Faire soi-même son liniment oléo-calcaire

premières armes en chimie des cosmétiques maison

liniment fesses

Le li­ni­ment est cette sub­stance cré­meuse à base d’huile d’olive et qui fait des mi­racles sur les fesses des bé­bés. Nous étions à court, et j’ai cher­ché à sa­voir si c’était fa­cile à faire soi-même. Déjà la liste des in­gré­dients sur le fla­con était plus courte que la plu­part des cos­mé­tiques. En fait, c’est ultra-simple, puisqu’il s’agit sim­ple­ment d’une émul­sion à parts égales d’eau de chaux et d’huile, sta­bi­li­sée par de la cire d’abeille (note : toute la re­cette est dans cette phrase — pas be­soin d’en dire plus).

J’ai donc fait mes pre­mières armes en chi­mie des cos­mé­tiques mai­son, en tes­tant une re­cette parmi toutes celles qu’on trouve sur le web. J’ai poussé le vice plus loin en fai­sant moi-même mon eau de chaux. En ef­fet, l’avantage d’avoir un chan­tier chez soi, c’est un ac­cès fa­cile à l’ingrédient de base Ca(OH)2 (en­core ap­pelé hy­droxyde de cal­cium ou chaux éteinte, ou en l’occurence chaux aé­rienne éteinte pour le bâ­ti­ment CL90 pour ceux qui aiment les en­duits à la chaux). L’eau de chaux est en fait sim­ple­ment une so­lu­tion aqueuse sa­tu­rée en hy­droxyde de cal­cium (là aussi, ça dit tout).

Donc en fran­çais, ça de­vient : ver­sez de la chaux aé­rienne dans un bo­cal, suf­fi­sam­ment pour être sûr(e) qu’il y a en a trop (la chaux étant peu so­luble, pas be­soin d’en mettre des tas, une cuillère à soupe fera l’affaire). Rem­plis­sez d’eau, fer­mez, se­couez, lais­sez dé­can­ter. La chaux tombe en bas, l’eau de chaux est le li­quide clair en haut. Pour m’éviter d’avoir à fil­trer (le so­pa­lin ne filtre pas grand chose), je me contente de ver­ser dou­ce­ment jusqu’à ce que le blanc du bas com­mence à vou­loir cou­ler avec. Je jette le reste sur le tas de gra­vats qui est déjà gavé de chaux.

Au lieu de pe­ser pour ob­te­nir le même poids en huile d’olive, je me­sure le vo­lume d’eau de chaux ob­te­nue, et je mets le même vo­lume d’huile d’olive plus dix pour cent (la masse vo­lu­mique de l’huile d’olive est d’environ 0.9). Pre­nez en­suite 5g de cire d’abeille pour chaque 200ml d’huile d’olive — je vous laisse faire votre règle de trois. On peut faire la re­cette sans la cire, mais l’émulsion est moins stable et il vous fau­dra se­couer le fla­con de li­ni­ment à chaque utilisation.

Dans une cas­se­role à tout pe­tit feu, faites chauf­fer un peu de l’huile d’olive, mé­lan­gez avec la cire jusqu’à ce que ça soit bien fondu. Hors du feu, ver­sez le reste de l’huile d’olive en re­muant bien. Puis ver­sez dou­ce­ment l’eau de chaux en re­muant jusqu’à ob­te­nir un mé­lange cré­meux. Pour ai­der, j’ai fini au mixeur.

Voilà, c’est prêt. Il n’y a plus qu’à ver­ser dans un flacon-pompe au moyen d’un en­ton­noir (ou d’un cône en pa­pier). Et ça vous fait le li­ni­ment au prix de l’huile d’olive (on ne compte pas le prix de la cuillère à soupe de chaux aé­rienne). C’est la re­cette idéale pour les dé­bu­tants chi­mistes, puisque ces pro­duits ne sont pas vrai­ment dan­ge­reux, tant que vous ne pre­nez pas la chaux dans l’oeil (et en­core). En tout cas, c’est in­fi­ni­ment moins ris­qué que de ma­ni­pu­ler de la chaux vive.