Des plants gratuits pour une haie champêtre

Si l'on ne peut pas profiter des aides

plants gratuits pour haie champêtre

La rue qui borde mon ter­rain est en contre­bas d’environ un mètre. Le mu­ret en pierres sèches qui re­tient la terre s’effondre peu à peu, et je n’ai pas tel­le­ment en­vie de le re­mon­ter. A la place, je veux plan­ter une haie sur les trente mètres de lon­gueur. Seule­ment voilà, trente mètres, c’est net­te­ment moins que les 100 mètres li­néaires de haies qu’il faut pour pro­fi­ter des pro­grammes d’aide à la plan­ta­tion de haies cham­pêtres, se­lon So­phie Hu­gon­nenc, de l’association Arbres Haies Pay­sages d’Aveyron. D’autant que je ne sais pas si ma par­celle peut être consi­dé­rée comme une terre agricole.

Mais mon in­ter­lo­cu­trice m’a alors sug­géré une ben chouette d’idée : al­ler me ser­vir en fo­rêt. Plus exac­te­ment, dans les che­mins. En ef­fet, chaque an­née des arbres naissent dans ces che­mins, où ils trouvent plus de lu­mière qu’en sous-bois. Et chaque an­née, un en­gin se charge de les ra­ti­boi­ser pour main­te­nir le che­min. Ar­ra­cher des jeunes plants dans les che­mins ne fait donc de tort à per­sonne : au contraire. Et on donne une se­conde chance à ces pe­tits arbres condamnés.

Et me voilà l’hiver der­nier dans les tra­vers du Viaur, ar­ra­chant au pe­tit bon­heur les plants du che­min qui m’avaient l’air vaillants. Ceux qui ne ve­naient pas, je les ai aban­don­nés sans re­mord. Les autres, j’en ai fait un fa­got et je les ai re­plan­tés chez moi. Chênes, châ­tai­gniers, frênes, ro­bi­niers, me­ri­siers, noi­se­tiers, au­bé­pines, églan­tiers : c’est le prin­temps venu que j’ai dé­cou­vert ce que j’avais planté, quand les tiges ano­nymes (à l’oeil du béo­tien) ont mis des feuilles. Ou pas : tout n’a pas pris, mais je re­com­men­ce­rai cette an­née, et l’année d’après, jusqu’à ce que ma haie ait l’air de quelque chose.

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