Encore des semis et première récolte de pommes de terre

Roseval nouvelles sans aucun travail

Il est temps de re­mettre en selle le rôle de jour­nal de bord de cet es­pace. Je vais m’attacher à gar­der les en­trées de jour­nal courtes, de fa­çon à ne pas ac­cu­mu­ler de re­tard et trop dis­tordre un ca­len­drier déjà très tar­dif en rai­son du prin­temps pourri, de l’altitude, et sur­tout de mon amateurisme.

La ro­se­val pri­meur à 80 centimes

Le carré de pommes de terre évo­qué pré­cé­dem­ment me sem­blait mûr pour une ré­colte au moins par­tielle. En théo­rie, la culture des pa­tates sous la paille per­met de sim­ple­ment sou­le­ver le paillage et ré­col­ter les tu­ber­cules que l’on veut, sans ar­ra­cher le plant. Mais il faut croire que je n’avais pas mis as­sez de paille, et les pommes de terre étaient pas­sa­ble­ment en­fouies. Pour ne pas pas­ser une heure à cher­cher, j’ai tout ar­ra­ché. Un quart d’heure, un pa­nier. Il de­vait y avoir cinq ki­los. Si je compte aussi le quart d’heure que j’avais passé à les plan­ter, ça met le kilo de ro­se­val à 80 centimes.

Se­mis de graines pré­ger­mées — ou prépourries

J’avais mis à ger­mer des graines de lai­tues, ra­dis, ca­rotte, poi­vrons, courges, maïs ainsi que trois sortes de ha­ri­cot dans des bou­teilles de lait ré­cu­pé­rées : j’avais laissé trem­per un jour, puis j’avais vidé l’eau. Ma re­cherche du moindre ef­fort est très ef­fi­cace pour trou­ver les li­mites de via­bi­lité du trai­te­ment dé­sin­volte des se­mis. En l’occurrence, les no­tices des ger­moirs (pour man­ger des graines ger­mées) pré­co­nisent de rin­cer une à plu­sieurs fois par jour ; et l’air cir­cule dans les­dits ger­moirs. Mes bou­teilles de lait sont her­mé­tiques, et j’ai laissé les graines trois jours dans un fond d’eau.

Ré­sul­tat : les ha­ri­cots étaient qua­si­ment tous pour­ris. Les autres graines étaient en meilleur état, et j’ai semé à la vo­lée li­quide celles des pe­tites graines qui étaient déjà ger­mées : lai­tues et ra­dis. Je m’aperçois en écri­vant ces lignes que j’ai ou­blié les ca­rottes. Je pense qu’elles y sont toujours.

Les poi­vrons et les courges sont al­lés dans des godets.

J’ai en­fin semé le maïs à l’emplacement laissé va­cant par les pa­tates. Je ne me fais pas trop d’illusions : de la bou­teille dans la­quelle je l’avais fait ger­mer s’exhalaient d’inquiétants re­lents ; mais peut-être était-ce sim­ple­ment que j’avais omis de la­ver le fond de lait lors de la ré­cu­pé­ra­tion (veuillez croire que c’était un ou­bli). Comme j’étais à court de car­ton, j’ai uti­lisé comme bar­rière anti-liseron du pa­pier pare-vapeur qui me res­tait du chan­tier. Des trous pra­ti­qués à la fourche-bêche font un rang, et je mets trois grains de maïs pré­ger­més dans chaque trou. Lors de l’arrosage, le pa­pier ca­na­lise l’eau vers les trous, donc vers les se­mis — c’était im­prévu mais in­té­res­sant. Et par des­sus le tout, j’ai mis dix cen­ti­mètres de foin.

Note à ce pro­pos : les consignes de paillage par couches (sheet mul­ching) re­com­mandent de s’assurer que le foin est exempt de graines pour le mettre en paillage. Je ne sais pas com­ment ils s’y prennent pour ex­pur­ger les graines. Je n’ai même pas es­sayé. Je pas­se­rai moins de temps à re­mettre une bar­rière anti-liseron-et-anti-graminées la pro­chaine fois qu’à épouiller tous les épis des vingt sortes de poa­cées qui com­posent mon foin. Et si je veux vrai­ment quelque chose de rai­son­na­ble­ment dé­pourvu de graines, je sto­cke­rai à cet ef­fet des feuilles, ou de la paille.

Pour les se­mis de ra­dis et lai­tues, il n’était pas pos­sible de mettre une bar­rière anti-liseron. J’ai donc es­sayé de ra­tis­ser plus soi­gneu­se­ment qu’à mon ha­bi­tude (après pas­sage de la ro­to­griffe) avant de se­mer ‘à la bou­teille’ et de pailler lé­gè­re­ment. Comme je n’ai pas re­tiré tout le li­se­ron, et comme j’ai laissé les épis sur le foin du paillage, il y aura des ad­ven­tices. Mais comme les lai­tues ou le ra­dis se dé­ve­loppent vite et que les graines ont une se­maine d’avance puisque déjà ger­mées, j’ose es­pé­rer qu’ils ga­gne­ront la course.