En Transition 1.0
Quelques ressources sur les Initiatives de Transition
En 2006, Rob Hopkins, un enseignant de permaculture à Kinsale dans le Sud de l’Irlande a eu avec ses élèves une idée géniale : appliquer les principes de permaculture à leur ville et proposer un plan de descente énergétique sur 20 ans qui parte d’actions citoyennes à l’échelle locale. Le Mouvement des Villes en Transition était né.
Une Ville en Transition, c’est un groupe de citoyens qui décide de prendre en main le futur de leur localité dans la perspective du pic pétrolier et du changement climatique, sans attendre un miracle technologique ni une décision venue d’en haut. Le but central, c’est la relocalisation et l’accroissement de la résilience, en tissant le maximum de liens, à l’instar d’un écosystème mature, afin de mieux résister aux aléas et aux perturbations externes.
Mettre la main à la pâte et savoir qu’on peut collectivement changer les choses au niveau local, au point qu’un beau jour les élus s’inspirent de vos initiatives, c’est une expérience extrêmement gratifiante et hautement contagieuse. L’optimisme déterminé des Villes en Transition fait que le principe essaime à une vitesse exponentielle à travers le monde.
Les deux atouts magiques de la Transition, à mon sens, sont les suivants :
- on imagine le futur sans pétrole que l’on voudrait avoir, et on agit dans cette direction plutôt que de laisser les événements faire à notre place. Avec un peu de chance, on vivra mieux qu’aujourd’hui dans le futur sans pétrole dont on a rêvé. Et sans aucun doute, on y vivra mieux que dans le futur sans pétrole qu’on aura si on ne change rien à nos habitudes.
- la Transition est une révolution, mais dans les esprits, les mentalités et les pratiques plutôt que dans la rue. Comme le dit si bien Rob Hopkins, il faut que ça ressemble plus à une fête qu’à une manifestation. Ou comme le disait Patrick Mignard la semaine dernière à Sébazac, la nouvelle façon de faire la révolution, ce n’est plus d’affronter le char de la mondialisation avec le lance-pierre de l’action militante, mais de saper le pont de la consommation sur lequel il passera avec le patient burin de l’action éco-citoyenne et l’effet boule-de-neige de l’exemple.
L’équipe fondatrice à Totnes vient de sortir un film, qui est d’ores et déjà disponible à l’achat pour des projections publiques, et qui sera téléchargeable pour le prix que vous voudrez en donner à partir de Décembre. Les spectateurs français auront l’insigne honneur de voir le film avec les sous-titres que le groupe objectif-résilience et moi-même venons d’achever.
Si vous voulez en savoir plus ou si vous êtes tentés par l’aventure de lancer une initiative de transition par chez vous, voici les principales ressources :
- l’excellent guide des initiatives de transition, traduit par Maxime
- le site francophone des Villes en Transition
- le blog de Rob Hopkins transitionculture.org
- le Transition Handbook (en anglais) que je suis en train de finir de lire
- le site du Transition Network (en anglais)
Et si vous habitez dans les environs de Naucelle, tenez-vous prêts, parce que je vais bientôt lancer Naucelle en transition (en utilisant le Système d’Echange Local comme tremplin)

Wouhou l’aveyron avance dans la transition ! :)
Bon, moi je me tiens pret, j’habite a moins d’une heure (et Maxime à moins de 2h), wouhouuu !
(PS le lien vers VeT et la fin de l’article sont cassés)
Merci. J’ai corrigé.
Bravo, super initiative, et je me réjouis de voir le boulot de traduction du film. J’avais jeté un oeil aux textes, et ça me semble un exploit de le traduire sans voir le film (ou était-il visible sur dotsub ?).
J’ai du faire récemment une petite présentation des initiatives de transition et j’ai utilisé Prezi, un chouette outil facile d’emploi. Vous pouvez voir ma présentation (c’est la première fois que j’utilise cet outil) là http://prezi.com/d6f2_qri66xy/
Il était visible sur dotsub.
Je trouve Prezi sympa, mais pour l’instant, je vais en rester aux bêtes planches, pour la raison qu’elles s’exportent mieux en pdf ou en html — le pragmatisme vieille mode…
Merci, bel article.
Cependant, un point sur lequel je ne suis pas d’accord : “la nouvelle façon de faire la révolution, ce n’est plus d’affronter le char de la mondialisation avec le lance-pierre de l’action militante, mais de saper le pont de la consommation sur lequel il passera avec le patient burin de l’action éco-citoyenne et l’effet boule-de-neige de l’exemple.”
Je trouve cette vision très naïve. La transition est utile, nécessaire, et l’exemple est en effet très bon.
Mais ce ne sont que des espaces d’expérimentations, fragiles et qu’un pouvoir central peut facilement canaliser ou détruire.
La lutte militante pour les droits des citoyens et l’évolution du corps social ne sont pas antagoniste avec la révolution lente ou la transition.
J’entends souvent ce discours et ça me désole. Parce que soyons réalistes, les deux sont nécessaires.