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04
août

Avoine : c’est l’échec

L'envahissante question du liseron

Si vous vous souvenez, j’avais semé de l’avoine au printemps, après le passage du tracteur à poules. Je pensais que le sol était suffisamment gratté et désherbé pour que j’aie juste à jeter désinvolte quelques poignées de semence, pailler et attendre.

avoine envahie de liseron

Le résultat est passablement mitigé. J’ai dû récolter 100 grammes d’avoine sur les trois mètres carrés de l’expérience, à cause de la concurrence combinée du couvert de graminées d’origine (qui a repris du poil de la bête dès le départ des bêtes à plumes) et du liseron omniprésent qui surgit avec force au moindre dérangement de la surface du sol.

Pour les plantes qui se plantent, je sais comment faire : en brimant le liseron et l’herbe sous une couche de carton (technique du paillage en couches), et en plantant mes godets au travers du carton et du paillage. Mais pour les plantes qui se sèment, je suis un peu désemparé. A part ce qui se sème à la fin de l’été ou carrément à l’automne, quand le liseron se calme, je ne vois pas comment m’en sortir. Je ne tiens pas à passer mes journées à arracher des touffes coriaces et à tirer doucement sur des racines aussi cassantes que des spaghettis al dente. Quant au travail du sol, il me donnerait une fausse impression de répit, et le liseron, tel l’hydre, repartirait de tous les fragments.

Certes, j’ai réussi au printemps à démarrer des radis en les semant prégermés pour leur faire prendre un peu d’avance, mais je n’ai pas su réitérer l’opération, ni avec des carottes, ni avec des salades. Le premier succès (à relativiser pour cause de limaces) était peut-être un coup de chance.

Donc la question reste ouverte, et je la soumets à votre sagacité sous la forme d’un énoncé d’épreuve de permaculture appliquée :

soit un terrain totalement contaminé de racines et de graines de liseron. Quelle technique permettrait de réussir des semis en pleine terre avec le minimum d’huile de coude, sans moyens mécanisés, sans traitements chimiques, sans matières plastiques ?

Je vais continuer de réfléchir et d’expérimenter. Si rien ne marche, je renoncerai à certaines cultures dans mon jardin, et je me concentrerai sur ce qui marche : les courges, le maïs, les tomates, les pommes. Et j’échangerai avec mes voisins pour le reste. Après tout, il n’y a pas de honte à ne pas être autosuffisant en tout, tant qu’on est conscient des interdépendances (et surtout si lesdites interdépendances s’accompagnent d’un apéro ou d’un bout de fromage…)

Ecrit par kristen, classé dans techniques. 6 commentaires.

6 commentaires

1  Imago

Je suis passé par les mêmes déboires !
Le chiendent et le liseron sont vraiment coriaces et reprennent vite du terrain, en tout cas chez moi.

Je dirais qu’il faut couvrir le sol avec une épaisse bache plastique pendant une saison pour étouffer toutes les plantes (ok, c’est du plastique mais c’est réutilisable).

Une autre option serait d’avoir une couverture permanente de trèfle, une fois qu’il a démarré on peut semer la céréale.

Sinon, laisser sortir le liseron (qui est indicateur de sol compacté) et attendre que les conditions s’améliorent.

J’ai aussi entendu dire que semer du seigle serré étouffe toutes les autres graminées.

Mais au fond je crois que cultiver beaucoup de céréales sans effort c’est pas évident, ou ça prend du temps pour avoir un sol optimal. Il faut oublier les tartines chaque jour et se contenter de quelques graines pour faire un peu de farine ou les faire germer.

Ecrit le 5 août 2008 à 8:51

2  kristen

Je vais essayer le trèfle et la luzerne dans le bas du terrain.

J’ai déjà tenté le seigle : il a bien pris de l’avance sur le liseron, mais maintenant qu’il est fauché, le liseron se venge.

Et tu as raison sur les céréales - on a probablement mieux à faire et les laisser à ceux qui ont des tracteurs ou des mules.

Ecrit le 5 août 2008 à 12:58

3  Koldo

Ce qui “contamine” le terrain n’est pas les graines de liseron mais plutôt les conditions de l’envahissement par cette plante, à savoir asphyxie du sol par compaction (ou excès d’eau), et excès d’azote animal ou minéral. Essaie une petite butte double-bêchée avec apport de matière ligneuse, tu m’en diras des nouvelles.
Bon courage ;-)

Ecrit le 7 août 2008 à 6:21

4  kristen

Probablement l’excès d’eau, vu le temps qu’on a eu ce printemps.

J’ai essayé les buttes (à cause de vous autres), et effectivement, il y a moins de liseron, mais j’attribuais cette victoire au carton que j’avais mis dans la paillage.

Bon, de toutes façons je suis conquis par les buttes pour d’autres raisons, donc j’en ferai davantage la saison prochaine.

Ecrit le 7 août 2008 à 7:03

5  jardinsessentiels

Une bâche noire tissée, c’est bien. Quand tout est bien décomposé dessous la terre s’est assouplie. on peut passer une fourche-bêche sur terrain humide avant d’installer en premier temps des pommes de terre.
Voir aussi la technique des australiens sur mon blog “no dig method”.

Ecrit le 28 octobre 2008 à 5:40

6  kristen

jardinsessentiels : j’ai utilisé des bâches tissées (plastique), et je ne les aime pas, parce que je ne sais pas quoi faire avec les déchets de plastique après qu’elles ont servi trois ou quatre fois. Mais j’ai commencé à utiliser des vieux tissus, et ça marche à peu près aussi bien que le carton.

Ecrit le 28 octobre 2008 à 6:35

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