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04
jan

Commencer petit

Conseil avisé de Patrick Whitefield

mykingdom by net_efekt on flickr

Je suis en train de lire la “bible” de Patrick Whitefield : The Earth Care Manual - manuel de permaculture pour (la Grande Bretagne et) les climats tempérés. J’en ferai un commentaire plus complet quand j’aurai fini, mais je voulais vous faire partager tout de suite un petit passage que j’ai trouvé édifiant :

Commencer petit
Si comme moi vous avez passé du temps à essayer d’entretenir un potager juste un peu trop grand pour vous, vous comprendrez l’importance de ce conseil. J’étais toujours en train de courir sans jamais pouvoir faire quoi que ce soit aussi bien que j’aurais voulu. Une partie de la joie de jardiner s’en trouvait gâchée, et je ne me sentais pas satisfait de ce que j’avais fait. Je crois qu’en réalité j’aurais pu produire davantage de légumes si j’avais travaillé sur une superficie plus réduite.

Commencer petit est probablement le précepte le plus important pour quiconque débute au jardin. Robert Kourik estime que neuf mètres carrés, c’est à dire trois mètres par trois, correspond à la superficie maximale pour le potager du jardinier débutant. Il a l’air petit quand on le dessine. Mais quand on s’y met et qu’on commence à semer et à planter, à élaircir et à désherber, il semble de plus en plus grand. Quand vient le jour de cueillir ses légumes frais, il semble encore plus grand ! Plus le potager est petit, plus c’est facile de s’en occuper vraiment bien, et l’on produit souvent plus de légumes au mètre carré que dans un potager plus vaste. Rien ne réussit aussi bien que le succès. Les années suivantes, on peut agrandir la surface en toute connaissance de cause.

Voilà. C’est très clair. Ma belle-soeur a commencé avec 100 mètres carrés. Elle a tenu une demi-saison.
J’ai commencé avec 8 mètres carrés. C’était vraiment une belle réussite pour un débutant. L’année d’après, je suis passé à environ 15 mètres carrés. Puis 25. Puis environ 40 l’année dernière. Et bien croyez-moi si vous le voulez, mais la meilleure année, c’était la première.

Pour la prochaine saison, je m’en tiendrai à une dizaine de mètres carrés ‘productifs’ que je bichonnerai. Le reste sera dévolu à l’expérimentation.

Et vous le potager, c’est combien de mètres carrés ? Et pour 2010, vous montez en gamme ou vous calmez les ambitions ?

Ecrit par kristen, classé dans jardin, permaculture, principes, techniques. 22 commentaires.

22 commentaires

1  Sébastien

Grand débutant, pour moi c’est 1m² (potager surélevé en “carré”) :D Mais je pense doubler la surface pour la saison qui vient.

Je ne compte pas non plus le volume productif que représentent les arbres fruitiers (un pommier et un cerisier colonnaires, un myrtillier américain, un sureau) et grainiers (un noisetier).

Ecrit le 5 janvier 2010 à 11:03

2  Ronan

Bonjour Kristen,

Je suis également en train de lire le livre de Whitefield. je le trouve vraiment excellent et très appliqué à nos climats par rapport notamment à l’excellent livre de David Holmgren “Permaculture”. En revanche, il ya beaucoup plus de mots qui me sont inconnus…
Ca mériterait une trad…

Génial ton blog

Ronan

Ecrit le 5 janvier 2010 à 2:18

3  SANS Pascal

Yo

j’ai testé le potager en carrés surélevés (à cause de ma terre trop argileuse) ; j’ai de bons résultats , mais pas aussi bon que ceux de ma gd mère qui s’occupe d’un potager été/hiver de plus de 1000 m² , avec une serre en complément. Je vous joindrais bien 2 photos si possible. Elle cueille les doryphores à la main ; savon noir contre les pucerons , un peu de bleu après plusieurs jours de pluie et c’est tout.
Par contre elle ne paille pas mais arrose par gravité dans des rigoles aux pieds des plants.
(Et papi s’occupe de la vigne)

Ecrit le 5 janvier 2010 à 3:27

4  sabine

4 carrés d’un mètre carré
et je n’y arrive pas mes salades montent en graine, ma coriandre idem , mes tomates ont attrapé un champignon; il n’ya que le fruit de la passion qui s’en sort!
je n’y passe pas assez de temps, trop grand sic!!
le livre dont vous parlez existe en francais?
en vous souhaitant une bonne soirée pleine de soleil

Ecrit le 5 janvier 2010 à 9:52

5  Akä

Ma grand-mère m’a toujours dit que son plus beau jardin, c’est le premier qu’elle ait fait de sa vie, juste à sa retraite. Plus qu’une coïncidence?

Ecrit le 7 janvier 2010 à 7:58

6  healingmagichands

Hello Kristen,

I believe you are completely correct, one should start small and grow slowly. Our original kitchen garden was three beds, each 7.3 square meters. After two years, we doubled the number of beds, keeping the original size. The year after that we increased to 8 beds, all raised and separated from the grass walkways. They are all the same size, so now we have in total of 58 square meters of raised beds.

This is not too much for the two of us to maintain, and we did not increase cultivated area so fast that we could not deal with it.

Of course, this does not count the flower gardens, the vineyard, the orchard area, which I shall not go into details about here.

Ecrit le 7 janvier 2010 à 9:51

7  kristen

@Sébastien : j’ai bien envie de monter un carré d’un mètre carré pour mon fiston, qu’il commence petit dans les deux sens du terme.

@Ronan : “[le livre de Patrick Whitefield] mériterait une traduction” - tu ne crois pas si bien dire (voir commentaire de Sabine).

@Pascal : je suis entouré de potagers traditionnels, et autant j’admire le travail de ceux qui s’en occupent, autant je les trouve moches, surtout en hiver.

@Sabine : malheureusement, le livre n’existe qu’en anglais. S’agissant de permaculture, la barrière de la langue est réelle, et la plupart des francophones ne connaissent de la permaculture que l’oeuvre de Fukuoka San (La Révolution d’un seul brin de paille), qui est assez limitée dans son application par ici (je veux dire en France métropolitaine :-)

@Akä : j’espère quand même que je réussirai un jour mieux que ma saison 2006.

@Healingmagichands : I am agasp with admiration (at how wonderful your garden is and at how courageous you were to try and read something in French)

Ecrit le 8 janvier 2010 à 10:22

8  sabine

oui ,je viens d’acheter “la révolution d”un seul brin de paille” et comme c’est une traduction du japonnais et que je ne parle pas japonnais et n’en ai aucune notion je trouve ca “étrange”…
est ce que si vous avez le temps(entre le bichonnage de votre dizaine de m2, quoique là c’est plutôt pelle à neige, non?;-))) vous pourriez faire une catégorie des livres que vous lisez?
en vous souhaitant une belle journée “pleine de pluie” et oui là on a un cyclone qui nous tourne autour..;-))

Ecrit le 8 janvier 2010 à 1:04

9  Karmai

N’oublions pas que le conseil de conserver une taille modeste aux entreprises humaines a particulièrement été mise en avant par E.F Schumacher (et son maître a penser Leopold Kohr) dans son livre et best seller “Small is beautiful”. A lire absolument.

Karmai

Ecrit le 8 janvier 2010 à 5:30

10  Jean

J’ai maintenant 15 plates-bandes. J’ai une pratique et une expérience anciennes du jardinage. Il m’a quand même fallu 5 ans, à partir de rien, pour amener mon potager à son état actuel (sans engin à moteur).

Ecrit le 8 janvier 2010 à 10:50

11  Jardinière

Pour ma part, j’ai quatre plates-bandes de 8 mètres de long par 1 mètre de large. C’est amplement suffisant! Il faut aussi s’occuper des fruitiers et des fleurs… Et se garder du temps pour cuisiner nos récoltes!

Ecrit le 9 janvier 2010 à 6:05

12  kristen

@Sabine : oui, il me faut une section bibliographie en bonne et due forme, même si 90% des ouvrages sont en anglais…

@Karmai : il faut que je lise ce bouquin. J’espère qu’il n’est pas trop gros.

@Jean : sans engin à moteur, donc à la grelinette, à la bêche, ou bien sans aucun travail du sol ?

@Jardinière : c’est vrai que je rate encore davantage à la cuisine qu’au jardin. Je fais mes conserves par dessus la jambe et je perds en moyenne un lot sur deux (honte à moi).

Ecrit le 9 janvier 2010 à 6:15

13  Ramite

Kristen, pour ton fiston, c’est comme pour toi: fais-le commencer petit (avec une jardinière? un pot de fleur?), ça serait dommage que tu le décourages dés son jeune age, lorsque sera venu le temps de desherber. le mien a 6 ans, et pour l’instant il est à la jardinière; en intérieur, ce qui permet aussi de lui éviter de perdre la main en hiver. Du coup il commence à réclamer une petite plate bande en extérieur. Je lui en ferai une petite à côté de la piscine, à la fin du printemps. Comme ça il fera d’une pierre deux coups. Il passera devant à chaque fois qu’on ira se baigner, et ça lui donnera envie de s’en occuper; et puis il pourra arroser facilement avec l’eau de la piscine.

Ecrit le 9 janvier 2010 à 9:08

14  kristen

Tu as raison. Un mètre carré, c’est probablement trop. Et je lui suggèrerai une culture qu’il n’y a qu’à écouter pousser, pour qu’il n’y ait pas trop de travail. Voire des fleurs pour qu’il puisse les offrir à sa maman (et comme ça je fais d’une pierre deux coups).

Ecrit le 9 janvier 2010 à 10:08

15  Jean

Tout à la bêche à dents. J’ai une terre assez lourde, une grelinette laisserait trop de grosses mottes. Mais j’utilise la bêche sans retourner la terre.

J’ai une plate-bande en butte qui est toujours couverte de mulch et que je ne bêche pas (sauf compactage inattendu comme à la fin du mois d’août dernier).

Ecrit le 9 janvier 2010 à 11:03

16  sabine

oui mais il reste 10 pour cent;-)

Ecrit le 10 janvier 2010 à 1:33

17  Imago

C’est un excellent conseil, et j’ai pu aussi constater ce qui arrivait si on voyait trop gros…

J’ai eu des bons résultats avec un “potager en carré” d’ 1.5 m2, mais même là il faut suivre.

Quant au bouquin de Whitefield, bravo si tu arrives à la fin, c’est quand-même un sacré pavé.

Ecrit le 14 janvier 2010 à 10:22

18  sacado

Bonjour,

Les commentaires soulèvent un point intéressant : plusieurs disent “j’ai x m², mais je ne compte bien sûr pas le verger”. Mine de rien, les fruits et légumes vivaces font gagner pas mal de temps et permettent d’agrandir la surface cultivée sans franchement augmenter le travail à faire : juste une plantation la première année, un peu de désherbage de temps en temps si nécessaire, et après ce n’est plus que de la récolte.

Moi j’ai 7 m² de potager constitué d’”annuel”, ce qui est effectivement bien assez, mais à côté de ça j’ai des framboisiers, des ronces, des rhubarbes, des cassissiers, des noisetiers sur au moins le double de surface, et qui produisent sans que je ne m’en occupe. Là j’ai aussi planté du chou perpétuel daubenton et de l’oignon perpétuel, je les laisse pousser, et cet été et les suivants je me contenterai de récolter.

Mon avis : quitte à voir grand, voyez fainéant :)

Ecrit le 15 janvier 2010 à 11:24

19  SANS Pascal

“Mon avis : quitte à voir grand, voyez fainéant .”

et bien ça rejoint la méthode Fukuoka : l’agriculture sauvage ; ce livre véhicule une pulsion de jardinage “expérimental”, de qualité alimentaire , de qualité de vie et de révolution envers les agro/pharma.
Ce livre est davantage une philo de vie qu’une technique de culture , même si sa méthode est décrite ; par ex , un de ses préceptes est : le grain pour l’agriculteur , et la paille pour le sol. Ou bien : ne jamais laisser un sol nu entre 2 cultures .(il ne jure que par le treffle blanc).

Le pire , c’est que j’expliquais ce livre à ma gd mère , notamment le semi direct , le couvert végétal .. elle m’a dit “et bien on faisait comme ça avant”.

à lire d’urgence Kristen !

Desolé si je ne participe pas trop aux sujets proposés , mais je n’ai internet qu’au travail ; et comme je vais y aller de moins en moins…

by

Ecrit le 19 janvier 2010 à 2:59

20  jk

salut kristen,

chez moi le jardin “légumes” fait environ 80m², avec 2 grandes buttes de 6m*1,2 plus 3 autres plus petites et des plantes bandes au bord situées entre quelques arbrisseau (tilleul, pommier…). A partir de cette année ce jardin sera a 100% sans outils a moteur et sur buttes, avec paillage permanent et couvert végétaux (mais semis d’épeautre loupé cette année)
les pommes de terres sont cultivés dans un champ ou 100m² de pature sont retournées pour l’instant avec un outils ancestral (la charrue…) mais utiliser une engin de 5t et 110cv pour préparer 100m² ça me chagrine un peu, donc cette année ça sera des patates sous paille.

Ecrit le 20 janvier 2010 à 9:24

21  Koldo

Moi au début j’avais dans les 30 m². Puis au bout de 4 ans je suis passé à 100 m². Puis 6 ans après je suis passé à 250-300 m².
Les récoltes obtenues sont plus une histoire de temps (en termes de soin quotidien et de recul après plusieurs années d’essais) que de surface.
Dans les premières années je faisais les choses un peu par dessus la jambe, en fait j’appréciais plus l’idée d’avoir un potager que le temps quotidien (ou au moins hebdomadaire) passé à m’en occuper réellement. Mais bon j’étais jeune.
Aussi avec les années et après des essais plus ou moins fructueux j’ai fait le tri entre ce qui convient à ce terrain sous ce climat et ce qui ne convient pas. Du coup une même surface et un même temps de soin sont mieux “utilisés”. J’apprends à cultiver des choses rustiques, et à les mettre en terre au bon moment.

Dans le Permaculture tome 2 Mollison répond à la question “how much land” par “as much as you can control”. En résumé il s’agit de ne pas franchir le seuil de contre-productivité. C’est à chacun de situer le sien.

Ecrit le 25 janvier 2010 à 10:44

22  Joël Dendaletche

Voir trop grand, c’est vouloir son jardin plus grand que ses yeux. J’ai plus de 7000 m² qui initialement était des friches et pâtures à vaches, j’avais envie de tout occuper et pendant dix ans j’ai joué au papillon sans obtenir d’effet visible à cour terme, sauf à créer des massifs de vivaces et d’arbres fruitiers. Maintenant je suis en train de faire des buttes et des fosses. Sur 20 m² l’été dernier cela à tellement bien marché que je continue en agrandissant le jardin des buttes en ce moment.
Mon problème essentiel, c’est l’eau, je n’arrose plus avec l’eau courante depuis des années, c’est pourquoi j’essaie d’en stocker au maximum, car malgré l’usage du BRF, certaines cultures on besoin d’eau dans mon jardin en pente et plein sud. J’utilise aussi les eaux grises que je récupère dans la citerne de la maison, elles sont riches en azote et les légumes nitrophiles adorent (tomates, courges, …).
Le reste de la surface est tondue avec un engin nucléaire (tondeuse électrique), le reste est laissé aux ronces qui me donnent des mures et du BRF de premier choix tout en couvrant et enrichissant le terrain.
En conclusion, il faut être raisonnable, voir petit et être modeste, mais c’est dur quand on est passionné …

Ecrit le 31 janvier 2010 à 10:20

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