Coulis de tomates facile
Méthode artisanale sans peler ni épépiner

La recette en bref
Sans remuer, faire cuire à couvert les tomates coupées en deux avec un peu de sel pendant 20 minutes. Égoutter, passer au moulin, mettre en bocaux, stériliser.
Préambule
Voici la saison du coulis de tomates. C’est l’inconvénient d’avoir un jardin en climat tempéré : on se retrouve avec des coups de bourre où presque tout tombe en même temps.
Donc si comme moi vous aimez la pasta à la tomate en hiver au point de vouloir être semi-autonome en coulis, mais que vous ne débordez pas d’enthousiasme à l’idée de passer toutes vos soirées de septembre à ébouillanter, peler, épépiner puis enfin faire mijoter vos tomates pendant des heures pour que le coulis soit moins coulant, je vous propose un processus artisanal très simplifié. Il fait l’impasse sur les quatre opérations les plus pénibles des recettes classiques, et il prend donc une grosse dizaine de minutes de travail pour 3 kg de tomates, du jardin au cellier, vaisselle comprise.
Les ingrédients et ustensiles
- des tomates
- du sel
- un autocuiseur (mais une grande casserole avec un couvercle peut marcher aussi)
- un moulin à légumes à manivelle avec une grille fine — vous devriez en avoir un si vous avez un jardin
- deux grands saladiers
- louche, entonnoir et bocaux propres avec couvercles ou joints propres et en bon état
Les étapes en détail
Je cueille mes tomates au jardin (2 minutes de travail).
Je coupe mes tomates en deux ou en quatre selon leur calibre, et je les mets dans la cocotte-minute, avec un verre d’eau et quelques pincées de gros sel (2 minutes de travail). Je chauffe progressivement jusqu’à ébullition, je baisse le feu et je couvre. Sans mettre en pression. Je ne remue pas les tomates. Je vais faire autre chose.
Je retire la cocotte du feu au bout d’une vingtaine de minutes quand le jus libéré recouvre presque les tomates et que les peaux ont l’air de se défaire, et surtout avant que les tomates se délitent. Je verse le contenu de la cocotte dans le moulin à légumes équipé de la grille fine et posé sur un grand saladier, sans remuer ni mouliner pour l’instant (1 minute de travail). Le jus de cuisson va librement s’écouler. Pendant ce temps, je rince la cocotte vite fait (1 minute de travail) et je vais faire autre chose.
Quand ça a l’air bien égoutté, je change le saladier sous le moulin à légumes et je mouline les tomates (1 minute de travail). La grille fine retient les graines, les peaux, les coeurs fibreux. Je jette ça aux poules ou au compost. Je mets le coulis dans des bocaux propres (2 minutes de travail). Pas besoin de les stériliser au préalable puisqu’ils vont être ébouillantés longuement ensuite.
Pour la stérilisation, chacun fait comme il a l’habitude. Personnellement, je mets les bocaux fermés dans la cocotte-minute avec trois centimètres d’eau, le couvercle, sur le feu. Je laisse monter en pression pendant que je mets le jus des tomates du premier saladier en bouteilles plastique (1 minute de travail). Une fois les bouteilles refroidies, je les mettrai au congélateur comme je fais avec le jus de pommes et j’aurai un genre de jus de tomates pour les apéros et les potages. Je nettoie le moulin et les autres ustensiles (2 minutes de travail), et je vais faire autre chose.
Je laisse chuchoter une vingtaine de minutes et j’éteins le feu. Pour ne pas occasionner une chute de pression trop rapide qui pourrait faire déborder ou exploser les bocaux, je ne purge pas la cocotte et j’attends que la pression soit descendue toute seule avant d’ouvrir et d’aller mettre mes bocaux au cellier (1 minute de travail).
Moralité
Voilà : pour ceux qui ont compris, la magie vient de ce que les tomates ont rendu une grande partie de leur jus dans la première cuisson, ce qui donne un coulis avec directement la bonne consistance une fois les tomates égouttées. Certes, on perd peut-être les nutriments qui sont partis dans le jus et qui seraient restés si on avait fait juste évaporer l’eau en mijotant longuement. Mais comme on boira le jus en apéro ou en potages, ce n’est pas vraiment perdu.
Quant au moulin à légumes, il permet de mettre les tomates entières. Comme mes tomates ne sont pas traitées, je ne m’embête même pas à les laver.
En cumulé, j’y ai passé moins d’un quart d’heure pour trois kilos de tomates. En plus, le travail peut être facilement interrompu à n’importe quelle étape : c’est le truc idéal à préparer pendant qu’on fait autre chose en cuisine.
La prochaine fois, je vous parlerai de ma compote de pommes sans épluchage.
J’aime bien l’idée de la séparation du premier jus, très classe.
Tu cultives quelle variété de tomate pour la conserve?
La prochaine fois, je vous parlerai de ma compote de pommes sans épluchage.
Tiens, on a eu la même idée ;-)
Je ne sais pas quelles variétés j’ai cette année : j’ai fini tous les fonds de sachets kokopelli et je n’ai rien étiqueté. Il y a des genres de coeur de boeuf, des genres de tomates Roma, et des genres de tomates allongées en forme de gros piments. L’année prochaine, j’essaierai d’être plus consciencieux.
Les tomates allongées en forme de gros piments sont probablement des andines cornues.
En une minute, avant cuisson, on peut aussi récupérer assez de graines (gratuites) pour le semis de l’année suivante (pour ceux qui ont l’envie et le temps de faire leurs plants, bien sûr).
Pour la première fois cette année, j’ai semé mes graines de ma récolte 2009. Et j’ai décidé de ne plus faire aucun traitement au cuivre. Résultat : l’attaque du mildiou a été assez forte mais j’ai quand même assez de tomates pour ma consommation. J’espère qu’à la longue, sans aucun traitement, mes tomates se défendront toutes seules comme des grandes et deviendront résistantes au mildiou. Et ça ne coûte rien d’essayer…
Effectivement, ça vaut le coup de récupérer les graines de quelques belles tomates (en particulier celles des pieds qui ont bien résisté au mildiou).
Personnellement, je n’ai eu aucun mildiou cette année, ni nécrose apicale, ni rien d’autre — toutes variétés confondues. Sans aucun traitement bien sûr. Et même les autres années, je n’ai pas été tellement embêté. Peut-être que le BRF y est pour quelque chose. A moins que ce soit mon paillage en pierres plates. Ou bien autre chose.
En tomates à cuire j’ai testé cette année la Berao, je la recommande, tant au niveau production qu’au niveau résistance.
En tomates à salade pour moi la meilleure à la fois en saveur, en production, et en résistance au mildiou et à la nécrose, c’est la Jaune Flammée.
Plus généralement il me semble que l’exposition du lieu de culture joue beaucoup pour ce qui est du mildiou (et de la précocité de maturation), j’ai pu le remarquer en ayant refilé des plants à des amis, tous deux ayant des jardins abrités du vent océanique, les plants de tomates y ont été plus précoces et moins attaqués (notamment à partir de mi-août) que ceux plantés dans mon jardin, qui est globalement exposé nord-ouest et proche de la côte.
Pour la nécrose apicale, ça me paraît plus à relier au type de sol (sujet aux contrastes hydriques ou pas, et là-dessus le brf et le paillage en pierres plates aident beaucoup à réguler l’état hydrique), ainsi qu’à la variété (sur de la Rose de Berne essayée cette année, les trois quarts des fruits étaient touchés, et quasiment aucun sur les deux autres variétés).
Super recette, Kristen, je l’ai suivie à la lettre, quel gain de temps !
Ma seule inquiétude provient de ta méthode de stérilisation. Es-tu sûr qu’en ne stérilisant pas les bocaux au préalable et en ne les recouvrant pas entièrement d’eau (comme le recommandent d’autres sites), le coulis peut être ensuite conservé à température ambiante sans risque ?
Merci.
Lamia
Comme je l’explique, je pense que stériliser les bocaux au préalable est une perte de temps : s’il y a des bactéries, elles y passeront comme celles du coulis de tomates pendant la stérilisation. Le fait de mettre de l’eau jusqu’en haut est important quand on stérilise à pression ambiante, pour être sûr que les bocaux seront à haute température jusqu’en haut. Mais quand ils sont sous pression dans un autocuiseur, le gradient de température à l’intérieur est plus faible (couvercle, vapeur), et j’imagine que le haut des bocaux sera chauffé même si seulement le bas est dans l’eau, comme quand on cuit des patates. Par contre, il faut laisser suffisamment longtemps pour que la température ait le temps de s’égaliser dans les bocaux, surtout si on a laissé le coulis refroidir entre-temps.
Cela dit, je décline toute responsabilité en cas de stérilisation inadaptée. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai écrit que chacun fait comme il a l’habitude ;-)
J’aime beaucoup votre blog alors je l’ai mis dans ma blogliste :).
Est-ce que la catégorie “Blogs en dehors de la cuisine” vous va ? (j’accepte toute suggestion pour améliorer la classification de ma blogliste ^^)
Merci beaucoup. N’importe quelle case me convient. Je n’ai pas encore eu l’occasion de feuilleter le tien, mais il se peut bien que je te retourne le compliment.
Pour ce qui est du “jus” récupéré des tomates, ayant un cogel de petite capacité, nous le stérilisons dans des bouteilles en verre type jus de fruit ou soupe d’un demi-litre, et nous l’utilisons pour cuire des légumineuses ou du boulgour, ou pour tout plat nécessitant un bouillon: c’est top.
Et pour toutes les questions relatives aux méthodes de stérilisation, au cas où: http://conserves.blogspot.com/