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	<title>l&#039;arpent nourricier &#187; permaculture</title>
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	<description>permaculture et transition en aveyron et ailleurs</description>
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		<title>L’année 2011 : un petit bulletin</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 07:23:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[jardin]]></category>
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		<category><![CDATA[permaculture]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme chaque année, l’année 2011 a commencé avec d’enthousiastes résolutions pour le jardin, en particulier celle d’arrêter de faire les trucs au petit bonheur et d’enfin faire les choses correctement. J’annonce la couleur : ce fut peine perdue. Je vous épargnerai les prétextes qui expliquent pourquoi et comment je n’ai pas réussi à m’occuper du [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/lannee-2011-un-petit-bulletin/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, l’année 2011 a commencé avec d’enthousiastes résolutions pour le jardin, en particulier celle d’<a href="http://www.arpentnourricier.org/john-jeavons-et-la-methode-biointensive/">arrêter de faire les trucs au petit bonheur</a> et d’enfin faire les choses correctement. J’annonce la couleur : ce fut peine perdue.</p>
<p>Je vous épargnerai les prétextes qui expliquent pourquoi et comment je n’ai pas réussi à m’occuper du jardin sérieusement. Retenez seulement que celui qui sait se tenir à passer un quart d’heure par jour au jardin aura forcément un bien meilleur résultat, puisque personnellement je n’y ai pas mis les pieds tellement plus souvent qu’une ou deux fois par semaine en moyenne.</p>
<h3>Fabacées : pas mal</h3>
<p>J’ai commencé la saison en plantant des fèves dehors et des petits pois moitié dehors et moitié dans la serre. <a href="http://www.arpentnourricier.org/ma-recolte-de-feves-2/">Les fèves de dehors</a> furent une réussite (2 m2, plus d’1 kilo de fèves décortiquées). Les deux mètres linéaires de petits pois de la serre ont bien grimpé mais je n’ai eu comme récolte qu’environ deux bols de petits pois. Cela dit, comme je n’ai jamais été me renseigner sur combien un pied de pois à rames est sensé donner, si ça se trouve c’est normal. J’ai quand même eu l’impression qu’ils auraient pu donner davantage dehors. Parce que sous la serre, il a souvent fait 25 °C dès le mois de février — peut-être que les fleurs ont souffert ?</p>
<h3>Pas de patates : pas de patates</h3>
<p>C’était la première année sans patates. C’était intentionnel. Mais c’était un peu dommage, vu que les patates c’est <a href="http://www.arpentnourricier.org/patates-opportunistes/">assez gratifiant</a> (j’adore la chasse au “trésor” quand on va chercher les tubercules sous le paillage). Cela dit, vu la sécheresse qu’on a eue au printemps, c’était sûrement un bon choix.</p>
<h3>Fraises : étouffées sous le liseron</h3>
<p>Chaque année, je vois à peine la couleur de mes fraises, rapidement envahies de liseron (celles qui subsistent étant évidées par les limaces). Cette année n’a pas fait exception, même si après les avoir plantées en novembre j’ai pris soin de retirer le paillage et déliseronner à la main en début de printemps avant de repailler. Le liseron se joue du <a href="http://www.arpentnourricier.org/paillage-en-couches/">paillage carton</a>, se fraie un chemin au niveau des trous où sont plantés les pieds de fraisiers, les enlacent, et si l’on cherche à désherber trop sérieusement, on arrache le fraisier avec son envahisseur.</p>
<p>Pour cette année, j’ai déplacé tous les fraisiers, je redéferai le carton au début du printemps quand les premières feuilles de liseron commenceront à sortir, j’arracherai tout ce que je pourrai, mais je ne remettrai pas de carton pour faire barrière : juste de la paille en début d’été, afin que le liseron ne soit pas tenté de sortir au niveau des fraises, mais qu’il sorte partout et que je puisse le voir et l’arracher.</p>
<p>Je me sens un peu comme Gargamel qui jure qu’un jour il finira bien par déguster de la soupe aux Schtroumpfs. Moi, c’est sûr : un jour j’aurai des fraises.</p>
<h3>Framboises : 2e essai, 2e échec</h3>
<p>Bouturés du côté sud de la <a href="http://www.arpentnourricier.org/haie-seche-la-cloture-du-pauvre/">haie sèche</a>, mes framboisiers ont encore une fois été victimes de la sécheresse et de la concurrence des graminées. Cette année, deux ou trois pieds s’en sont bien sortis sur les vingt que j’avais installés. Je recommencerai en 2012. Pas question de désherber ou d’arroser : ça va tellement vite de bouturer des scions de framboisiers qu’il vaut mieux en planter 100 pour en avoir 10 que de se donner du mal toute l’année. Peut-être que je paillerai en début d’été pour garder un peu de fraîcheur, mais ça sera tout.</p>
<h3>Haie de saules : 3e essai, 1e réussite</h3>
<p> Déjà par deux fois j’avais tenté d’implanter une <a href="http://www.arpentnourricier.org/une-haie-de-saules-en-bas-du-jardin/">haie de saules</a> en bas du jardin en bouturant des brins de saules. la première fois dans l’herbe, la deuxième fois à travers un paillage plastique. Mais le taux de survie après un an était assez faible (10% environ). Cette fois, j’ai changé de terrain, et j’ai planté mes brins de saule au petit verger, entre la double clôture. L’idée, c’est d’avoir une réserve de fourrage pour les chèvres (<a href="http://www.arpentnourricier.org/adieu-poules-chevre-chevreau/">que je n’ai plus</a>, mais bon) mais qu’elles ne puissent pas consommer plus vite que ça ne pousse, puisque c’est derrière le grillage. Et bien là, le taux de survie après un an a été d’au moins 50%.</p>
<h3>Tomates : peut mieux faire</h3>
<p>Côté semis, c’était la première année où j’ai vraiment bien réussi. Je m’y suis pris assez tôt, la serre était accueillante et bien gérée, je n’ai pas (trop) oublié d’arroser les godets.<br />
J’ai dû planter une trentaine de pieds de diverses variétés (je me souviens surtout d’un genre de tomates roma et des coeur de boeuf roses qu’un voisin m’avait données), et la récolte a été bonne quoique tardive. J’ai une super recette pour <a href="http://www.arpentnourricier.org/coulis-de-tomates-facile/">faire des coulis sans m’embêter</a>, par contre j’ai pas mal d’échec dans mes conserves (peut-être 25%). Je les fais avec des bocaux de compote et de confiture. Il faudrait sûrement des couvercles neufs chaque année (on en trouve sur internet, par exemple chez Tom Press. Il faut juste savoir que ça s’appelle des couvercles “twist-off”).</p>
<p>Les pieds de tomates étaient sur la même butte que les deux dernières années, sous un <a href="http://www.arpentnourricier.org/mulch-de-lauzes/">paillage de lauzes</a> qui a bien fait ses preuves pour garder la chaleur et empêcher les adventices. L’arrosage auto m’a permis d’éviter entièrement la <a href="http://www.omafra.gov.on.ca/english/crops/hort/news/hortmatt/2005/19hrt05a4f4.jpg">nécrose apicale</a> que j’avais parfois les autres années. J’ai tuteuré vite fait car je n’ai pas eu le temps de confectionner des <a href="http://www.arpentnourricier.org/cages-a-tomates-pour-laisser-pousser-sans-tailler/">cages à tomates</a>, mais je n’ai pas vraiment taillé, et beaucoup de pieds se sont affalés.</p>
<p>Les tomates sous la serre ont fait énormément de feuillage mais pas tellement de fruits expoitables. En plus, là non plus le travail de tuteurage était insuffisant. Cette année, j’essaierai de faire attention à où je mets quelle variété, et je mettrai de vrais supports.</p>
<h3>Aubergines : duh !</h3>
<p>J’ai planté les aubergines sous la serre, à 50 cm de pieds de courgette. Autant dire que les aubergines n’ont jamais vu le jour, noyées sous les pieds de courgette qui ont atteint des proportions inouies (peut-être 2m de diamètre). Cette année, il n’y aura pas de cucurbitacées sous la serre. Je n’ai pas la place (ma serre fait 3m x 4m, mais j’en reparlerai).</p>
<h3>Piments : sympa</h3>
<p>J’avais planté des plants de piment fort en bord de butte au sud de la rangée de tomates, et ils m’ont donné assez pour refaire une excellente purée de piments comme chaque année : je mets tout dans un bocal (sans éplucher ni rien) avec un peu d’huile d’olive, et je passe le mixeur à soupe. Je mets la purée en petits pots en la recouvrant d’une couche d’huile et ça me dure l’année.</p>
<h3>Poivrons : minable.</h3>
<p>J’ai mal géré l’espace sous la serre, et les poivrons ont aussi été envahis par les courgettes. Au bilan, il y en a eu trois ou quatre en tout. C’est peu.</p>
<h3>Jardin en trou de serrure : bingo !</h3>
<p>Voilà une vraie réussite 2011. C’était long à faire, mais c’est vraiment génial d’avoir un tas de compost joli à deux pas de la cuisine, et où en plus il pousse des légumes et des aromatiques. J’ai hâte d’y replanter des choses au printemps. Voir l’article sur le <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/" title="jardin en trou de serrure, version africaine">jardin en trou de serrure</a>.</p>
<h3>Haricots lingots : sauvé la mise</h3>
<p>Les haricots (variété lingot genre tarbais) ont suivi les petits pois sous la serre. Ils sont montés sur des fils que j’avais tendus entre des pierres plates posées au sol et l’armature de la serre. J’étais un peu déçu parce que je n’ai pas eu l’impression de récolter tellement plus que ce que j’avais semé. En revanche, ils ont fait un excellent (mini) cassoulet.</p>
<h3>Courgettes : ça suffit !</h3>
<p>J’avais une ribambelle de plants de ronde de Nice qui s’étaient semés spontanément à l’hiver 2010–2011. Je les ai laissés pousser, mais ça m’en a fait beaucoup trop. Ca m’a occupé les deux tiers d’une butte, et on a peut-être mangé un dixième de ce que ça a produit.</p>
<p>De toute façon, je me dis que je vais laisser tomber les courgettes. Je ne suis pas fan, on en trouve des tas au marché ou dans les paniers d’amap de toute façon, et elles sont tellement indisciplinées qu’elles mettent le bazar dans un potager en carré. A la rigueur des variétés grimpantes que je ferai monter sur un grillage…</p>
<h3>Carottes : la surprise</h3>
<p>Après avoir savamment raté les carottes l’an passé quand je m’étais essayé au repiquage de mini-carottes démarrées en caissettes selon les préceptes de <a href="http://www.arpentnourricier.org/john-jeavons-et-la-methode-biointensive/">John Jeavons</a>, j’ai essayé des semis en pleine terre cette année, sur une terre patiemment dépierrée et allégée pour qu’elles poussent longues et droites. J’en ai effectivement récolté quelques unes au début de l’été, mais ensuite j’ai tout oublié, et je pensais que tout le reste était mort envahi sous les mauvaises herbes ou monté à graines. En fait, les carottes étaient cachées mais bien vivantes, et quand j’ai désherbé à la fin de l’été, j’a eu la bonne surprise de trouver pas mal de belles carottes pas montées à graines, et pas trop tordues.</p>
<p>Je réessayerai les carottes cette année, et en particulier j’essaierai de <a href="http://aupetitcolibri.free.fr/NOUS_AIDER/Nouvellesjuill10.html">semer sous un paillage de fin rameaux</a> comme le fait Richard Wallner (§4 dans le lien).</p>
<h3>Choux : grignotés par les piérides.</h3>
<p>Je pensais que le gel se chargerait de débarrasser mes choux de leurs hôtes voraces, dans la mesure où je les ai plantés tardivement. Maid le climat en a décidé autrement. Il n’a pas vraiment gelé avant janvier, et encore pas fort et pas longtemps. Mes molles tentatives d’éradication manuelle ont été insuffisantes.</p>
<p>Mes romanesco sont maintenant de la dentelle moribonde avec une pomme ridicule. L’année prochaine, je monterai la garde près des choux, ou je mettrai un filet tant que je vois papillonner les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:ComputerHotline_-_Pieris_brassicae_(by).jpg">papillons jaune crème</a>.</p>
<h3>Salades : pas moyen</h3>
<p>Sur l’air du documentaire animalier qui explique que seul un alevin sur mille atteindra l’âge adulte : </p>
<ul>
<li>mes plants issus de semis cramaient sous le soleil de la serre les jours où j’oubliais d’arroser</li>
<li>au repiquage, les limaces me les dévoraient plus vite que je ne pouvais les remplacer</li>
<li>les plants achetés ne valent rien : avec leur trop petite motte, ils font la gueule pendant quelques jours. Or les limaces adorent les salades déprimées.</li>
</ul>
<p>Pourtant, s’il y a une production qu’il faut savoir faire au jardin pour profiter de la fraîcheur et ne pas la voir pourrir au frigo, c’est bien la salade. A moins d’avoir un marché quotidien en bas de chez soi.</p>
<h3>Arrosage : à poursuivre</h3>
<p>J’en suis à mi-chemin de mon grand projet d’arrosage goutte-à-goutte intégré et automatisé. Chaque butte a son irrigation, avec un point de branchement (le réducteur de pression) en bout de butte, pour y connecter le tuyau d’arrosage. En tête du tuyau d’arrosage, j’ai mis :</p>
<ul>
<li>un robinet minuteur en début de saison, pour pouvoir arroser une demi-heure sans oublier d’éteindre</li>
<li>un programmateur pour l’été, pour que ça arrose une fois tous les deux jours sans que j’oublie</li>
</ul>
<p>Cette année, je relierai les buttes pour n’avoir pas à déplacer le tuyau d’arrosage de l’une à l’autre. Des vannes permettront d’exclure l’une ou l’autre du cycle d’arrosage.</p>
<h3>Animaux : abandonnés</h3>
<p>Nous n’avons <a href="http://www.arpentnourricier.org/adieu-poules-chevre-chevreau/">plus d’animaux</a> au jardin cette année. Les raisons sont bien expliquées dans cet article. Sachez que ça soulage énormément — ce qui me pesait le plus, c’est vraiment la question de l’astreinte plutôt que du temps total à y passer.</p>
<h3>Paillage céramique : mwais</h3>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2012/01/paillage-tuiles-1024.jpg" rel="lightbox[1399]" title="paillage tuiles"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2012/01/paillage-tuiles-1024-205x125.jpg" alt="" title="paillage tuiles" width="205" height="125" class="alignleft size-thumbnail wp-image-1403" /></a>J’ai démonté un toit de tuiles mécaniques (les tuiles moches des toits des hangars SNCF) et je me suis dit que je pourrais les utiliser au jardin au même titre que les lauzes afin de faire un paillage qui garde l’humidité et la chaleur. Seulement les tuiles, en plus d’être moches, elles veulent qu’on les emboîte. Mais si je les emboîte, il n’y a pas la place pour les plantes. Et si je ne les emboîte pas, les herbes poussent à chaque jonction. En plus, c’est nettement plus chiant à manipuler et à trimbaler qu’une bâche plastique.</p>
<p>Donc je ne garderai le concept que pour faire un paillage un peu permanent, comme au pied des framboisiers (tiens, ça me donne une idée…)</p>
<h3>Engrais vert : à recommencer.</h3>
<p>J’avais raté le créneau en fin de saison pour occuper le sol pendant l’hiver. J’ai essentiellement laissé les restes de plantes au sol. Mais en début de saison, j’ai préparé mes buttes assez vite, et comme je n’avais encore rien à y mettre, j’ai semé du pois fourrager sur l’une d’entre elles. Deux ou trois mois plus tard, j’ai simplement fauché et recouvert avec mes tuiles, puis planté entre les tuiles. J’ai trouvé ça assez chouette. Je recommencerai.</p>
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		<title>Permaculture Aveyron &amp; environs</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 13:05:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La liste de diffusion permaculture-aveyron-environs ne cesse de grossir, et lors de la rencontre dimanche dernier à Pruines, nous nous sommes retrouvés une trentaine pour visiter le jardin de Joël et échanger autour de la permaculture. En fait, c’était déjà trop de monde pour pouvoir discuter dans de bonnes conditions, alors Linnea a essayé de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/permaculture-aveyron-environs/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La liste de diffusion permaculture-aveyron-environs ne cesse de grossir, et lors de la rencontre dimanche dernier à Pruines, nous nous sommes retrouvés une trentaine pour visiter le jardin de <a href="http://biodiva.free.fr/">Joël</a> et échanger autour de la permaculture.</p>
<p>En fait, c’était déjà trop de monde pour pouvoir discuter dans de bonnes conditions, alors <a href="http://permaculturelle.wordpress.com/">Linnea</a> a essayé de mettre en place des petits groupes “Open Space” pour discuter l’après-midi (mais j’ai dû m’éclipser, alors je ne peux rien vous en dire).</p>
<p>Toujours est-il que la permaculture gagne du terrain en France : arriver à faire venir 30 personnes dans un département aussi vide et arriéré que l’Aveyron, c’est un signe des temps. Alors à vos mailing-listes, vos affiches et vos blogs : je pense que chaque département et bientôt chaque canton pourra avoir son petit groupe de permaculteurs et qu’on pourra échanger, apprendre et transmettre sans faire des kilomètres ni devoir parler anglais.. </p>
<p>PS : pour ceux qui veulent rejoindre notre groupe, dites-le moi dans les commentaires, je transmettrai à <a href="http://madeinearth.wordpress.com/">Nicollas</a>.</p>
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		<title>Bois raméal fragmenté made in Ségala</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 06:25:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est à l’occasion d’une journée de formation organisée par l’APABA (Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron) que Jacky Dupéty, le ‘pape’ du BRF* est passé nous voir dans notre Ségala profond. * BRF : bois raméal fragmenté = jeunes rameaux broyés qu’on épand au sol à l’automne sur 3 cm avant de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/bois-rameal-fragmente-made-in-segala/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à l’occasion d’une journée de formation organisée par l’<a href="http://apaba.fr/">APABA</a> (Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron) que <a href="http://fermedupouzat.free.fr/">Jacky Dupéty</a>, le ‘pape’ du <a href="http://www.arpentnourricier.org/bois-rameaux-fragmentes-introduction/">BRF</a>* est passé nous voir dans notre Ségala profond.</p>
<p>* BRF : bois raméal fragmenté = jeunes rameaux broyés qu’on épand au sol à l’automne sur 3 cm avant de les incorporer en surface afin que les champignons qui s’y développement démultiplient la vie du sol en reproduisant le riche écosystème d’un sol de forêt. C’est probablement la méthode la plus rapide pour soigner un sol dégradé</p>
<p>Au menu : micro-conférences, broyage de branches de chêne (et un peu d’épine noire) avec le broyeur Jean Pain <a href="http://www.arpentnourricier.org/achat-collectif-dun-broyeur-de-branches/">acquis en collectif</a> par l’association ‘la Compagnie de l’Humus’ (qu’on pourrait appeler les humuites), visite du jardin de Stéphane, questions diverses et variées.<span id="more-1391"></span></p>
<p>J’ai déjà pas mal écrit sur le BRF et vous trouverez sur le net beaucoup de documentation (surtout en français, pour une fois), ainsi qu’au moins deux livres très bien faits. Voici quelques conseils issus des échanges avec Jacky Dupéty (mais qu’on peut probablement trouver au moins déjà en partie dans les livres) :</p>
<h3>Ne pas avoir peur des bois tanniques</h3>
<p>C’est une crainte qui revient souvent dans les discussions : le chêne et le châtaignier (lesquels dominent nos forêts et nos vieilles haies) seraient trop tanniques pour faire un bon BRF. Jacky nous dit qu’il broie essentiellement du chêne sur son causse quercynois, et qu’il n’y a pas vu de problème. Au contraire, dans la mesure où ces espèces sont des variétés des forêts matures (le climax), le BRF qui en résulte aurait plutôt la capacité à faire vivre dans le sol un écosystème plus mature, donc plus riche.</p>
<h3>Ne pas avoir peur de la faim d’azote</h3>
<p>Voilà, le mot est lâché — de toute façon, on ne peut pas parler de BRF sans que quelqu’un évoque cette fameuse faim d’azote. Il se trouve en effet que le BRF est riche en carbone, et que l’activité de vie du sol qu’il suscite via la croissance rapide de champignons a tendance à accaparer temporairement l’azote disponible dans le sol. Cet azote sera à nouveau disponible pour les plantes une fois que le nouvel écosystème est installé, au bout de quelques semaines.</p>
<p>C’est ce phénomène qui intimide bien des jardiniers, puisqu’on risque de voir les jeunes plants souffrir voire s’étioler (avant de repartir de plus belle s’ils sont encore en vie à la fin de l’épisode). Certains seraient tentés d’<em>azouter</em> un peu d’amendement à leur BRF pour ‘aider’, mais apparemment, il vaudrait mieux s’abstenir car les champignons supportent mal ce genre de dopants.</p>
<p>En fait, il faut répéter que ceci n’arrive qu’une fois : la première fois qu’on met du BRF sur une parcelle. Ensuite, quand l’écosystème est établi, tout se poursuit normalement, et il n’y aura pas de nouvelle faim d’azote lors de futurs épandages de BRF tous les 3 à 5 ans. Si en plus on prend soin d’épandre dès le début de l’automne (pour peu qu’il pleuve au lieu de faire 30 °C comme en ce moment), le phénomène prendra fin d’autant plus tôt au printemps suivant.</p>
<h3>Ne pas avoir peur des terres ‘lourdes’ ou acides</h3>
<p>Chez nous, le sol est assez argileux. J’ai eu écho par certains étudiants en maraîchage que le discours théorique qui circule serait que le BRF est bon en terrain calcaire, mais qu’il est moins efficace en sol acide ou lourd car il conduirait à une forme d’humus indisponible pour les plantes.</p>
<p>Je ne suis pas spécialiste des sols — Jacky Dupety non plus, comme il se plaît à le souligner — mais il y a quelques constats qu’on peut faire pour se rassurer quant à nos terres lourdes (et acides en ce qui concerne le Ségala). D’une part, ce sont des régions de forêt. Ici, une parcelle laissée en friche retourne à la forêt en quelques années. C’est donc quelque part que le sol forestier est l’état stable de notre écosystème. Si c’est le cas, il semble étrange que le BRF ne soit pas une bonne chose pour ce sol, à fortiori s’il s’agit de broyat d’espèces d’arbres environnantes. D’autre part, Jacky nous a fait part d’une expérience au Burkina sur un sol <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lat%C3%A9rite">latéritique</a> (sol tropical argileux lessivé, stérile, souvent acide et extrêmement dur), recouvert de BRF avant la saison des pluies, dans lequel les gens ont pu semer du mil et du sorgho dès la saison suivante.</p>
<h3>Pour que ça marche…</h3>
<p>Jacky a conclu en précisant que dans la plupart des expériences malheureuses de BRF qu’on lui a rapportées, le ratage s’expliquait par un non-respect des ‘préceptes’ :</p>
<ul>
<li>bois de feuillus</li>
<li>7 cm de diamètre maxi des branches</li>
<li>épandage en automne dans les 24 à 36 heures après broyage (<a href="http://www.arpentnourricier.org/la-lune-au-jardin-cest-bidon-et-pourtant/">pas besoin de s’occuper de la lune</a>)</li>
<li>couche de BRF de 3 à 5 cm</li>
<li>incorporation aux premiers centimètres du sol quand le mycélium (filaments blancs) a bien colonisé le BRF</li>
</ul>
<p>Je suis toujours assez méfiant quand on relève les menus écarts à une stricte orthodoxie pour expliquer les échecs d’un dogme, mais je me promets d’essayer proprement sur une planche du potager cet automne, en m’appliquant religieusement (et on comparera avec une planche témoin, peut-être pendant plusieurs saisons … dans mes rêves).</p>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/10/broyage-brf-apaba.jpg" rel="lightbox[1391]" title="broyage brf apaba"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/10/broyage-brf-apaba-450x253.jpg" alt="" title="broyage brf apaba" width="450" height="253" class="aligncenter size-medium wp-image-1393" /></a></p>
<h3>Poursuivre la lecture</h3>
<p>Dans l’arpent, suivez le <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/brf/">tag BRF</a>.</p>
<p>Ailleurs :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.google.fr/search?q=jacky+dupety&#038;ie=utf-8&#038;oe=utf-8&#038;aq=t&#038;rls=org.mozilla:fr:official&#038;client=firefox-a#q=jacky+dupety&#038;oe=utf-8&#038;rls=org.mozilla:fr:official&#038;client=firefox-a&#038;um=1&#038;ie=UTF-8&#038;hl=fr&#038;tbo=u&#038;tbm=vid&#038;source=og&#038;sa=N&#038;tab=wv&#038;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.,cf.osb&#038;fp=b62a6677d21da383&#038;biw=1680&#038;bih=916">Vidéos de Jacky Dupéty</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/BRF-vous-connaissez-culture-vivant/dp/2913288685">Bouquin de Jacky Dupety</a></li>
<li><a href="http://jardinonssolvivant.fr/boutique/livre-brf">Le livre d’Elea Asselineau et Gilles Domenech</a></li>
</ul>
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		</item>
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		<title>Mon premier compost à chaud</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 10:37:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
		<category><![CDATA[compost en 18 jours]]></category>
		<category><![CDATA[compostage]]></category>
		<category><![CDATA[compostage de Berkeley]]></category>
		<category><![CDATA[compostage rapide]]></category>
		<category><![CDATA[foin]]></category>
		<category><![CDATA[fumier]]></category>
		<category><![CDATA[Geoff Lawton]]></category>
		<category><![CDATA[paille]]></category>
		<category><![CDATA[rapport carbone/azote]]></category>
		<category><![CDATA[tas de compost]]></category>

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		<description><![CDATA[En regardant le DVD Soils de Geoff Lawton, où il explique comment faire du compost en 18 jours, j’ai eu envie d’essayer pour de bon. Il n’impose pas les ingrédients, mais recommande d’avoir la bonne proportion C/N. Dans son exemple, il avait de la paille, du foin, différents fumiers d’animaux, et quelques ‘activateurs’ comme de [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/compost-a-chaud/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En regardant le <a href="http://permaculture.org.au/store/permaculture_soils_dvd.htm" title="la bande-annonce en anglais" class="broken_link">DVD Soils</a> de <a href="http://www.arpentnourricier.org/re-reverdir-le-desert/">Geoff Lawton</a>, où il explique comment faire du compost en 18 jours, j’ai eu envie d’essayer pour de bon. Il n’impose pas les ingrédients, mais recommande d’avoir la bonne proportion C/N. Dans son exemple, il avait de la paille, du foin, différents fumiers d’animaux, et quelques ‘activateurs’ comme de la consoude et les restes d’une volaille, si je me souviens bien. Il conseille de découper, broyer ou hacher tous les ingrédients pour que ça ne soit pas trop dur à retourner. Il explique le truc de l’éponge essorée pour doser la quantité d’eau. Et au final, il précise qu’il faut retourner le tas tous les 2 jours à partir du 4e jour, en mettant au centre ce qui était en périphérie et vissé vers ça.<span id="more-1371"></span></p>
<h3>Mes résultats</h3>
<p>J’ai fait comme il a dit mais je me suis aidé de deux sites internet pour <a href="http://www.arpentnourricier.org/calculateurs-de-compost/" title="logiciel en ligne pour calculer les proportions d'ingrédients dans le compost">calculer les proportions d’ingrédients</a>. Pour doser l’eau, j’ai eu recours à une technique alternative maison : je trempe la paille dans une bassine d’eau et je l’égoutte avant de la mettre dans le tas. Ca fait la bonne proportion d’eau, sans que j’aie à mettre la main dans un mélange de fumiers.</p>
<p>Pour prendre la température du tas, j’y creuse un trou avec un bâton, et j’y glisse mon <a href="http://crissounnette.free.fr/blog/public/Bricolage/termo1.JPG">thermomètre de cuisine</a> qui va au moins jusqu’à 100 °C.</p>
<p>J’ai mesuré 58°C le 3e jour, puis 72 °C le 5e jour, puis environ 65°C deux jours plus tard. La fois suivante, la température était sacrément retombée : environ 30°C — j’ai vite identifié la cause : le tas s’était asséché, probablement consécutivement aux températures élevées atteintes les jours précédents. Donc j’ai arrosé régulièrement le tas en le retournant. La température est remontée à environ 50°C, puis s’est mise à décroître doucement. On en est au 30e jour, et le tas est aux alentours de 35°C.</p>
<p>Je suis un peu déçu de n’avoir pas eu mon compost en 18 jours comme ‘à la TV’. Je vois que le fumier et le foin se sont bien décomposés. En revanche la paille a l’air d’être toujours quasiment intacte. Et pourtant j’avais pris de la paille qui avait déjà bien vécu, j’avais passé pas mal de temps à la découper en morceaux plus courts (genre 20cm pour faciliter le retournement et hâter la décomposition) avec une cisaille à haie …</p>
<h3>Une technique sportive mais instructive</h3>
<p>Pour le fun, j’essaierai de refaire du compost en 18 jours, mais sans paille, en n’y mettant que du foin et des feuilles mortes (et du fumier).</p>
<p>Cela dit, je ne referai pas du compost comme ça tous les jours. Comme j’y passe un bon quart d’heure pour le retourner à chaque fois, ça fait quand même cher à l’arrivée. L’expérience est en revanche très instructive car en venant retourner le tas fréquemment, on s’imprègne de la psychologie du compost : ses odeurs, ses humeurs, ses bouffées de chaleur et ses coups de froid.</p>
<p>Je pense que je referai de temps en temps du compost à chaud, en particulier pour y mettre les déchets de mauvaises herbes si elles sont en graines. Mais je ne chercherai pas à le faire en 18 jours, et je ne le retournerai probablement que toutes les semaines.</p>
<p>J’ai donc maintenant à ma disposition une technique supplémentaire de compostage, ce qui complète ma liste, par ordre croissant de technicité et d’efforts :</p>
<ul>
<li>compostage de surface (on laisse les déchets en surface, sous le paillage, ou comme paillage) — c’est le plus simple, le plus naturel, mais ça attire les limaces</li>
<li>compostage ‘tout-venant’ à froid, dans un bac ou mieux : dans un <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/">jardin ‘keyhole’</a>. Le compost est naturellement incorporé à la terre de culture, les nutriments retournent directement dans le circuit</li>
<li>compostage à froid, en tas, en vérifiant vaguement la <a href="http://www.arpentnourricier.org/calculateurs-de-compost/">bonne proportion des ingrédients</a> — on laisse reposer un an ou deux</li>
<li><a href="http://www.arpentnourricier.org/paillage-en-couches/" title="sheet mulching ou sheet composting">compostage en couches</a>, pour préparer une planche de culture sans avoir à désherber</li>
<li>compostage ‘tiède’, en tas, avec les bonnes proportions et retournement périodique</li>
<li>compostage à chaud, en tas, avec retournements fréquents</li>
</ul>
<p>et les variantes que je pourrais tester un jour :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.eco-citoyen.org/ecocitoyen/compostage/vermicompostage-lombricompostage.html">vermicompostage</a></li>
<li>compostage par les poules dans un <a href="http://milkwood.net/2011/05/18/gravity-chicken-run-design/">parcours en pente</a></li>
<li>compostage par des <a href="http://www.zegreenweb.com/sinformer/insolite/les-larves-de-mouches-sont-efficaces-pour-eliminer-les-dechets-organiques-a-grande-echelle,27290">larves de mouche Hermetia Illucens</a> à la façon <a href="http://www.thebiopod.com/">biopod</a></li>
<li>compostage <a href="http://www.crossislandfarms.com/images/Compost_From_Tumbler.jpg">en tambour</a></li>
</ul>
<p>Ceci prouve bien que quand vous lisez un fascicule ou une page web sur ‘le compostage’, il ne s’agit en fait que d’un type compostage parmi une foultitude et que selon ce qu’on veut faire, on peut relativiser une partie des conseils qu’on y trouve.</p>
<h3>Poursuivre la lecture…</h3>
<p>Dans l’arpent nourricier :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/">Un tas qui n’a pas chauffé</a></li>
<li><a href="http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/">Toilettes sèches — fait maison</a></li>
<li>Utilisation du compost semi-mûr dans un <a href="http://www.arpentnourricier.org/paillage-en-couches/">paillage en couches</a></li>
</ul>
<p>Ailleurs :</p>
<ul>
<li>La même technique de compostage rapide que celle de Geoff Lawton, <a href="http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/47-2script_fr.asp" title="Compostage de Berkeley">expliquée en français</a></li>
<li>Et <a href="http://www.nbcorp.be/fiches-techniques/Compost/Autres-methodes-de-compostage/article/methode-de-compostage-berkeley-un" title="compostage rapide">expliquée en belge</a></li>
<li><a href="ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/008/y5104f/y5104f00.pdf" title="techniques de compostage - document FAO">Document de référence de la FAO sur le compostage</a> (en français) — pas mal de théorie, beaucoup de détails pratiques sur différentes techniques</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Adieu poules, chèvre, chevreau</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/adieu-poules-chevre-chevreau/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 06:52:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[astreinte]]></category>
		<category><![CDATA[chevre]]></category>
		<category><![CDATA[contraintes]]></category>
		<category><![CDATA[poules]]></category>

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		<description><![CDATA[Les techniques de jardin en permaculture sont réputées peu gourmandes en temps. En faisant travailler pour nous les organismes du sol (pour aérer le sol, libérer la fertilité, retenir l’eau) et quelques animaux domestiques (pour réguler les populations de bébêtes, pour entretenir une prairie, pour se débarrasser des fruits tombés), on s’économise effectivement pas mal [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/adieu-poules-chevre-chevreau/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les techniques de jardin en permaculture sont réputées peu gourmandes en temps. En faisant travailler pour nous les organismes du sol (pour aérer le sol, libérer la fertilité, retenir l’eau) et quelques animaux domestiques (pour réguler les populations de bébêtes, pour entretenir une prairie, pour se débarrasser des fruits tombés), on s’économise effectivement pas mal de travail.</p>
<p>Cependant, il faut préciser que le seul animal qui ne demande aucun travail est un animal sauvage. Tous les animaux domestiques dépendent de nous d’une façon ou d’une autre, et même si on arrive à réduire ce temps intelligemment, il reste toujours une notion d’astreinte routinière qui représente un vrai poids, en particulier pour les gens qui travaillent à l’extérieur, et à fortiori s’ils ont de jeunes enfants (qui ont une certaine tendance à accaparer toute notre disponiblité).<span id="more-1381"></span></p>
<p>Je vais prendre l’exemple de mes poules et de ma chèvre, qui sont respectivement données depuis juillet et depuis hier, pour la raison que l’astreinte associée nous était devenue trop pesante.</p>
<h3>La chèvre</h3>
<p>La chèvre (naine) et la petite chevrette née au printemps étaient soit en liberté dans l’enclos du verger, soit à l’attache au jardin. Quand je dis à l’attache, en fait seule la mère était attachée, par une cordelette nylon de 5 mètres entre son harnais de chien et la barre à mine qui me sert de piquet mobile, tandis que la fille était en liberté mais ne s’éloignait jamais à plus de quelques mètres de la mère.</p>
<p>Les chèvres se nourrissent toutes seules. Il y a toute l’année assez à manger par terre ou dans la haie, et il me suffit de déplacer le piquet pour qu’elles soient contentes. De temps en temps du foin si j’ai fauché, mais vraiment il n’y avait rien d’obligatoire. Le soir, elles se rentraient toutes seules, soit dans l’abri du verger, soit dans leur niche (mobile) au jardin. Pour la propreté, je n’ai qu’à changer la litière de l’abri du verger deux ou trois fois par an, et quand elles sont au jardin, il n’y a rien à nettoyer. Pour les soins (taille des ongles essentiellement), on peut faire ça quand on y pense et qu’on a un peu de temps.</p>
<p>Reste la boisson : surtout en ce moment qu’il fait si chaud, je dois remplir leur abreuvoir deux fois par jour. Or je ne suis pas là deux fois par jour. Et parfois ma femme non plus. A tel point qu’au début de l’été quand la chèvre était au verger loin des yeux et loin du coeur, c’est la voisine qui a pris l’initiative de lui remettre de l’eau car nous oubliions régulièrement notre devoir.</p>
<p>Encore on devrait pouvoir s’épargner l’astreinte de la boisson en installant un abreuvoir automatique relié au réseau d’eau. Mais pour des chèvres qui doivent donner du lait, il reste l’astreinte de la traite, incompressible. Et dans tous les cas, la chèvre est un animal grégaire qui déprime si on le laisse seul, et qui s’ensauvage s’il rest en troupeau sans contact humain. </p>
<p>Ainsi donc voici un animal qui ne me réclame pas plus de 5 minutes de travail par jour, mais dont il faut s’occuper deux fois par jour, à des heures déjà malheureusement très chargées (avant l’école, avant le dodo).</p>
<p>Dans l’idéal, il faudrait des chèvres collectives, qu’on se partage à plusieurs foyers, avec un tour de traite, pour n’avoir l’astreinte qu’un jour par semaine. On pourrait aussi coller toute l’astreinte sur le dos d’un seul malchanceux qui ferait ça à plein temps et qu’on appellerait éleveur et ensuite on lui achèterait son fromage, mais c’est pas très cool pour lui — ça m’étonnerait que ça puisse fonctionner.</p>
<h3>Les poules</h3>
<p>Les poules me réclamaient encore moins de soins. Elles ont assez d’eau pour plusieurs jours en hiver et au moins deux jours en été. Elles ont du grain pour trois semaines. A l’abri dans leur tracteur à poules, elles n’ont pas besoin qu’on les rentre ou qu’on leur ouvre.</p>
<p>En vrai, je pouvais donc me contenter d’aller voir les poules tous les deux ou trois jours, déplacer le tracteur à poules et prendre les oeufs. En l’occurrence, la contrainte était très tolérable. </p>
<p>C’est plutôt que le jeu n’en valait pas vraiment la chandelle. En effet, nos trois poules nous donnaient au mieux deux oeufs par jour, ce qui couvrait rarement la consommation du foyer. Moyennant quoi nous achetions au marché des oeufs aux amis qui nous vendaient le grain bio justement pour nos poules. A ce compte-là, autant leur acheter tous les oeufs et s’économiser du souci.</p>
<p>Par ailleurs, il faut dire que je n’ai jamais réussi à employer le tracteur à poules pour travailler le sol de façon utile. Quand je laissais le poulailler mobile longtemps au même endroit en espérant que les poules grattassent et désherbassent, tout ce que j’en retirais était un carré d’herbe couchée et quelques cratères, avec toutes les déjections concentrées dans un coin (sous les perchoirs) : rien d’idéal pour semer derrière. Alors je me contentais de déplacer le poulailler souvent pour limiter les dégâts. Enfin, comme on leur donnait les déchets de cuisine, mais qu’elles n’en mangeaient qu’une partie, on retrouvait souvent des épluchures dans la pelouse après avoir déplacé le poulailler.</p>
<p>Donc si l’on fait scolairement la liste de ce que consomment les poules et de ce qu’elles me donnent, on est très loin des liens multiples, croisés et bénéfiques que prône la permaculture.</p>
<p>J’envisage de ravoir des poules plus tard si j’ai moyen de mettre en place le système suivant :</p>
<ul>
<li>Un poulailler fixe auto-sécurisé où les poules se rentrent toutes seules à l’abri des prédateurs</li>
<li>Un enclos assez vaste pour qu’il y pousse et y vive assez à manger pour les poules toute l’année sans qu’il faille leur donner du grain venant de l’extérieur</li>
<li>Un enclos en pente qui fait qu’à force de gratter les déchets de cuisine et la paille tout en chiant dedans, les poules fabriquent du compost qu’on peut simplement récolter en bas de la pente</li>
<li>Un enclos qui communique avec le verger pour que les poules puissent manger tous les vers des pommes tombées</li>
<li>Eventuellement, un tracteur à poules pour y exiler de temps en temps quelques (grosses) poules en surconcentration pour vraiment gratter une butte</li>
</ul>
<h3>Et les vacances</h3>
<p>Le point le plus dur dans la question de l’astreinte animalière dans un jardin permaculturel est celui des vacances. Si l’on doit s’absenter longtemps, avoir des animaux impose d’avoir des voisins bienveillants (et qui ne partent pas en vacances en même temps). Ou bien de pouvoir prêter la maison à des gens qui vont s’en occuper. D’ailleurs, bien que nous n’ayons plus que les chats, je suis toujours intéressé pour trouver des gens à qui la prêter en vacances — avis aux amateurs.</p>
<h3>Pour continuer la lecture…</h3>
<ul>
<li>Tous les articles sur les http://www.arpentnourricier.org/tag/poules/</li>
<li>Tous les articles sur le <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/poulailler/">tracteur à poules</a></li>
<li>Tous les articles sur les <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/animaux/">animaux</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Un jardin en trou de serrure</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/</link>
		<comments>http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Jul 2011 11:28:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[ressources]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
		<category><![CDATA[butte en trou de serrure]]></category>
		<category><![CDATA[culture sur butte]]></category>
		<category><![CDATA[jardin en trou de serrure]]></category>
		<category><![CDATA[keyhole beds]]></category>
		<category><![CDATA[keyhole garden]]></category>

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		<description><![CDATA[Où mettre le tas de compost ? Trop près de la maison, il serait en concurrence avec le potager de proximité (celui des herbes et des salades) et il nuirait à l’esthétique visuelle (et parfois à l’esthétique olfactive). Trop loin de la maison, et on se retrouve avec des asticots dans la cuisine parce qu’on [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où mettre le tas de <a href="http://www.arpentnourricier.org/fertilite-importee/">compost</a> ? Trop près de la maison, il serait en concurrence avec le potager de proximité (celui des herbes et des salades) et il nuirait à l’esthétique visuelle (et parfois à l’esthétique olfactive). Trop loin de la maison, et on se retrouve avec des asticots dans la cuisine parce qu’on n’a pas eu le courage d’aller vider la poubelle de déchets verts au fond du jardin tous les jours.</p>
<p>Chez nous, le tas de compost a pas mal migré, mais il n’a toujours pas trouvé son emplacement idéal. Dernièrement, il était à côté du potager principal, dans un genre de kiosque de fortune en bambou pour que ça ne fasse pas trop moche. Mais c’était encore un peu difficile d’accès et ça commence à être un peu trop plein.</p>
<p>La solution que je m’apprête à tester nous vient d’Afrique. L’ONG <a href="http://www.sendacow.org.uk/">Send-A-Cow</a> qui l’y promeut l’a baptisée <a href="http://www.sendacow.org.uk/keyhole-gardens">Keyhole Garden</a>. C’est très différent du simple <a href="http://www.ecolandscaping.org/news/blogmedia/Jan/hemmenway/paths.jpg">keyhole bed</a> qu’on voit dans tous les bouquins de permaculture et dans lequel le trou central sert simplement à accéder à une butte qui mériterait plutôt d’être appelée butte en “fer-à-cheval”.<span id="more-1329"></span></p>
<p>Le <a href="http://jardinpotagerurbain.wordpress.com/2009/02/27/keyhole-gardens/">Keyhole Garden</a> (jardin en trou de serrure — version africaine), c’est une butte bien plus haute et dans laquelle le trou central est un tas de compost. Essentiellement, la technique concentre au même endroit le tas de compost et le potager de proximité. On le construit au plus près de la cuisine, et on y vient pour jeter les épluchures et les restes, l’eau de vaisselle et d’autres eaux grises le cas échéant (mais pas le contenu des toilettes sèches). Et on y prend au passage quelque laitue ou quelque brin de ciboulette. Le tas de compost au centre de la butte dispense son humidité et ses nutriments à toute la communauté de plantes tout autour. Pas besoin de l’isoler du froid, pas besoin de le retourner.</p>
<p>Par l’intégration élégante des fonctions qu’il représente, m’est avis que ce keyhole garden a vocation à devenir un emblème de la permaculture, bien plus que la <a href="http://www.arpentnourricier.org/spirale-dherbes-aromatiques-2/">spirale d’herbes aromatiques</a>.</p>
<h3>Faire un keyhole garden — étape par étape</h3>
<p>Note : je ne suis pas un expert — je me contente de traduire les consignes de l’ONG Send-a-Cow (<a href="http://vimeo.com/7262464">video ici</a> en anglais), en interprétant un peu. Toute suggestion d’amélioration est la bienvenue.</p>
<p>Délimiter un espace circulaire de 2m50 à 3m de diamètre, avec un rond central de 80cm à 1m de diamètre. Réserver un créneau pour l’accès au tas de compost (de préférence le secteur nord). Pas besoin de travailler le sol en-dessous — les bestioles s’en chargeront. S’il y a des mauvaises herbes, quelques <a href="http://www.arpentnourricier.org/paillage-en-couches/">cartons posés à même le sol</a> constitueront une barrière.</p>
<p>Puis on bâtit le panier au centre pour contenir le tas de compost : j’ai planté huit piquets en bois que j’ai ensuite entourés de chutes de grillage. On peut aussi tresser des jeunes rameaux, ou bien planter carrément plus de piquets et les lier par de la ficelle. Je m’attends à ce que ça pourrisse au bout de quelques années : il sera toujours temps de replanter quelques piquets.</p>
<p>Ensuite on commence à bâtir le muret en pierres sèches qui entoure la butte. Des pierres, des briques — tout est bon tant que ça tient. L’intérêt majeur de la forme arrondie, c’est que les pierres se tiennent les unes les autres en faisant un léger effet de voûte, un peu à la manière des igloos, ce qui fait que le muret n’a pas besoin d’être très épais. Il suffit de l’incliner légèrement vers l’intérieur pour que le poids de la terre ne le fasse pas tomber.</p>
<p>A mesure qu’on monte les pierres, on monte le substrat, en alternant les couches et en arrosant régulièrement comme pour du <a href="http://www.arpentnourricier.org/paillage-en-couches/">compostage en couches</a>, mais avec pas mal de terre pour faire du volume (on veut en effet monter d’environ 60cm). Voici une liste d’ingrédients, plus ou moins dans l’ordre du bas vers le haut :</p>
<ul>
<li>pierres pour le drainage</li>
<li>cannettes de soda rouillées pour le fer</li>
<li>branchages pour aérer et encourager les champignons</li>
<li>fumier pour l’azote</li>
<li>terre de profondeur</li>
<li>paille pour aérer et augmenter la matière organique</li>
<li>cendre de bois pour le phosphore</li>
<li>feuilles fraîches pour attirer les lombrics</li>
<li>charbon de bois pilé pour la rétention d’eau et de nutriments</li>
<li>terre de surface</li>
<li>compost mûr en surface</li>
<li>paille pour pailler en surface</li>
</ul>
<p>Dans ma version, faute de stocks de compost suffisamment mûr, c’est la terre qui représente l’essentiel du volume. Pour ne pas avoir de pierres ni de liseron, je ma suis mis en tête de tout tamiser. J’ai employé pour cela la technique du <a href="http://environnement.wallonie.be/education/compost/images/composechagetransparent.gif">sommier incliné</a>.</p>
<p>Noter qu’il vaut mieux remplir le tas de compost (j’ai rempli le premier tiers avec du fumier mélangé à de la paille) en même temps qu’on monte la butte, pour que le panier central ne subisse pas trop d’efforts ni dans un sens ni dans l’autre.</p>
<p>Noter qu’il faut beaucoup de pierres (le muret fait environ 10 mètres de long et 60cm de haut) et beaucoup de terre et/ou de compost (la butte fait près de 2 mètres cubes en volume, soit 20 brouettes de 100 litres à charrier). </p>
<p>Au final, ça m’a pris une dizaine d’heures pour tout faire (seul). Une bonne raison pour inviter des copains.</p>
<h3>Quelques innovations</h3>
<p>Comme je n’ai pas prévu de jeter d’eau de vaisselle pour l’instant, j’ai prévu l’irrigation. La forme en rond optimise la forme du goutte-à-goutte, puisqu’il suffit d’un cercle de tuyau et d’un té pour l’arrivée d’eau (laquelle se fait par l’intérieur, au niveau du muret du créneau d’accès (voir ci-dessous, <a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_13.jpg">étape 13</a>).</p>
<p>Par ailleurs, je me suis dit qu’il serait bon de pouvoir accéder au compost par en-dessous des fois que le niveau du tas monte trop vite par rapport au pouvoir de recyclage des petites bêtes. J’ai donc prévu une grosse pierre au bas du muret du fond du créneau d’accès. En retirant la pierre, on pourra pelleter le compost mûr du dessous du tas.</p>
<h3>Les plantations</h3>
<p>On peut bien y planter ce que l’on veut, mais comme la butte est déjà assez haute, il n’est peut-être pas judicieux d’y mettre des plantes qui montent trop haut.</p>
<p>Sinon, l’idée est de profiter des micro-climats et des micro-terroirs :</p>
<ul>
<li>au bord du mur pour les plantes qui aiment bien être au sec et dans un sol pas trop fertile</li>
<li>plus près du tas de compost pour celles qui aiment l’humidité et l’azote</li>
<li>côté Sud pour celles qui aiment la chaleur</li>
<li>côté Nord pour celles qui aiment être un peu à l’ombre des autres</li>
<li>près du bord pour celles qui ont tendance à vouloir déborder</li>
<li>entre les pierres du mur pour des plantes de rocaille</li>
<li>etc.</li>
</ul>
<p>Pour l’instant, j’y ai mis : de la sauge, des oignons, du persil, du cerfeuil, de la coriandre, de l’aneth, des bettes à cardes rouges, du thym, de l’estragon, du basilic, des laitues. Certaines de ces plantes sont des rescapées de ma spirale d’herbes aromatiques, amenée à être finalement démontée car elle se retrouve au milieu du nouveau cheminement.</p>

<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_01/' title='keyhole_step_01'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_01-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_01" title="keyhole_step_01" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_02/' title='keyhole_step_02'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_02-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_02" title="keyhole_step_02" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_03/' title='keyhole_step_03'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_03-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_03" title="keyhole_step_03" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_04/' title='keyhole_step_04'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_04-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_04" title="keyhole_step_04" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_05/' title='keyhole_step_05'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_05-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_05" title="keyhole_step_05" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_06/' title='keyhole_step_06'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_06-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_06" title="keyhole_step_06" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_07/' title='keyhole_step_07'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_07-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_07" title="keyhole_step_07" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_08/' title='keyhole_step_08'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_08-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_08" title="keyhole_step_08" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_09/' title='keyhole_step_09'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_09-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_09" title="keyhole_step_09" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_10/' title='keyhole_step_10'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_10-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_10" title="keyhole_step_10" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_11/' title='keyhole_step_11'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_11-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_11" title="keyhole_step_11" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_13/' title='keyhole_step_13'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_13-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_13" title="keyhole_step_13" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/keyhole_step_14/' title='keyhole_step_14'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/keyhole_step_14-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="keyhole_step_14" title="keyhole_step_14" /></a>
<a href='http://www.arpentnourricier.org/un-jardin-en-trou-de-serrure/derniere/' title='jardin keyhole'><img width="205" height="125" src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/07/derniere-205x125.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="jardin keyhole" title="jardin keyhole" /></a>

<h3>Quelques questions</h3>
<p>La hauteur de la butte est prévue pour que le tas ait une hauteur suffisante. Ca fait une grosse hauteur de terre, qui permet à chaque plante de trouver à manger même quand on les plante très serrées comme avec l’approche <a href="http://www.arpentnourricier.org/john-jeavons-et-la-methode-biointensive/">biointensive</a>.<br />
Avec le muret en pierres, ça permet à la terre de se réchauffer tôt en saison et de rester réchauffée plus tard. Mais la grande hauteur accélère le dessèchement. Probablement qu’avec dix ou quinze litres d’eau de vaisselle par jour, ça ne pose pas de souci, mais si on n’a pas cet apport, ça risque de consommer pas mal d’eau.</p>
<p>La deuxième question est celle des <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-printemps-sans-limaces/">limaces</a>. Les limaces adorent le compost humide. En mettant au même endroit le sanctuaire des limaces et les laitues, on risque de s’attirer des soucis. Reste à espérer que la butte sera assez diversifiée pour que des carabes et autres prédateurs de limaces s’y sentent chez eux. C’est le premier truc que je surveillerai.</p>
<p>Si ça marche bien, j’en ferai d’autres car c’est bien plus joli que les buttes en <a href="http://www.arpentnourricier.org/bordures-beton-pour-buttes-autofertiles/">parpaings de ciment</a>, j’ai pas mal de pierres avec les travaux de la maison, et j’aurai pas mal de terre à mesure que je creuserai les bassins pour les eaux grises.</p>
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		<title>Ma récolte de fèves</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 16:27:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Je crois que c’est fin février que j’ai semé mes deux mètres carrés de fèves (variété à longue cosse), à raison d’une fève tous les 20 cm environ, simplement enfoncée au pouce à quelques centimètres de profondeur. Le semis a été recouvert d’un voile de forçage, mais je ne pense pas que c’était vraiment la [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/ma-recolte-de-feves-2/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je crois que c’est fin février que j’ai semé mes deux mètres carrés de fèves (variété à longue cosse), à raison d’une fève tous les 20 cm environ, simplement enfoncée au pouce à quelques centimètres de profondeur. Le semis a été recouvert d’un voile de forçage, mais je ne pense pas que c’était vraiment la peine.</p>
<p>Je n’ai ni traité (même pas de purin d’ortie ou de savon noir), ni désherbé. Les pucerons ont fait une tentative d’incursion sur une plante, sans vraiment réussir à s’étendre. Le liseron et le chénopode ont eux aussi tenté leur chance, mais les fèves ont été plus rapides. Si bien que je peux dire qu’à part quelques arrosages, les fèves ont vraiment poussé toutes seules.</p>
<p>A la mi-mai, les plantes faisaient 50cm de haut, avec une demi-douzaine de longues cosses charnues pour chaque plante. Comme elles étaient toutes à peu près à maturité, j’ai tout fauché plutôt que de devoir fouiller parmi la jungle.</p>
<p>Le plus long finalement avec les fèves fraîches, c’est l’écossage et l’épluchage. A ce sujet, je vous soumets une technique qui m’a fait gagner à peu près 50% sur le temps d’écossage — ce qui peut devenir intéressant pour ceux qui comptent faire pousser plus que 2 mètres carrés (cf. <a href="http://lezd.wordpress.com/2010/08/21/un-bilan/">le bilan de Koldo</a>).</p>
<h3>Technique d’écossage rapide</h3>
<p>Prenez la gousse entre deux doigts d’une main (pas dans la paume, vous allez comprendre pourquoi). Dans l’autre main, prenez un cutter dont vous laissez dépasser la lame de 3 mm seulement. Incisez le côté de la gousse du haut jusqu’en bas.</p>
<p>Ensuite, prenez votre tas de gousses incisées, tordez chaque gousse comme si vous vouliez dévisser une extrémité. La gousse s’ouvre le long de l’incision, il n’y a plus qu’à pousser les fèves dans un saladier.  Ça va nettement plus vite que d’essayer de retirer le fil et de passer l’ongle dans la couture.</p>
<p>Après 10 minutes de cuisson, on plonge les fèves dans l’eau froide pour pouvoir enlever la seconde peau sans se brûler les doigts. Si le cutter était bien réglé, le tégument de chaque fève est déjà légèrement incisé, ce qui fait qu’on peut éplucher cette seconde peau rien qu’en pressant sur la fève et ça va super vite.</p>
<p>Voilà, c’est mon humble contribution à la salade de fèves fraîches.</p>
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		<title>Une haie de bourrache</title>
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		<pubDate>Sun, 22 May 2011 18:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[botanique]]></category>
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
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		<category><![CDATA[bordure mellifère]]></category>
		<category><![CDATA[bourrache]]></category>
		<category><![CDATA[bourrache officinale]]></category>
		<category><![CDATA[haie mellifère]]></category>
		<category><![CDATA[mellifère]]></category>
		<category><![CDATA[pollinisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[repiquage]]></category>

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		<description><![CDATA[La bourrache est une annuelle fort utile qui mériterait d’être aussi connue que sa cousine la consoude. Son nom latin Borago officinalis nous rappelle qu’on lui prête des vertus médicinales. Je l’aime surtout pour sa capacité à se ressemer, sa longue floraison de petites étoiles bleues qui décorent agréablement les plats et qui attirent les [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/une-haie-de-bourrache/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bourrache_officinale">bourrache</a> est une annuelle fort utile qui mériterait d’être aussi connue que sa cousine la consoude. Son nom latin </em>Borago officinalis</em> nous rappelle qu’on lui prête des vertus médicinales. Je l’aime surtout pour sa capacité à se ressemer, sa longue floraison de petites étoiles bleues qui décorent agréablement les plats et qui attirent les abeilles par centaines, et pour ses racines puissantes qui décompactent le sol.</p>
<h3>Introduction facultative</h3>
<p>Mon premier semis de bourrache fut apparemment un échec. En fait, les graines ont germé l’année suivante, un peu partout puisque j’avais remué la terre entre temps. Comme il n’y en avait que quelques-unes, je n’ai pas osé les déplacer, de peur de les perdre. Je les ai donc laissées là où elles avaient démarré.</p>
<p>L’année dernière, elles s’étaient tellement bien ressemées que j’en avais partout dans toute cette partie du potager : dans les buttes et dans les allées. J’avais dû oublié la place que ça prenait à maturité, parce que j’en ai laissé une bonne partie, en particulier celles qui étaient dans les allées. Et même quand il est devenu évident que les patates qui poussaient là n’avaient aucune chance de voir le jour sous la forêt de bourraches, et que mes allées étaient condamnées pour la saison, je n’ai pas eu le coeur de couper les plantes, en voyant la multitude d’abeilles et autres insectes pollinisateurs que ces bourraches régalaient (en plus de régaler nos yeux).</p>
<h3>Repiquages de bourraches</h3>
<p>Cette année, il en pousse à nouveau partout à cet endroit, et j’ai décidé d’être plus ferme. Mais au lieu de râler contre cette envahisseuse, je considère simplement que c’est une plante qui se rend utile en faisant ses semis toute seule : il me reste simplement à les déplacer.</p>
<p>A partir de mars, j’arrache les plantules (que je reconnais bien maintenant pour les avoir pratiquées deux années de suite) au stade de la première vraie feuille, en les prenant par les cotylédons, et je repique celles qui viennent avec leurs racines. On peut encore les arracher (éventuellement en s’aidant d’un plantoir pour ameublir la terre autour) plus tard quand elles ont plusieurs vraies feuilles — là on ne risque plus de les confondre.<span id="more-1321"></span></p>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/05/borago-officinalis-cotylédons.jpg" rel="lightbox[1321]" title="borago officinalis cotylédons"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2011/05/borago-officinalis-cotylédons.jpg" alt="" title="borago officinalis cotylédons" width="450" height="253" class="aligncenter center size-full wp-image-1325" /></a></p>
<p>J’ai donc fait :</p>
<ul>
<li>des godets pour en donner à d’autres jardiniers (ça n’a pas tellement marché — les plants sont restés rabougris et chlorosés)</li>
<li>un rang de bourraches à l’extrémité de <a href="http://www.arpentnourricier.org/bordures-beton-pour-buttes-autofertiles/">la butte</a>, comme une tête de gondole pour attirer les auxiliaires du jardin dans les rayons</li>
<li>une longue ligne de bourraches de l’autre côté de la <a href="http://www.arpentnourricier.org/haie-seche-la-cloture-du-pauvre/">haie sèche</a>, afin de réaliser une ceinture fleurie autour du potager (et aussi pour faire de l’ombre au liseron qui s’est bien implanté sous la clôture et qui menace sans cesse d’envahir mes buttes)</li>
<li>quelques massifs de bourraches près de <a href="http://www.arpentnourricier.org/brouillard-hiver-pose-longue/">la maison</a> pour garnir les plates-bandes avec quelque chose qu’il n’y a pas besoin de replanter tous les ans.</li>
<li>quelques touffes dans le jardin pour servir d’engrais vert à la manière de la consoude (on coupe et on met en paillage au pied des arbres).</li>
</ul>
<p>Pour le repiquage, je me contente d’ouvrir un peu la terre à la rotogriffe (si l’endroit est enherbé, je le fais à la houe, sur une largeur de fer), puis de l’émietter un peu. Avec un bâton bien droit et bien lisse du diamètre d’un crayon, je fais des trous de 5cm de profondeur tous les 10cm et j’y glisse les plantules préalablement mises à patienter dans un saladier d’eau pour ne pas qu’elles se dessèchent au soleil. Je finis en pressant un peu le sol avec mes doigts pour que les racines soient bien en contact avec la terre. Les plantes adultes prennent bien 50cm chacune, mais comme je veux être sûr que les plantes étouffent bien le liseron, j’ai serré la plantation plus que de raison.</p>
<p>Si la terre est assez meuble, on peut aussi <a href="http://www.arpentnourricier.org/savez-vous-planter-au-jet/" title="ma technique de plantation 3-en-1">planter au jet</a> — ça va nettement plus vite.</p>
<h3>Semis de bourraches zéro effort</h3>
<p>Et quand on a la présence d’esprit de s’y prendre à l’avance pour implanter des bourraches ailleurs au jardin, le plus simple est de faucher quelques plantes en fin d’automne quand elles sont sèches, et de poser les branches (avec leurs graines) à même le sol aux endroit où l’on veut des bourraches,  en recouvrant d’un peu de terre de taupinière et d’un peu de paille. S’il y a de l’herbe à cet endroit, il faudra d’abord mettre un carton dessous, puis les graines, puis la terre, puis la paille. Et ça finira bien par germer tout seul, puis par se ressemer tous les ans.</p>
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		<title>Un printemps sans limaces</title>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 15:15:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[permaculture]]></category>
		<category><![CDATA[techniques]]></category>
		<category><![CDATA[limaces]]></category>
		<category><![CDATA[meteo]]></category>
		<category><![CDATA[paillage]]></category>
		<category><![CDATA[potager]]></category>
		<category><![CDATA[prédateurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Les limaces, c’est mon ennemi numéro 2 après le liseron. Je ne dois pas être le seul dans ce cas : le problème des limaces est récurrent dès qu’on arrête de retourner la terre, et surtout dès qu’on met une bonne dose de paillage. Sous dix centimètres de paille, pour peu qu’il pleuve un peu, [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/un-printemps-sans-limaces/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les limaces, c’est mon ennemi numéro 2 après le liseron. Je ne dois pas être le seul dans ce cas : le problème des limaces est récurrent dès qu’on arrête de retourner la terre, et surtout dès qu’on met une bonne dose de paillage. Sous dix centimètres de paille, pour peu qu’il pleuve un peu, les conditions fraîches, ombragées et humides sont idéales pour le développement des limaces.<span id="more-1317"></span></p>
<p>Cette année, j’ai décidé de retarder la mise en place de la paille pour permettre au sol de se réchauffer plus vite et parce que je voulais essayer quelques semis en pleine terre. Et pour la première fois depuis cinq ans, je n’étais pas envahi de limaces. Je commençais à croire que j’avais trouvé la parade miracle quand un soir d’averse, je me suis rendu compte que quelque chose clochait : il m’a fallu faire le tour du jardin plusieurs fois avant de trouver la première grosse limace. D’habitude à cette époque de l’année, j’allais faire la chasse aux limaces en début de nuit et j’en assassinais souvent plusieurs centaines. Cette année, elles se comptent sur les doigts de la main.</p>
<p>Ca serait trop beau si c’était le résultat de mes actions préventives : tas de bois pour favoriser les carabes et les hérissons qui mangent les limaces ; bordures des buttes faites d’agglos de ciment béton plutôt qu’en planches de bois ; paillage tardif ; allées engazonnées plutôt que paillées. Ca pourrait aussi être un indice que l’écosystème de mon jardin se stabilise, avec des populations de prédateurs suffisamment robustes pour prévenir l’explosion de limaces du mois d’avril.</p>
<p>Malheureusement, je pense que l’explication la plus simple, c’est la météo. Le déficit de précipitations depuis la fin de l’hiver atteint des niveaux record. On peut au moins espérer que les populations de limaces vont en prendre un coup, et qu’on sera peu envahi au printemps prochain, même s’il pleut normalement.</p>
<p>Je ne sais pas si c’est partout en France ou juste chez moi, mais en tout cas pour l’instant (à quelque chose, malheur est bon), je profite à fond de mon premier printemps sans limaces. J’en serais presque à tenter un semis de laitues en pleine terre (rendez-vous compte…)</p>
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		<title>La viande : une extravagance inoffensive</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2011 22:19:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Le récent livre de Simon Fairlie : Meat - a Benign Extravagance essaie de démêler les chiffres de l'impact environnemental d'un élevage dans un modèle d'agriculture paysanne familiale et vivrière, montrant qu'entre l'horreur et les excès de l'élevage industriel et la prohibition éthique prônée par le mouvement vegan, il y a une vraie place pour les animaux dans un paysage agraire résilient et reruralisé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>J’avais tort, et [ce livre — Meat : A Benign Extravagance] m’en a persuadé. Il m’a ouvert les yeux quant à la fascinante complexité d’un dossier trop souvent vu en noir et blanc.</p>
<p><a href="http://www.monbiot.com/2002/12/24/the-poor-get-stuffed/">Dans le Guardian en 2002</a>, j’évoquais l’accroissement brutal du nombre de têtes de bétail dans le monde, et le lien qu’il y avait entre leur consommation de céréales et la malnutrition humaine. En étudiant les chiffres, j’en concluais que le véganisme était “la seule solution éthique à ce qui est peut-être le plus urgent des problèmes de justice sociale dans le monde.” Je crois toujours que le détournement de pans toujours plus vastes du domaine arable vers l’alimentation du bétail au détriment de celle des humains est injuste et absurde. Le livre [de Simon Fairlie] ne prétend pas le contraire. En revanche, je ne crois plus que la seule solution éthique soit de cesser de manger de la viande.</p></blockquote>
<p>C’est ainsi qu’en septembre de cette année <a href="www.monbiot.com/2010/09/07/strong-meat/" class="broken_link">George Monbiot</a>, le célèbre journaliste d’investigation britannique et champion des luttes anticapitalistes démarrait sa chronique, à propos de <a href="http://www.amazon.co.uk/Meat-benign-extravagance-Simon-Fairlie/dp/1856230554">Meat : a Benign Extravagance</a>, livre récemment publié par Simon Fairlie, un soixante-huitard ayant été tour à tour berger, maçon, pêcheur, éditeur, et <a href="http://www.thescytheshop.co.uk/">vendeur de faux</a> (si l’on en croit la bio du livre).</p>
<p>Je viens d’en achever la lecture, et je confirme que c’est une petite révélation pour qui s’intéresse à la place des animaux et des produits animaux (viande incluse) dans un système agraire soutenable, ce qui est justement une préoccupation assez partagée dans le monde de la permaculture. Fairlie met sans complexe les pieds dans le plat au beau milieu de la bataille rangée entre les tenants de l’élevage industriel et les végéta.iens. La voix qu’il essaie de faire entendre, c’est celle de l’agriculture paysanne, où l’animal a toujours eu sa place, et qui est victime dans notre référentiel culturel des assauts pas nécessairement concertés de l’agribusiness d’un côté et des végéta.iens de l’autre.<span id="more-1238"></span></p>
<p>Commençons tout d’abord par préciser que le livre laisse délibérément de côté deux terrains d’argumentation favoris des végéta.iens : la diététique et l’éthique. Si l’aspect nutritionnel est abordé, c’est principalement du point de vue de l’apport calorique, dans un souci de nourrir les peuples (un peu comme le ferait un rapport de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies_pour_l%27alimentation_et_l%27agriculture">FAO</a>). Ainsi il se concentre essentiellement sur la question de la place des animaux dans nos paysages agricoles et dans notre assiette principalement du point de vue de la soutenabilité, dans une approche qui se réclame ouvertement d’une vision permaculturelle.</p>
<p>En attendant qu’un éditeur choisisse de publier une traduction, je m’en vais de ce pas vous faire le résumé du livre et de son argumentaire, chapitre par chapitre, pour que le lecteur francophone puisse en tirer la substantifique moelle. A noter que pour toute réclamation et polémique, c’est le texte original qui fait foi.</p>
<h3>1 — introduction</h3>
<p>La viande est un luxe, et détourner des surfaces arables au profit de l’élevage industriel est un crime. Les dégâts environnementaux causés par l’élevage à outrance sont évidents. Mais la réponse que proposent les végéta.iens est simpliste. Le livre est une enquête détaillée sur la question de “l’éthique environnementale” de la consommation de viande.</p>
<h3>2 — cochons sédentaires, vache nomades, poulets urbains</h3>
<p>Ce chapitre introductif retrace brièvement l’histoire de l’élevage et des interdits alimentaires, jusqu’au dernier interdit (pas de porc dans les hamburgers) qui a conduit à l’essor de l’industrie américaine du boeuf et au modèle de l’élevage intensif carcéral gaspillant les céréales.</p>
<h3>3 — un demi-hectare par repas ?</h3>
<p>Ce chapitre essaie de retracer la génèse du rapport “dix unités de céréales pour une unité de viande” trop souvent cité comme vérité divine. Il montre qu’en tenant compte de divers éléments, il semblerait qu’il soit plutôt aux alentours de 7 pour 1. Il fait ensuite remarquer que le bétail tire l’essentiel de son alimlentation de l’herbe et d’autres ressources qui n’entrent pas en compétition avec l’alimentaiton humaine, ce qui fait que le ratio complet se rapproche de 3 pour 1. Il montre ainsi que si tout le monde arrêtait de manger de la viande (boeuf, porc, volaille, etc.), la quantité de céréales libérée ne suffirait pas à  compenser la quantité de viande abandonnée, parce qu’une grande proportion de l’alimentation destinée aux animaux est impropre à la consommation humaine (herbe, broussaille, et résidus agricoles pour les ruminants, déchets alimentaires pour les porcs). Par contre si on arrêtait de donner des cérales aux bovins pour fournir du boeuf industriel aux 20% les plus nantis, on libèrerait 400 millions de tonnes de céréales qui nourriraient 1.3 milliard de personnes.</p>
<h3>4 — bétail <em>par défaut</em></h3>
<p>Ce chapitre fondamental montre qu’en-deçà d’un certain niveau, l’élevage ne “mange pas de pain”. Si on donne des déchets alimentaires aux porcs et de l’herbe et de la paille aux ruminants, ils n’empiètent pas sur la nourriture humaine, tout en lui en apportant. Il détermine alors qu’on pourrait couvrir environ la moitié de la consommation actuelle mondiale de lait, d’oeufs et de viande dans un modèle d’élevage où les bêtes n’auraient droit qu’à ce qui n’empiète pas sur la nourriture humaine. Réparti entre tous les habitants de la planète, ça ferait 350g de viande et 75g de fromage par semaine. Il appelle cela le “bétail par défaut” : les produits et les services animaux qui sont le co-produit intégral d’un système agraire plus vaste (et soutenable).</p>
<h3>5 — le cochon et le principe de précaution</h3>
<p>Traditionnellement, le cochon était élevé localement dans les familles et servait de poubelle, permettant de valoriser les déchets et recycler les nutriments. En concentrant les cochons dans des élevages industriels, les risques sanitaires accrus empêchent de nourrir les animaux avec des déchets. Ceci casse le cycle des nutriments, consomme des ressources dédiées, et crée un gros problème de déchets (marées vertes en aval des élevages, et incinération des déchets alimentaires en amont faute de pouvoir les donner aux cochons).</p>
<h3>6 — la question des lipides</h3>
<p>La consommation de matière grasse par habitant est restée stable en 50 ans dans les pays occidentaux. Si on veut être végan, ça voudra dire remplacer les graisses animales par beaucoup d’huile végétale. Or la production d’huile végétale est très gourmandes en hectares 20 m² par kilo pour l’huile végétale contre 14 pour le beurre. Et ce ne sont souvent pas des hectares locaux : la graisse ‘naturelle’ en angleterre, c’est la graisse animale. Par ailleurs, il fait remarquer qu’une grande partie de l’alimentation animale dans le monde (tourteau) soit une conséquence de la demande en huile végétale.</p>
<h3>7 — dur à avaler</h3>
<p>Ce chapitre démolit le mythe selon lequel il faudrait 100,000 litres d’eau pour produire un kilo de viande. Pour une génisse qui donnera 125 kg de viande, ça voudrait dire boire 25000 litres par jour. Apparemment, le chiffre initial a été obtenu en attribuant au bilan hydrique de la viande toute l’eau du ciel tombée tombée sur la prairie, comme si elle était perdue dans ce kilo de viande. Ce chiffre de 100000 litres par kilo n’est éventuellement vrai que pour des animaux nourris avec du foin et du grain issu de cultures irriguées, ils sont totalement faux pour des vaches à l’herbe.</p>
<h3>8 — engrais vert</h3>
<p>De nombreux agriculteurs bio considèrent le bétail comme une composante essentielle dans le maintien de la fertilité (rotation prairie-céréales). Il existe cependant plein de rotations possibles sans bétail, où la fertilité est assurée par des culture intercalaires d’engrais verts. Mais les efficacités des deux approches sont assez similaires.  Donc quand les vegans prétendend qu’on pourrait nourrir bien plus de monde sans les animaux, ça serait uniquement vrai avec des engrais chimiques (donc pas besoin de bêtes ni d’engrais verts).</p>
<h3>9 — la grande-bretagne peut-elle se nourrir ?</h3>
<p>Ce chapitre reprend un article déjà publié par Simon Fairlie et que j’avais pu lire sur <a href="http://transitionculture.org/wp-content/uploads/2007/CanBritain.pdf" title="La Grande-Bretagne peut-elle se nourrir ? (en anglais) (PDF)">TransitionCulture</a> où il postule un nombre d’habitants pour la grande-bretagne, un régime alimentaire (calories, graisse et fruits et légumes). Avec des estimations de rendement à l’hectare pour chaque type de culture et dans chaque situation, Fairlie examine 6 grandes situations, toutes dérivées d’un régime de base publié dans un article de 1975 : chimique avec élevage / chimique vegan / bio vegan / bio avec élevage / permaculture avec élevage / permaculture vegan. Il montre que le système qui nourrit le plus de monde sur le moins de terres, c’est chimique-vegan : 1 ha nourrit 20p. Si on passe en bio-vegan, il faut faire des rotations d’engrais vert pour avoir de l’azote, et on passe à 1 ha pour 8p. En bio avec élevage, on se retrouve à utiliser beaucoup de terres en plus pour les prairies, et il ne reste pas grand-chose pour laisser à l’état sauvage. On est alors à 1 ha arable + 1 ha de prairie pour nourrir 7.5 personnes. Si on choisit de prendre des vaches laitières moins productives et de l’élevage spécifique pour la viande, alors on peut réduire l’emprise, pour une même quantité de lait produite : on réduit  le besoin de prairies. En effet, des vaches qui produisent peu de lait et qui sont nourries exclusivement à l’herbe mangent sur des prairies en rotation avec des cultures céréalières : elles font partie de l’engrais vert. Alors que des vaches qui produisent beaucoup de lait et qui ont besoin de céréales sont des consommateurs nets d’azote.</p>
<p>Enfin, l’auteur examine deux situations “sur mesure” où il essaie rajoute le besoin de fibres et de bois, mais de compenser ce surcoût en essayant d’intégrer au mieux les différentes productions, en s’autorisant des hypothèses de changement de style de vie des gens. Les vaches sont du bétail ‘par défaut’, nourries à l’herbe, tandis que le porc est nourri aux 2/3 avec du petit lait et d’autres sous-produits et déchets alimentaires. Il parvient alors à rester dans la même fourchette de 1 ha arable + 0.8 ha de prairie pour 7.5 personnes (bois et fibre compris), pourvu que les gens vivent à la campagne (recyclage des nutriments). Et si on enlève le bétail (optique permaculture-vegan), alors on gagneeffectivement, mais uniquement sur les hectares de prairie : il faut autant de terres arables dans les deux cas) mais on peut plus facilement vivre en ville.</p>
<h3>10 — à propos des greniers</h3>
<p>Dans ce chapitre, Fairlie aborde la question des disettes, et montre que les famines ne sont jamais la conséquence de trop d’élevage. Au contraire, plusieurs famines (dont celle d’Irlande) sont le résultat de choix agraires superproductifs et essentiellement végétariens. Il cite une anecdote ethnologique intéressante dans laquelle les populations Maring de Nouvelle-Guinée organisent culturellement l’explosion démographique puis l’effondrement démographique (lors d’incroyables banquets) de leur cochons, ce qui est interpété comme une stratégie pour éviter la famine pour eux-même : ils testent les limites de subsistance de leur système agricole par procuration.</p>
<p>L’auteur suggère que l’élevage (et en particulier le porc, puisqu’on a montré au chapitre précédent que les vachent mangent de l’herbe) est un tampon intéressant pour lisser les écarts entre les années grasses et les années maigres : écarts de prix agricoles, écarts de disponibilité de nourriture pour les humains. En gros, les cochons et la volaille servent de marge de manoeuvre entre nous et la sous-production de nourriture. Une mauvaise année, on limite le nombre de cochons, et on mange le grain. Une bonne année, on donne le grain aux cochons. C’est donc un élément stabilisateur qui n’existe pas dans un monde vegan : il faudrait brûler les surplus de blé les bonnes années ou bien mettre en place de gros greniers (probablement la bonne solution).</p>
<h3>11 — nourriture vagabonde</h3>
<p>Ce chapitre est un peu dense pour être résumé facilement. Il traite d’abord de la chasse et de la pêche, et montre que les pêcheries traditionnelles artisanales sont bien plus respectueuses des stocks, consomment bien moins de ressources et font vivre bien plus de monde que les gros chalutiers. La deuxième partie du chapitre évoque le rôle du bétail dans une Inde essentiellement végétarienne : animaux de trait, vaches à lait, et viande pour les plus défavorisés (les intouchables). Il parle de la révolution blanche, qui en quelques années a fait de l’Inde le premier producteur laitier mondial (consommation intérieure uniquement), avec essentiellement de très petites exploitations, et une alimentation qui n’entre pas en concurrence avec l’alimentation humaine.</p>
<h3>12 — traction animale ou agrocarburants ?</h3>
<p>Ce chapitre traitre une question que je me suis souvent posée, à savoir : dans un monde sans pétrole, un tracteur consomme-t-il plus d’hectares pour son agrocarburant qu’un cheval pour son fourrage ? Apparemment, ça se vaut : il faut environ un hectare pour en cultiver 10, que ça soit pour de l’agrocarburant ou de l’avoine. La grosse différence pour un agriculteur, c’est le prix de la machine : un tracteur coûte alors qu’un cheval rapporte (vente des poulains). Par ailleurs, la biomasse pour les agrocarburants doit être transportée vers une usine et réacheminée, alors que la biomasse pour l’animal de trait peut être trouvée sur place. L’auteur relève ensuite le paradoxe que notre référence européenne pour l’animal de trait soit le cheval, alors qu’il est nettement moins rentable que le boeuf, qui est plus facile à guider, moins fragile et moins difficile (et si c’est une vache, elle peut aussi donner du lait).</p>
<p>La deuxième partie du chapitre traite du transport de la nourriture, en partant du constat qu’un régime végan sous le climat britannique est assez dépendant de nourriture importée (en particulier en graisse végétale). Il montre que si le bilan carbone du transport est relativement modeste, il reste la difficulté du réacheminement des nutriments, ainsi que tous les problèmes liées à un mode de production et de distribution centralisé, ce qui rend les circuits courts et locaux particulièrement bienvenus.</p>
<h3>13 — changement climatique : les voitures ou les vaches ?</h3>
<p>Dans ce chapitre crucial, l’auteur tord le cou au chiffre largement repris depuis quelques années qui attribue 18% des émissions mondiales à l’élevage. Il montre que la comptabilité à l’origine du chiffre est totalement fausse, en particulier parce qu’elle impute intégralement à l’élevage les émissions de CO2 liées à la déforestation, en les comptant comme des flux annuels comme si chaque paysan brésilien re-déforestait sa ferme chaque année. De même, en attribuant toutes les émissions de protoxyde d’azote à l’élevage (5,5% des émissions mondiales), les analyses oublient que le fumier qui dégage du N2O sert à engraisser nos cultures, et qu’il faudrait le remplacer par des engrais chimiques ou des engrais verts, lesquels libèrent autant de N2O (c’est le cycle normal de l’azote) sans compter que si nous arrêtons de manger de la viande, il faudra augmenter les cultures de légumineuses, qui sont aussi émettrices de N2O. Au total, l’auteur pense que le niveau réel attribuable raisonnablement à l’élevage est deux fois plus faible. En revanche, il ne conteste pas vraiment les niveaux généralement annoncés pour le méthane. Il note toutefois que le méthane sert de bouc émissaire, puisque en tant que gaz à durée de vie courte, il est souvent visé en priorité dans les politiques de réduction des émissions court-terme alors que c’est bien le CO2 issu du pétrole et du charbon qui est à l’origine du problème au départ.</p>
<p>Au final, le chiffre total des émissions lié à l’élevage est probablement inférieur à 10%, ce qui reste élevé, mais moins dramatique que les 18% annoncés.</p>
<p>Enfin, ce chapitre se penche sur la tromperie qui consiste à ne pas compter les émissions liées au transport pour comparer l’agriculture paysanne locale et l’agriculture industrielle mondialisée, qui laissent entendre que l’agriculture paysanne émet davantage de gaz à effet de serre, ce qui est absurde.</p>
<h3>14 — séquestration du carbone dans les sols agricoles</h3>
<p>Le chapite 14 se penche sur la séquestration de carbone dans les sols agricoles des prairies permanentes. Apparemment, le sujet n’est pas tranché du côté scientifique, et de nombreux chiffres contradictoires circulent. Un des mécanismes évoqués pour expliquer comment les ruminants augmentent la matière organique dans le sol est qu’une touffe d’herbe broutée laisse mourir une partie de ses racines, qui nourrissent directement le sol en carbone. Même si les différentes expériences sont intéressantes (l’auteur cite en particulier <a href="http://www.arpentnourricier.org/portrait-allan-savory/">Allan Savory</a> qui montre que les prairies semi-arides se portent mieux quand on y fait brouter de gros troupeaux de façon intermittente que si on laisse pâturer juste quelques bêtes en permanence), il faut se méfier des chiffres, et surtout des velléités de certains à vouloir les convertir en crédit carbone.</p>
<h3>15 — le grand fossé</h3>
<p>Dans ce chapitre volontairement polémique, l’auteur fait s’affronter deux visions agricoles : d’un côté une vision permaculturelle bocagère et horticole, avec de petits villages disséminés et de petites fermes en polyculture-élevage ; et de l’autre une vision vegan d’agriculture de plaine mécanisée où les gens vivent en ville et sont déconnectés de la nature. Les anciennes prairies et des régions entières impropres aux grandes cultures seraient laissées à la forêt, et il faudrait payer des chasseurs ou ériger une grande clôture pour empêcher les animaux sauvages de pulluler et venir brouter nos champs de salade. Cette vision est sans doute volontairement exagérée, mais l’argument principal de l’auteur, c’est qu’en tirant le fil d’une éthique vegan, on finit par considérer l’homme en dehors de la nature, comme un paria plutôt que comme un participant.</p>
<h3>16 — le combat entre l’ombre et la lumière</h3>
<p>Ce chapitre examine d’abord le potentiel que représentent les jardins-forêts et l’agroforesterie pour nourrir les humains là où ne peut pas faire de culture arable et où on fait actuellement de l’élevage.  Il mentionne les travaux de Martin Crawford sur les noyers et les châtaigniers et verrait bien un mélange d’élevage et de culture d’arbres à noix pour réduire notre dépendance aux céréales. Il revient ensuite  sur l’idée que toute l’Europe était une vaste forêt primaire avant les défrichements. En réalité, de nouvelles études (il cite surtout les <a href="http://www.knepp.co.uk/Other_docs/Frans%20Vera/Birks%20over%20Vera%20in%20TREE1.pdf">travaux controversés de Frans Vera</a>) suggèrent qu’au moins en plaine, le couvert arboré était plus ouvert, le paysage étant constitué d’une mosaïque de prairie et de forêt, à cause du rôle joué par les grands herbivores, lesquels seraient arrivés au moins aussi vite que les arbres à la fin de la dernière glaciation. Ainsi, les préjugés de nombreuses politiques de conservation en Europe en faveur de la forêt et à l’encontre de la prairie semblent un peu déplacés.</p>
<h3>17 — une économie permaculturelle incluant les animaux</h3>
<p>Dans ce dernier chapitre, Fairlie détaille sa vision d’une économie re-ruralisée, avec une mosaïque de forêts, de haies, de prés, de champs, et il montre que les animaux permettent d’augmenter considérablement le nombre de relations entre les éléments de cette économie (une approche courante dans la conception permaculturelle pour augmenter la résilience d’un système). Les ruminants seraient élevés pour leurs services écologiques (débroussaillage, fumier, traction, transports) uniquement sur des prés non-arables ou en rotation avec des céréales pour reconstituer la fertilité des parcelles, tandis que les cochons seraient élevés à l’échelle familiale avec le surplus céréalier (en complément des déchets et des sous-produits agricoles) pour servir d’amortisseur de prix agricoles et de disettes. Dans cette vision, l’humain n’est pas voué un rester un être urbain à l’écart de la nature, mais un animal paysan et jardinier, acteur intégral de nos écosystèmes.</p>
<h3>Ma conclusion</h3>
<p>J’ai été absolument enchanté en lisant ce livre. Il recouvre une partie des réflexions que j’ai pu expliciter dans ma série sur la question de <a href="http://www.arpentnourricier.org/le-dilemme-carnivore/">la place des animaux en permaculture</a>. Il expose une vision d’une économie humaine distribuée et reruralisée qui me plaît. Il creuse les chiffres et fouille les références bibliographiques plus loin que la plupart des autres auteurs sur ces sujets. Et il me rassure sur l’avenir de mon paysage bocager dans un monde de descente énergétique.</p>
<p>Evidemment, le gros trou dans la raquette reste l’argument éthique : dans tout ce livre, Fairlie ne se demande jamais ce qui nous permet de nous arroger le droit de faire travailler puis de mettre à mort des animaux. Cependant, j’ai l’impression que d’une certaine façon, cette question se pose de façon moins simpliste quand on considère comme lui que l’humain est un maillon de l’écosystème et non pas un gardien et gestionnaire extérieur et tout-puissant. Mais là, c’est probablement le thème d’un tout autre livre…</p>
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