore ?) pour manger les insectes parasites de la canne à sucre. Comme il a tendance à empoisonner les prédateurs indigènes, il se répand comme &#8230; des lapins.</li>
<li>La <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mosquitofish">Gambusie</a> est un petit poisson du Golfe du Mexique, qui se nourrit entre autres de larves de moustiques, et qui a été introduit un peu partout pour lutter contre le paludisme. Comme il ne se contente pas de manger les moustiques, il menace de très nombreuses espèces endémiques (en particulier en Australie)</li>
<li><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Rhinocyllus_conicus">Rhinocyllus conicus</a> est un genre de charançon natif d&#8217;Eurasie et d&#8217;Afrique du Nord qui a été introduit en Amérique du Nord pour manger les mauvais chardons. Mais il mange aussi les gentils chardons, et il a fini par mettre en danger les chardons natifs de là-bas.</li>
<li>Des mangoustes ont été introduites à Hawaii pour venir à bout des invasions de rats. Apparemment, elles préfèrent faire disparaître les espèces endémiques d&#8217;oiseaux. [<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Biological_pest_control#Negative_results_of_biological_pest_control">ref</a>]</li>
<li>etc.</li>
</ul>
<h3>Variétés, et circuits de distribution</h3>
<p>La production industrielle produit des quantités industrielles, donc nécessite une distribution industrielle, et <em>in fine</em> du transport. Ce qu&#8217;on gagne avec l&#8217;efficacité de la mécanisation d&#8217;un côté, on le reperd en grande partie en un réseau de transport, de contrôle, et de distribution complexe et ramifié. Il ne faut pas oublier en effet qu&#8217;un supermaché, même bio, concentre d&#8217;énormes gaspillages, au premier rang desquels les trajets en camion des denrées, les parkings, le chauffage du supermarché pendant qu&#8217;on réfrigère les bacs, et les trajets en voiture particulière des consommateurs (qui ne sont jamais comptés).</p>
<p>Pour permettre ce transport et cette distribution, les variétés doivent être sélectionnées non pas pour le goût ou les valeurs nutritives, mais pour la robustesse au stress mécanique et thermique. On continue alors de vivre sur les variétés industrielles de pommes, de tomates, ou de courgettes. Ceci est à nouveau un frein à la diversité.</p>
<h3>Quels coûts se cachent derrière les économies d&#8217;échelle ?</h3>
<p>Comme l&#8217;a prouvé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Illich#Contre_productivit.C3.A9">Ivan Illitch</a>, une bonne partie du modèle industriel repose sur la foi dogmatique que l&#8217;industrialisation d&#8217;un système de production conduit toujours à des économies d&#8217;échelles. En outre, le miracle du pétrole bon marché a masqué pendant cinquante ans les coûts du transport. S&#8217;il est vrai que les débuts de la révolution industrielle (ou de la révolution verte) ont occasionné des augmentations notables de production, il faut se demander si ce n&#8217;était pas davantage un effet de modernisation/rationalisation, voire de pillage du patrimoine et des ressources. Je crois que le modèle industriel appliqué à l&#8217;agriculture, en oubliant tous les coûts externes, représente en fait des <em>déséconomies</em> d&#8217;échelle considérables.</p>
<p>On croit qu&#8217;un agriculteur peut nourrir à lui seul des centaines de familles. Un miracle d&#8217;efficacité industrielle. En fait, il n&#8217;est que le sommet de l&#8217;iceberg agroalimentaire, et derrière lui se cachent le technicien de la chambre d&#8217;agriculture, le vendeur de tracteurs, l&#8217;ouvrier qui a construit le tracteur, son patron, le comptable de son patron, l&#8217;agent du Crédit Agricole, le vendeur d&#8217;intrants, l&#8217;ouvrier qui a construit l&#8217;usine qui fabrique les engrais, le chauffeur qui amène les aliments, le chauffeur qui emmène les bêtes, le chauffeur qui amène le fioul, le chauffeur qui distribue les carcasses, le boucher qui découpe les carcasses, le vendeur qui met les steaks sous plastique et en rayon, la caissière qui bipe le code barre, l&#8217;ouvrier qui a construit la voiture du consommateur, etc. et j&#8217;en oublie. </p>
<p>Environ un septième du revenu des ménages est consacré au budget agro-alimentaire. Ainsi, pour nourrir 100 familles, il faut en fait 13 personnes à plein temps en plus de l&#8217;agriculteur pour faire tourner le reste de la filière. Et à chaque fois qu&#8217;on veut augmenter la productivité d&#8217;un agriculteur, on génère des coûts supplémentaires ailleurs dans la filière (recherche en OGM, nouvelles machines agricoles, transports plus lointains), et de plus en plus souvent à l&#8217;extérieur de la filière (santé publique, crises sanitaires et écologiques, subventions, exportations &#8216;forcées&#8217;, misère des pauvres des pays pauvres, délocalisations, appauvrissement des pauvres des pays riches).</p>
<p>Le système industriel n&#8217;est donc pas aussi efficace qu&#8217;on croit. Et c&#8217;est finalement une bonne nouvelle : l&#8217;argument &#8216;c&#8217;est trop cher&#8217; ne tient plus, et on peut envisager de revenir à une <a href="http://www.arpentnourricier.org/la-bonne-taille-pour-une-exploitation-agricole/">agriculture paysanne</a> plus gourmande en travail aux champs, sans craindre d&#8217;augmenter le coût total.</p>
<h3>Quel bon niveau de &#8216;désindustrialisation&#8217; ?</h3>
<p>En effet, une exploitation de plus petite taille, si elle nécessite plus de main d&#8217;oeuvre pour produire, demande moins de monde pour distribuer. Contrairement à un Auchan, un marché de producteurs n&#8217;a pas besoin de chefs de rayon, de manutentionnaires, de vigiles, d&#8217;agents de nettoyage, ou bien de directeur des achats. En passant à des circuits courts, on réduit considérablement les intermédiaires et les surcoûts (plateforme logistique, entrepôts frigorifiques, semi-remorques charriant des cagettes à travers toute l&#8217;Europe, &#8230;). Une agriculture paysanne demande aussi moins d&#8217;investissements en matériel, donc moins d&#8217;ouvriers à la chaîne pour construire des gros tracteurs.</p>
<p>Où seront tous ces gens libérés de la nébuleuse agro-alimentaire industrielle ? Aux champs. Si la nouvelle agriculture paysanne n&#8217;est pas plus coûteuse que le modèle industriel, alors on aura simplement transformé des travailleurs urbains en paysans. Au passage, en repeuplant ainsi les campagnes, on réduit les distances entre producteur et consommateur, ce qui améliore encore l&#8217;efficacité.</p>
<p>Pour que ce système ne soit pas plus coûteux que le système actuel (et je ne compte pas les coûts cachés), il faudrait qu&#8217;un paysan travaillant en circuit court (AMAP ou marché de producteurs) puisse nourrir 7 familles. Ca doit être <a href="http://www.arpentnourricier.org/la-bonne-taille-pour-une-exploitation-agricole/">faisable</a>, non ?</p>
<h3>Lire aussi</h3>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/le-manifeste-de-larpent/">Le manifeste de l&#8217;arpent nourricier</a><br />
<a href="http://www.arpentnourricier.org/de-lagriculture-personnelle/">L&#8217;agriculture personnelle</a></p>
<h3>Liens externes</h3>
<p><a href="http://instruct1.cit.cornell.edu/courses/ent201/documents/BIOLOGICALCONTROL_FightingFireWithFire.pdf" title="combattre le feu par le feu">Un article du magazine Science</a> (en Anglais)</p>
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		<title>Retour de vacances</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Sep 2008 06:32:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[cuisine]]></category>

		<category><![CDATA[kokopelli]]></category>

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		<description><![CDATA[En plus du soulagement de constater que le jardin n&#8217;avait pas trop souffert en mon absence (merci au paillage et à l&#8217;arrosage au goutte-à-goutte), nous avons eu droit à une belle récompense.

Une mini-récolte miraculeuse après une absence, c&#8217;est la façon qu&#8217;a la Nature de nous sussurer à l&#8217;oreille qu&#8217;elle ne se porte pas tellement plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En plus du soulagement de constater que le jardin n&#8217;avait pas trop souffert en mon absence (merci au paillage et à l&#8217;arrosage au goutte-à-goutte), nous avons eu droit à une belle récompense.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2827947583/" title="Retour de vacances de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3058/2827947583_3a7895d610_m.jpg" width="240" height="187" alt="Retour de vacances" /></a></p>
<p>Une mini-récolte miraculeuse après une absence, c&#8217;est la façon qu&#8217;a la Nature de nous sussurer à l&#8217;oreille qu&#8217;elle ne se porte pas tellement plus mal quand on la laisse un peu tranquille.</p>
<p>A méditer pendant qu&#8217;on déguste de magnifiques steaks de tomates (semences de chez <a href="http://www.kokopelli.asso.fr/" title="association kokopelli, échange de semences anciennes">Kokopelli</a>).</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2827947587/" title="Steak de tomates de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3283/2827947587_766980622f_m.jpg" width="240" height="160" alt="Steak de tomates" /></a></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;arpent est en stage</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Aug 2008 07:17:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>

		<category><![CDATA[personnes]]></category>

		<category><![CDATA[bretagne]]></category>

		<category><![CDATA[stage]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis en vacances. Enfin, pas vraiment. J&#8217;ai l&#8217;immense honneur d&#8217;avoir été invité à donner un coup de main pendant une semaine chez Stuart &#038; Gabrielle.

Dans la tradition de la permaculture, autant j&#8217;applaudis des deux mains l&#8217;accent qui est mis sur la transmission et la formation, autant je trouve dommage que cette transmission et cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis en vacances. Enfin, pas vraiment. J&#8217;ai l&#8217;immense honneur d&#8217;avoir été invité à donner un coup de main pendant une semaine chez <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com">Stuart &#038; Gabrielle</a>.</p>
<p><a href="http://brittanycountrygite.com/images/farmlayout.jpg" title="Plan d'ensemble du hameau, dessiné par David"><img class="center" src="http://bp2.blogger.com/_sWW_ML24mLM/SE_GR9ku25I/AAAAAAAAAvw/HGLWNggvI48/S226/farmlayoutsmall.jpg" alt="Plan d'ensemble du hameau, dessiné par David" /></a></p>
<p>Dans la tradition de la permaculture, autant j&#8217;applaudis des deux mains l&#8217;accent qui est mis sur la transmission et la formation, autant je trouve dommage que cette transmission et cette formation se fassent souvent par un échange d&#8217;argent (stages payants) et contribuent au revenu monétaire des formateurs. La permaculture doit être un modèle durable, et s&#8217;il faut dégager un revenu monétaire pour viabiliser le modèle, je trouve ça un peu artificiel d&#8217;utiliser l&#8217;enseignement de la permaculture à ce dessein : ce modèle n&#8217;est en effet certainement pas généralisable, puisque d&#8217;une part tous les permaculteurs ne peuvent pas finir formateurs, et d&#8217;autre part tous les aspirants permaculteurs n&#8217;ont pas les sous pour se payer des stages.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi je suis particulièrement reconnaissant à <a href="http://bp1.blogger.com/_sWW_ML24mLM/SE_InbYjrPI/AAAAAAAAAv8/v1OZI9MAoIY/S220-h/my+profile.jpg">Stuart &#038; Gabrielle</a> d&#8217;avoir accepté un arrangement en forme de troc, où j&#8217;échange l&#8217;hébergement et la formation (et l&#8217;accès à une bibliothèque impressionnante) contre un coup de main. Pour l&#8217;instant, il faut admettre que le niveau d&#8217;hospitalité est nettement au-delà de la productivité de ma modeste force de travail.</p>
<p>Au programme de cette semaine : visite, désherbage des allées du <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com/2007/05/i-last-wrote-about-permaculture-design.html">jardinet du gîte</a>, <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com/2008/06/comfrey-part-2-or-perhaps-even-3.html">purin de consoude</a>, soins <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com/2007/11/val-our-somerset-sheep-farming-friend.html">aux moutons</a> et à une brebis âgée, découpage d&#8217;un <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com/2008/05/and-pigs-might-fly-have-you-ever-heard.html">cochon</a>, éclaircissage du <a href="http://www.brittanycountrygite.com/woods.html">bois</a>, montage d&#8217;un <a href="http://permacultureinbrittany.blogspot.com/2006/08/weve-just-gone-large-with-our.html">tas de compost</a></p>
<p>Puisse ce modèle se répandre. Pour être logique avec moi-même je m&#8217;engage donc à accueillir des stagiaires à l&#8217;avenir, sur le même mode. Avis aux candidats.</p>
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		<item>
		<title>BRF d&#8217;été à la main avec les feuilles</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/brf-dete-a-la-main-avec-les-feuilles/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/brf-dete-a-la-main-avec-les-feuilles/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 07:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sol]]></category>

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		<category><![CDATA[Bois raméal fragmenté]]></category>

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		<category><![CDATA[Ramial wood chips]]></category>

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		<description><![CDATA[Donc mon voisin était en train d&#8217;abattre deux tilleuls qui menaçaient les lignes électriques.
Au milieu du village, coincée entre une maison et un appentis, il y a une minuscule parcelle triangulaire de quatre mètres sur quatre, résultat d&#8217;un improbable jeu de successions, et qui ne reçoit la visite de son propriétaire qu&#8217;à la Saint-Glinglin, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Donc mon voisin était en train d&#8217;abattre deux tilleuls qui menaçaient les lignes électriques.</p>
<p>Au milieu du village, coincée entre une maison et un appentis, il y a une minuscule parcelle triangulaire de quatre mètres sur quatre, résultat d&#8217;un improbable jeu de successions, et qui ne reçoit la visite de son propriétaire qu&#8217;à la Saint-Glinglin, et encore pas tous les ans. Lequel propriétaire, mis en demeure par les agents de la maintenance du réseau de distribution d&#8217;électricité de raccourcir les deux tilleuls, avait alors demandé à mon voisin, dont la propriété jouxte la parcelle des tilleuls, et qui fait aussi le bûcheron,<br />
de s&#8217;en charger, en échange de quoi il pourrait garder le produit de l&#8217;abattage pour enrichir sa réserve de bois.</p>
<p>Ce soir-là en rentrant chez moi, je me retrouvai donc nez à nez avec une barricade de branchages de tilleul barrant entièrement la rue. Je contourne la barricade, et comme tout badaud qui se respecte, je viens observer l&#8217;opération, puis commenter, puis donner un coup de main. Comme le voisin m&#8217;avait déjà vu par le passé récupérer des branchages pour les broyer, il ne fut pas long à me proposer de disposer du tas qui barrait la route. Il me dit qu&#8217;il s&#8217;apprêtait à faire plusieurs allers-retours avec le tracto vers son pré au bout du village pour y décharger le tas, puis le brûler plus tard, mais qu&#8217;à tout prendre, ça lui ferait moins de boulot de s&#8217;en débarrasser dans mon jardin, qui était au bout de la rue.</p>
<p>En à peine plus de temps qu&#8217;il n&#8217;en faut pour le dire, le tas fut déplacé vers mon jardin. Et puis comme mon voisin est l&#8217;homme le plus généreux du village, il a aussi déplacé tout le reste du bois, y compris les grosses billes du tronc des tilleuls. Il me resterait à le débiter, le refendre et le laisser sécher. Quant aux branchages, il me restait à les broyer.</p>
<h3>Préparation</h3>
<p>J&#8217;ai préparé le tas de branchages de la façon suivante : comme mon gros sécateur coupe des branches d&#8217;un diamètre de quatre centimètres maximum, et que c&#8217;est aussi le diamètre maximum qu&#8217;accepte mon broyeur, il me suffisait de couper tous les rameaux d&#8217;un diamètre inférieur, et de les mettre en tas bien rangé. De l&#8217;autre côté, il ne me reste que les plus gros diamètres, qui une fois tronçonnés, nous chaufferont l&#8217;hiver.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714104147/" title="branchages de tilleul avant broyage de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3133/2714104147_c03874dd68_m.jpg" width="240" height="160" alt="branchages de tilleul avant broyage" /></a></p>
<h3>Broyage</h3>
<p>La faiblesse de mon petit broyeur électrique, c&#8217;est l&#8217;usure des couteaux. Mais là, je venais de les retourner (avec force dégrippant et jurons), ce qui fit du broyage une vraie partie de plaisir. Les branches étaient bien rectilignes, tout était avalé en douceur, et j&#8217;ai broyé environ un mètre cube en deux ou trois sessions d&#8217;une heure.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714916500/" title="BRF de tilleul frais de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center"  src="http://farm4.static.flickr.com/3243/2714916500_4a6792c92d_m.jpg" width="240" height="160" alt="BRF de tilleul frais" /></a></p>
<p>La nouveauté, c&#8217;était l&#8217;abondance de feuilles et de sève, qui donnait une odeur incomparable. Je ne sais pas si le BRF de bois en pleine végétation est bénéfique (davantage de nutriments, d&#8217;humidité, d&#8217;azote) ou néfaste (le bois qui tombe au sol en forêt est généralement mort, donc on s&#8217;éloigne encore davantage du fonctionnement naturel), mais en tout cas, il est bien beau et sent bien bon.</p>
<h3>Emploi</h3>
<p>Comme je ne voulais pas perdre la fraîcheur de cette ressource inattendue, j&#8217;ai dégagé une zone d&#8217;environ trente mètres carrés dans la prairie récemment fauchée, sur laquelle j&#8217;ai épandu le broyat sans autre forme de procès. Il était temps : le BRF était sotcké en tas depuis à peine une semaine, et le processus de compostage avait déjà bien débuté. Au milieu du tas, on se brûlait la main. Plus sur les bords, de la barbapapa blanche avait déjà commencé à agréger les fragments. J&#8217;imagine que c&#8217;est du mycélium.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714103859/" title="tas de bois raméal fragmenté de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3210/2714103859_61ba5e74c8_m.jpg" width="240" height="160" alt="tas de bois raméal fragmenté" /></a></p>
<p>Par dessus le BRF, des cartons, récupérés à la déchetterie du coin (dont je suis progressivement devenu un client net). Et par dessus les cartons, trente centimètres de foin de ma prairie. Je vais laisser agir et je vous tiendrai au courant de la tournure que ça prend. J&#8217;imagine laisser l&#8217;endroit tout l&#8217;hiver et semer au printemps (patates, maïs, courges, pois, fèves, que sais-je encore..). A suivre, donc.</p>
<h3>Lire aussi</h3>
<p>Les autres articles de l&#8217;arpent <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/brf/">sur le BRF</a></p>
<h3>Liens externes</h3>
<p><a href="http://senshumus.wordpress.com/2008/08/04/brf-partout-adventices-nulle-part/" title="Le dernier article du Sens de l'Humus sur le BRF qui gagne du terrain">Le BRF gagne du terrain</a><br />
<a href="http://lesjardinsdebrf.com/" title="Les jardins de BRF, un site avec forum consacré au BRF">Jardins de brf</a><br />
<a href="http://pouzatbrf.blogspot.com/">Jacky Dupéty</a><br />
<a href="http://users.skynet.be/BRFinfo/tronc/scientifique.htm">La page ressources du site aggra.org</a><br />
<a href="http://pouzatbrf.blogspot.com/">Le blog de Jacky Dupéty</a><br />
<a href="http://www.lesjardinsdebrf.com/">Les jardins de BRF</a><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_ram%C3%A9al_fragment%C3%A9">L&#8217;article de Wikipédia</a><br />
<a href="senshumus.wordpress.com/2007/10/30/explorer-les-limites-du-brf/ ">Discussion sur les limites du BRF, au Sens de l&#8217;Humus</a><br />
<a href="http://www.arbre-et-paysage32.com/pdf/doc_BRF.pdf">Les BRF et les haies - fiche PDF - arbres et paysage du Gers</a></p>
<h3>Vidéos sur le BRF</h3>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x2t2sq_reportage-france-2-sr-le-brf_politics">Jacky Dupéty au journal de France 2</a><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/related/5717195/video/x2t2px_tf1-reportage-sr-le-brf-chez-jacky_politics">Et au journal de PPDA</a><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/related/4715781/video/x3ejez_le-brf-une-perspective-davenir">Le BRF, une perspective d&#8217;avenir</a><br />
<a href="http://ak.static.dailymotion.com/dyn/preview/160x120/5452521.jpg?20071020001023">Chemin faisant, rencontre avec Jacky Dupéty</a><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xamkm_oliviersilva_le-brf/video/x1oqqg_le-brf-par-jeanlou-gagnepain_tech">Chez Jean-Lou Gagnepain</a><br />
<a href="http://terreaterre.ww7.be/agriculture-sans-eau.html" class="broken_link">L&#8217;émission Terre à Terre consacrée au BRF (audio - MP3)</a></p>
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		<title>Semences, érosion culturelle et biodiversité</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/semences-erosion-culturelle-et-biodiversite/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/semences-erosion-culturelle-et-biodiversite/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2008 19:42:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Juste en passant, deux petites réflexions à contre-courant de deux opinions de plus en plus répandues :

la perte des variétés paysannes à un rythme toujours accéléré est-elle synonyme de perte irrémédiable de biodiversité ?
la contamination des variétés traditionnelles par des variétés génétiquement modifiées détruit-elle irréversiblement le patrimoine traditionnel ou naturel ?

Variétés traditionnelles et biodiversité
De même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Juste en passant, deux petites réflexions à contre-courant de deux opinions de plus en plus répandues :</p>
<ol>
<li>la perte des variétés paysannes à un rythme toujours accéléré est-elle synonyme de perte irrémédiable de biodiversité ?</li>
<li>la contamination des variétés traditionnelles par des variétés génétiquement modifiées détruit-elle irréversiblement le patrimoine traditionnel ou naturel ?</li>
</ol>
<h3>Variétés traditionnelles et biodiversité</h3>
<p>De même que les linguistes et les ethnographes déplorent la disparition et l&#8217;oubli de nombreuses langues et cultures, de même on voit sans cesse reculer le nombre de variétés de riz, de blé, de courge, etc. Et comme on voit la culture mondiale happée dans le trou noir de l&#8217;inculture de masse, on voit aussi l&#8217;agriculture aspirée vers quelques variétés de semences qui n&#8217;ont de spectaculaire que leur rendement financier et leur réponse aux engrais chimiques.</p>
<p>Et pourtant la diversité des cultures que l&#8217;on peut côtoyer voire embrasser n&#8217;a cessé de croître. Il y a deux cents ans, mes aïeux connaissaient peut-être dix sortes de danse, une centaines de chansons, autant de contes traditionnels, une manière de faire les paniers, un patois, deux villes, et une vingtaines de dates dans l&#8217;histoire de France. Aujourd&#8217;hui, le patois a disparu, les danses, les contes et les chansons sont pour la plupart oubliés. Mais à l&#8217;école j&#8217;ai appris quatre langues et le monde n&#8217;est pas prêt de manquer de langues que je puisse les apprendre toutes avant de mourir. Mais j&#8217;ai lu des milliers d&#8217;histoires, j&#8217;ai dans ma discothèque des myriades de chansons. Mais si je ne connais plus la vannerie de mon trisaïeul, je peux sur la toile découvrir au moins dix autres techniques pour faire toutes sortes de paniers, et autant de stages.</p>
<p>Ce que je veux dire, c&#8217;est que la mise en communication des niches culturelles conduit à beaucoup d&#8217;érosion de diversité au niveau global, mais elle accroît la diversité locale dans d&#8217;extraordinaires proportions. Et si l&#8217;on cultivait naguère en France plusieurs centaines de variétés de blé, une telle diversité ne s&#8217;est jamais vue à l&#8217;échelle locale. Pour tout un chacun pris séparément, on avait peut-être deux ou trois blés locaux, autant d&#8217;avoines ou de seigles (je l&#8217;avoue, c&#8217;est une spéculation totale, je n&#8217;ai pas fait de recherches).</p>
<p>Ainsi donc, alors même que la diversité globale diminue, la diversité locale augmente par le truchement de la mise en réseau des acteurs isolés. Et quand je vois le catalogue de tomates de chez <a href="http://www.kokopelli.asso.fr/">Kokopelli</a> et le travail du <a href="http://www.semencespaysannes.org/">réseau semences paysannes</a>, je pense qu&#8217;on est probablement au creux de la vague, et que le pire est passé.</p>
<p>Peut-être que ce qui est vrai des variétés de semences est aussi vrai des écosystèmes, mais là je m&#8217;avance un peu&#8230;</p>
<h3>Contamination OGM et patrimoine</h3>
<p>On cite souvent l&#8217;exemple du maïs OGM qui a fini par contaminer les variétés traditionnelles de maïs au Mexique, le berceau de cette plante magnifique. Et d&#8217;en conclure que tout le maïs est condamné à devenir du poison tôt ou tard, par un dramatique effet domino.</p>
<p>Du haut de ma formation en génétique de l&#8217;évolution (niveau bac), moi je dis que de deux choses l&#8217;une :</p>
<ul>
<li>soit la modification génétique introduite par nos apprentis-sorciers multinationaux confère effectivement un avantage sélectif à la variété contaminée, y compris dans des conditions de culture traditionnelle, voire dans son écosystème naturel si l&#8217;on parle de variétés sauvages, auquel cas on peut considérer que Monsanto a effectivement réussi à améliorer l&#8217;espèce, et on lui tire notre chapeau ;</li>
<li>soit - et c&#8217;est plus probable, vu que Darwin a eu des millions d&#8217;années, tandis que Monsanto n&#8217;a eu que des millions de dollars - la modification désavantage les plantes contaminées par rapport à leurs demi-soeurs saines. Par exemple, la production de la toxine BT puise sur le métabolisme de la plante et l&#8217;affaiblit par ailleurs. Par exemple, la perturbation de la vie du sol tend à stériliser l&#8217;environnement immédiat du plant contaminé et l&#8217;expose à d&#8217;autres maladies. Par exemple, l&#8217;implantation du gène BT à un emplacement inopportun sur la séquence amène la plante à être stérile ou à avoir une descendance monstrueuse. Auquel cas, dès lors que cesse l&#8217;apport forcé de pollen transgénique et qu&#8217;on laisse faire la sélection naturelle (ou accompagnée par les vieux peones qui savent ce qui fera la bonne tortilla), alors la proportion de plantes contaminées dans la population globale ira en diminuant inexorablement.</li>
</ul>
<p>Je ne dis pas qu&#8217;on peut continuer à cultiver des OGM en plein champ avant de savoir s&#8217;ils ont des effets sur le milieu et sur ceux qui les consomment et qui les cultivent. Je pense au contraire qu&#8217;heureusement, il n&#8217;est pas trop tard pour se battre, et que la cause des variétés traditionnelles de plantes pour lesquelles des variantes transgéniques ont été autorisées n&#8217;est pas encore perdue.</p>
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		<item>
		<title>Avoine : c&#8217;est l&#8217;échec</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/avoine-cest-lechec/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/avoine-cest-lechec/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2008 20:23:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[techniques]]></category>

		<category><![CDATA[avoine]]></category>

		<category><![CDATA[bindweed]]></category>

		<category><![CDATA[liseron]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous vous souvenez, j&#8217;avais semé de l&#8217;avoine au printemps, après le passage du tracteur à poules. Je pensais que le sol était suffisamment gratté et désherbé pour que j&#8217;aie juste à jeter désinvolte quelques poignées de semence, pailler et attendre.

Le résultat est passablement mitigé. J&#8217;ai dû récolter 100 grammes d&#8217;avoine sur les trois mètres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous vous souvenez, j&#8217;avais <a href="http://www.arpentnourricier.org/semis-davoine-apres-le-passage-du-tracteur-a-poules/">semé de l&#8217;avoine</a> au printemps, après le passage du <a href="http://www.arpentnourricier.org/travail-du-sol-par-un-tracteur-a-poules/">tracteur à poules</a>. Je pensais que le sol était suffisamment gratté et désherbé pour que j&#8217;aie juste à jeter désinvolte quelques poignées de semence, pailler et attendre.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714917548/" title="avoine envahie de liseron de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3098/2714917548_e8e02dc349.jpg" width="333" height="500" alt="avoine envahie de liseron" /></a></p>
<p>Le résultat est passablement mitigé. J&#8217;ai dû récolter 100 grammes d&#8217;avoine sur les trois mètres carrés de l&#8217;expérience, à cause de la concurrence combinée du couvert de graminées d&#8217;origine (qui a repris du poil de la bête dès le départ des bêtes à plumes) et du liseron omniprésent qui surgit avec force au moindre dérangement de la surface du sol.</p>
<p>Pour les plantes qui se plantent, je sais comment faire : en brimant le liseron et l&#8217;herbe sous une couche de carton (technique du paillage en couches), et en plantant mes godets au travers du carton et du paillage. Mais pour les plantes qui se sèment, je suis un peu désemparé. A part ce qui se sème à la fin de l&#8217;été ou carrément à l&#8217;automne, quand le liseron se calme, je ne vois pas comment m&#8217;en sortir. Je ne tiens pas à passer mes journées à arracher des touffes coriaces et à tirer doucement sur des racines aussi cassantes que des spaghettis al dente. Quant au travail du sol, il me donnerait une fausse impression de répit, et le liseron, tel l&#8217;hydre, repartirait de tous les fragments.</p>
<p>Certes, j&#8217;ai réussi au printemps à démarrer des radis en les <a href="http://www.arpentnourricier.org/semis-liquide-a-la-volee/">semant prégermés</a> pour leur faire prendre un peu d&#8217;avance, mais je n&#8217;ai pas su réitérer l&#8217;opération, ni avec des carottes, ni avec des salades. Le premier succès (à <a href="http://www.arpentnourricier.org/une-seconde-chance-pour-les-radis/">relativiser</a> pour cause de limaces) était peut-être un coup de chance.</p>
<p>Donc la question reste ouverte, et je la soumets à votre sagacité sous la forme d&#8217;un énoncé d&#8217;épreuve de permaculture appliquée :</p>
<blockquote><p>soit un terrain totalement contaminé de racines et de graines de liseron. Quelle technique permettrait de réussir des semis en pleine terre avec le minimum d&#8217;huile de coude, sans moyens mécanisés, sans traitements chimiques, sans matières plastiques ?</p></blockquote>
<p>Je vais continuer de réfléchir et d&#8217;expérimenter. Si rien ne marche, je renoncerai à certaines cultures dans mon jardin, et je me concentrerai sur ce qui marche : les courges, le maïs, les tomates, les pommes. Et j&#8217;échangerai avec mes voisins pour le reste. Après tout, il n&#8217;y a pas de honte à ne pas être autosuffisant en tout, tant qu&#8217;on est conscient des interdépendances (et surtout si lesdites interdépendances s&#8217;accompagnent d&#8217;un apéro ou d&#8217;un bout de fromage&#8230;)</p>
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		<item>
		<title>Branchages contre le pillage et le grattage du paillage</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/branchages-contre-le-pillage-et-le-grattage-du-paillage/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/branchages-contre-le-pillage-et-le-grattage-du-paillage/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 03 Aug 2008 09:01:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[techniques]]></category>

		<category><![CDATA[branchages]]></category>

		<category><![CDATA[grattage]]></category>

		<category><![CDATA[paillage]]></category>

		<category><![CDATA[poules]]></category>

		<category><![CDATA[protection]]></category>

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		<description><![CDATA[Sous la pression des amis des animaux, j&#8217;ai fini par accepter de laisser sortir les poules. Le problème, c&#8217;est qu&#8217;elles aiment bien gratter le paillage. La solution ? Des branchages disposés sur le paillage. Ils n&#8217;empêchent pas les plants de pousser, mais ils sont assez dissuasifs pour les oiseaux, qu&#8217;ils soient sauvages ou domestiques.


]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous la pression des amis des animaux, j&#8217;ai fini par accepter de laisser sortir les poules. Le problème, c&#8217;est qu&#8217;elles aiment bien gratter le paillage. La solution ? Des branchages disposés sur le paillage. Ils n&#8217;empêchent pas les plants de pousser, mais ils sont assez dissuasifs pour les oiseaux, qu&#8217;ils soient sauvages ou domestiques.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714103277/" title="branchages de protection du paillage de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3290/2714103277_9b27e9b773_m.jpg" width="240" height="160" alt="branchages de protection du paillage" /></a></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2417175642/" title="Planche désherbée, aérée, ensemencée, paillée de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3188/2417175642_38845af530_m.jpg" width="240" height="160" alt="Planche désherbée, aérée, ensemencée, paillée" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une seconde chance pour les radis</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/une-seconde-chance-pour-les-radis/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/une-seconde-chance-pour-les-radis/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2008 09:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[botanique]]></category>

		<category><![CDATA[cuisine]]></category>

		<category><![CDATA[comestibles]]></category>

		<category><![CDATA[fleurs]]></category>

		<category><![CDATA[fruits]]></category>

		<category><![CDATA[radis]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est grâce à Geispe que j&#8217;ai pu réhabiliter le carré de radis. A l&#8217;époque où ils auraient dû faire des belles racines juteuses, ils étaient envahis de limaces, et probablement trop stressés pour donner quoi que ce soit. Quand les limaces se sont calmées, les radis sont passés directement à l&#8217;étape des fleurs. Et maintenant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est grâce à <a href="http://monotarcie.blogspot.com/2008/06/images-de-saison.html">Geispe</a> que j&#8217;ai pu réhabiliter le carré de radis. A l&#8217;époque où ils auraient dû faire des belles racines juteuses, ils étaient envahis de limaces, et probablement trop stressés pour donner quoi que ce soit. Quand les limaces se sont calmées, les radis sont passés directement à l&#8217;étape des fleurs. Et maintenant, voici venir ces belles gousses, qui ont presque le goût du radis, une partie du croquant du radis, un soupçon du piquant du radis.</p>
<blockquote><p>les cosses vertes des radis qui font des graines sont au moins aussi intéressantes à croquer que les radis eux-mêmes&#8230; <small><a href="http://monotarcie.blogspot.com/">(Geispe)</a></small> </p></blockquote>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2714917320/" title="fleurs et fruits de radis de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3226/2714917320_b1e2e3e8c0.jpg" width="333" height="500" alt="fleurs et fruits de radis" /></a></p>
<p>Il ne leur manque que la couleur.<br />
Que demande le peuple ?</p>
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		<title>Cages à tomates pour laisser pousser sans tailler</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 19:27:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[cage à tomates]]></category>

		<category><![CDATA[taille des tomates]]></category>

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		<description><![CDATA[En ce qui me concerne, la leçon du Sens de l&#8217;Humus n&#8217;est pas tombée dans l&#8217;oreille d&#8217;un sourd : il ne faut pas tailler ni tuteurer les tomates. Ca tombait bien, vu que d&#8217;une part je ne savais pas comment faire, d&#8217;autre part je n&#8217;avais pas le temps ; donc je ne taillais ni tuteurais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce qui me concerne, la leçon du <a href="http://senshumus.wordpress.com">Sens de l&#8217;Humus</a> n&#8217;est pas tombée dans l&#8217;oreille d&#8217;un sourd : <a href="http://senshumus.wordpress.com/2006/09/27/sos-tomates-battues/">il ne faut pas tailler ni tuteurer les tomates</a>. Ca tombait bien, vu que d&#8217;une part je ne savais pas comment faire, d&#8217;autre part je n&#8217;avais pas le temps ; donc je ne taillais ni tuteurais mes tomates et m&#8217;en suis trouvé fort aise quand j&#8217;ai su qu&#8217;en plus c&#8217;est ce qu&#8217;il fallait faire.</p>
<p>Et je me retrouvais avec des jungles exubérantes (mais effondrées) là où mes voisins avaient des guirlandes rachitiques (mais érigées). Le problème de l&#8217;effondrement n&#8217;a pas été corrigé l&#8217;année dernière, bien que je me fusse fourni en tuteurs hélicoïdaux et néanmoins métalliques : lesdits tuteurs quoiqu&#8217;enfonçés d&#8217;une bonne coudée, se sont soit affaissés, soit pliés, sous le poids conjugué de l&#8217;incroyable feuillage et de la charge de tomates obèses.</p>
<p>Aussi compté-je bien y remédier cette année, en appliquant à ma manière le principe des cages à tomates. Le Sens de l&#8217;Humus propose <a href="http://senshumus.files.wordpress.com/2007/08/tomate-cage-45-jours.jpg">quelques photos</a> (sauf que j&#8217;ai du mal à croire qu&#8217;un simple grillage puisse supporter le genre de poids que j&#8217;avais). Habituellement, les cages à tomates sont des cylindres faits de treillis métallique, par exemple du grillage un peu fort ou des <a href="http://www.kitchengardeners.org/2007/06/building_tomato_cages.html">treillis d&#8217;acier</a> utilisés pour ferrailler les dalles en béton. C&#8217;est un style.</p>
<p>J&#8217;en propose un autre : une ficelle, trois bâtons, cinq minutes.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2710668377/" title="Rangée de cages à tomates de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3032/2710668377_391830e153.jpg" width="333" height="500" alt="Rangée de cages à tomates" /></a></p>
<p>En guise de ficelle, j&#8217;ai utilisé des bandes de tissu déchirées sur de vieux chiffons, comme ça je pourrai même laisser pourrir au jardin sans états d&#8217;âme (contrairement à la ficelle bleue des bottes de foin). Pour les bâtons, j&#8217;ai essayé des cannes de bambou, des branches bien droites, et des découpes de planches de peuplier qui me restaient du chantier de la charpente.</p>
<p>Mes tomates sont bien trop rapprochées, mais c&#8217;est parce que les limaces ont épargné plus de plants que prévu.</p>
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