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de l’agriculture personnelle
Pour être à la grande agriculture ce que l'ordinateur personnel fut aux grands systèmes
Je définis l’agriculture personnelle comme une activité agricole à l’échelle la plus petite possible, et dont le but est de pourvoir strictement aux besoins alimentaires d’une cellule familiale, sans chercher à produire un quelconque surplus monnayable. Il s’agit d’émanciper le fondamental besoin nourricier de la tyrannie du circuit commercial, dans un esprit de libération économique, sociale et intellectuelle du plus grand nombre.
Pour être applicable à une société évoluée et ne pas représenter un retour en arrière à la quasi-servitude du paysan d’antan, l’agriculture personnelle doit bénéficier des immenses progrès réalisés depuis cent ans dans la compréhension des mécanismes du vivant ainsi que des pratiques révolutionnaires qui en découlent. La polyculture associant arbres, arbustes, prairies, plantes vivaces et annuelles ; les pratiques de paillage et de compostage ; le non-labour ; les bois raméaux fragmentés, et d’une manière générale les sagesses qui cherchent à imiter ce qui fait le succès des écosystèmes spontanés ; associés à des outils nouveaux ou de nouvelles manières d’utiliser les anciens, permettent de réduire considérablement le temps (et souvent l’espace) nécessaire pour nourrir une famille. Ainsi, faire pousser, récolter et conserver ce que l’on mangera devrait constituer moins d’un quart du temps de travail, c’est à dire moins que la proportion du salaire à plein temps que nous consacrons en moyenne aux achats de nourriture dans le modèle occidental actuel.
L’agriculture personnelle se rangerait alors aux côté des autres activités domestiques non monétaires, telles que :
- la lessive et le repassage
- la cuisine
- le ménage et l’entretien
- le bricolage et la décoration
pour lesquels on conçoit bien qu’une externalisation à un employé de maison ou un artisan n’est rentable économiquement que pour une frange toujours plus minoritaire de foyers aisés.
De même que l’ordinateur personnel, profitant des mêmes avancées technologiques, a si brillamment supplanté les grands serveurs de calcul qu’on pensait pourtant à l’abri de leurs économies d’échelle, de même je conjecture que l’agriculture personnelle, si elle ne se contente pas d’être un retour à la serfouette et à la houe, mais bénéficie des nouvelles sagesses en matière de pratiques biologiques, peut supplanter la grande agriculture, tant il est clair que les économies d’échelle n’en sont qu’apparentes.
Voir aussi :
le manifeste de l’arpent nourricier
mon parcours (à venir)
Ecrit par kristen, classé dans glossaire, principes. 1 commentaire.

1 l’arpent nourricier » Biodiversifier nos vies
[…] Ma définition de l’agriculture personnelle […]
Ecrit le 26 mai 2008 à 9:07