Mon premier compost à chaud

Compostage rapide (raté) : fatigant mais instructif

tasCompostAChaudSeptembre2011

En re­gar­dant le DVD Soils de Geoff Law­ton, où il ex­plique com­ment faire du com­post en 18 jours, j’ai eu en­vie d’essayer pour de bon. Il n’impose pas les in­gré­dients, mais re­com­mande d’avoir la bonne pro­por­tion C/N. Dans son exemple, il avait de la paille, du foin, dif­fé­rents fu­miers d’animaux, et quelques ‘ac­ti­va­teurs’ comme de la consoude et les restes d’une vo­laille, si je me sou­viens bien. Il conseille de dé­cou­per, broyer ou ha­cher tous les in­gré­dients pour que ça ne soit pas trop dur à re­tour­ner. Il ex­plique le truc de l’éponge es­so­rée pour do­ser la quan­tité d’eau. Et au fi­nal, il pré­cise qu’il faut re­tour­ner le tas tous les 2 jours à par­tir du 4e jour, en met­tant au centre ce qui était en pé­ri­phé­rie et vissé vers ça.

Mes ré­sul­tats

J’ai fait comme il a dit mais je me suis aidé de deux sites in­ter­net pour cal­cu­ler les pro­por­tions d’ingrédients. Pour do­ser l’eau, j’ai eu re­cours à une tech­nique al­ter­na­tive mai­son : je trempe la paille dans une bas­sine d’eau et je l’égoutte avant de la mettre dans le tas. Ca fait la bonne pro­por­tion d’eau, sans que j’aie à mettre la main dans un mé­lange de fumiers.

Pour prendre la tem­pé­ra­ture du tas, j’y creuse un trou avec un bâ­ton, et j’y glisse mon ther­mo­mètre de cui­sine qui va au moins jusqu’à 100 °C.

J’ai me­suré 58°C le 3e jour, puis 72 °C le 5e jour, puis en­vi­ron 65°C deux jours plus tard. La fois sui­vante, la tem­pé­ra­ture était sa­cré­ment re­tom­bée : en­vi­ron 30°C — j’ai vite iden­ti­fié la cause : le tas s’était as­sé­ché, pro­ba­ble­ment consé­cu­ti­ve­ment aux tem­pé­ra­tures éle­vées at­teintes les jours pré­cé­dents. Donc j’ai ar­rosé ré­gu­liè­re­ment le tas en le re­tour­nant. La tem­pé­ra­ture est re­mon­tée à en­vi­ron 50°C, puis s’est mise à dé­croître dou­ce­ment. On en est au 30e jour, et le tas est aux alen­tours de 35°C.

Je suis un peu déçu de n’avoir pas eu mon com­post en 18 jours comme ‘à la TV’. Je vois que le fu­mier et le foin se sont bien dé­com­po­sés. En re­vanche la paille a l’air d’être tou­jours qua­si­ment in­tacte. Et pour­tant j’avais pris de la paille qui avait déjà bien vécu, j’avais passé pas mal de temps à la dé­cou­per en mor­ceaux plus courts (genre 20cm pour fa­ci­li­ter le re­tour­ne­ment et hâ­ter la dé­com­po­si­tion) avec une ci­saille à haie …

Une tech­nique spor­tive mais instructive

Pour le fun, j’essaierai de re­faire du com­post en 18 jours, mais sans paille, en n’y met­tant que du foin et des feuilles mortes (et du fumier).

Cela dit, je ne re­fe­rai pas du com­post comme ça tous les jours. Comme j’y passe un bon quart d’heure pour le re­tour­ner à chaque fois, ça fait quand même cher à l’arrivée. L’expérience est en re­vanche très ins­truc­tive car en ve­nant re­tour­ner le tas fré­quem­ment, on s’imprègne de la psy­cho­lo­gie du com­post : ses odeurs, ses hu­meurs, ses bouf­fées de cha­leur et ses coups de froid.

Je pense que je re­fe­rai de temps en temps du com­post à chaud, en par­ti­cu­lier pour y mettre les dé­chets de mau­vaises herbes si elles sont en graines. Mais je ne cher­che­rai pas à le faire en 18 jours, et je ne le re­tour­ne­rai pro­ba­ble­ment que toutes les semaines.

J’ai donc main­te­nant à ma dis­po­si­tion une tech­nique sup­plé­men­taire de com­pos­tage, ce qui com­plète ma liste, par ordre crois­sant de tech­ni­cité et d’efforts :

  • com­pos­tage de sur­face (on laisse les dé­chets en sur­face, sous le paillage, ou comme paillage) — c’est le plus simple, le plus na­tu­rel, mais ça at­tire les limaces
  • com­pos­tage ‘tout-venant’ à froid, dans un bac ou mieux : dans un jar­din ‘key­hole’. Le com­post est na­tu­rel­le­ment in­cor­poré à la terre de culture, les nu­tri­ments re­tournent di­rec­te­ment dans le circuit
  • com­pos­tage à froid, en tas, en vé­ri­fiant va­gue­ment la bonne pro­por­tion des in­gré­dients — on laisse re­po­ser un an ou deux
  • com­pos­tage en couches, pour pré­pa­rer une planche de culture sans avoir à désherber
  • com­pos­tage ‘tiède’, en tas, avec les bonnes pro­por­tions et re­tour­ne­ment périodique
  • com­pos­tage à chaud, en tas, avec re­tour­ne­ments fréquents

et les va­riantes que je pour­rais tes­ter un jour :

Ceci prouve bien que quand vous li­sez un fas­ci­cule ou une page web sur ‘le com­pos­tage’, il ne s’agit en fait que d’un type com­pos­tage parmi une foul­ti­tude et que se­lon ce qu’on veut faire, on peut re­la­ti­vi­ser une par­tie des conseils qu’on y trouve.

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