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	<title>l&#039;arpent nourricier &#187; personnes</title>
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	<description>permaculture et transition en aveyron et ailleurs</description>
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		<title>Bois raméal fragmenté made in Ségala</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 06:25:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est à l’occasion d’une journée de formation organisée par l’APABA (Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron) que Jacky Dupéty, le ‘pape’ du BRF* est passé nous voir dans notre Ségala profond. * BRF : bois raméal fragmenté = jeunes rameaux broyés qu’on épand au sol à l’automne sur 3 cm avant de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/bois-rameal-fragmente-made-in-segala/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à l’occasion d’une journée de formation organisée par l’<a href="http://apaba.fr/">APABA</a> (Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron) que <a href="http://fermedupouzat.free.fr/">Jacky Dupéty</a>, le ‘pape’ du <a href="http://www.arpentnourricier.org/bois-rameaux-fragmentes-introduction/">BRF</a>* est passé nous voir dans notre Ségala profond.</p>
<p>* BRF : bois raméal fragmenté = jeunes rameaux broyés qu’on épand au sol à l’automne sur 3 cm avant de les incorporer en surface afin que les champignons qui s’y développement démultiplient la vie du sol en reproduisant le riche écosystème d’un sol de forêt. C’est probablement la méthode la plus rapide pour soigner un sol dégradé</p>
<p>Au menu : micro-conférences, broyage de branches de chêne (et un peu d’épine noire) avec le broyeur Jean Pain <a href="http://www.arpentnourricier.org/achat-collectif-dun-broyeur-de-branches/">acquis en collectif</a> par l’association ‘la Compagnie de l’Humus’ (qu’on pourrait appeler les humuites), visite du jardin de Stéphane, questions diverses et variées.<span id="more-1391"></span></p>
<p>J’ai déjà pas mal écrit sur le BRF et vous trouverez sur le net beaucoup de documentation (surtout en français, pour une fois), ainsi qu’au moins deux livres très bien faits. Voici quelques conseils issus des échanges avec Jacky Dupéty (mais qu’on peut probablement trouver au moins déjà en partie dans les livres) :</p>
<h3>Ne pas avoir peur des bois tanniques</h3>
<p>C’est une crainte qui revient souvent dans les discussions : le chêne et le châtaignier (lesquels dominent nos forêts et nos vieilles haies) seraient trop tanniques pour faire un bon BRF. Jacky nous dit qu’il broie essentiellement du chêne sur son causse quercynois, et qu’il n’y a pas vu de problème. Au contraire, dans la mesure où ces espèces sont des variétés des forêts matures (le climax), le BRF qui en résulte aurait plutôt la capacité à faire vivre dans le sol un écosystème plus mature, donc plus riche.</p>
<h3>Ne pas avoir peur de la faim d’azote</h3>
<p>Voilà, le mot est lâché — de toute façon, on ne peut pas parler de BRF sans que quelqu’un évoque cette fameuse faim d’azote. Il se trouve en effet que le BRF est riche en carbone, et que l’activité de vie du sol qu’il suscite via la croissance rapide de champignons a tendance à accaparer temporairement l’azote disponible dans le sol. Cet azote sera à nouveau disponible pour les plantes une fois que le nouvel écosystème est installé, au bout de quelques semaines.</p>
<p>C’est ce phénomène qui intimide bien des jardiniers, puisqu’on risque de voir les jeunes plants souffrir voire s’étioler (avant de repartir de plus belle s’ils sont encore en vie à la fin de l’épisode). Certains seraient tentés d’<em>azouter</em> un peu d’amendement à leur BRF pour ‘aider’, mais apparemment, il vaudrait mieux s’abstenir car les champignons supportent mal ce genre de dopants.</p>
<p>En fait, il faut répéter que ceci n’arrive qu’une fois : la première fois qu’on met du BRF sur une parcelle. Ensuite, quand l’écosystème est établi, tout se poursuit normalement, et il n’y aura pas de nouvelle faim d’azote lors de futurs épandages de BRF tous les 3 à 5 ans. Si en plus on prend soin d’épandre dès le début de l’automne (pour peu qu’il pleuve au lieu de faire 30 °C comme en ce moment), le phénomène prendra fin d’autant plus tôt au printemps suivant.</p>
<h3>Ne pas avoir peur des terres ‘lourdes’ ou acides</h3>
<p>Chez nous, le sol est assez argileux. J’ai eu écho par certains étudiants en maraîchage que le discours théorique qui circule serait que le BRF est bon en terrain calcaire, mais qu’il est moins efficace en sol acide ou lourd car il conduirait à une forme d’humus indisponible pour les plantes.</p>
<p>Je ne suis pas spécialiste des sols — Jacky Dupety non plus, comme il se plaît à le souligner — mais il y a quelques constats qu’on peut faire pour se rassurer quant à nos terres lourdes (et acides en ce qui concerne le Ségala). D’une part, ce sont des régions de forêt. Ici, une parcelle laissée en friche retourne à la forêt en quelques années. C’est donc quelque part que le sol forestier est l’état stable de notre écosystème. Si c’est le cas, il semble étrange que le BRF ne soit pas une bonne chose pour ce sol, à fortiori s’il s’agit de broyat d’espèces d’arbres environnantes. D’autre part, Jacky nous a fait part d’une expérience au Burkina sur un sol <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lat%C3%A9rite">latéritique</a> (sol tropical argileux lessivé, stérile, souvent acide et extrêmement dur), recouvert de BRF avant la saison des pluies, dans lequel les gens ont pu semer du mil et du sorgho dès la saison suivante.</p>
<h3>Pour que ça marche…</h3>
<p>Jacky a conclu en précisant que dans la plupart des expériences malheureuses de BRF qu’on lui a rapportées, le ratage s’expliquait par un non-respect des ‘préceptes’ :</p>
<ul>
<li>bois de feuillus</li>
<li>7 cm de diamètre maxi des branches</li>
<li>épandage en automne dans les 24 à 36 heures après broyage (<a href="http://www.arpentnourricier.org/la-lune-au-jardin-cest-bidon-et-pourtant/">pas besoin de s’occuper de la lune</a>)</li>
<li>couche de BRF de 3 à 5 cm</li>
<li>incorporation aux premiers centimètres du sol quand le mycélium (filaments blancs) a bien colonisé le BRF</li>
</ul>
<p>Je suis toujours assez méfiant quand on relève les menus écarts à une stricte orthodoxie pour expliquer les échecs d’un dogme, mais je me promets d’essayer proprement sur une planche du potager cet automne, en m’appliquant religieusement (et on comparera avec une planche témoin, peut-être pendant plusieurs saisons … dans mes rêves).</p>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/10/broyage-brf-apaba.jpg" rel="lightbox[1391]" title="broyage brf apaba"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/10/broyage-brf-apaba-450x253.jpg" alt="" title="broyage brf apaba" width="450" height="253" class="aligncenter size-medium wp-image-1393" /></a></p>
<h3>Poursuivre la lecture</h3>
<p>Dans l’arpent, suivez le <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/brf/">tag BRF</a>.</p>
<p>Ailleurs :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.google.fr/search?q=jacky+dupety&#038;ie=utf-8&#038;oe=utf-8&#038;aq=t&#038;rls=org.mozilla:fr:official&#038;client=firefox-a#q=jacky+dupety&#038;oe=utf-8&#038;rls=org.mozilla:fr:official&#038;client=firefox-a&#038;um=1&#038;ie=UTF-8&#038;hl=fr&#038;tbo=u&#038;tbm=vid&#038;source=og&#038;sa=N&#038;tab=wv&#038;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.,cf.osb&#038;fp=b62a6677d21da383&#038;biw=1680&#038;bih=916">Vidéos de Jacky Dupéty</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/BRF-vous-connaissez-culture-vivant/dp/2913288685">Bouquin de Jacky Dupety</a></li>
<li><a href="http://jardinonssolvivant.fr/boutique/livre-brf">Le livre d’Elea Asselineau et Gilles Domenech</a></li>
</ul>
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		<title>Portrait : Allan Savory</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/portrait-allan-savory/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/portrait-allan-savory/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Oct 2010 18:47:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On ne peut pas reverdir les déserts à la main Par deux fois j’ai donné la parole à Geoff Lawton, qui s’est forgé une réputation de spécialiste de la reconquête des déserts. En creusant des baissières selon les courbes de niveaux, en plantant des arbres fixateurs d’azote, en protégeant le sol sous un épais paillage [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/portrait-allan-savory/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>On ne peut pas reverdir les déserts à la main</h3>
<p>Par deux fois j’ai donné la parole à Geoff Lawton, qui s’est forgé une réputation de spécialiste de la <a href="http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/">reconquête des déserts</a>. En creusant des <a href="www.arpentnourricier.org/dimensionnement-dune-noue-swale/" class="broken_link">baissières</a> selon les courbes de niveaux, en plantant des arbres fixateurs d’azote, en protégeant le sol sous un épais paillage de matière organique, il piège les pluies erratiques dans le sol et fabrique des oasis en quelques années.</p>
<p>Geoff lawton conclut son film avec une maxime : “on peut résoudre tous les problèmes de la Terre dans un jardin”.</p>
<p>Oui mais il y a un problème : on ne peut pas transformer toute la Terre en jardin. On ne peut pas reverdir tous les déserts et sauver toutes les savanes de la Terre avec ces techniques qui demandent beaucoup de travail. Ce n’est d’ailleurs pas le but de la permaculture. Dans le <a href="madeinearth.wordpress.com/2010/03/27/les-zones-en-permaculture/" class="broken_link">principe des zones</a> établi par <a href="en.wikipedia.org/wiki/Bill_Mollison" class="broken_link">Mollison</a> et <a href="www.arpentnourricier.org/portrait-david-holmgren/" class="broken_link">Holmgren</a>, il est bien prévu que la zone V, la plus vaste, soit réservée aux écosystèmes sauvages, avec aucune intervention humaine.</p>
<p>Cela pose un problème pour les écosystèmes de prairie : quand on les laisse en jachère en les protégeant contre le pâturage et l’exploitation agricole, les grandes prairies de la Terre ne se reconstituent pas. Si la pluviométrie est clémente, elles deviennent des forêts ; sinon, elles deviennent des déserts.</p>
<p>Je suis tombé sur une <a href="http://vimeo.com/8239427">conférence d’Allan Savory</a> qui propose une solution inattendue autant que géniale pour reverdir les prairies et faire reculer le désert à grande échelle : l’élevage intensif. Ne fuyez pas : son exposé est parfaitement rationnel et convaincant.<span id="more-1148"></span></p>
<h3>Désertification et réchauffement climatique</h3>
<p>Pourquoi les savanes d’Afrique et les prairies d’Amérique du Nord se désertifient-elles inexorablement ? Certains y voient la marque du réchauffement climatique. <a href="http://www.savoryinstitute.com/allan-savory/">Savory</a> réjouira les sceptiques par sa position catégorique : les savanes du Sahara, d’Australie, d’Amérique du Nord se sont désertifiées bien avant que l’on découvre le charbon et le pétrole. Les savanes et les prairies du monde sont des habituées des régimes pluviométriques erratiques. Savory est convaincu que la désertification est moins une conséquence qu’une cause dans les dérèglements actuels du climat. Mais l’honneur est sauf pour ceux qui sont certains que la catastrophe climatique est d’origine humaine, puisque Savory explique ensuite que ce sont bien les hommes qui sont la cause des déserts, même avant l’invention de l’agriculture.</p>
<h3>La prairie a coévolué avec les troupeaux</h3>
<p>Laissons les climatologues et tournons-nous vers les agronomes et les agences d’aide au développement. Dans tout ce qu’on lit, la désertification de l’Afrique est dûe à la combinaison</p>
<ul>
<li>de la sécheresse,</li>
<li>de la surpopulation,</li>
<li>du surpâturage,</li>
<li>de la propriété collective qui n’encourage pas à bichonner son sol,</li>
<li>et du manque de moyens pour mettre en œuvre des mesures de protection des écosystèmes.</li>
</ul>
<p>Et on a tous gobé ces arguments. Même moi j’ai plusieurs fois mis en cause l’élevage dans ces pages à demi-mots sans autre forme de procès.</p>
<p>Et pourtant, les prairies d’Amérique du Nord, et en particulier celles de <a href="http://www.oldspanishtrailstudio.com/images/l-hiking-past-hot-springs-0_vsh7.jpg">l’ouest du Texas</a> se désertifient aussi vite voire plus vite que le Sahel ou le <a href="http://www.sethule.org/background/MEMO0020.JPG">Zimbabwe</a> :</p>
<ul>
<li>avec un régime pluviométrique similaire,</li>
<li>avec une densité de population extrêmement faible,</li>
<li>avec une absence quasi-totale de pâturage puisque le cheptel est essentiellement incarcéré dans les fermes industrielles,</li>
<li>avec une propriété privée très fière et et une très grande conscience du problème des sols et de l’érosion depuis au moins soixante-dix ans,</li>
<li>avec pléthore d’aides fédérales et de programmes de protection et de sauvegarde.</li>
</ul>
<p>Ceci prouve indiscutablement que le problème est ailleurs.</p>
<p><a href="http://www.savoryinstitute.com/allan-savory/">Allan Savory</a> fait alors un deuxième constat, aidé par les découvertes récentes en paléontologie et en archéologie. Avant que les humains ne les entretiennent par le feu, les grandes plaines vivaient en symbiose avec les immenses troupeaux des herbivores du pléistocène : éléphants, chameaux, bisons, paresseux géants, rhinocéros laineux, aurochs. Des bêtes tellement impressionnantes qu’il fallait des tigres à dents de sabre et des ours des cavernes pour les chasser, et qui ont disparu des différentes régions du monde à mesure que les humains avançaient. Et même s’il en reste encore en Afrique, Savory précise qu’il s’agit d’un vestige de l’abondance passée. Il raconte qu’il croisait dans sa jeunesse jusqu’à quarante lions en une journée, ce qui témoigne de l’incroyable population d’herbivores qui évoluait dans une prairie d’herbes à hauteur d’épaule, là où il n’y a aujourd’hui qu’une terre nue et craquelée entre des buissons secs.</p>
<p>La conclusion logique, c’est que l’écosystème de la prairie a coévolué avec d’immenses troupeaux d’herbivores, régulés par de grands prédateurs. En décimant les herbivores sauvages et en protégeant ses maigres troupeaux contre la prédation, l’homme a cassé le mécanisme qui permettait à une telle biomasse animale et végétale de prospérer dans des régions à la pluviométrie si capricieuse.</p>
<h3>Pourquoi la prairie a besoin de (gros) troupeaux</h3>
<p>Si j’ai bien compris, le mécanisme proposé par Allan Savory est le suivant : à la fin de la saison des pluies, l’herbe sèche sur pied. Les insectes et microorganismes meurent ou restent en dormance et ne sont pas en mesure de décomposer la végétation. Les nutriments et le carbone contenus dans la plante ne retournent donc pas au sol. Les graines tombent à terre mais restent en surface et auront du mal à s’implanter ; et puisque l’azote est piégé dans les plantes sèches et retourne à l’atmosphère par dégradation chimique, les graines qui parviendront à germer pousseront trop lentement lors de la prochaine pluie. Et comme la végétation sèche fait de l’ombre, la croissance des jeunes plantes sera ralentie. La végétation sera moins vigoureuse pour assimiler assez vite les éventuels nutriments solubles présents dans le sol, et ils seront alors lessivés. </p>
<p>La saison des pluies étant courte, les plantes sèches mettent plusieurs années à se décomposer : au lieu de servir de nourriture à la vie du sol, les plantes sont lentement oxydées par les éléments. Le cycle de la vie est interrompu et la prairie périclite peu à peu.</p>
<p>Ce problème est contre-intuitif pour nous autres parce que ce cercle vicieux n’existe pas dans nos contrées humides. Il y a assez d’humidité dans le sol pour décomposer la végétation sèche avant que la perte de nutriments soit trop importante. On constate simplement que si on la laisse en jachère, la prairie s’embroussaille puis devient forêt.</p>
<p>En revanche, si la plante est broutée par un bestiau, elle est décomposée rapidement dans la panse, qui est en fait un composteur sur pattes plein de bactéries du sol qui ne se dessèche pas. La surface du sol est piétinée, ce qui lutte contre l’embroussaillement, et permet aussi un contact intime entre les graines et le substrat. Quand le troupeau est un peu stressé, les sabots servent aussi à émietter le sol, ce qui facilite l’infiltration des pluies. L’urine piégée dans l’humus et la bouse sèche en surface font une réserve d’azote immédiatement disponible pour la germination et la croissance rapide dès la prochaine pluie. Et les cycles de mort/croissance des racines qui suivent les alternances broutage/croissance des feuilles nourrissent la vie du sol et l’enrichissent en humus.</p>
<p>Il est intéressant de constater que les bouses pleines de graines sur le sol se comportent comme les <a href="http://fr.ekopedia.org/Billes_de_graines">billes de graines</a> chères à <a href="http://fr.ekopedia.org/Fukuoka">Masanobu Fukuoka</a> : les graines ont une réserve d’azote à leur disposition pour pousser très vite lors de la prochaine pluie. Si vous avez déjà <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Zq2ia1gQxiM" class="broken_link">fait des billes de graines</a>, vous savez que ça prend un temps fou. Il est probablement illusoire d’imaginer reverdir tous les déserts en roulant des boules de graines à la main ou même en machine avec un épandage par avion. D’où l’intérêt d’avoir des bestiaux pour faire ça gratuitement.</p>
<h3>Surpâturage, densité et jachère</h3>
<p>Savory ne nie pas que le surpâturage dégrade les prairies, mais il refuse l’équation simpliste <em>surpâturage = trop d’animaux</em>. Le surpâturage, c’est quand la plante est broutée trop court, et surtout trop fréquemment, avant d’avoir pu reconstituer ses racines. Quand les préhominidés n’étaient pas encore les redoutables chasseurs qu’ils sont devenus, il faut imaginer dans les plaines des troupeaux encore plus nombreux que les bisons d’avant Buffalo Bill ou les gnous d’Afrique de l’est, qui ne sont que des vestiges de la biomasse sur pattes que ces écosystèmes pouvaient entretenir. Si les prairies de cette époque ne se sont pas désertifiées avant l’arrivée des hommes, c’est que l’évolution a prévu au moins deux mécanismes pour éviter le surpâturage malgré la pression permanente des herbivores :</p>
<ul>
<li>les prédateurs, les parasites, les mouches et les moustiques empêchent les troupeaux de rester trop longtemps au même endroit, ce qui limite l’intensité du pâturage</li>
<li>les bêtes n’aiment pas se nourrir dans leurs excréments, et donc ne reviennent au même endroit que quand les bouses ont été entièrement assimilées par le sol, ce qui limite la fréquence du pâturage.</li>
</ul>
<p>Quand il n’y a pas assez de bêtes et/ou qu’elles ne sont pas assez concentrées, le piétinement n’est pas suffisant, la terre n’est pas émiettée, les broussailles ne sont pas perturbées, et la prairie souffre. On croit bien faire en réduisant le nombre de têtes à l’hectare pour lutter contre le surpâturage et ménager la prairie, mais en fait on empire le mal : saison après saison, la prairie souffre par manque d’herbivores, le fourrage est moins abondant, et les rares herbes qui restent se retrouvent finalement surpâturées.</p>
<h3>Pâture tournante et effet de troupeau</h3>
<p>La conclusion d’Allan Savory est la suivante :</p>
<ul>
<li>ne pas laisser en jachère les prairies abîmées : pour ne pas devenir forêt ou désert, la prairie a au contraire besoin de <em>beaucoup</em> d’animaux.</li>
<li>assurer un programme de pâture tournante en faisant pâturer de petites parcelles seulement quelques jours et en n’y revenant que quand les herbes ont suffisamment repoussé. Allan Savory cite d’ailleurs souvent <a href="http://www.amazon.fr/productivite-lherbe-Andr%C3%A9-VOISIN/dp/2855570697">André Voisin</a> comme un grand inspirateur</li>
<li>ne pas chercher à éviter le piétinement, qui fait partie du cycle de vie de la prairie. Au contraire, en l’absence de prédateurs qui stressent et concentrent le troupeau, il est souvent insuffisant, et c’est à l’éleveur de susciter le phénomène en trouvant des façons de densifier le troupeau à certains moments, par exemple en le parquant la nuit.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.bustler.net/index.php/article/operation_hope_wins_2010_buckminster_full_competition/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/10/2010_buckminster_fuller_challenge_finalists_05.jpg" alt="" title="2010_buckminster_fuller_challenge_finalists_05" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-1150" /></a></p>
<p>Il a prouvé à maintes reprises en Afrique australe et dans le sud-ouest américain qu’on pouvait ainsi régénérer la prairie malgré les sécheresses récurrentes. L’herbe revient, le sol se couvre, puis se charge en humus, la faune sauvage explose, la nappe remonte, les mares s’assèchent moins vite et les ruisseaux se remettent à couler. Tout ça en produisant de la viande élevée à l’herbe, c’est-à-dire sans participer aux <a href="http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=656">dégâts de l’élevage industriel</a> au soja et maïs OGM qui détruit l’Amazonie et affame le monde.</p>
<p>Comme j’ai élu domicile dans un pays d’élevage bovin, ce plaidoyer pour la restauration des écosystèmes de prairie grâce à de grands troupeaux parle à mon chauvinisme adoptif. Bien que la région soit arrosée, l’été est très desséchant. Les sols sont acides et minces. Et si j’aime bien nos forêts de châtaigniers, j’aime aussi notre bocage qui ressemble à une Bretagne cévenole. Je ne voudrais pas perde ce paysage, son herbe et ses limousines (qui sont d’ailleurs de plus en plus souvent remplacées par des <a href="http://blog.deluxe.fr/wp-content/uploads/2008/11/bovins-race-aubrac.jpg">Aubrac</a>, qu’on croirait débarquées d’Afrique avec leurs cornes en lyre et leur kohl aux yeux).</p>
<p>Pour ceux qui entendent un peu l’anglais, je recommande vivement <a href="http://vimeo.com/8239427">la conférence mise en ligne sur vimeo</a> par <a href="http://www.feasta.org/">feasta.org</a>. Savory parle extrêmement clairement avec un accent anglais très pur, et les photos avant/après sont époustouflantes.</p>
<p>Le portrait d’Allan Savory ne s’arrête pas là : la prochaine fois, je vous parlerai de son “<a href="http://www.holisticmanagement.org/">Holistic Management</a>”.</p>
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		<title>L’homme qui plantait des arbres</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/lhomme-qui-plantait-des-arbres/</link>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 20:24:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je suis en vacances dans les Alpes du Sud pas très loin de l’endroit où Jean Giono situait l’action de sa nouvelle L’homme qui plantait des arbres, laquelle est devenue un mythe emblématique de l’écologie et un exemple parfait d’action permaculturelle. En publiant son texte dans le domaine public, Giono a d’emblée favorisé sa dissémination [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/lhomme-qui-plantait-des-arbres/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.fredericback.com/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/08/lhommequiplantaitdesarbres.jpg" alt="" title="l&#039;homme qui plantait des arbres, illustré par Frédéric Back" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-1082" /></a></p>
<p>Je suis en vacances dans les Alpes du Sud pas très loin de l’endroit où <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giono">Jean Giono</a> situait l’action de sa nouvelle <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres">L’homme qui plantait des arbres</a></em>, laquelle est devenue un mythe emblématique de l’écologie et un exemple parfait d’action permaculturelle. En publiant son texte dans le domaine public, Giono a d’emblée favorisé sa dissémination ; en entretenant le mystère autour du personnage du berger faisant revivre à lui seul toute une vallée désertifiée à force de patience et de ténacité, il suscite l’espoir des possibles et encourage les solutions simples, lente et locales telles que la permaculture les envisage.</p>
<p>Même si le texte a plutôt accompagné qu’engendré la prise de conscience collective, et même si les causes principales du reboisement sont probablement la déprise agricole et l’exode rural, j’aime cette histoire qui nous dit que le désert n’est pas irréversible.<span id="more-1080"></span></p>
<p>Un magnifique <a href="http://www.fredericback.com/cineaste/filmographie/lhomme-qui-plantait-des-arbres/index.fr.shtml">film d’animation</a>, narré par Philippe Noiret et primé aux Oscars, a été tiré de cette histoire par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Back">Frédéric Back pour Radio-Canada</a> en 1987. Si vous ne l’avez pas déjà vu, ça vaut vraiment le coup de se poser une demi-heure avec un thé et de se plonger dans la légende.</p>
<h3>L’homme qui plantait des arbres</h3>
<p><object width="450" height="339" class="center"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xuhkt?additionalInfos=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xuhkt?additionalInfos=0" width="450" height="339" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/xuhkt_1-l-homme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms">1 L’Homme plantait des arbres –Giono</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/Quarouble">Quarouble</a>. — <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/shortfilms">Court métrage, documentaire et bande annonce.</a></i></p>
<p><object width="450" height="339" class="center"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xuhqs?additionalInfos=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xuhqs?additionalInfos=0" width="450" height="339" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/xuhqs_2-l-homme-plantait-des-arbres-giono_shortfilms">2 L’Homme plantait des arbres –Giono</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/Quarouble">Quarouble</a>. — <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/shortfilms">Court métrage, documentaire et bande annonce.</a></i></p>
<p>On peut trouver le texte intégral <a href="http://arboretum.perso.ch/pla.htm">en cliquant sur ce lien</a>.</p>
<h3>Épilogue et explication de texte</h3>
<p>Apparemment, la prise de conscience de l’importance du reboisement dans les Alpes du Sud est bien antérieure à l’œuvre de Giono, puisque l’ouvrage fondateur d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Charles_Surell">Alexandre Surell</a> (<a href="http://books.google.fr/books?id=DVQDAAAAYAAJ&#038;ots=mnjZcC8neS&#038;dq=surell%20%C3%89tude%20sur%20les%20torrents%20des%20Hautes-Alpes%20.&#038;pg=PR3#v=onepage&#038;q&#038;f=false">consultable sur Google Books</a>) sur les torrents des Alpes a été publié en 1841.</p>
<p>En fouillant un peu, on peut trouver quelques autres articles fort intéressants qui font une belle toile de fond à l’histoire d’Elzéard Bouffier :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1923_num_11_1_5498">La légende du déboisement des Alpes</a>, par Félix Lenoble, Revue de géographie alpine. 1923</li>
<li><a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1933_num_42_237_10533">A propos du déboisement des Alpes du Sud</a>, par Thérèse Sclafert,  Annales de Géographie, 1933</li>
<li><a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1944_num_32_3_5064">Déboisement et reboisement dans les Préalpes françaises du Sud</a>, par Raoul Blanchard, Revue de géographie alpine, 1944</li>
<li><a href="http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/21479/RFF_1980_S_37.pdf?sequence=1">Les périmètres de reboisement dans les Alpes du Sud</a>, par A. Douguedroit, Revue Forestière Française, 1980</li>
<li><a href="http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/25964/RFF_1989_2_91.pdf?sequence=1">Restauration des terrains en montagne, du rêve à la réalité</a>, par F. Combes, Revue Forestière Française, 1989</li>
</ul>
<p>En tout cas, une chose est sûre : les Alpes du Sud reviennent de loin, et de là où j’écris, j’ai la vue sur une vaste forêt dans laquelle les feuillus gagnent peu à peu sur les conifères, à l’endroit où il y a cent cinquante ans il n’y avait plus qu’une pente pelée et ravinée si l’on en croit les photos.</p>
<p>Comme quoi, on peut vraiment <a href="http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/">reverdir le désert</a>.</p>
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		<item>
		<title>John Jeavons et la méthode biointensive</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/john-jeavons-et-la-methode-biointensive/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 08:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[personnes]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
		<category><![CDATA[biodynamie]]></category>
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		<category><![CDATA[maraîchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la saison 2010 au jardin, il me faut de vrais résultats. L’expérimentation tous azimuths, c’est bien, mais il faut aussi se souvenir que d’autres ont expérimenté avant moi, et que s’ils conseillent de faire les choses d’une certaine manière, c’est probablement parce que ça marche. La permaculture et l’agriculture naturelle sont un mode de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/john-jeavons-et-la-methode-biointensive/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.johnjeavons.info/index.html"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/04/howtogrowmorevegetables.jpg" alt="" title="howtogrowmorevegetables" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-886" /></a></p>
<p>Pour la saison 2010 au jardin, il me faut de vrais résultats. L’expérimentation tous azimuths, c’est bien, mais il faut aussi se souvenir que d’autres ont expérimenté avant moi, et que s’ils conseillent de faire les choses d’une certaine manière, c’est probablement parce que ça marche.</p>
<p>La permaculture et l’agriculture naturelle sont un mode de pensée, un cadre de conception, mais jamais un gage de réussite. Il faut imiter la nature, mais après quatre ans d’essais-erreurs, je vois bien que c’est loin d’être suffisant. De mes quelques réussites je tire une motivation intacte. Et de mes échecs nombreux je tire une profonde humilité, laquelle je vais essayer de mettre à profit cette année pour appliquer plus consciencieusement les conseils des autres.<span id="more-885"></span></p>
<p>Remontant aux sources de la permaculture, de l’agro-écologie, et de l’agriculture de synergie, j’ai décidé d’appliquer (quasi) à la lettre les conseils de <a href="http://www.johnjeavons.info/john-jeavons.html">John Jeavons</a> dans son manuel “<a href="http://www.amazon.fr/How-Grow-More-Vegetables-Fruits/dp/1580087965/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#038;s=english-books&#038;qid=1272311573&#038;sr=8-1">How to grow more vegetables</a>”, au moins dans le coin du jardin que je réserve à la production intensive. Intensive en rendement, intensive en soins, et intensive en vie. D’où son nom de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Biointensive">biointensive</a>.</p>
<p>En effet, l’inspiration principale de <a href="http://www.kokopelli.asso.fr/articles/j-jeavons.html" title="une intervention traduite en français">John Jeavons</a>, digne héritier d’<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Alan_Chadwick">Alan Chadwick</a>, provenait des jardins <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mara%C3%AEchers_(m%C3%A9tro_de_Paris)">maraîchers</a> qui nourrissaient Paris au XIXe siècle. Contraints par l’espace, mais riches du crottin des milliers de chevaux qui faisaient tourner Paris, les maraîchers de Montrouge, Châtillon, Montreuil, Aubervilliers, Saint-Denis, Noisy-le-sec, etc. avaient développé des méthodes de maraîchage sur <a href="http://www.jardinier-amateur.fr/reportages-jardin/qu_est_ce_qu_une_couche_chaude_au_jardin,196.html">couche chaude</a> dont les rendements à l’hectare sont réellement ahurissants. A la suite d’Alan Chadwick, et inspiré par la biodynamie (mais sans les grigris), Jeavons remplace le crottin de cheval des maraîchers d’antan par du compost issu des végétaux produits sur place.</p>
<p>Les caractéristiques principales de la méthode biointensive sont les suivantes :</p>
<ul>
<li>Culture sur buttes double-bêchées. Une fois établie, la structure peut se maintenir pendant plusieurs années.</li>
<li>Utilisation de grandes quantités de compost issu des végétaux produits sur place.</li>
<li>Plantations serrées, comme dans la nature.</li>
<li>Associations de plantes mutuellement bénéfiques.</li>
<li>Céréales sur environ 60% des buttes pour produire la paille et donc l’apport en carbone du compost.</li>
<li>Cultures qui produisent un maximum de calories par unité de surface (patates, poireaux, panais) sur 30% des buttes</li>
<li>Variétés anciennes et non pas des hybrides ou des clones</li>
<li>Système intégré, avec ses rotations pour continuellement accroître la fertilité</li>
</ul>
<h3>Double-bêchage</h3>
<p>Tout commence par un <a href="http://www.arpentnourricier.org/double-bechage-pour-buttes-autofertiles/">double-bêchage</a> du sol des buttes, en tâchant de ne pas inverser la couche superficielle et la couche profonde. Jeavons conseille de répandre une couche de 3 centimètres de compost avant de commencer le travail, de façon à ce qu’il se retrouve incorporé dans la première épaisseur. Je vous renvoie vers l’excellent article du <a href="http://senshumus.wordpress.com/2009/01/30/principes-et-pratique-de-la-micro-agriculture-biointensive/">Sens de l’Humus</a> pour savoir mener ce double-bêchage. Au passage, l’article fournit de bons arguments pour se convaincre que ce travail du sol initial n’est pas contraire à l’esprit de la permaculture. Pour des schémas de principes, essayez la requête “<a href="http://images.google.fr/images?q=double-dig%20raised%20beds&#038;oe=utf-8&#038;rls=com.ubuntu:en-US:unofficial&#038;client=firefox-a&#038;um=1&#038;ie=UTF-8&#038;source=og&#038;sa=N&#038;hl=fr&#038;tab=wi">double dig raised beds</a>” dans google images.</p>
<h3>Ingrédients pour le compost</h3>
<p>Jeavons prévoit ses cultures pour produire dans son jardin la totalité des ingrédients nécessaires à son compost. D’où la recommandation de faire pousser une grande proportion de céréales, afin de disposer de beaucoup de paille. Comme il faut toujours que je discute les conseils des professeurs, je me permettrai d’aller faire pousser mes céréales en bas du jardin, puisqu’elles demandent beaucoup moins d’attention que les légumes. Comme ça je libère de la place dans la “<a href="http://madeinearth.wordpress.com/2010/03/27/les-zones-en-permaculture/">Zone I</a>”.</p>
<h3>Compostage</h3>
<p>Le compost dans la méthode biointensive est fait très consciencieusement. J’ai déjà fait un <a href="http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/">tas de compost</a> de façon consciencieuse, et je trouve que c’est beaucoup de travail. Je serais plus tenté de faire comme <a href="http://www.arpentnourricier.org/portrait-emilia-hazelip/">Emilia Hazelip</a> et m’écarter de la méthode de Jeavons en pratiquant le compostage ‘de surface’ où l’on se contente de laisser les déchets de cuisine et la paille à même le sol. Toutefois, je vais m’efforcer de produire consciencieusement assez de compost pour au moins deux ou trois buttes qui soient gérées comme le conseille Jeavons.</p>
<h3>Fertilisation</h3>
<p>Jeavons préconise d’amender initialement le sol avec certains apports selon les éventuelles carences. Dans mon cas, il s’agira sûrement d’apporter du Calcium, puisque la terre d’ici est assez acide (un peu comme en Bretagne). Heureusement, avec tous les vieux enduits à la chaux que j’ai piqués pour rénover ma maison, j’ai une bonne réserve de calcaire pour chauler mes buttes.</p>
<h3>Semis et plantation</h3>
<p>Jeavons fait le maximum de semis en caissettes, afin d’optimiser l’utilisation des buttes (il démarre même les carottes en caissettes et les repique quand elles sont assez petites, genre la première vraie feuille à peine visible). Dans la mesure du possible, j’utiliserai des <a href="http://berthier.jeremy.free.fr/semis%205.jpg">plaques alvéolées</a> à la place, mais le principe reste le même. De la sorte, le temps que les graines germent puis que les plants grandissent en godets, le terrain est occupé par une culture précédente. Je zapperai sur les pages qui précisent quand semer quoi selon les <a href="http://www.arpentnourricier.org/la-lune-au-jardin-cest-bidon-et-pourtant/">phases de la Lune</a>. D’abord parce que ça complique encore davantage le calendrier, et ensuite parce que lui-même précise que c’est controversé et facultatif.</p>
<h3>Plans de culture</h3>
<p>Le coeur du livre, ce sont les plans, les rotations et les calendriers détaillés pour les buttes, commençant avec dix mètres carrés la première année, puis montant en puissance d’année en année jusqu’à un jardin de 130 m² nourrissant une famille de quatre personnes. Rappelons que sur le total, environ 80m² sont en céréales, et encore 20m² en patates. Le plus précieux est probablement le tableau qui recense une longue liste de légumes avec les rendements attendus et donc l’espace à y consacrer. Ca m’évitera d’avoir dix fois trop de persil et dix fois pas assez de carottes.</p>
<p>Voilà. Je vais choisir l’un de ses schémas de plantation, et j’essaierai de m’en inspirer le plus possible. J’espère en tirer une meilleure compréhension du jardin, qui pourra ensuite me servir pour concevoir le mien avec moins de risques d’échec.</p>
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		<title>Re : reverdir le désert</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 08:28:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[personnes]]></category>
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		<category><![CDATA[désert]]></category>
		<category><![CDATA[expérience]]></category>
		<category><![CDATA[oasis]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai toujours été gêné par la permaculture présentée comme un système de conception avec souvent de beaux schémas de principe, mais pas tellement de retours d’expérience. On démarre un jardin, on construit un bassin, on plante des arbres, mais il n’y a pas tellement de gens qui reviennent nous voir ensuite pour nous dire ce [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/archive/1/19/20090621103844!Geoff_Lawton_1.jpg" rel="lightbox[739]" title="geoff lawton, famous permaculture designer and teacher"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/geoff_lawton.jpg" alt="geoff lawton, famous permaculture designer and teacher" title="geoff lawton, famous permaculture designer and teacher" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-740" /></a></p>
<p>J’ai toujours été gêné par la permaculture présentée comme un système de conception avec souvent de beaux schémas de principe, mais pas tellement de retours d’expérience. On démarre un jardin, on construit un bassin, on plante des arbres, mais il n’y a pas tellement de gens qui reviennent nous voir ensuite pour nous dire ce qui marche vraiment, ce qui n’est qu’accessoire, et ce qui a complètement foiré.</p>
<p>Geoff Lawton a eu le courage de retourner sur le site jordanien où avait été ‘tournée’ la séquence <a href="http://www.arpentnourricier.org/reverdir-le-desert/">Reverdir le Désert</a> (Greening the Desert). <span id="more-739"></span>Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents : Geoff a appliqué les principes de conception permaculturelle à un bout de désert aride et salinisé au bord de la Mer Morte. Grâce à un réseau de noues/baissières/rigoles/swales le long des courbes de niveau, grâce à un paillage de 50 cm d’épaisseur, grâce au compostage, grâce à l’utilisation des différents étages de végétation, grâce aux associations de plantes, les gens du projet ont réussi en quelques années à créer une oasis d’arbres fruitiers à partir de rien.</p>
<p>Neuf ans plus tard, Geoff revient sur le site, et on découvre que l’oasis est encore là, alors que ça fait cinq ans que le projet n’est plus financé, et que personne ne s’en occupe vraiment. Les chèvres en liberté saccagent les étages inférieurs, il n’y a plus de paillage, les locaux ont recommencé à brûler les déchets végétaux et à labourer le sol.</p>
<p>Et pourtant, l’oasis est toujours là, et en creusant un peu, on trouve de l’humus presque humide même à la fin de l’été. La déception fait alors place à un immense espoir : connaissez-vous une autre forme d’agriculture qui aurait réussi à perdurer après cinq années d’abandon sous ce climat ?</p>
<p>Le film <a href="http://permaculture.org.au/2009/12/11/greening-the-desert-ii-final/">Greening the Desert II</a> fait le point sur cette expérience, puis présente les nouveaux projets de la permaculture au Proche-Orient. Il est disponible en streaming sur le<a href="http://permaculture.org.au"> site de Geoff Lawton</a>, ou bien (maintenant avec les sous-titre en français si on clique sur le bouton CC) sur <a href="http://youtu.be/reCemnJmkzI">youtube</a>. Il est aussi <a href="http://vimeo.com/7658282">téléchargeable</a> (35 minutes, 900 Mo, tout de même).</p>
<blockquote><p>On peut régler tous les problèmes du monde dans un jardin. <small>Geoff Lawton</small></p></blockquote>
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		<title>Faut-il tous avoir des enfants ?</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/faut-il-tous-avoir-des-enfants/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/faut-il-tous-avoir-des-enfants/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 21:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[personnes]]></category>
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		<category><![CDATA[malthusianisme]]></category>
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		<category><![CDATA[modèle culturel]]></category>

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		<description><![CDATA[La question de la démographie est au coeur du questionnement de la permaculture. Voici une première réflexion, initialement publiée en anglais sur www.wisemandarine.com. Il y en aura d’autres. Préambule Il y a quelques années, j’ai été le témoin d’un échange qui a opposé mon beau-frère et sa cousine. La jeune mère qui venait d’accoucher de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/faut-il-tous-avoir-des-enfants/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2010/01/simpsons_couch3.png" alt="Stéréotype de la famille occidentale" title="Stéréotype de la famille occidentale" width="450" height="250" class="aligncenter center size-full wp-image-723" /></p>
<p>La question de la démographie est au coeur du questionnement de la permaculture. Voici une première réflexion, initialement publiée en anglais sur <a href="http://www.wisemandarine.com/should-we-all-have-children/">www.wisemandarine.com</a>. Il y en aura d’autres.</p>
<h3>Préambule</h3>
<p>Il y a quelques années, j’ai été le témoin d’un échange qui a opposé mon beau-frère et sa cousine. La jeune mère qui venait d’accoucher de son troisième enfant a dû glisser dans la conversation une allusion au célibat de mon beauf qui aurait bientôt quarante ans, et à son manque d’empressement à vouloir fonder une “vraie famille”. L’accusé a très justement rétorqué (en substance) que le modèle culturel de la famille occidentale “normale” avec trois enfants était en train de contribuer au saccage de la planète, et qu’en termes d’empreinte écologique, avoir des enfants était comparable à rouler en 4x4.<span id="more-721"></span></p>
<h3>Y a-t-il réellement un désir d’enfant ?</h3>
<p>Quand la pilule est arrivée sur le marché dans les années 70, toute une frange conservatrice a craint de voir les couples cesser tout bonnement d’avoir des enfants. Au-delà de l’angoissante question de savoir comment les femmes allaient occuper leur temps si elles pouvaient choisir de ne plus être mères, c’était ni plus ni moins que le futur de l’humanité dont il était question. Parce que sérieusement, qui voudrait avoir des enfants ? Jusque-là, on les avait supportés comme la conséquence inopportune de l’activité sexuelle, mais à moins d’être fou, qui choisirait délibérément une telle calamité ?</p>
<p>En France, après un creux à la fin du vingtième siècle, les chiffres de natalité ont réaugmenté, à tel point que la décennie 2000 a été décrite par certains comme un nouveau baby boom. Les parents d’aujourd’hui n’ont pas connu cette époque pas si éloignée où les enfants pouvaient simplement “arriver”. Et pourtant ils continuent à en avoir. Essayons de comprendre ce qui peut bien leur passer par la tête.</p>
<h3>Le désir d’enfants n’est pas d’origine biologique</h3>
<p>Je crois qu’au niveau biologique, il n’existe pas de désir d’enfant indépendamment du désir sexuel. Je ne peux pas le prouver, je m’appuie simplement sur la théorie de l’évolution. Je constate que le désir sexuel suffisait pour garantir que des enfants seraient conçus. L’existence d’un désir d’enfants séparément du désir sexuel n’aurait offert aucun avantage sélectif, donc son existence est improbable. La situation serait différente si nous étions tous exclusivement homosexuels : seul un très fort désir d’avoir des enfants pourrait sauver l’espèce. Toutefois, ce n’est pas le cas.</p>
<p>Il est indéniable qu’une fois qu’un enfant naît, il lui faut beaucoup de soins et d’attention jusqu’à ce qu’il puisse se débrouiller tout seul. Donc l’évolution a bien dû s’assurer qu’on aimerait nos enfants une fois qu’on les a. Mais je ne crois pas que cet amour débordant pour les enfants qu’on a pourrait se muer en souhait d’avoir des enfants afin qu’on puisse avoir ce bonheur de les aimer une fois qu’on les a. La pensée rationnelle peut emprunter un chemin tordu comme celui-ci, mais pas un instinct biologique.</p>
<p>Si le désir sexuel est le seul mécanisme par lequel notre espèce assure sa perpétuation, alors la contraception aurait dû sonner le glas de l’humanité. Et pourtant nous continuons à avoir des enfants. C’est la preuve qu’un désir d’enfants existe : s’il n’est pas biologique, alors il est culturel, ou bien rationnel.</p>
<h3>Le poids des références culturelles</h3>
<p>En la matière, les références culturelles jouent certainement un rôle très important. Elles ont souvent l’apparence de lois universelles, alors qu’elles ne sont simplement que des habitudes et des pratiques arbitraires, souvent même pas très anciennes. Quand on approche de l’échéance des trente ans (et pire encore quand on l’a dépassée), les parents, les grand-parents, les amis, les collègues, tous se comportent comme s’ils mouraient d’envie de vous demander quand (pas ‘si’) vous avez l’intention d’avoir des enfants — quand ils ne le demandent pas carrément. Comme s’il n’y avait pas d’autres questions importantes dans la vie : “quand allez-vous visiter Venise ?”, “quand reprendras-tu ton travail de thèse ?”, “Quand referas-tu cette inoubliable confiture de mirabelles ?”. Non. La seule chose qu’on attend d’un jeune couple, c’est des enfants. Plus tard si vous voulez, mais des enfants quand-même.</p>
<p>La pression de l’entourage devient insupportable quand la majorité de vos amis et collègues sont maintenant parents et que toutes les discussions tournent rapidement autour des bronchiolites, les nuits de sommeil, et des premiers mots.</p>
<p>Il faut beaucoup de lucidité pour ne pas se faire piéger et croire qu’avoir des enfants est le seul grand projet d’une vie et que tout le reste n’est là que pour contribuer à cette noble quête : l’amour (d’un partenaire avec qui avoir des enfants), un travail (pour nourrir lesdits enfants), une maison (pour abriter les enfants). Pourquoi tant de couples divorcent-ils à 50 ans, quand les enfants sont grands ? C’est simplement parce que le projet principal est terminé — pas besoin de maintenir l’équipe projet…</p>
<h3>Raisons rationnelles (oui, c’est un pléonasme)</h3>
<p>On peut aussi invoquer des motivations rationnelles pour avoir des bébés. Par exemple, on peut choisir d’être ceux qui contribuent à la survie de l’espèce (pas de risques à ce niveau). Ou bien on peut se convaincre qu’une pyramide des âges équilibrée est un mal nécessaire pour maintenir la santé de l’économie (et de nos retraites). On peut décider d’avoir des enfants parce qu’on est certain(e) qu’engendrer, abriter puis nourrir une nouvelle vie est une expérience d’initiation mystique vitale pour son propre épanouissement. Ou bien on pourrait être tenté d’en passer par là pour profiter des sièges et des places de parking réservés aux femmes enceintes. Personnellement, une des raisons d’avoir des enfants est que ça justifie l’égoïsme (dans nos cultures). Si nous étions un couple sans enfants, ma conscience ne me laisserait jamais en paix si je ne consacrais pas l’essentiel de mon énergie à soulager la misère du monde. Mais quand on a des enfants, alors c’est tout à fait normal et acceptable de ne se consacrer qu’à sa famille, de construire une chouette maison pour garder les siens au chaud, et travailler un chouette potager pour leur faire du ketchup maison.</p>
<p>On constate qu’en fait, toutes ces raisons soi-disant rationnelles sont inextricablement amalgamées au minerai culturel environnant.</p>
<h3>Pourtant, il nous faut faire moins d’enfants</h3>
<p>Pour nous-autres écolos occidentaux, il semble évident qu’il faille accepter de réduire notre train de vie et notre confort afin de laisser une chance à la planète. Mais les chinois ne sont pas tous de cet avis. Ils pourraient faire remarquer qu’on peut choisir n’importe quel niveau de confort si l’on réduit la démographie en proportion. Et comme c’est justement ce qu’ils ont fait, ils peuvent sans honte exiger un partage plus avantageux dans la transition qui nous attend.</p>
<p>Plus on est de fous, et moins il y a de riz : si notre population continue de croître, il nous faudra renoncer toujours plus à notre style de vie, rendant la transition de moins en moins acceptable pour nous les nantis qui croient que tout leur est dû. Je crois donc qu’il nous faut non seulement changer notre style de vie (en gros : rouler en vélo, chauffer moins de pièces, manger moins de viande et arrêter l’avion), mais aussi changer le modèle culturel de la famille, afin de pouvoir inverser la tendance démographique.</p>
<h3>Modèles culturels alternatifs</h3>
<p>Si l’on veut inverser la croissance démographique, il faut favoriser un modèle culturel dominant dans lequel il y a moins d’enfants. Devons-nous faire comme la Chine et imposer l’enfant unique ? Je ne pense pas que ça soit une bonne chose. C’est déjà beaucoup que d’avoir un milliard d’humains qui ont une mentalité d’enfant unique, qu’est-ce que ça serait avec six ou sept milliards ?</p>
<p>Peut-on trouver un modèle culturel stable (certains diraient un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8me">mème</a>) dans lequel les gens se verraient divisés en deux catégories, ceux qui ont deux enfants ou davantage, tandis que tous les autres resteraient sans enfants ? On pourrait faire une sorte de loterie lors des mariages : “Félicitations, vous venez de gagner le droit de faire … (roulement de tambour) … sept enfants !” Ou alors on ferait jouer le merveilleux pouvoir du marché : chaque adulte majeur reçoit un coupon pour un demi-enfant, mais chaque couple n’a le droit de démarrer la conception que lorsqu’ils ont réussi à racheter deux coupons de demi-bébés à un couple moins motivé ou moins riche (pour qu’il n’y ait pas d’enfants uniques, voir plus haut). Ou alors une forme de “Loi Salique” : seul l’aîné dans chaque famille a le droit d’avoir des enfants.</p>
<p>Tout ceci est vaguement rigolo, mais peut-on trouver un modèle culturel moralement acceptable ? Ne peut-on pas tout simplement décréter qu’un couple normal est un couple sans enfants, et évacuer de notre paysage culturel le stéréotype de la famille avec deux ou trois enfants ? Alors, seuls des hommes et des femmes passionnés d’enfants choisiraient de consacrer leur vie à élever six à dix marmots, à contre-courant de la culture ambiante et des références médiatiques.</p>
<p>Oui, mais il y a un gros problème dans ce schéma. Tous les enfants, par construction, naîtraient et grandiraient dans une famille nombreuse — donc pour chaque enfant, le modèle normal serait celui de la famille nombreuse, quand bien même sa famille aurait été une exception culturelle dans un monde dominé par des couples sans enfants. Voilà un effet de distorsion culturelle fort fâcheux.</p>
<p>Ansi, par un simple mécanisme évolutionniste, les couples sans enfants n’arrivent pas à transmettre leur modèle culturel à la génération suivante, tandis que le modèle de la famille nombreuse s’y trouve surreprésenté. Cela prouverait qu’il n’existe pas de modèle culturel stable et moralement juste dans lequel certains ont des enfants (plus qu’un) et d’autres non. Donc le modèle chinois de l’enfant unique est la seule solution… Et tant pis pour la mentalité d’enfant unique.</p>
<h3>Pas si sûr…</h3>
<p>Il y a une hypothèse implicite dans toute la discussion jusqu’ici : le modèle de la famille nucléaire, organisé autour du couple avec ou sans enfants. C’est pourtant une création culturelle assez récente qu’on peut tout-à-fait remettre en cause. Que se passerait-il si l’on élargissait la famille en la basant non pas sur les parents, mais sur les grands-parents ou les arrière-grands-parents ? La bonne vieille structure de clan de la famille étendue, malgré les conflits et les tyrannies internes, serait peut-être un bon modèle. Une poignée de cousins et cousines vivrait ensemble parmi leurs nombreux parents, grands-parents, oncles et tantes, chacun étant enfant unique, mais tous grandissant dans une smala où l’on peut apprendre les relations sociales et les vertus du partage.</p>
<p>Avec les temps troublés qui se préparent, des structures familiales plus larges avec une solidarité étendue et des possibilités de reconfiguration plus nombreuses pourrait bien constituer un environnement plus stable pour élever des enfants.</p>
<p>Et si nos familles sont trop éparpillées, rien n’empêche de s’inventer une famille avec ses voisins.</p>
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		<title>Portrait : Laurence Hutchinson</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 21:47:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici la suite de ma série de portraits. Je vais vous parler de Laurence Hutchinson. Que je connais personnellement, puisque c’est maintenant un ami, et un voisin qui habite à une grosse heure de vélo de chez moi (un jour j’aurai le courage d’y aller en vélo). Le bonhomme et son parcours C’est surtout l’auteur [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/portrait-laurence-hutchinson/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.eauxstgeorges.fr/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/11/truite-saint-georges.jpg" alt="affiche publicitaire pour les eaux de saint georges" title="affiche publicitaire pour les eaux de saint georges" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-640" /></a></p>
<p>Voici la suite de ma série de portraits. Je vais vous parler de Laurence Hutchinson. Que je connais personnellement, puisque c’est maintenant un ami, et un voisin qui habite à une grosse heure de vélo de chez moi (un jour j’aurai le courage d’y aller en vélo).</p>
<h3>Le bonhomme et son parcours</h3>
<p>C’est surtout l’auteur de l’ouvrage central sur le sujet de l’aquaculture naturelle. <span id="more-639"></span>Le livre <a href="http://www.permanent-publications.co.uk/publications_2.htm" title="Ecological Aquaculture, a sustainable solution">Ecological Aquaculture</a>, édité par <a href="http://www.permanent-publications.co.uk/about.htm" title="le site de la petite maison d'édition">Permanent Publications</a> de <a href="http://permaculturemagazineeditorial.blogspot.com/" title="le blog de Maddy Harland">Maddy Harland</a>, déborde de détails techniques, d’expertise, de réflexion mûrie sur la façon d’élever des truites ou des écrevisses sans acheter d’aliments. Toutes proportions gardées, le parcours de Laurence Hutchinson m’évoque celui de <a href="http://fukuokafarmingol.info/fintro.html" title="Site de référence sur l'agriculture du non-agir">Masanobu Fukuoka</a> : son père était dans l’industrie pétrolière, et Laurence m’a décrit la pêche à la truite comme un ancrage psychologique parmi toutes les pérégrinations de sa famille. C’est sa passion pour la truite et pour son milieu naturel qui l’a conduit à se démarquer fortement de la pratique industrielle de la pisciculture. Et dans les années 80, cette position à contre-courant (peut-être une posture inspirée des salmonidés) devait être encore plus difficile à tenir qu’aujourd’hui. </p>
<p>En observant les liens et les interactions dans un écosystème aquatique naturel, il a peu à peu proposé un modèle d’aquaculture soutenable et écologique, qui rend à la rivière une eau plus propre qu’il lui a pris, tout en produisant des poissions en pleine santé et au goût incomparable. Sans se réclamer au départ de la permaculture ni de ses pères, Laurence a suivi la même démarche, et abouti à un système qui représente une hérésie pour celui qui est persuadé que les poissons doivent grandir entassés dans des <a href="http://www.lacsdespyrenees.com/piscicultures/Pisciculture_Cauterets_012.jpg" title="bassins de pisciculture intensive">bassins en béton</a> en mangeant de la farine de poisson additionnée d’antibiotiques ; qui ressemble à une évidence naturelle pour qui n’a justement pas l’expérience de l’aquaculture industrielle ; et qui s’impose comme une révélation pour celui rêve d’établir un système d’aquaculture écologique mais ne sait pas par où commencer.</p>
<p>L’homme est discret. C’est au détour d’une discussion presque un an après notre première rencontre que j’ai découvert que derrière l’homme discret se cachait un écologiste convaincu, un pilier de la permaculture, et un spécialiste intransigeant. Cette intransigeance, il l’a appliquée à lui-même dès le début de son projet. Contrairement aux conseils de <a href="http://www.patrickwhitefield.co.uk/" title="le site de Patrick Whitefield">Patrick Whitefield</a> dans <a href="http://www.bookdepository.co.uk/book/9781856230216/The-Earth-Care-Manual" title="la bible de la permaculture pour les pays tempérés">The Earth Care Manual</a>, il n’a pas choisi un poisson facile comme la carpe, qui tolère les eaux stagnantes, qui est essentiellement herbivore, et qui supporte des variations de température importantes. Il a d’emblée choisi le poisson le plus exigeant (mais selon lui, le meilleur) : la truite. Qui a besoin d’une chaîne alimentaire complète pour se nourrir de petits crustacés, d’insectes, de petits poissons, et de plantes ; qui ne supporte pas l’eau chaude, ni même tiède ; qui a besoin d’une eau parfaitement claire et oxygénée ; qui accumule les métaux lourds et autres produits chimiques lipo-solubles. Il le dit lui-même : en choisissant le plus difficile, il avait l’assurance qu’une fois mis au point, son système pourrait s’adapter à tous les autres poissons.</p>
<h3>Les grands principes</h3>
<p>Et son système semble au point (au contraire, dit-il, de celui de <a href="http://video.google.fr/videoplay?docid=235437896615994763&#038;ei=9VYIS9CIN9Cr-Aats8iPDg&#038;q=sepp+holzer&#038;hl=fr&#038;client=firefox-a" title="Une vidéo en anglais sur l'aquaculture au Krameterhof de Sepp Holzer">Sepp Holzer</a> qui lui apparaît assez peu crédible — querelle de spécialistes ? je ne sais pas en juger). Ce qui m’a le plus plu dans son livre, c’est son chapitre ‘maladies’ quasi-inexistant, se démarquant de la plupart des livres sur l’aquaculture. Laurence a eu si peu de soucis sanitaires dans ses réalisations qu’il est convaincu qu’une bonne partie de la science vétérinaire piscicole n’a pas d’utilité quand les poissons vivent dans un environnement naturel.</p>
<p>Il faut une ressource en eau douce (le plus souvent un ruisseau), une série de bassins ayant des caractéristiques différentes, les premiers pour purifier l’eau et stabiliser le pH au moyen de seuils filtrant en pierre calcaire, les suivants pour favoriser les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Daphnie" title="article wikipedia sur les daphnies">daphnies</a> et d’autres microcrustacés dont se nourriront les truites, et les derniers pour les truites à différents stades. Tous ces bassins sont des bassins naturels. Les nutriments viennent de l’eau si le ruisseau est (trop) riche, ou bien des arbres avoisinants dont les feuilles en décomposition nourrissent le plancton. On peut aussi intégrer dans ces bassins une production de plantes aquatiques comestibles comme les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2taigne_d%27eau_chinoise" title="article wikipedia sur les chataignes d'eau">chataîgnes d’eau</a> ou le cresson qui se chargeront de réduire le niveau de nutriments dans l’eau, donc contrôler le développement des algues qui <a href="http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/ecosys/eutrophisat.html" title="définition de l'eutrophisation sur une page du CNRS">confisquent l’oxygène</a> au reste de la chaîne alimentaire.</p>
<h3>Contrôle de la pollution</h3>
<p>Comme l’installation est tributaire d’une ressource en eau extérieure, il est important de pouvoir se protéger des épisodes de pollution. Laurence a mis au point un détecteur électronique de résistivité de l’eau (qui marche sur alimentation 12V et consomme quasiment rien, vu que l’eau est très peu conductrice). Toute présence de substances solubles apporte des ions, abaissant la <a href="http://grenoble.eau.pure.free.fr/eaupure.htm" title="analyse de l'eau pure">résistivité de l’eau</a>, et en-deçà d’un certain seuil ça déclenche une alarme, qui peut servir à couper automatiquement l’alimentation des bassins ou vous biper pour que vous veniez le faire à la main. Apparemment, le système est très sensible. J’ai demandé à Laurence s’il n’était pas inquiet que des niveaux de pollution chroniques subliminaux finissent par s’accumuler dans sa chaîne alimentaire. Le noeud de son argumentaire est que la pollution aux pesticides est essentiellement épisodique et accidentelle. Avec des taux suffisamment élevés pour être détectés par son système, et sur des durées suffisamment courtes pour qu’on puisse interrompre l’alimentation en eau des bassins. J’ai tendance à être d’accord avec lui si on se situe assez haut dans le bassin versant. Il y aura peu d’exploitants ou d’industries en amont, et les épisodes de pollution resteront ponctuels et “aigus”. En plus, Laurence a systématiquement cherché à se faire connaître et à établir des liens avec ses voisins de l’amont. Quelques truites en cadeau de temps en temps sont une bonne garantie que l’agriculteur redoublera de prudence lors des traitements. En revanche, si l’on est en bord de Garonne après Moissac ou au bord du Rhône après Valence, il y a tellement de pollueurs en amont que la pollution est permanente (quoique certainement saisonnière en ce qui concerne les pesticides), avec peu de pics clairement identifiables et un niveau constant probablement trop élevé pour espérer échapper à la bioaccumulation des saloperies dans nos truites.</p>
<h3>Et à plus petite échelle ?</h3>
<p>Ce qui m’a amené à poser la question d’un système d’aquaculture à l’échelle familiale, utilisant l’eau de pluie et les eaux grises. Laurence évoque la possibilité à quelques endroits dans son livre, mais clairement son système est pensé pour une échelle commerciale (genre une “AMAP truites” ou pour les restaurants). Je travaillerai le sujet, certainement avec Laurence, et je vous dirai (mais ça risque de pas être pour tout de suite). Si vous avez des tuyaux, je suis preneur…</p>
<h3>Autres lectures</h3>
<p>Une <a href="http://transitionculture.org/essential-info/book-reviews/ecological-aquaculture-2005/" title="ecologicl aquaculture sur transitionculture.org">critique du livre</a> par <a href="http://transitionculture.org/about/" title="le blog de Rob Hopkins">Rob Hopkins</a><br />
Le <a href="http://www.ecological-aquaculture.co.uk/home.cfm" title="freshwater solutions">site (commercial)</a> de Laurence Hutchinson<br />
Le livre, en vente sur <a href="http://www.bookdepository.co.uk/book/9781856230322/Ecological-Aquaculture" title"Ecological Aquaculture, par Laurence Hutchinson">The Book Depository</a><br />
Des extraits sur <a href="http://books.google.fr/books?id=DWLfqUyUS2cC&#038;lpg=PP1&#038;ots=eHXSC6r4kB&#038;dq=ecological%20aquaculture&#038;pg=PA3-IA2#v=onepage&#038;q&#038;f=false">Google Books</a><br />
La photo est tirée d’une campagne d’affichage par la société des <a href="http://www.eauxstgeorges.fr/" title="société des eaux de saint-georges">Eaux de Saint-Georges</a> qui vend de l’eau en bouteille en Corse. Je l’ai trouvée particulièrement frappante (et juste, vu la <a href="http://www.oec.fr/catalog_repository/uploads/24/qualite.pdf">qualité des eaux en Corse [PDF]</a>). Et j’aimerais en offrir un exemplaire papier à Laurence à Noël (quelqu’un sait comment on fait ?)</p>
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		<title>Différences entre un muret et une haie</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 19:18:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les différences entre un muret et une haie : une haie à l’abandon grandit alors qu’un muret non entrenu s’effondre l’eau nourrit la haie tandis qu’elle sape le muret il faut beaucoup moins de travail pour planter une haie que pour monter un muret et selon le temps que vous avez, il se peut même [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/differences-entre-un-muret-et-une-haie/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/3225493200/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/01/erosion-muret2.jpg" alt="erosion-muret" title="erosion-muret" width="450" height="250" class="center" /></a></p>
<p>Les différences entre un muret et une haie :</p>
<ul>
<li>une haie à l’abandon grandit alors qu’un muret non entrenu s’effondre</li>
<li>l’eau nourrit la haie tandis qu’elle sape le muret</li>
<li>il faut beaucoup moins de travail pour planter une haie que pour monter un muret</li>
<li>et selon le temps que vous avez, il se peut même que la haie pousse plus vite que le muret ne se monte</li>
</ul>
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		<title>soilandhealth.org : la bibliothèque au bout du monde</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Sep 2009 14:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je continue d’organiser la production de l’arpent nourricier en proposant une nouvelle rubrique périodique qui alternera avec les portraits : une semaine sur deux, si tout va bien, je ferai un court article pour partager une ressource internet de qualité autour du thème de la permaculture. Cette semaine, je vous ouvre les portes d’une fabuleuse [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/soilandhealthorg-la-bibliotheque-au-bout-du-monde/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/sashodasho/1911713369/sizes/o/"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/09/tasmania_by_sasho_on_flickr.jpg" alt="tasmania by sasho on flickr" title="tasmania by sasho on flickr" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-578" /></a></p>
<p>Je continue d’organiser la production de <a href="http://www.arpentnourricier.org/">l’arpent nourricier</a> en proposant une nouvelle rubrique périodique qui alternera avec les <a href="http://www.arpentnourricier.org/category/personnes/">portraits</a> : une semaine sur deux, si tout va bien, je ferai un court article pour partager une <a href="http://www.arpentnourricier.org/category/ressources/">ressource</a> internet de qualité autour du thème de la permaculture.</p>
<p>Cette semaine, je vous ouvre les portes d’une fabuleuse bibliothèque au bout du monde.<span id="more-577"></span> The <a href="http://www.soilandhealth.org/">Soil and Health Library</a> est une petite bibliothèque perdue au fin fond de la Tasmanie — un des berceaux de la pemaculture, étrange coïncidence — doublée d’un site internet qui ne paie pas de mine et qui pourtant est une vraie mine d’or (pour ceux qui lisent l’anglais).</p>
<p>Le site rassemble des dizaines de livres qui sont dans le domaine public ou qui sont épuisés, la loi australienne autorisant les bibliothèques à diffuser des copies de livres épuisés. On y trouvera des ouvrages fondateurs de <a href="http://www.soilandhealth.org/03sov/0303critic/0303socialcriticism.html">critique sociale</a> (je recommande les écrits de Ralph Borsodi qui datent de la crise de 1929 et qui sonnent si actuels), des livres passionnants sur <a href="http://www.soilandhealth.org/03sov/0302hsted/0302homested.html">l’autonomie alimentaire familiale</a> (comment traduiriez-vous <em>homesteading</em> en français ?), et une somme de connaissances en <a href="http://www.soilandhealth.org/01aglibrary/01aglibwelcome.html">agriculture biologique</a>, probablement la pointe du savoir agronomique avant que cette branche soit éclipsée par l’agrochimie de la deuxième moitié du XXe siècle (j’ai l’intention de lire rapidement les livres de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lady_Eve_Balfour">Lady Eve Balfour</a>, fondatrice de la <a href="http://www.soilassociation.org/">Soil Association</a>).</p>
<p>Le tout est gratuit, bien que vous puissiez choisir de devenir bienfaiteur à vie en faisant un don unique de 10€ par paypal.</p>
<p>En quelque sorte, the <a href="http://www.soilandhealth.org">Soil and Health Library</a> est une université de remise à niveau pour réapprendre ce que nous avons désappris, et nous donne à voir quelle tournure aurait pu prendre l’agriculture si la junte des combustibles fossiles n’avait pas réussi son coup d’état de l’après-guerre.</p>
<p>Retrouvez les autres ressources en <a href="http://www.arpentnourricier.org/category/ressources/">suivant ce lien</a>.</p>
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		<title>Portrait : Emilia Hazelip</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 18:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[personnes]]></category>

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		<description><![CDATA[Heureusement que ma rubrique n’a pas vocation à étaler des biographies : la vie d’Emilia Hazelip est discrète sur internet. L’article le plus complet est en Castillan : on y apprend qu’Emilia Hazelip est née à Barcelone en 1937 (d’autres sources mentionnent 1938) et morte à Carcassonne en 2003 ; qu’elle a fait partie de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/portrait-emilia-hazelip/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/09/nodigbysamuelmannonflickr.jpg" alt="no dig by samuel mann on flickr" title="no dig by samuel mann on flickr" width="450" height="250" class="center aligncenter size-full wp-image-564" /></p>
<p>Heureusement que ma rubrique n’a pas vocation à étaler des biographies : la vie d’Emilia Hazelip est discrète sur internet. <a href="http://www.nodo50.org/tortuga/Fallece-Emilia-Hazelip-creadora-de">L’article le plus complet</a> est en Castillan : on y apprend qu’Emilia Hazelip est née à Barcelone en 1937 (d’autres sources mentionnent 1938) et morte à Carcassonne en 2003 ; qu’elle a fait partie de groupes Hippies en Californie dans les années 70, et c’est là qu’elle a découvert l’oeuvre fondatrice de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Masanobu_Fukuoka">Masanobu Fukuoka</a> (The One-Straw Revolution, traduit ensuite en français sous le titre “<a href="http://www.editions-tredaniel.com/revolution-seul-brin-paille-p-195.html">La Révolution d’un seul brin de paille</a>”).</p>
<p>Largement inspirée par Fukuoka-san et par les travaux de Marc Bonfils, <span id="more-561"></span>elle a développé son approche de jardin sans labour qu’elle a baptisée “agriculture synergétique” : des buttes jamais travaillées, du paillage, pas d’apport d’engrais (ni même de compost), des associations de plantes. Le résultat, très édifiant, est présenté dans un film devenu incontournable : <a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xmabg_BioBee_le-jardin-d-emilia-hazelip/1">Les Jardins d’Emilia Hazelip</a>, qu’on peut aussi trouver en <a href="http://www.youtube.com/watch?v=ugFd1JdFaE0">version anglaise</a> (doublage par Emilia elle-même), et aussi en <a href="http://video.google.fr/videoplay?docid=-1726301048523579590&amp;hl=fr" class="broken_link">espagnol</a>. A voir immédiatement, avant même de continuer à lire.</p>
<p>Comme écrits consultables sur le web, on ne trouve pas grand-chose, si ce n’est l’excellent article publié sur <a href="http://fukuokafarmingol.info/faemilia.html">The Fukuoka Farming Website</a> et dont malheureusement je ne retrouve pas la version originale en français.</p>
<blockquote><p>Quand on travaille le sol par le labour, on le perturbe malgré nos bonne intentions. Dès que l’on cesse de travailler le sol, on peut organiser le jardin de telle manière que le sol fonctionne comme “dans la nature”. On y laisse la plus grande part de ce qui y a poussé, soit en laissant les racines dans le sol (pour les légumes feuilles), soit en installant après les légumes-racines des plantes qui laisseront beaucoup de racines dans le sol, telles les blettes.</p>
<p>Ces résidus, associés au paillage biodégradable, se compostent en surface et restituent au sol davantage de matière organique que n’en a prélevé la récolte. Quand on cesse ainsi de minéraliser l’humus, la litière s’accumule au sol et dans une myriade de microsites dans le sol, et héberge une vie bactérienne qui libère des gaz biologiques essentiels au bien-être de tous types de racines. <small>(re-)trad. <a href="http://www.arpentnourricier.org">arpentnourricier.org</a></small></p></blockquote>
<p>Apparemment, elle avait <a href="http://permacultureinstitute.pbworks.com/Emilia">un livre en préparation</a>, mais je n’en trouve aucune trace. Avis à ceux qui veulent poursuivre l’enquête : faute de site internet, il faut probablement commencer par se renseigner auprès de Kali de Keyser, Las Encatadas BP 12 11300 Limoux.</p>
<h3>Le prochain portrait …</h3>
<p>Laurence Hutchinson (spécialiste de l’aquaculture écologique)</p>
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