Avoine : c’est l’échec

L'envahissante question du liseron

Si vous vous sou­ve­nez, j’avais semé de l’avoine au prin­temps, après le pas­sage du trac­teur à poules. Je pen­sais que le sol était suf­fi­sam­ment gratté et désherbé pour que j’aie juste à je­ter dé­sin­volte quelques poi­gnées de se­mence, pailler et attendre.

avoine envahie de liseron

Le ré­sul­tat est pas­sa­ble­ment mi­tigé. J’ai dû ré­col­ter 100 grammes d’avoine sur les trois mètres car­rés de l’expérience, à cause de la concur­rence com­bi­née du cou­vert de gra­mi­nées d’origine (qui a re­pris du poil de la bête dès le dé­part des bêtes à plumes) et du li­se­ron om­ni­pré­sent qui sur­git avec force au moindre dé­ran­ge­ment de la sur­face du sol.

Pour les plantes qui se plantent, je sais com­ment faire : en bri­mant le li­se­ron et l’herbe sous une couche de car­ton (tech­nique du paillage en couches), et en plan­tant mes go­dets au tra­vers du car­ton et du paillage. Mais pour les plantes qui se sèment, je suis un peu désem­paré. A part ce qui se sème à la fin de l’été ou car­ré­ment à l’automne, quand le li­se­ron se calme, je ne vois pas com­ment m’en sor­tir. Je ne tiens pas à pas­ser mes jour­nées à ar­ra­cher des touffes co­riaces et à ti­rer dou­ce­ment sur des ra­cines aussi cas­santes que des spa­ghet­tis al dente. Quant au tra­vail du sol, il me don­ne­rait une fausse im­pres­sion de ré­pit, et le li­se­ron, tel l’hydre, re­par­ti­rait de tous les fragments.

Certes, j’ai réussi au prin­temps à dé­mar­rer des ra­dis en les se­mant pré­ger­més pour leur faire prendre un peu d’avance, mais je n’ai pas su ré­ité­rer l’opération, ni avec des ca­rottes, ni avec des sa­lades. Le pre­mier suc­cès (à re­la­ti­vi­ser pour cause de li­maces) était peut-être un coup de chance.

Donc la ques­tion reste ou­verte, et je la sou­mets à votre sa­ga­cité sous la forme d’un énoncé d’épreuve de per­ma­cul­ture appliquée :

soit un ter­rain to­ta­le­ment conta­miné de ra­cines et de graines de li­se­ron. Quelle tech­nique per­met­trait de réus­sir des se­mis en pleine terre avec le mi­ni­mum d’huile de coude, sans moyens mé­ca­ni­sés, sans trai­te­ments chi­miques, sans ma­tières plastiques ?

Je vais conti­nuer de ré­flé­chir et d’expérimenter. Si rien ne marche, je re­non­ce­rai à cer­taines cultures dans mon jar­din, et je me concen­tre­rai sur ce qui marche : les courges, le maïs, les to­mates, les pommes. Et j’échangerai avec mes voi­sins pour le reste. Après tout, il n’y a pas de honte à ne pas être au­to­suf­fi­sant en tout, tant qu’on est conscient des in­ter­dé­pen­dances (et sur­tout si les­dites in­ter­dé­pen­dances s’accompagnent d’un apéro ou d’un bout de fromage…)