Bordures béton pour buttes autofertiles
Pour les bordures du potager en carrés
Jusqu’à présent, j’ai testé deux méthodes pour les bords des buttes : la version ‘naturelle’ avec des épaules arrondies, et celle qui utilise des planches en bois pour retenir la terre. Je n’aime pas la première version : rien ne délimite la butte de l’allée, et on ne voit pas bien ni l’érosion, ni le tassement, ni la limite de là où il faut désherber, etc.
Je n’aime pas non plus tellement les bordures en bois. Elles demandent beaucoup de travail à mettre en place, elles pourrissent en quelques années, et elles servent de refuge aux gastéropodes de tout poil.
J’aurais pu faire des bordures en pierres sèches, mais le temps de travail est prohibitif et on ne peut pas tellement y mettre le pied pour désherber ou récolter.
J’avais vu des bordures en blocs béton dans un blog de jardinage que je lisais avec assiduité, en pensant que c’était assez laid. Mais plus j’y pensais, et plus le côté pratique a pris l’ascendant sur le côté disgracieux.
Pour ce qui est du bilan énergétique, il est imbattable. En effet, si on se contente de les poser sans mortier, les blocs béton au jardin sont quasiment éternels alors que les planches en bois pourrissent en moins de cinq ans. Admettons que les blocs durent cent ans, ils peuvent bien coûter vingt fois plus cher en énergie pour la fabrication et le transport, et je serais encore gagnant par rapport à des planches (sachant que je ne veux même pas entendre parler de bois traité).
Pour ce qui est du prix, là non plus il n’y a pas photo. Des planches de châtaignier de 25cm de large et 4cm d’épaisseur coûtent environ 10 euros du mètre linéaire, là où le bloc béton de 20cm x 20cm x 50cm coûte 30 centimes.
Quant aux limaces, si vous mettez les alvéoles ouvertes vers le haut, la porosité du béton fait que l’ambiance sera sèche et favorisera plutôt les lézards ou les araignées que les limaces. Sachant que par ailleurs la surface rugueuse du béton rend le trajet inconfortable pour les baveux.
Je laisse la parole à Ellie (la blogueuse du middle-west autrement connue sous le pseudo Healing Magic Hands) qui me décrit dans un courriel son choix des agglos de ciment pour les bordures de ses buttes.
A mon avis, les bordures béton sont ce que nous avons fait de mieux pour les buttes. Nous aurions dû le faire dix ans plus tôt ! Nous avions commencé avec des planches de bois, et nous avons eu les mêmes ennuis que toi avec le pourrissement du bois. Nous ne pouvions pas y mettre de châtaignier, et je me refuse à utiliser du bois traité à un quelconque endroit où il poussera des plantes destinées à être mangées. Nous avons même eu des planches qui n’ont duré qu’un an, ce qui nous a vraiment incités à trouver autre chose.
Les planches sont chères, quelle que soit l’essence choisie. Nous nous demandions si nous n’allions pas choisir des bordures en faux bois faites de plastique recyclé, mais le prix était dissuasif.
Je n’ai pas remarqué tellement de limaces ou d’autres ravageurs dans les blocs béton, d’autant que les principaux habitants semblent être les araignées. En fait, les cellules ne sont pas humides du tout. C’est peut-être pour ça que les limaces s’y plaisent beaucoup moins que sur les bordures en bois. Quand elles commençaient à pourrir, les limaces adoraient s’y mettre, le chiendent se frayait un passage à travers le bois mou qui ne remplissait plus son rôle de barrière contre cet envahisseur.
Je ne trouve pas que les blocs bétons soient si laids, mais je ne déteste pas non plus le béton nu. De plus, ce sont les allées dallées en grès et les joyeuses plantes qui attirent l’oeil, si bien que le béton passe presque inaperçu. Et pendant une bonne partie de l’été, les légumes débordent dans les allées de toute façon, ce qui cache les bordures totalement. Et tu as raison, elles peuvent durer une éternité.
Je ne m’y suis pas tellement écorché les genoux, mais avec mon habitude d’aller pieds-nus tout l’été, j’ai souvent écrabouillé mes orteils contre les coins. Maintenant, je prends garde d’être moins empressée. Ce qui est embêtant avec les coins rugueux, c’est que le tuyau d’arrosage s’y coince quand on essaie de le tirer vers l’autre bout des buttes. En regardant les photos, tu peux voir qu’à chaque coin des allées j’ai enfoncé un bout de tube en métal pour servir de guide.
trad. par yours truly

Bonjour Kristen, une idée comme une autre: pourquoi ne aps remplir quelques aglos de terre histoire de fleurir les bordures ou, pourquoi pas, y faire certains semis ?
Bonne idée. Je pense pouvoir défoncer (proprement) le fond des cellules pour que les racines aient accès au sol, et j’y planterai des fleurs de rocaille, ou bien des herbes aromatiques (qui aiment bien avoir les racines au sel).
So I take it your concrete blocks are not hollow all the way through? Ours are, and cilantro loves to self-seed there.
I really like your rock mulch in the beds. It looks really nice. I would never have thought of doing that as a mulching technique, but I bet it works very well. I just finished mulching our garden with the leaves we collected last fall. I’m thinking your rocks will exclude light much more effectively.
Salut !
J’ai bien aimé les « gastéropodes de tout poil » ;^)
N’empêche, je me demandais comment faire mes petites terrasses dans mon jardin un peu en pente, renâclant devant les planches en bois, et ce billet m’a convaincu d’essayer les blocs béton, spécialement si l’on profite des alvéoles aussi.
Merci pour ce fantastique blog.
Cordialement,
Juan
Pas bête, comme idée; moi aussi, j’avais renoncé au bois, mais je n’avais pas pensé au béton.
Si tu les défonces, même proprement, ils vont devenir plus fragiles. alors que de toutes façons, le bloc est poreux, et l’humidité du sous-sol pourra remonter par capillarité. ça permettra de contenir les plantes que tu veux y mettre, ainsi elles ne risqueront pas (ou moins) de faire éclater les blocs en grossissant.
Autre chose, moi j’en aurais tourné qqs uns avec les trous côté allées, pour faire des nichoirs pour d’autres bestioles utiles, crapauds notamment.
Je n’aime pas la première version : rien ne délimite la butte de l’allée, et on ne voit pas bien ni l’érosion, ni le tassement, ni la limite de là où il faut désherber, etc.
La première version est quand-même très recommandable sur sol argileux, où d’ailleurs elle se tient toute seule.
Ce qui délimite la butte de l’allée c’est simplement la rupture de pente. Le tassement se perçoit lorsqu’on remue un peu le sol au semis ou à la plantation. L’érosion peut être évitée en paillant avec du brf grossier (ou autre matériau qui ne glisse pas avec la pluie), elle reste en tout cas limitée sur sol argileux.
Quant au désherbage, la fréquentation quotidienne des allées en tient lieu ;-)
Je ne pourrais pas retenir cette solution chez moi car elle est gourmande en place. Si je ne me trompe pas, pour une plate-bande de 6 m sur 1,5 m soit 9 m2 utiles, il faudra 3,16 m2 de bordure en blocs de 0,20 de large, plus les allées. Il existe toutefois des blocs de 10 cm de large et même des planelles de coffrage de 5 cm.
100 ans aux intempéries, sûrement pas. Les blocs ne sont pas si durables que ça, mais bon, les planches en bois le sont tellement moins…
Je ferais remarquer que par rapport au jardin ouvrier d’antan, c’est une solution riche. Sauf rares matériaux de récupération gratuits, les bordures, c’était un coup de bêche de temps en temps au long d’un cordeau.
J’ai eu l’opportunité d’acheter un lot de bordures en ciment soldées, sinon pour délimiter mes plates-bandes classiques (sans butte) j’utilise des petites tuiles plates de récupération à demi enterrées (mais c’est aussi du luxe), et sinon rien, c’est à dire un piquet à chaque coin et un coup de bêche de temps en temps comme autrefois.
@Ramite : bonne idée de tourner les alvéoles vers l’allée. J’essaierai sur quelques uns.
@Koldo et Jean : on doit effectivement pouvoir se passer de bordure (bois, béton, plessis ou autre). Mon souci est vraiment que j’ai besoin d’un truc pour me délimiter l’allée (enherbée dans mon cas) d’un côté et la butte de l’autre, pour savoir quand l’herbe (ou le liseron) franchit la limite. Mais j’essaierai la butte naturelle avec cordeau
Hello,
Pour mes buttes j’ai cherché aussi une solution pendant longtemps. Les devis que j’ai fais faire auprès de scieries m’ont convaincu que le bois n’était pas la solution la plus viable pour ma pluvieuse région du Brionnais.
Le béton, bof bof. Comme dit, ça fait mal, c’est moche, énergivore, se désagrège avec le temps (un long temps il est vrai). Et ce n’est pas un matériaux perspirant, il ne laisse pas passer la vapeur d’eau (ça se sait en construction écolo).
Perte importante pour les buttes en plus, l’inertie thermique. En effet, un des intérêts des buttes, est que la terre s’y réchauffe plus vite qu’un potager plat (en exposition est-ouest comme chez moi par exemple, le soleil du matin tape sur le flanc des buttes et réchauffe ainsi la butte). Le béton n’a aucune inertie thermique, s’il fait chaud, il passe au chaud, mais il faudra un peu de temps, et si le soleil disparait, il se refroidit très vite. La nuit, ce sont donc des buttes froides garanties. A moins d’isoler le béton avec un enduit ^_^
De plus, autre point important je trouve, le risque de se faire mal. Les chutes, dérapages ou glissades au jardin sont fréquentes, sur les parpaings, ouye ouye ouye. Et comme j’ai envie que mes enfants profitent du jardin, ou ceux des autres, sans que tout le monde flippe de peur qu’ils ne s’éclatent la tête sur un parpaing, cela ne me semble pas le matériaux le plus adapté pour un jardin ouvert et partagé. Et montrer aux enfants que le béton c’est bien pour son jardin, ça me plait que moyen…
Que faire alors ? Une solution m’est venue récement, et je suis en train de travailler le sujet : le BAMBOU !
En effet, selon la variété, il peut pousser très très vite, fournir des chaumes colorés rectilignes et résistant en milieu humide et reste un matériau souple et surtout avec un très bon facteur isolant, tout en laissant passer l’air. Le concept est d’avoir sa petite plantation de bambous, plusieurs variétés pourquoi pas pour multiplier les couleurs et les formes, et récolter les chaumes (les tiges), pour les aligner horizontalement le long des buttes, entre des poteaux, sur une certaine épaisseur selon le diamètre du chaume. C’est un matériau pas cher, qui se stocke très bien sec, SOLIDE, écologique, ne réclame pas d’intrant ni rien. Il faut juste faire attention à ne pas se faire envahir mais pour cela il existe des solutions (Barrière Anti-Rhizome (BAR), pots, baignoires, abreuvoirs à vaches, …).
quand un chaume est pourri, on enlève et on remplace facilement.
Il y aura bien sur des limaces entre certains chaumes, mais de toute façon, il y aura toujours des limaces, et heureusement pour notre écosystème ^_^
Voilà, donc plutôt que le vilain béton de ciment, pourquoi pas le bambou ?
Un forum assez sympa pour se renseigner sur le sujet : http://lesbambous.fr/forum/
Voilà, c’était ma petite pierre à moi :o)
Antoine
Le béton plein est étanche, mais les agglos ciment sont tout à fait respirants. D’ailleurs, quand on remplit les cellules avec de l’eau, elle s’écoule rapidement par les pores entre les grains de ciment.
Cela dit, le bambou est une très bonne idée, que j’ai vue mise en pratique par Richard Wallner au Petit Colibri pour tenir des buttes de presque 50 cm de haut.
Il faut que je trouve à planter du bambou dans le coin (pas dans mon jardin, il n’y a pas assez d’eau ni de place) et quand il commencera à bien donner, j’en mettrai partout au jardin.
Toi qui a l’air d’avoir a disposition pas mal de pierres, chez toi, pourquoi ne pas envisager un keyhole garden ?
http://jardinpotagerurbain.wordpress.com/2009/02/27/keyhole-gardens/
C’est trop fort, ce truc !
J’avais vu les photos quelque part, mais je n’avais pas pigé le coup des eaux grises et des épluchures qu’on balance au milieu.
C’est un super projet à faire avec des enfants : je vais projeter de lancer ça l’année prochaine avec le fiston.
Oui, ça serait même un truc à développer dans les écoles, je pense.
Salut Kristen,
Encore une polémique de jardinage ! Nous avons un sol argileux et, au début, avions construit nos buttes aux dimensions spécifiées par Emilia Hazelip mais malgre que elle a de la structure, le sol a glissé vers le bas des épaules vers les chemins, bien pour des mauvaises herbes et une perte de bonne terre arable.
Gabrielle m’a demandé des bordures de bois et donc je l’ai expliqué combien mètres linéaires de bois durables, des planches non traitées, que nous aurions besoin et que ça serait trop cher. Une semaine plus tard, notre voisin Serge, un bâtisseur, est arrivé devant notre porte d’entrée avec une planche de châtaigner. Il travaillait sur un chantier de rénovation et a pensé de nous comme il a arraché le plancher. Il a pensé plutôt de notre poêle à bois, mais elles n’ont jamais dépassé le potager, quelle « serendipity » (hasard heureux).
Je pense que l’idée utilisant des blocs de béton a de nombreux mérites, mais je n’aime pas vraiment la haute énergie incorporée. L’industrie du ciment est un vrai pollueur. Cependant, tout ce qui est récupéré est zero sur le bilan pour moi. Donc, si on peut trouver, peu à peu, aux chantiers de construction à venir d’achèvement ou de la déchetterie — le nôtre est vraiment bon à nous faire prendre des trucs (parfois lubrifié par une bouteille de vin de pays).
Se méfier de l’utilisation du bambou comme une bordure: le bambou est une plante qui sera un concurrent pour les légumineuses en eau et en nourriture.
Des terrasses en pierres sèches sont belles ! Si l’on n’est pas pressé de faire tous les buttes d’un seul coup, on a la possibilité de faire des bordures beau, fonctionnel, écologique comme le oiseau fait son nid.
Je suis d’accord avec toi sur l’énergie grise (embodied energy) des blocs béton. Une bonne manière de réduire le bilan énergétique des matériaux de construction serait de rendre obligatoires leur mise en œuvre réversible : si on interdit le mortier ciment pour les blocs béton ou les briques, en n’autorisant que des mortiers moins solides que le matériau de construction (chaux ou terre), alors ils deviennent parfaitement réutilisables pour une deuxième ou une troisième vie. C’est d’ailleurs ce qui se passait avec les pierres des anciennes maisons (et dans anciens châteaux), qui ne finissaient jamais dans des bennes de gravats.
Salut,
il y a un autre problème avec le béton :
Un ami éco-maçon m’a expliqué que le ciment, contrairement à la chaux, est un matériau dans lequel la formule chimique a été totalement débarrassée de son eau, afin que les molécules se soudent entre elles. Le problème, c’est qu’une fois qu’il a pris, le ciment a tendance à attirer l’eau, et à s’hydrolyser, jusqu’à s’effriter.
Si ça met certes longtemps d’un point de vue de la durée de vie de ta butte, il y a cependant un inconvénient majeur, c’est que les blocs vont attirer l’humidité de tes buttes, les asséchant par la même occasion, ce qui va rendre l’eau du sol constamment indisponible pour tes cultures, et nécessiter une multiplication des arrosages. La capillarité risque de se faire d’avantage vers les blocs que vers les plantes.
Mais surtout, les blocs attirent l’eau contenue dans le sol, bien en deçà de la proportion en eau assimilable par les plantes, ce qui risque d’amener à des fentes de dessication si jamais tu te retrouves dans l’incapacité d’arroser pendant un temps, abimant dangereusement le sol par la même occasion, surtout pour un sol argileux (risque de prise en masse).
A surveiller donc, avant de le généraliser à tes autres buttes.
Ah, c’est bon à savoir pour le coup de l’hydrolyse. Je surveillerait la durée de vie effective des blocs.
Et pour l’absorption d’eau, c’est vrai que par sa porosité il doit se comporter comme une mèche : il peut en effet absorber l’eau du sol et l’évaporer efficacement grâce à sa très grande surface de contact.
C’est pas plus mal en hiver pour les sols a tendance hydromorphe, mais tu as raison qu’en été il faudra éviter trop de sécheresse.
Je demanderai à Ellie (l’américaine) si elle a vu des effets de ce style.
Au sujet des bordures béton
esthétiquement c’est joli, mais dans ma région, ça ne tiendrait pas plus longtemps que des bordures bois, le béton n’aime pas le gèle surtout en mettant les ouvertures vers le haut ! auriez vous une autre proposition de bordure ?
d’avance merci
Je ne sais pas dans quelle région vous êtes, mais nous avons ici des nuits à –15°C, et l’amie américaine chez qui j’ai piqué la technique habite dans le Missouri, avec des hivers parfois rudes. Les parpaings ne craignent pas tellement le gel parce qu’ils sont extrêmement poreux et se purgent de leur eau très facilement. Et même avec les alvéoles en l’air, elles sont toujours sèches à l’intérieur.
Peut-être créer nos propres blocs à base d’un mélange argile-chanvre?
J’ai peur que ça se délite très vite avec la pluie et l’activité biologique.
Pour moins de 1€ la planche …… j’utilise des “croûtes” de pin. Vendues par la scierie comme une sorte de déchets. C’est la dernière des planches débitées par la grande scie qui découpe des planches dans une “bille”, un tronc.
J’ai pris l’habitude de percer des trous parallèles à la grande face plate, tous les 50 cm de façon à pouvoir constituer des montants de deux croûtes, et de les fixer par du fer à béton et de pouvoir ensuite y fixer des arceaux (pour un tunnel).
Penser à fabriquer (et conserver) un gabarit de perçage avec une croûte bien régulière !