BRF d’été à la main avec les feuilles

Un mètre cube de tilleul broyé

Donc mon voi­sin était en train d’abattre deux tilleuls qui me­na­çaient les lignes électriques.

Au mi­lieu du vil­lage, coin­cée entre une mai­son et un ap­pen­tis, il y a une mi­nus­cule par­celle tri­an­gu­laire de quatre mètres sur quatre, ré­sul­tat d’un im­pro­bable jeu de suc­ces­sions, et qui ne re­çoit la vi­site de son pro­prié­taire qu’à la Saint-Glinglin, et en­core pas tous les ans. Le­quel pro­prié­taire, mis en de­meure par les agents de la main­te­nance du ré­seau de dis­tri­bu­tion d’électricité de rac­cour­cir les deux tilleuls, avait alors de­mandé à mon voi­sin, dont la pro­priété jouxte la par­celle des tilleuls, et qui fait aussi le bû­che­ron,
de s’en char­ger, en échange de quoi il pour­rait gar­der le pro­duit de l’abattage pour en­ri­chir sa ré­serve de bois.

Ce soir-là en ren­trant chez moi, je me re­trou­vai donc nez à nez avec une bar­ri­cade de bran­chages de tilleul bar­rant en­tiè­re­ment la rue. Je contourne la bar­ri­cade, et comme tout ba­daud qui se res­pecte, je viens ob­ser­ver l’opération, puis com­men­ter, puis don­ner un coup de main. Comme le voi­sin m’avait déjà vu par le passé ré­cu­pé­rer des bran­chages pour les broyer, il ne fut pas long à me pro­po­ser de dis­po­ser du tas qui bar­rait la route. Il me dit qu’il s’apprêtait à faire plu­sieurs allers-retours avec le tracto vers son pré au bout du vil­lage pour y dé­char­ger le tas, puis le brû­ler plus tard, mais qu’à tout prendre, ça lui fe­rait moins de bou­lot de s’en dé­bar­ras­ser dans mon jar­din, qui était au bout de la rue.

En à peine plus de temps qu’il n’en faut pour le dire, le tas fut dé­placé vers mon jar­din. Et puis comme mon voi­sin est l’homme le plus gé­né­reux du vil­lage, il a aussi dé­placé tout le reste du bois, y com­pris les grosses billes du tronc des tilleuls. Il me res­te­rait à le dé­bi­ter, le re­fendre et le lais­ser sé­cher. Quant aux bran­chages, il me res­tait à les broyer.

Pré­pa­ra­tion

J’ai pré­paré le tas de bran­chages de la fa­çon sui­vante : comme mon gros sé­ca­teur coupe des branches d’un dia­mètre de quatre cen­ti­mètres maxi­mum, et que c’est aussi le dia­mètre maxi­mum qu’accepte mon broyeur, il me suf­fi­sait de cou­per tous les ra­meaux d’un dia­mètre in­fé­rieur, et de les mettre en tas bien rangé. De l’autre côté, il ne me reste que les plus gros dia­mètres, qui une fois tron­çon­nés, nous chauf­fe­ront l’hiver.

branchages de tilleul avant broyage

Broyage

La fai­blesse de mon pe­tit broyeur élec­trique, c’est l’usure des cou­teaux. Mais là, je ve­nais de les re­tour­ner (avec force dé­grip­pant et ju­rons), ce qui fit du broyage une vraie par­tie de plai­sir. Les branches étaient bien rec­ti­lignes, tout était avalé en dou­ceur, et j’ai broyé en­vi­ron un mètre cube en deux ou trois ses­sions d’une heure.

BRF de tilleul frais

La nou­veauté, c’était l’abondance de feuilles et de sève, qui don­nait une odeur in­com­pa­rable. Je ne sais pas si le BRF de bois en pleine vé­gé­ta­tion est bé­né­fique (da­van­tage de nu­tri­ments, d’humidité, d’azote) ou né­faste (le bois qui tombe au sol en fo­rêt est gé­né­ra­le­ment mort, donc on s’éloigne en­core da­van­tage du fonc­tion­ne­ment na­tu­rel), mais en tout cas, il est bien beau et sent bien bon.

Em­ploi

Comme je ne vou­lais pas perdre la fraî­cheur de cette res­source in­at­ten­due, j’ai dé­gagé une zone d’environ trente mètres car­rés dans la prai­rie ré­cem­ment fau­chée, sur la­quelle j’ai épandu le broyat sans autre forme de pro­cès. Il était temps : le BRF était sot­cké en tas de­puis à peine une se­maine, et le pro­ces­sus de com­pos­tage avait déjà bien dé­buté. Au mi­lieu du tas, on se brû­lait la main. Plus sur les bords, de la bar­ba­papa blanche avait déjà com­mencé à agré­ger les frag­ments. J’imagine que c’est du mycélium.

tas de bois raméal fragmenté

Par des­sus le BRF, des car­tons, ré­cu­pé­rés à la dé­chet­te­rie du coin (dont je suis pro­gres­si­ve­ment de­venu un client net). Et par des­sus les car­tons, trente cen­ti­mètres de foin de ma prai­rie. Je vais lais­ser agir et je vous tien­drai au cou­rant de la tour­nure que ça prend. J’imagine lais­ser l’endroit tout l’hiver et se­mer au prin­temps (pa­tates, maïs, courges, pois, fèves, que sais-je en­core..). A suivre, donc.

Lire aussi

Les autres ar­ticles de l’arpent sur le BRF

Liens ex­ternes

Le BRF gagne du ter­rain
Jar­dins de brf
Ja­cky Du­péty
La page res­sources du site aggra.org
Le blog de Ja­cky Du­péty
Les jar­dins de BRF
L’article de Wi­ki­pé­dia
Dis­cus­sion sur les li­mites du BRF, au Sens de l’Humus
Les BRF et les haies — fiche PDF — arbres et pay­sage du Gers

Vi­déos sur le BRF

Comme les liens dai­ly­mo­tion et you­tube vont et viennent, je vous pro­pose sim­ple­ment la re­quête google “BRF bois frag­menté“
L’émission Terre à Terre consa­crée au BRF (au­dio — MP3)