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	<title>l&#039;arpent nourricier &#187; habitat</title>
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	<description>permaculture et transition en aveyron et ailleurs</description>
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		<title>Brouillard, hiver, pose longue</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 08:35:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On dirait la maison de l’ogre, mais en fait, c’est chez moi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/11/maisondanslebrouillard.jpg" alt="ma maison dans le brouillard" title="ma maison dans le brouillard" width="450" height="254" class="center aligncenter size-full wp-image-637" /></p>
<p>On dirait la maison de l’ogre, mais en fait, c’est chez moi.</p>
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		<title>Les toilettes sèches officiellement reconnues</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 07:53:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On en avait tous rêvé : le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat l’a fait. Dans un décret paru au Journal Officiel le 9 octobre 2009, les toilettes sèches sont officiellement reconnues (par dérogation) comme équipement d’assainissement non-collectif. [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/les-toilettes-seches-dans-la-loi/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://picasaweb.google.fr/lh/photo/LZDegYsBJJJsfRcrh7whzw?feat=directlink"><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/11/toilettesseches.jpg" alt="toilettes sèches sur lit de copeaux" title="toilettes sèches sur lit de copeaux" width="450" height="253" class="center aligncenter size-full wp-image-633" /></a></p>
<p>On en avait tous rêvé : <a href="http://www.ecologie.gouv.fr">le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat</a> l’a fait. Dans un décret paru au Journal Officiel le 9 octobre 2009, les <a href="http://www.arpentnourricier.org/toilettes-seches-fait-maison/">toilettes sèches</a> sont officiellement reconnues (par dérogation) comme équipement d’<a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/arretes_assainissement_non_collectif_ANC_8472.php4">assainissement non-collectif</a>.<span id="more-632"></span></p>
<blockquote><p>Par dérogation à l’article 3, les toilettes dites sèches (sans apport d’eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines.<br />
Les toilettes sèches sont mises en oeuvre :</p>
<ul>
<li>soit pour traiter en commun les urines et les fèces. Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost ;</li>
<li>soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce cas, les urines doivent rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7.</li>
</ul>
<p>Les toilettes sèches sont composées d’une cuve étanche recevant les fèces ou les urines. La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche conçue de façon à éviter tout écoulement et à l’abri des intempéries. Les sous-produits issus de l’utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution. [<a href="http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/ARRETE_prescriptions_techniques_ANC_7_septembre_2009.pdf">section 5, article 17</a>]</p></blockquote>
<p>Ceci ne concerne pas tant ceux qui ont déjà le tout-à-l’égout (qui pouvaient déjà s’installer des toilettes sèches en douce) que ceux qui sont embourbés dans les méandres de la réglementation sur l’<a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/arretes_assainissement_non_collectif_ANC_8472.php4">assainissement non-collectif</a> et qui aimeraient bien pouvoir alléger l’installation en ayant recours aux toilettes sèches. Maintenant qu’elles sont officiellement reconnues, ça va mettre de l’huile dans les rouages. Bon, il faudra probablement un certain temps pour que ça percole jusqu’aux agences locales chargées de vous accorder les bonnes autorisation et certificats. On pourra aussi tiquer sur la nécessité d’une “aire étanche” ainsi que sur le choix limité des solutions techniques, mais c’est déjà un bon pas en avant.</p>
<p>Merci à <a href="http://yurtao.canalblog.com/archives/2009/11/14/15794365.html">Yurtao</a> pour l’info.</p>
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		<title>Sol boueux cherche bois broyé</title>
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		<comments>http://www.arpentnourricier.org/sol-boueux-cherche-bois-broye/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Jan 2009 06:21:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma cour boueuse Evoquons ma cour en quelques mots. Elle est encoignée dans une maison en L, faisant face au Sud-Est. Le sol est un mélange d’argile, de rares pousses de graminées et de pourpier, de cailloux 30/40 rescapés du chantier, de chutes de lauzes, de plaques de schiste pourri se détachant de la roche [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/sol-boueux-cherche-bois-broye/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/01/tasdebrf450x250.jpg" alt="tas de BRF" title="tas de BRF" width="450" height="250" class="center" /></p>
<h3>Ma cour boueuse</h3>
<p>Evoquons <a href="http://www.arpentnourricier.org/broyat-de-chutes-de-scierie-en-couvre-sol/">ma cour</a> en quelques mots. Elle est encoignée dans une maison en L, faisant face au Sud-Est. Le sol est un mélange d’argile, de rares pousses de graminées et de pourpier, de cailloux 30/40 rescapés du chantier, de chutes de lauzes, de plaques de schiste pourri se détachant de la roche qui affleure par endroits. Elle reçoit la pluie de quatre demi-toits, triplant sa pluviométrie apparente : esthétique oblige, il n’y a pas de gouttières. En hiver, elle se transforme en vaste flaque boueuse un jour sur deux.</p>
<p>Cela fait déjà plusieurs années <span id="more-94"></span>que j’ai choisi le <a href="http://www.arpentnourricier.org/broyat-de-chutes-de-scierie-en-couvre-sol/">revêtement de sol pour la cour</a> : ni béton lavé, ni calade en galets, ni chape de chaux, ni graviers, ni plateforme en teck, ni dalles de calcaire, mais des copeaux. Il m’a fallu un certain temps pour mettre mon idée à exécution, ce qui m’a permis d’être entre-temps conforté par de beaux exemples, en particulier le <a href="http://www.brittanycountrygite.com/images/gitegarden.jpg">jardinet du gîte de Stuart &amp; Gabrielle</a>. Notons que j’emploie ici le terme de copeaux plutôt que de <a href="http://www.arpentnourricier.org/bois-rameaux-fragmentes-introduction/">BRF</a>, dans la mesure où il n’est nul besoin que les bois soient fins, ni qu’ils soient majoritairement constitués de feuillus.</p>
<p>J’avais d’abord essayé de faire ces copeaux moi-même avec un <a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2320428351/">petit broyeur électrique</a>. La boue avait déjà bien diminué, mais je n’aurais jamais pu arriver à produire les six mètres cubes que le paysagiste est venu me verser fin décembre.</p>
<p>En trois coups de petit râteau, voilà la cour métamorphosée.</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/01/courbrf450x250.jpg" alt="bois broyé dans la cour" title="bois broyé dans la cour" width="450" height="250" class="center" /></p>
<h3>Les mille mérites des copeaux en revêtement de sol</h3>
<p>Il y a mille intérêts à utiliser des copeaux en couverture de sol. Enumérons-en quelques-uns :</p>
<ol>
<li>c’est pas cher : 1€60 le mètre carré (pour 10 cm d’épaisseur)</li>
<li>c’est flexible et réversible : je n’aurai qu’à pousser les copeaux quand je voudrai faire d’autres aménagements dans la cour. Et si je me lasse des copeaux, ils trouveront leur place au jardin comme du BRF</li>
<li>c’est écologique : à 0.1 litre de combustible fossile par mètre carré transport compris (voir estimation sur le sens de l’humus), l’énergie grise est imbattable</li>
<li>c’est drainant : pas besoin de m’embêter à faire un caniveau et des drains — il suffit que le terrain soit légèrement en pente vers le jardin et je n’aurai plus jamais de boue</li>
<li>c’est climatisant : l’hiver, on ne risque pas de glisser sur du verglas ; l’été, l’humidité maintient la fraîcheur</li>
<li>c’est désodorisant : il faut aimer l’odeur de forêt — on peut favoriser les copeaux de conifères, qui ont une odeur plus aromatique</li>
<li>c’est beau : la texture camaïeu est inimitable et change au gré des saisons</li>
<li>c’est facile à mettre en oeuvre : un rateau suffit — compter cinquante mètres carrés en une heure de travail</li>
<li>c’est peu salissant : jamais de balai, jamais de kärcher, jamais de lasure, et jamais de taches de merlot ou de graisse de barbecue lors des repas d’été</li>
<li>c’est assainissant : si un chien ou un chat vient à y faire ses besoins, il suffit d’enfouir l’objet du délit et la vie du sol s’en régalera</li>
<li>c’est incassable : on peut y garer la voiture ; on peut y laisser choir une masse sans risques de fissures</li>
<li>c’est fertile : j’ai couvert ma misérable terre directement, sans interposer une quelconque barrière à adventices (ni bâche ni cartons). En-dessous, le bois sera lentement dégradé par les champignons et le nouvel humus se mélangera au peu d’argile pour faire un sol prodigieux. Je suis sûr qu’il y poussera de splendides plantes spontanées dès le printemps (que je n’arracherai qu’au cas par cas). Je vais même probablement semer des graines de prairie fleurie ou de fleurs de la forêt, pour un plus bel effet. Je trouve assurément plus agréable d’avoir de la nature au pied de la maison qu’une cour stérile, et tant pis si ça ne fait pas ‘propre’.</li>
<li>c’est doux : le moelleux est très agréable, et parfaitement indiqué pour les chutes des jeunes enfants</li>
<li>c’est polyvalent : la cour, les chemins, les marches du perron, le paillage des fleurs</li>
<li>c’est panachable : j’ai fait un perron en vieux chevrons et en lauzes pour entrer dans la maison sans ramener trop de bois — le mariage est visuellement très satisfaisant</li>
<li>c’est renouvelable : d’ailleurs, il faudra certainement le renouveler au moins partiellement dans trois ou quatre ans</li>
</ol>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/01/perron450x250.jpg" alt="Le perron en chevrons et lauzes" title="Le perron en chevrons et lauzes" width="450" height="250" class="center" /></p>
<h3>Appel aux urbanistes</h3>
<p>Pour finir, si un paysagiste ou un urbaniste lit ces lignes, je voudrais le convaincre que c’est un matériau rêvé pour des sentiers, des squares, et toutes zones passablement piétinées, qui ne risquent plus de devenir boueuses ni glissantes. Bordez ces chemins de haies, et vous aurez le matériau à portée de main la prochaine fois qu’il faudra refaire un apport de copeaux. Il ne resterait qu’à savoir faire un moteur à bois (cycle de stirling ?) pour le broyeur, et nous aurions une solution quasiment 100% renouvelable.</p>
<p>Je me prends à rêver aux routes du futur : un chemin creux protégé du soleil et des intempéries par deux haies champêtres, recouvert de copeaux récoltés sur les haies par une machine qui en une seule passe retaille le tunnel de verdure par l’intérieur, broie les branches ainsi coupées, puis étale les copeaux neufs derrière elle. Des routes qui seraient des odes à la lenteur, des corridors de biodiversité, des réserves de fertilité, et de formidables gisements de champignons.</p>
<p><img src="http://www.arpentnourricier.org/wp-content/uploads/2009/01/chemin_creux.jpg" alt="Chemin creux" title="Chemin creux" width="450" height="600" class="center" /></p>
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		<title>Les atouts des villes dans un monde sans pétrole</title>
		<link>http://www.arpentnourricier.org/les-atouts-des-villes-dans-un-monde-sans-petrole/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 20:54:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est en cherchant des ressources et analyses sur les liens qu’il peut y avoir entre la permaculture et la crise énergétique que j’ai découvert cet excellent article de Toby Hemenway, initialement publié dans la revue Permaculture Activist (n°58, nov 2005). Il fait l’analyse que dans un monde d’après-pétrole où les transports sont chers, les populations [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/les-atouts-des-villes-dans-un-monde-sans-petrole/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en cherchant des ressources et analyses sur les liens qu’il peut y avoir entre la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture" title="Permaculture sur Wikipedia">permaculture</a> et la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peak_oil" title="Pic pétrolier sur Wikipedia">crise énergétique</a> que j’ai découvert cet <a href="http://www.patternliteracy.com/urban2.html" title="Texte original de l'article Cities, Peak Oil, and Sustainability">excellent article</a> de <a href="http://www.patternliteracy.com/bio.html" title="Bio de Toby Hemenway, sur son site patternliteracy.com">Toby Hemenway</a>, initialement publié dans la revue <a href="http://www.permacultureactivist.net/index.html" title="site de la revue Permaculture Activist">Permaculture Activist</a> (n°58, nov 2005). Il fait l’analyse que dans un monde d’après-pétrole où les transports sont chers, les populations rurales trop éparpillées ne sont pas propices à la mise en place de réseaux de solidarité, de communautés solides, ou tout simplement d’un tissu économique.</p>
<p>Il m’a tout l’air de marquer un point, et c’est très fâcheux, vu que je me félicitais justement d’avoir choisi la campagne plutôt que la ville. Mais comme il me reste encore beaucoup d’amis en ville, j’ai pensé que cette analyse avait le grand mérite de pouvoir les rassurer.</p>
<p>Plutôt que de traduire l’article in extenso, je vais vous le raconter dans ses grandes lignes.<span id="more-28"></span></p>
<h3>Introduction</h3>
<p>L’auteur commence par le constat que les néo-ruraux qui s’installent au bout d’un chemin de terre à plus d’une heure de route de la ville où ils travaillent ne vont pas tarder à souffrir des prix élevés de l’énergie, tant pour se déplacer que pour s’approvisionner. Il considère que quand la densité de population est trop faible, un territoire ne peut pas survivre avec un coût du transport durablement élevé.</p>
<h3>Des campagnes pas si ‘vertes’</h3>
<p>L’auteur, qui a vécu successivement à la campagne et en ville, constate qu’un centre-ville très dense a une empreinte écologique par habitant souvent plus faible que celle de l’Américain moyen (ruraux, banlieusards et citadins confondus) (voir l’article ‘<a href="http://www.walkablestreets.com/manhattan.htm" title="texte in extenso">Green Manhattan</a>’ de David Owen, dans New Yorker, 18 oct 2004). A Manhattan, personne n’a de voiture, les appartements sont minuscules et faciles à chauffer. Les infrastructures de la ville de New York (canalisations, rues, tunnels de métro) paraissent monopoliser une quantité de ressources considérables, mais elles desservent plusieurs millions de personnes. Si on éparpillait ces gens avec une densité de population égale à celle du Connecticut rural, ils occuperaient toute la Nouvelle Angleterre. (ndT : si on éparpillait les habitants de Paris intra-muros avec la densité de ma commune, ils occuperaient la superficie de tout le Sud-Ouest : Aquitaine + Midi-Pyrénées + Languedoc-Roussillon).</p>
<p>Cela dit, la mégalopole de plusieurs millions d’habitants n’est pas nécessairement le meilleur modèle non plus. Au-delà d’une certaine taille, on voit apparaître des déséconomies d’échelle, et ce d’autant plus que le coût de l’énergie est élevé.</p>
<h3>Pas de scénario apocalyptique</h3>
<p>L’auteur ne croit pas que la crise énergétique donnera lieu aux scénarios catastrophe qu’on peut lire dans bien des ouvrages et sites dédiés au pic de pétrole, et qui décrivent des hordes de pillards quittant les villes sinistrées par l’arrêt soudain des approvisionnements. L’expérience prouve que les millénaristes du passé on généralement eu tort. Il est probable que la crise ne sera pas soudaine, ni ses conséquences apocalytiques. Le prix de l’essence a déjà doublé ces dernières années, et les conséquences sur l’économie [américaine] sont restées limitées. Il continuera à augmenter, peut-être par saccades, sans qu’on rencontre une limite dure au-delà de laquelle la civilisation s’effondrera. Même les effondrements mentionnés par <a href="http://www.amazon.fr/Effondrement-Comment-soci%C3%A9t%C3%A9s-d%C3%A9cident-disparition/dp/2070776727" title="Son livre sur Amazon">Jared Diamond</a> prennent des décennies ou des siècles. D’autant que les réserves d’économie d’énergie sont absolument gigantesques.</p>
<p>L’auteur imagine donc une lente glissade de quelques décennies vers l’après-pétrole, durant laquelle les coûts de l’énergie nous apprendrons l’efficacité.</p>
<h3>Effets d’échelle</h3>
<p>L’auteur postule que les gens vivant dans des communautés urbaines de moins d’un million d’habitants pourront mieux tirer leur épingle du jeu que ceux qui vivent dans une mégalopole, ou même que les ‘survivalistes’ au fond de leur bunker.</p>
<p>L’effet d’échelle joue en faveur des villes à taille humaine. Le système d’assainissement pour une ville de 500000 habitants comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Portland" title="Portland, Oregon, sur Wikipedia">Portland</a> coûte considérablement moins cher que le même pour 500000 ruraux, pour lesquels il faudrait compter 125000 fosses septiques et 7000 km de tuyaux de drain en assainissement individuel. Même s’il existe l’option des toilettes sèches, le même effet est valable pour tous les réseaux et tous les services : l’électricité, la nourriture, l’essence, la poste. Une population dispersée mobilise davantage de ressources pour son approvisionnement et sa desserte qu’une population rassemblée.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/infinitewilderness/372401149/sizes/o/" title="Portland, Oregon, par Infinite Wilderness, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm1.static.flickr.com/148/372401149_34bd0bd974_m.jpg" alt="Portland, Oregon, par Infinite Wilderness, sur Flickr" /></a></p>
<p>Des lecteurs ont pu croire que les préoccupations de l’auteur quant à la capacité de survie des communautés dispersées reflétaient ses déceptions personnelles au sujet de sa propre expérience de vie en milieu rural. Il concède que la crise de l’industrie du bois a sévèrement déprimé le tissu social de l’Oregon rural. Cela dit, ce n’est pas un cas isolé, et un peu partout les communautés rurales sont minées par les difficultés économiques. Sans les ressources ni l’éducation pour s’en sortir dans le monde économique actuel, les ruraux auront encore plus de mal à affronter une situation économique dévastée par la pénurie énergétique.</p>
<p>Mais même s’il existe des communautés dynamiques, l’empreinte écologique du tissu rural américain est considérable. La voiture y est encore plus indispensable qu’en banlieue, et les lois de la physique condamnent un habitat dispersé à consommer davantage de ressources qu’un habitat compact. La question qui demeure est celle de la taille maximale de cette population compacte. Quelle est la meilleure taille de ville dans un monde sans pétrole ? Personne n’a la réponse, mais si l’auteur pense que les mégalopoles sont trop denses, il est aussi convaincu que le ‘survivaliste’ dans sa cabane en rondins est trop éloigné de tout. Il pense plutôt qu’on assistera à la disparition de la structure actuelle des banlieues, pour revenir à la distribution ville-campagne telle qu’elle a pu exister avant le pétrole : des exploitations agricoles de petite taille à portée de main de la ville, fournissant autant de marchés urbains.</p>
<p>On lit souvent que les citadins, privés de terres, n’auront plus rien à manger dans un monde sans pétrole. Ceci est absurde : il y avait déjà des villes d’un million d’habitants avant l’avènement des transports motorisés. De la Rome antique jusqu’à Paris ou Londres au XIXe siècle, les grandes villes parvenaient à s’approvisionner parmi un tissu de potagers et de vergers implantés dans l’actuelle ‘banlieue’. Le slogan apparemment absurde qu’on lit sur les plaques minéralogiques du New Jersey (“The Garden State = L’Etat-Jardin”) se rapporte à sa vocation maraîchère pour nourrir la ville de New York jusque dans les années 1960.</p>
<h3>Un peu de réalisme</h3>
<p>Ainsi, l’auteur pense que dans un monde de transports chers, les banlieues et les communautés rurales trop éparpillées auront tendance à dépérir. L’outillage et les autres approvisionnements essentiels produits par les gros centres économiques auront du mal à parvenir dans les endroits reculés. S’ils veuvent survivre, les habitants des campagnes devront être autonomes.</p>
<p>Mais l’autonomie totale est une utopie. Nombreux sont ceux qui s’imaginent échapper à la crise du pétrole en émigrant à la campagne, avec l’intention de produire tout eux-mêmes. 40 ans après le début du mouvement de ‘retour à la terre’, l’auteur n’a rencontré personne ayant réalisé ce rêve d’autarcie complète. Même les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amish" title="Les Amish, sur Wikipedia">Amish</a> font leurs courses en ville. En s’installant à la campagne, l’auteur a rapidement abandonné le rêve de produire ne serait-ce que la moitié sa nourriture.</p>
<p>C’est un travail considérable pour produire soi-même toute sa nourriture, s’occuper du bétail, fabriquer et réparer ses outils, couper son bois, construire et entretenir sa maison.  Si on combine ces difficultés à la difficulté de mettre en place des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eco-Village" title="Eco-village, sur WIkipedia">éco-villages</a> humainement fonctionnels, le taux d’échec s’élève à environ 100%. Pic de pétrole ou pas, les humains restent une espèce sociale dont la richesse provient en très grande partie du dynamisme des échanges, dans un esprit d’interdépendance plutôt que d’indépendance. Plus nous vivrons loin des gens, plus ce tissu sera distendu, plus la vie sera difficile.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/bibliona/131904624/sizes/o/" title="Winding road, par Bibliona, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm1.static.flickr.com/36/131904624_bc94f4922f_m.jpg" alt="Winding road, par Bibliona, sur Flickr" /></a></p>
<p>Il faut un caractère d’une trempe particulière pour réussir un projet d’autarcie complète. Les pionniers américains étaient une petite minorité parmi les millions qui restaient en arrière ou s’installèrent une fois la colonisation achevée. Si quelqu’un pense réellement que la fuite à la campagne est la solution à la crise énergétique, il devrait le faire tout de suite, car il faut bien dix ans pour acquérir le savoir-faire nécessaire à l’autonomie.</p>
<p>Dans les moments difficiles de cette crise, ce sont les communautés les plus solidaires, les plus dynamiques, les plus soudées qui sauront mieux se débrouiller. Or il est bien plus facile de tisser des liens solides quand les gens vivent à proximité les uns des autres. Au fin fond du monde rural, non seulement les gens vivent éloignés, mais en plus ils ont relativement peu de points communs. Les agriculteurs sont maintenant une minorité parmi des artisans, des fonctionnaires, des retraités, des néoruraux, des ouvriers précaires, quelques marginaux, des vacanciers. Il n’est alors pas facile de tisser un cercle d’amitiés fortes à portée de bicyclette.</p>
<p>Dans les villes, il y a plus de monde pour créer des réseaux autour d’intérêts communs. De surcroît, les quartiers ont tendance à regrouper des populations provenant de milieux socio-professionnels homogènes, ce qui augmente encore la probabilité de trouver des voisins ayant les mêmes préoccupations.</p>
<h3>Les soupes populaires de 1929 : signes de misère ou de solidarité ?</h3>
<p>Certains historiens ont montré qu’au cours des périodes de vaches maigres, les citadins ont souvent eu la vie moins difficile que les paysans. On pourrait croire que la présence de soupes populaires dans les grandes villes pendant la crise de 29 était le signe que les gens des villes allaient plus mal qu’à la campagne. En fait, on peut y voir l’inverse : ces initiatives étaient peut-être surtout la marque d’une solidarité accrue dans les villes, tandis que les paysans ruinés ou affamés abandonnaient les fermes pour envahir justement les villes.</p>
<p>Croire que les campagnes se porteront mieux que les villes dans un monde sans pétrole, c’est croire que des individus isolés ont plus de ressources que des groupe coordonnés. Une foule peut être aussi stupide que des individus, mais la sagesse et l’action collectives sont souvent bien plus efficaces que des efforts isolés. De même que la science, la technologie, l’art, la culture, l’éducation, la politique, l’action sociale, l’argent et le pouvoir se créent et s’appliquent en ville, de même les solutions de l’après-pétrole émergeront probablement là où les gens vivront rassemblés.</p>
<p>L’auteur ne prétend pas pour autant remplacer les scénarios de cataclysmes urbains par une prévision de désastre rural, mais simplement les atténuer.</p>
<p>© 2005 Toby Hemenway</p>
<h3>Commentaires et discussion</h3>
<p>J’ai contacté Toby Hemenway pour lui demander l’autorisation de publier cette traduction, et il m’a demandé de bien noter que les campagnes françaises sont suffisamment différentes du monde rural US pour ne pas permettre une comparaison directe.</p>
<p>Je pense que ça ne diminue en rien la pertinence de son message. Le raisonnement de Toby Hemenway est très convaincant. Et en effet, si l’on met de côté les situations de chaos faisant suite à de graves ruptures d’approvisionnement, la richesse humaine des villes sera un atout : les citadins ne souffriront certainement pas autant que ce qu’on peut croire.</p>
<p>J’irai même plus loin que l’auteur en ne partageant pas son point de vue négatif sur la banlieue. <a href="http://www.energybulletin.net/node/524" title="Peak Oil and Permaculture: David Holmgren on Energy Descent">David Holmgren</a> modère aussi ce verdict, en disant que nos banlieues ont des densités proches de certaines zones agricoles très riches, par exemple dans le Sud-Est asiatique. Les réseaux d’approvisionnement en eau des banlieues sont peut-être un formidable réseau d’irrigation qui servira justement à transformer toutes les pelouses en potagers pour la ville (rejoignant alors le propos de Toby Hemenway). La densité d’une banlieue est encore suffisante pour tisser des échanges et des liens, surtout avec un vélo.</p>
<p>Dans sa réponse, Toby Hemenway me fait tout de même remarquer que les banlieues actuelles [ndT : surtout à l’américaine], avec leurs quartiers résidentiels vides de services et leurs centres commerciaux couverts de parkings, nécessiteront d’importants bouleversement pour permettre à un paysage d’agriculture maraîchère diversifiée de s’implanter.</p>
<p>Dans son argumentaire en faveur de la densification pour favoriser les échanges, Toby Hemenway ne fait pas de distinction entre les échanges matériels (nourriture, biens de consommation, matériaux) et les échanges immatériels (connaissance, militantisme, art). Or l’Internet est en train de transformer le monde en une gigantesque ville des idées. Ainsi, autant je partage l’opinion de l’auteur sur les difficultés d’approvisionnement matériel des zones peu densément peuplées (et non desservies par le rail), autant je pense que la présence d’Internet permettra probablement d’atténuer ces difficultés dans une large mesure.</p>
<p>Toby Hemenway me fait simplement remarquer que ce scénario dépend de la rareté des biens matériels. S’il y a une réelle pénurie de produits manufacturés, ils n’atteindront même pas les campagnes, internet ou pas internet. </p>
<p>Ma conclusion très consensuelle serait qu’à part pour les cas extrêmes de la mégalopole et de la cabane d’ermite, on ne peut pas vraiment savoir s’il vaut mieux habiter en ville, en banlieue, ou à la campagne pour mieux surmonter la crise énergétique. Chaque système a ses forces et ses faiblesses ; le chemin de fer et l’internet finiront de brouiller les cartes. Concrètement, il faut habiter où on se sent bien, en prenant garde que l’herbe a toujours l’air plus verte à la campagne. Et il faut surtout se lancer dans des actions qui créent du lien.</p>
<p>L’article de Toby Hemenway a le mérite de remettre les pendules à l’heure quant aux atouts de la ville, qu’on a trop tendance à oublier.</p>
<h3>Notes</h3>
<p>Bien que réalisée dans un esprit de fidélité, la traduction que je propose ne saurait engager l’auteur de <a href="http://www.patternliteracy.com/urban2.html" title="Texte original de l'article Cities, Peak Oil, and Sustainability">l’article original</a>, lequel demeure la référence pour qui voudrait en discuter les hypothèses, le contenu, les conclusions.</p>
<p>Le remercie vivement l’auteur d’avoir non seulement permis la parution dans l’arpent nourricier, mais en plus d’avoir enrichi la discussion par ses réponses à mes commentaires.</p>
<h3>Lire aussi</h3>
<p><a href="le-manifeste-de-larpent" title="Moi aussi, j'ai de bons arguments">Le manifeste de l’arpent nourricier</a></p>
<h3>Liens externes</h3>
<p><a href="http://alliancepec.free.fr/" title="Le site des AMAP en France">Les AMAP</a><br />
<a href="http://www.permacultureactivist.net/index.html" title="site de la revue Permaculture Activist">Permaculture Activist</a><br />
<a href="http://www.patternliteracy.com" title="Le site de l'auteur">PatternLiteracy</a><br />
<a href="http://www.oleocene.org/" title="Site Oleocene sur la fin du pétrole">Oléocène</a><br />
<a href="http://www.legrandsoir.info/spip.php?article3357" title="Traduction française de l'article de Megan Quinn 'How cuba survived Peak Oil'">Comment Cuba a survécu au Peak Oil</a></p>
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		<title>Broyat de chutes de scierie en couvre-sol</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Mar 2008 21:05:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kristen</dc:creator>
				<category><![CDATA[habitat]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[permaculture]]></category>
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		<description><![CDATA[Le sol de ma cour, et le projet initial Le sol de ma cour (voir article précédent), entouré sur trois côtés et demi par la bâtisse, est totalement dégradé. Le socle rocheux de plaques de schistes apparaît çà et là. Les nombreux passages de véhicules et les gravats de chantier on fini de rendre l’endroit [...] <a href="http://www.arpentnourricier.org/broyat-de-chutes-de-scierie-en-couvre-sol/">Lire l&#8217;article complet &#187;</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Le sol de ma cour, et le projet initial</h3>
<p>Le sol de ma cour (voir <a href="http://www.arpentnourricier.org/la-cour-ideale/" title="vue d'artiste de la cour">article précédent</a>), entouré sur trois côtés et demi par la bâtisse, est totalement dégradé. Le socle rocheux de plaques de schistes apparaît çà et là. Les nombreux passages de véhicules et les gravats de chantier on fini de rendre l’endroit parfaitement inculte, sauf au pied des murs où abondent les orties.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2321174612/" title="sol dégradé dans ma cour de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm3.static.flickr.com/2220/2321174612_f93ea23f9c_m.jpg" width="240" height="160" alt="sol dégradé dans ma cour" /></a></p>
<p>Cette cour doit devenir le coeur de la maison en été, l’endroit où l’on mange, où les enfants jouent, où l’on cuisine sur le barbecue ; et pour l’instant, c’est un désert de boue, de graviers, de fragments de lauzes, de touffes d’herbes maigre et de pieds de pourpier. Au début, notre intention était de daller le sol à la chaux ou au ciment, peut-être faire une sorte de béton lavé (le béton où l’on voit apparaître les graviers en surface, à la manière de certaines <a href="http://www.flickr.com/photos/jd2020/216637643/" title="dalles en béton llavé">dalles de terrasse</a>), éventuellement avec des motifs en galets, à la manière des <a href="http://www.flickr.com/photos/puce576/78658585/" title="calade : un dallage en galets debout, souvent avec des motifs">calades</a> du midi.</p>
<h3>Les défauts de la dalle</h3>
<p>Plusieurs choses me gênaient dans ce projet :</p>
<ul>
<li>le caractère définitif de la dalle nécessitait de finir tout le reste avant la mise en oeuvre — il fallait donc faire l’escalier/perron d’accès à la porte de la cuisine, le pied de mur des futures baies vitrées du préau, prévoir des caniveaux d’évacuation des eaux de pluie (nous n’avons pas de gouttières), prévoir les jardinières au pied des murs, poursuivre la tranchée de drainage des eaux d’infiltrations de la dalle de la grande pièce. Cela faisait beaucoup de travail avant de pouvoir enfin disposer d’un espace habitable dans cette cour.</li>
<li>on voulait faire une dalle à la chaux, mais la résistance aurait été parfaitement insuffisante pour supporter le poids d’un véhicule. Or tant que les travaux ne sont pas finis, et même par la suite, il semble important de pouvoir ménager un accès pour un fourgon, notre voiture, ou même un camion benne livrant du sable ou des graviers. Il aurait alors fallu faire une dalle en béton armé d’une bonne épaisseur, et cela n’était pas du tout dans nos goûts.</li>
<li>une telle dalle accumule beaucoup de chaleur en été, ce qui aurait un peu diminué l’intérêt du caractère ombragé de la cour après 14h, et il aurait fallu arroser pour prendre le café au frais. Une telle dalle accumule beaucoup de froid en hiver, ce qui aurait un peu diminué l’intérêt du caractère abrité de la cour pendant les nuits froides, et il aurait fallu saler pour éviter les glissades.</li>
<li>une dalle bien blanche et bien lisse nécessite de passer le balai après un petit-déjeûner, voire un coup de jet pour les taches de confiture, ainsi qu’un coup de kärcher tous les deux ans.</li>
</ul>
<p>Je crois que c’est en visitant une aire de jeux pour enfants où le sol était couvert de copeaux de bois que nous avons eu l’idée d’oublier la dalle en dur pour mettre du broyat de chutes de scierie à la place.</p>
<h3>Les planchettes-chutes de scierie broyées</h3>
<p>Il y avait en effet au jardin un tas de longues planchettes dont je ne savais que faire. Ces planchettes avaient été livrées en mélange avec les dosses de sciage qui me servent de bois de chauffage depuis deux ans. Elles correspondent à ce qui est expurgé quand les scieurs avivent les planches. Elles sont principalement constituées d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aubier">aubier</a> (la partie plus tendre et plus jeune, celle que les champignons et les vrillettes attaquent en priorité). Elles font généralement 2 à 3 cm d’épaisseur, 2m50 de long et deux à quinze centimètres de large.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2318304892/" title="le tas de chutes de scierie de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm3.static.flickr.com/2413/2318304892_7f63519119_m.jpg" width="240" height="160" alt="le tas de chutes de scierie" /></a></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2318633016/" title="chutes d'avivage de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm3.static.flickr.com/2202/2318633016_2aa63f7a53_m.jpg" width="160" height="240" alt="chutes d'avivage" /></a></p>
<p>Je me suis alors dit que si j’arrivais à broyer ces chutes, non seulement je me débarrasserais d’un tas disgrâcieux, mais en plus je pourrais en faire un revêtement de sol parfait pour la cour. Ce sol serait parfaitement modulable dans l’éventualité de futurs travaux, résistant aux roues d’un camion, pas salissant, ludique, frais l’été et chaud l’hiver. Il absorberait les eaux de pluie. Il amortirait même le rebond des gouttes qui tombent du toit, évitant de trop mouiller le pied des murs. Le drainage de la cour serait assuré sans un jeu compliqué de caniveaux, la tranchée de drainage centrale servant d’unique système d’évacuation (et un jour, de récupération).</p>
<p>Pour éviter d’amener trop de copeaux dans la maison, je me proposais de fabriquer un cheminement en caillebottis, que l’on poserait simplement à la surface.</p>
<p>Ce système aurait l’immense mérite de pouvoir être changé si jamais il ne convenait pas, ou bien de pouvoir être renouvelé au besoin, les déchets servant tout simplement comme paillage au jardin (au contraire des gravats d’une dalle en béton armé).</p>
<h3>Quel broyeur ?</h3>
<p>Pour broyer telles quelles les chutes de scierie, il faudrait un gros broyeur thermique, donc cher. Au début, j’imaginais louer les services de quelqu’un ou louer un tel broyeur, passer tout mon tas, et en rester là, sans acheter de broyeur. Mais l’envie d’indépendance a primé, et à l’occasion d’une taille de haie chez ma belle-mère, j’ai acheté un petit broyeur électrique de jardin, pour 200€, soit-disant capable d’avaler des diamètres de 4cm.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2320428351/" title="broyeur-gardena-GH2000 de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm3.static.flickr.com/2079/2320428351_397bb42525_m.jpg" width="240" height="240" alt="broyeur-gardena-GH2000" /></a></p>
<p>En réalité, en fait de rameaux de 4cm, il ne passe que ceux de sureau. Pour les essences dures, c’est plutôt 3cm. Et quand le bois est sec, la limite est plutôt à 2cm. Mais bon, c’est déjà ça.</p>
<h3>Comment je m’y prends</h3>
<p>Cela dit, pour faire les quelques mètres cube nécessaires pour recouvrir toute la cour de 5cm de copeaux, cela demande pas mal de travail. En effet, il me faut déligner les planches en largeurs de 2cm à la scie circulaire avant de les passer au broyeur. Petite subtilité supplémentaire : contrairement à des branches naturelles, ces tasseaux que je broie n’ont pas de rameaux par lesquels on termine de pousser dans l’ouverture du broyeur, et qui finissent par être broyés un peu n’importe comment quand il faut bien lâcher. Si je laisse les vingt derniers centimètres de mes tasseaux vivre leur vie entre la goulotte et les couteaux sans que je puisse les guider, ils peuvent arriver à se mettre en travers et tout bloquer. La subtilité consiste en fait à ne pas broyer les vingt derniers centimètres : dès qu’il ne reste plus qu’un petit bout qui dépasse de la goulotte, plutôt que de lâcher et prier pour que ça ne bloque pas, je retire ce qui reste, et je le jette dans ma caisse à chutes de menuiserie (destinées au feu). Ainsi, je me prémunis contre les bourrages, et je fais plein de petit bois.</p>
<p>A raison d’une caisse de 50 litres en une demi-heure, cela met la cour à 15 heures de travail.</p>
<p>On peut considérer que c’est nettement moins que le temps que j’aurais passé à faire une dalle en béton. Mais ça reste beaucoup, et si j’ai une occasion de faire venir un gros broyeur et passer tout mon tas en une seule fois, je pense que j’en profiterai.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2321164010/" title="paillage en broyat de chutes de scierie de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3059/2321164010_0b2b164411_m.jpg" width="240" height="160" alt="paillage en broyat de chutes de scierie" /></a></p>
<p>Pour l’instant, j’ai juste mis au point la technique, et les premières caisses de broyat ne sont pas allées à la cour mais en paillage pour les arbres fruitiers, pour les jardinières, pour la planche de potager.</p>
<p>La suite avant l’été…</p>
<h3>Les grands esprits se rencontrent</h3>
<p>Après avoir eu cette idée de broyat de chutes de scierie pour la cour et en paillage, je suis tombé sur un <a href="http://landstewardshipproject.org/rss/audio/1164947288_ear_to_the_ground_no._27_final.mp3" title="podcast en anglais, gros fichier mp3">podcast</a> (je cois qu’il faut dire une baladodiffusion) du <a href="http://www.landstewardshipproject.org/podcast.html" title="Une association d'agriculteurs soucieux des équilibres naturels dans le middle-west américain">Land Stewardship Project</a>  –une association du Minnesota– à propos d’une <a href="http://www.localharvest.org/farms/M6448" title="Coordonnées de One Sun Farm">ferme en permaculture</a> où le fermier utilisait systématiquement ces chutes broyées en paillage. D’après <a href="http://www.landstewardshipproject.org/lsl/lspv25n1.pdf" title="voir l'encart en page 17 du pdf (en anglais)">la description</a>, il s’agit exactement des mêmes chutes, celles qui restent quand on avive les planches.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/arpentnourricier/2325199134/" title="dosses et chutes d'avivage de arpent nourricier, sur Flickr"><img class="center" src="http://farm4.static.flickr.com/3229/2325199134_24f9e018fc_m.jpg" width="240" height="168" alt="dosses et chutes d'avivage" /></a></p>
<p>Mais lui avait choisi d’acheter un gros broyeur. On ne travaille pas à la même échelle.</p>
<h3>Autre utilisation du broyeur</h3>
<p>Entre-temps, j’ai trouvé une autre utilisation pour le broyeur, pour une valeur ajoutée décuplée : le <a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/BRF" title="lien interne vers l&#039;article sur le BRF">bois raméal fragmenté</a>.</p>
<h3>Lire aussi</h3>
<p><a href="http://www.arpentnourricier.org/tag/BRF" title="lien interne vers l&#039;article sur le BRF">Les bois raméaux fragmentés</a><br />
<a href="mon-premier-brf" title="mes premiers BRF, sur cinq mètres carrés">Mon premier BRF</a><br />
<a href="la-cour-ideale/" title="croquis de la cour idéale">Le plan de la cour idéale</a><br />
<a href="paillage-ou-vegetation-spontanee/" title="où je pose la question s'il ne vaut mieux pas laisser les 'mauvaises' herbes">Paillage ou végétation spontanée ?</a><br />
<a href="aubier-feuillus-brf">Utiliser l’aubier de feuillus pour imiter les BRF ?</a></p>
<h3>Liens externes</h3>
<p><a href="http://www.lesjardinsdebrf.com" title="le site de référence sur les bois raméaux fragmentés">Les jardins de BRF</a><br />
<a href="http://www.landstewardshipproject.org" title="Site du LSP, association du Minnesota pour la promotion d'une agriculture respectueuse de la nature">Land Stewardship Project</a> (en anglais)</p>
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