l’arpent nourricier

vers une agriculture personnelle

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29
juin

Encore des semis et première récolte de pommes de terre

Roseval nouvelles sans aucun travail

Il est temps de remettre en selle le rôle de journal de bord de cet espace. Je vais m’attacher à garder les entrées de journal courtes, de façon à ne pas accumuler de retard et trop distordre un calendrier déjà très tardif en raison du printemps pourri, de l’altitude, et surtout de mon amateurisme.

La roseval primeur à 80 centimes

Le carré de pommes de terre évoqué précédemment me semblait mûr pour une récolte au moins partielle. En théorie, la culture des patates sous la paille permet de simplement soulever le paillage et récolter les tubercules que l’on veut, sans arracher le plant. Mais il faut croire que je n’avais pas mis assez de paille, et les pommes de terre étaient passablement enfouies. Pour ne pas passer une heure à chercher, j’ai tout arraché. Un quart d’heure, un panier. Il devait y avoir cinq kilos. Si je compte aussi le quart d’heure que j’avais passé à les planter, ça met le kilo de roseval à 80 centimes.

Semis de graines prégermées - ou prépourries

J’avais mis à germer des graines de laitues, radis, carotte, poivrons, courges, maïs ainsi que trois sortes de haricot dans des bouteilles de lait récupérées : j’avais laissé tremper un jour, puis j’avais vidé l’eau. Ma recherche du moindre effort est très efficace pour trouver les limites de viabilité du traitement désinvolte des semis. En l’occurrence, les notices des germoirs (pour manger des graines germées) préconisent de rincer une à plusieurs fois par jour ; et l’air circule dans lesdits germoirs. Mes bouteilles de lait sont hermétiques, et j’ai laissé les graines trois jours dans un fond d’eau.

Résultat : les haricots étaient quasiment tous pourris. Les autres graines étaient en meilleur état, et j’ai semé à la volée liquide celles des petites graines qui étaient déjà germées : laitues et radis. Je m’aperçois en écrivant ces lignes que j’ai oublié les carottes. Je pense qu’elles y sont toujours.

Les poivrons et les courges sont allés dans des godets.

J’ai enfin semé le maïs à l’emplacement laissé vacant par les patates. Je ne me fais pas trop d’illusions : de la bouteille dans laquelle je l’avais fait germer s’exhalaient d’inquiétants relents ; mais peut-être était-ce simplement que j’avais omis de laver le fond de lait lors de la récupération (veuillez croire que c’était un oubli). Comme j’étais à court de carton, j’ai utilisé comme barrière anti-liseron du papier pare-vapeur qui me restait du chantier. Des trous pratiqués à la fourche-bêche font un rang, et je mets trois grains de maïs prégermés dans chaque trou. Lors de l’arrosage, le papier canalise l’eau vers les trous, donc vers les semis — c’était imprévu mais intéressant. Et par dessus le tout, j’ai mis dix centimètres de foin.

Note à ce propos : les consignes de paillage par couches (sheet mulching) recommandent de s’assurer que le foin est exempt de graines pour le mettre en paillage. Je ne sais pas comment ils s’y prennent pour expurger les graines. Je n’ai même pas essayé. Je passerai moins de temps à remettre une barrière anti-liseron-et-anti-graminées la prochaine fois qu’à épouiller tous les épis des vingt sortes de poacées qui composent mon foin. Et si je veux vraiment quelque chose de raisonnablement dépourvu de graines, je stockerai à cet effet des feuilles, ou de la paille.

Pour les semis de radis et laitues, il n’était pas possible de mettre une barrière anti-liseron. J’ai donc essayé de ratisser plus soigneusement qu’à mon habitude (après passage de la rotogriffe) avant de semer ‘à la bouteille’ et de pailler légèrement. Comme je n’ai pas retiré tout le liseron, et comme j’ai laissé les épis sur le foin du paillage, il y aura des adventices. Mais comme les laitues ou le radis se développent vite et que les graines ont une semaine d’avance puisque déjà germées, j’ose espérer qu’ils gagneront la course.

Ecrit par kristen, classé dans journal. Pas de commentaire.

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